Xavier Marmier, le conteur des voyages de la Commission scientifique du Nord [fi]

En 1836, le jeune écrivain de trente ans Xavier Marmier s’embarque sur la Recherche pour participer aux voyages de la Commission scientifique du Nord constituée par le ministère de la Marine pour des études scientifiques de l’Islande à la Laponie, en passant par le Spitzberg et les Féroë jusqu’en 1840. En effet, Louis-Philippe (dont les filles Clémentine et Marie reçurent des leçons de littérature de Xavier Marmier) avait fait un voyage jusqu’en Laponie en 1795 pendant son exil durant la période révolutionnaire. Devenu roi, il finança de grandes expéditions scientifiques chargées d’explorer l’extrême Nord. Dirigées par Paul Gaimard, ces expéditions regroupaient, outre des scientifiques, des peintres comme François Biard (et son épouse Léonie d’Aunet), mais aussi donc Xavier Marmier, chargé d’étudier la langue et la littérature des contrées visitées et de rédiger la relation du voyage.

Journaliste, romancier, poète, professeur c’est surtout comme voyageur que Xavier Marmier (1808-1892) s’est fait une place dans l’histoire culturelle du XIXème siècle. Xavier Marmier rapportait de ses voyages, des écrits sur l’histoire, la géographie, la littérature ou encore les traditions des peuples visités et surtout il notait au jour le jour ses impressions afin d’agrémenter des récits destinés à instruire. Ses travaux sur les littératures étrangères et ses récits lui valurent d’être élu à l’Académie française en 1870.

Voyages de la Commission scientifique du Nord en Scandinavie, en Laponie, au Spitzberg et aux Féroës pendant les années 1838, 1839, 1840 - Relation du voyage par Xavier Marmier

Extraits en PDF
Tome 1 , p. 287 - 345, Sur la Laponie

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Tome 2, p. 1-39, Voyage de Karesuondo à Umea, par Muonio, Tornio, Pello

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"De Pello, nous arrivâmes en deux heures à Turtula, joli hameau finlandais, situé sur la rive gauche du Torneo. Il y a là une dizaine de grandes habitations agricoles, une bonne auberge, une belle église, et une maison des plus attrayantes, la maison d’un riche et industrieux propriétaire. M. Ekström lui-même, dès qu’il apprit notre arrivée, vint nous chercher à l’auberge où nous allions nous installer, et nous engager à manger et à coucher chez lui. Nous trouvâmes dans sa demeure tout l’agréable confort des contrées les plus civilisées : meubles élégants, livres et gravures, et, chose plus rare encore dans ces lointaines régions, un piano, probablement le plus septentrional qui existe."

Lettres sur le Nord, par Xavier Marmier

http://gallica.bnf.fr/ark :/12148/bpt6k1084010.r

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"Cette race finlandaise, que je voyais pour la première fois dans son propre pays, m’intéressait beaucoup. J’aimais à étudier sa physionomie, à la suivre dans les habitudes de sa vie. Les femmes sont blanches, fraîches, bien faites. Nous en avons vu une à Kilangi qu’on aurait pu citer partout comme une beauté remarquable. Quand elle était jeune fille, elle attira souvent l’attention des voyageurs, et beaucoup de riches étrangers, nous dit notre guide, tentèrent de la séduire. Mais ni les douces paroles ni les promesses brillantes ne purent l’émouvoir : elle resta dans l’humble demeure où elle était née, et devint une bonne et heureuse femme de paysan.
Les hommes sont généralement grands et forts. Sur leur figure pâle, et dans leurs yeux bleus, on remarque une expression de calme qui ressemble parfois à de la mélancolie. Mais l’espèce de résignation passive dans laquelle ils vivent habituellement ne fait que masquer l’énergique trempe de leur caractère. Ils sont fermes et tenaces dans leurs résolutions, inflexibles dans leurs sentiments de haine, admirables dans leur dévouement."

Passé et présent, récits de Voyages de Xavier Marmier

http://gallica.bnf.fr/ark :/12148/bpt6k8630018k.r
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"Du 59ème degré de latitude, ce duché s’étend jusqu’au delà du cercle polaire. Ce n’est certes pas le pays des palmiers ni des orangers, et son nom primitif, suomi, qui signifie marécage, n’annonce pas une riche végétation. Mais il y a là de vastes forêts de sapins, ces bons arbres qui, par leur perpétuelle verdure et leur arôme, apaisent, dit-on les souffrances morales ; il y a là les forêts de bouleau, aussi utile aux peuples du Nord que les forêts de bambous aux nations de l’Inde. Il y a là des cascades superbes, des lacs, miroirs du ciel, étoiles de la terre, et des villes où les maisons les plus élégantes s’élèvent au milieu des sites les plus agrestes : Uleaborg avec ses îles et ses collines ; Torneo, près d’Avasaxa, où le 24 juin on va voir le soleil de minuit ; Abo, sur les rives de l’Aura ; Helsingfors, sur une vaste presqu’île".

publié le 09/03/2017

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