Revue de presse du vendredi 9 février

Politique intérieure

Parti du Centre

M. Väyrynen a essuyé un revers
Helsingin Sanomat rapporte que le bureau national du Centre s’est réuni hier pour étudier, entre autres, l’éventuelle possibilité de Paavo Väyrynen de se présenter sa candidature au vote pour la présidence du parti au congrès du Centre en juin prochain.
M. Väyrynen, parlementaire européen, ancien président du Centre (1980-1990), a fondé son propre parti, le Parti des citoyens, en 2016.
Selon les règles du Centre, un membre du parti ne doit pas être membre d’un autre parti politique en même temps.
Le secrétaire général du parti Jouni Ovaska a annoncé que M. Väyrynen n’était pas éligible, vu qu’il est membre d’un autre parti politique en même temps qu’il est encore membre du Centre. Le bureau national a également consulté Lauri Tarasti et Heikki Halila, tous deux experts de la législation sur les associations et sur les partis politiques.
Le président du Centre Juha Sipilä, quant à lui, souligne que M. Väyrynen peut participer au vote sur la présidence s’il quitte d’abord le Parti des citoyens.
M. Väyrynen, qui a déjà annoncé sa candidature pour la présidence du parti tout de suite après les élections présidentielles, dit qu’il veut faire un dernier effort afin de sauver le parti. Il souligne que seul le congrès du parti est habilité à définir son éligibilité à se présenter à la présidence du parti.
Yle

Social

Accord dans les négociations sur les conventions collectives
Les négociations concernant les conventions collectives du secteur communal ont abouti à un accord, hier soir. L’interdiction d’heures supplémentaires et de changements de tours de service prend fin immédiatement.
Markku Jalonen, président des employeurs communaux, et Olli Luukkainen, président du syndicat des enseignants, relèvent que les augmentations salariales suivent le niveau général (des conventions des autres secteurs). M. Luukkainen estime qu’elles permettront de maitriser le retard de l’évolution des salaires communaux par rapport au secteur privé.
La convention proposée ira jusqu’en mars 2020. Une augmentation générale de 26 euros ou d’au moins 1,25 % est prévue pour mai 2018, suivie d’une augmentation locale de 1,2 % pour 2019 et d’une augmentation générale de 1 % en avril 2019.
Les parties se sont mis d’accord sur une prime forfaitaire de 260 euros en moyenne (9,2 % du salaire mensuel) qui sera versée en janvier prochain. Cette prime compense en partie la perte de prime de congé conformément au pacte de compétitivité, même si on ne l’appelle pas par ce nom.
Olli Ainola d’Iltalehti note que les augmentations représentent 3,45 % au total, plus la prime, ce qui dépasse largement le niveau des augmentations dans l’industrie « qui est le secteur qui créé des revenus en Finlande ». Il estime que les augmentations dépassent les capacités financières de beaucoup de communes, ce qui signifiera des suppressions d’emploi ou des augmentations fiscales. Ceci en théorie. M. Ainola estime toutefois que les communes vont annoncer qu’il reviendra à l’Etat de prendre en charge ces coûts d’une façon ou d’une autre. A la veille des élections législatives, il est certain que ni le Centre ni le Rassemblement national ne vont commencer à se disputer avec les communes.
HS/A10, IL

Politique étrangère et européenne

Allemagne

« Un bras de fer afin que rien ne change » HS
La correspondante à Berlin du Helsingin Sanomat estime qu’au final, les longues négociations pour former une coalition en Allemagne débouchent sur un vrai tour de magie de M. Schulz qui obtient trois portefeuilles centraux pour le SPD. « Ces trois ministres vont définir la direction que prendra l’Allemagne, et aussi celle de l’Europe. »
« Que reste-t-il à la CDU ? Mme Merkel C’est encore Mme Merkel qui dirigera l’Allemagne. Et c’est rendu possible par le SPD qui voulait aussi rester au pouvoir. Sans déprécier le pouvoir de Mme Merkel, cette situation témoigne du réel état de l’Allemagne, plus que les 178 pages du programme gouvernemental. Les principaux partis politiques font tout pour que rien ne bouge. Et c’est possible parce que les caisses de l‘Allemagne sont pleines. Il y a des milliards qui peuvent être distribués ».
« Mais ce n’est qu’une lutte irréversible contre le temps. On croit encore l’Allemagne quand elle promet un dynamisme économique et un nouveau départ pour l’Europe. Mais quant à savoir de quoi vivra l’Allemagne dans l’avenir, le gouvernement n’y réfléchit pas encore.
Le géant économique qu’est l’Allemagne est un nain digital. Il fuit ses responsabilités dans la lutte contre les dérèglements climatiques, face au défi démographique ou à la robotisation. Cela ne laisse pas présager un avenir stable ».
« L’atmosphère de drame qui a entouré les négociations a donné l’impression qu’il y aurait des changements, mais tout le monde voulait que rien ne change. Au moins pour quelques années encore ».
HS

Editoriaux
« La politique européenne finlandaise en jeu en Allemagne » HS

Helsingin Sanomat estime que deux tendances se dégagent ces dernières années en Europe. D’une part, la politique intérieure dans un pays influence désormais tous les autres : ce qui se passe en France ou en Allemagne suite aux élections a un effet ailleurs aussi. D’autre part, la tendance des difficultés de la social-démocratie est générale en Europe. Il semble que l’on assiste à un transfert des électeurs des partis socialistes vers des mouvements populistes néo-ouvriers. Ces mouvements populaires prennent pour boucs émissaires le libre-échange, l’UE et l’immigration.
Le SDP allemand essaie d’enrayer sa chute en voulant à la fois demeurer au pouvoir et souhaiter le changement. Les ministres des Finances et des Affaires étrangères du SPD vont proposer un changement de cap en politique économique et européenne. Il faudra suivre cela de près. En effet, une nouvelle ligne de politique européenne en Allemagne pourrait signifier justement ce que le gouvernement finlandais redoute et n’est pas prêt à suivre : un infléchissement de la rigueur budgétaire, un renforcement progressif des solidarités financières et une augmentation du budget européen.
HS

« Un mariage forcé qui ne convainc pas » HBL

L’éditorialiste de Hufvudstadsbladet estime qu’un gouvernement stable pourrait être une chimère. Le pays aura un gouvernement qui risque de ne satisfaire personne, ni les partis de la coalition, ni l’opposition. Une nouvelle élection aurait toutefois été une pire alternative, selon l’éditorialiste.
Les contenus de l’accord sur le gouvernement favorisent fortement le SPD, ce que Mme Merkel a considéré comme un prix qui méritait d’être payé afin de pouvoir former un gouvernement.
Le statut de Mme Merkel est affaibli internationalement et nationalement, y compris au sein de son propre parti, après les élections et la difficulté de former un gouvernement.
Le tout ne présage pas de conditions favorables pour introduire des réformes rapides et importantes dans l’UE, à la Macron.
HBL/4

Politique européenne de la Finlande

Billet
« Le terrain de la politique européenne est miné » HS

L’éditorialiste Paavo Rautio estime qu’en Finlande il est très difficile de vendre aux électeurs une politique européenne favorable à un approfondissement raisonnable de l’intégration. En effet, on ne cesse de miner le débat politique pour empêcher un tel discours. En témoigne la dernière élection présidentielle ou deux candidats n’ont cessé d’exprimer des discours populistes sur l’Europe. Ce qui correspond visiblement à la pensée de nombre de Finlandais ; sinon on n’utiliserait pas ces discours.
Or, les dirigeants européens vont devoir bientôt se prononcer sur les lignes d’un approfondissement raisonnable de la coopération européenne. Mais ce genre de projets est vraiment difficile à vendre aux électeurs finlandais, regrette Paavo Rautio.
HS

Tribune
« Il faut du réalisme dans la réforme de l’UEM » HS

Jussi Lindgren, conseiller au secrétariat aux affaires européennes du gouvernement signe une tribune pour expliquer que l’union économique et monétaire n’a pas besoin de nouveaux organes (ministre, budget…) mais seulement de la rigueur des marchés.
« Il faut diminuer les risques avant que l’union bancaire puisse réellement devenir un système loyal d’assurance avec des garanties de dépôt communes et des fonds de sauvegarde. Il faut que le développement de l’UEM se base sur des objectifs réalistes. La rigueur des marchés est le meilleur chine de garde de la politique économique ».
HS

publié le 09/02/2018

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