Revue de presse du lundi 3 septembre

Politique étrangère et européenne

Défense et sécurité

L’initiative lancée par le président français Emmanuel Macron est encore au stade d’une ébauche

Selon le chercheur Matti Pesu de FIIA, le principal but de l’initiative européenne d’intervention consiste à créer une culture stratégique commune pour l’Europe. Il s’agirait en quelque sorte d’un programme Erasmus militaire qui cherche à coordonner les outils de travail et les perspectives de menace pour les Etats qui y participent.

« De plus, la France souhaiterait que la culture stratégique européenne évolue vers « une autonomie stratégique » qui rééquilibrerait la coopération transatlantique », estime Pesu qui rappelle que la France représente la première puissance militaire européenne mais qu’au fond, la défense européenne dépend encore des Etats-Unis et de l’OTAN.

« Troisièmement, il convient de maintenir la Grande-Bretagne, qui se prépare à sortir de l’UE, au sein de la collaboration européenne de défense », conclut Pesu.
HBL2.9/6

La moitié des émissions à effets de serre de l’armée provient des F-18

L’armée de l’air est la principale pollueuse représentant 52% des émissions à effets de serre de la défense nationale. Les exercices et la surveillance aérienne des F-18 produisent la majorité des de ces émissions car les 62 chasseurs consomment 90 % de tout le carburant de l’aviation militaire.

Ces informations ressortent du tout dernier programme énergétique et climatique pour les années 2018-2021 effectué par la défense nationale. Le programme réalise également une étude sur les possibilités de la défense nationale à utiliser des biocarburants et des sources d’énergie nouvelle. L’année dernière l’aviation militaire a produit environ 144 000 tonnes d’émissions de gaz à effet de serre. La part de l’armée de terre représente environ 31 000 tonnes et celle de la marine reste modérée avec 17 000 tonnes.
HS30.8/A11

Immigration

Propos du Premier ministre Sipilä

Le Premier ministre Juha Sipilä, qui a été interviewé à l’émission matinale d’Yle, samedi, a déclaré qu’il fallait que la Finlande augmente ses crédits au développement. Pour lui, il conviendra de les augmenter petit à petit afin d’arriver à 0,7 % du PIB (par rapport à 0,4 % actuellement). Il note qu’en outre les économies sur d’autres questions importantes, il a fallu couper ces crédits-là aussi afin de remettre en état l’économie du pays.

M. Sipilä a également dit qu’il serait prêt à progressivement doubler le quota de réfugiés de Finlande afin que le pays accueille de 1500 à 2000 réfugiés par an dans ce cadre. Cela nécessiterait une surveillance frontalière ainsi qu’une coopération étroite avec les organisations de l’ONU dans les pays de départ. Il souligne l’importance de pouvoir sélectionner les arrivants, afin d’identifier les personnes qui ont besoin de protection et pour permettre une arrivée plus contrôlée en Europe.

M. Sipilä a dit que la plupart des demandeurs d’asile arrivés en 2015 et 2016 étaient partis de leur pays pour des raisons économiques et non pas pour fuir la guerre ou la persécution. Selon les proches de M. Sipilä, cette déclaration serait basée sur les décisions concernant la demande d’asile, dont beaucoup étaient négatives.

Cette déclaration a été critiquée par nombre de commentateurs, rapporte KS.
En évoquant les évènements de Chemnitz, M. Sipilä a considéré que c’était une manifestation contre une immigration non-contrôlé. Keskisuomalainen note que le Premier ministre n’a pas évoqué, dans ce contexte, les actions de l’extrême droite ni la xénophobie.
KS/dim/9, Yle

Forum citoyen sur l’Europe à Turku

Les relations entre l’Afrique et l’UE évoquées

Turun Sanomat rend compte d’un forum sur l’Europe qui s’est déroulé à Turku, ce week-end. Le Premier ministre Sipilä y est intervenu, ainsi que le vice-président de la Commission européenne, Jyrki Katainen.

Selon TS, les relations entre l’UE et l’Afrique sembleraient devenir un des thèmes principaux de la présidence finlandaise du Conseil européen.

Les Finlandais qui se sont prononcés lors du forum citoyen semblent être préoccupés par la politique de réfugiés et l’unité de l’UE.

M. Sipilä a dit que, dans l’UE, il n’y avait pas de place pour le protectionnisme, car son succès était basé sur un commerce ouvert et libre et un marché intérieur qui fonctionne bien. Pour lui, le libre-échange et sa promotion étaient une des priorités de la présidence finlandaise du Conseil européen.

M. Katainen estime qu’il faut parler de la politique de l’immigration et trouver des solutions. L’UE devra se préparer à affronter une nouvelle crise migratoire et mettre en place les modalités techniques pour accueillir les arrivants de façon organisée. Il insiste sur l’importance d’une répartition de la charge entre les Etats membres tout en admettant qu’elle devra se baser sur le volontariat.
TS/dim/6

Commission européenne

M. Katainen estime que, pour la Finlande, assumer la présidence de l’UE toute de suite après les élections européennes est une occasion de s’investir et d’avoir une influence. La formation de la nouvelle Commission européenne et de son programme seront, selon lui, la question la plus importante de la présidence finlandaise. Il souhaite que la Finlande s’investisse dans la rédaction du programme de fonctionnement de la Commission.

Il note que le gouvernement Sipilä a déjà défini le renforcement du marché intérieur comme un des objectifs de la présidence. Pour lui, il faudrait garder à l’esprit ce qui est concret : quel type de législation promouvoir afin de favoriser l’économie circulaire ou l’intelligence artificielle au niveau européen.

A propos des législatives suédoises et l’éventualité que les démocrates suédois y aient du succès, M. Katainen ne souhaite pas spéculer sur un possible chaos en politique intérieure après les législatives et au moment d’assumer la présidence de l’UE. Il estime que l’essentiel est de disposer d’un gouvernement en exercice pour juillet 2019.

Pour M. Katainen, le gouvernement Sipilä a eu beaucoup d’influence dans l’UE sur les questions économiques, sur l’agriculture, sur l’économie circulaire, l’intelligence artificielle et le renforcement de la coopération de défense.

Les autres grands défis de la présidence concerneront la menace d’une guerre commerciale avec les Etats-Unis et la situation en Italie. M. Katainen n’exclut pas que la Finlande doive, lors de sa présidence, chercher des solutions concernant la stabilité économique et politique de l’Italie.

Quant à l’éventualité d’une guerre commerciale, M. Katainen note que la Finlande, pays exportateur, aurait beaucoup à perdre. Il rappelle que parmi les Etats membres, il y en a qui ne sont pas convaincus sur l’opportunité de lever les obstacles au commerce entre l’UE et les Etats-Unis.
TS/dim/5

Changement d’heure

Projet de supprimer l’heure d’été

La ministre des Transports Mme Berner se félicite de la décision de la Commission européenne de recommander aux Etats membres l’abandon du changement d’heure.
HS

Diplomatie

La Finlande rouvrira son ambassade à Bagdad

La Finlande prépare la réouverture de son ambassade en Irak. Selon un communiqué de presse du secrétariat du Premier ministre, l’ambassade à Bagdad promouvrait les relations bilatérales et la coopération commerciale.

L’ambassade aura également un rôle dans les négociations sur les renvois de demandeurs d’asile ayant eu une réponse négative à leur demande.

La Finlande n’a pas disposé de diplomates à Bagdad depuis 1991. Un ambassadeur itinérant gère les questions liées à l’Irak depuis Helsinki.
HS/ven/A26

Politique intérieure

Partis politiques

Sondage

Aamulehti publie les résultats d’un sondage d’opinion sur les intentions de vote des partis politiques, effectué par l’institut Tietoykkönen pour le compte des journaux d’Alma Media.

Le Parti social-démocrate est toujours en tête avec 21,9 % des intentions de vote, suivi du Rassemblement national qui obtient 19,8 %.

Le Centre arrive troisième avec 15,5 %, suivi des Verts (13,1 %), de l’Alliance des gauches (9,1 %) et des Vrais Finlandais (8,0 %).

Le Parti suédois obtient 4,2 %, les Chrétiens-démocrates 3,7 % et les Bleus 2,1 %.
La popularité du PSD a augmenté de 1,7 point depuis le sondage précédent effectué en juin.

Le quotidien note que les Vrais Finlandais n’ont pas réussi à faire augmenter leur popularité, même si en Suède leur parti frère a une très bonne audience à l’approche des élections législatives suédoises.

Ce sondage montre, comme les sondages précédents, que la lutte pour le poste de Premier ministre devrait être entre les présidents du PSD et du Rassemblement national, Antti Rinne et Petteri Orpo.

L’amélioration de la situation économique n’a pas convaincu les électeurs des capacités du gouvernement de M. Sipilä, écrit Aamulehti. Parmi les raisons pour lesquelles la popularité du PSD est en hausse, on mentionne l’amélioration de l’image de M. Rinne et la lassitude des électeurs à l’égard du gouvernement.

Le sondage a été effectué entre le 13 et le 28 août auprès de 1 500 personnes.
AL/jeuA12

Budget

M. Sipilä a présenté son dernier budget

Helsingin Sanomat rapporte que le Premier ministre Juha Sipilä a présenté le dernier projet de budget de son gouvernement la semaine dernière.

Selon lui, le gouvernement atteindra pratiquement tous ses objectifs économiques à la fin de la législature : le taux d’emploi s’élèvera à 72 %, la population active augmentera de plus de 110 000 personnes et le taux d’imposition total n’augmentera pas mais baissera de 2 points.

L’endettement de l’économie publique a déjà baissé par rapport au PIB en 2016. Selon M. Sipilä, l’endettement sera en équilibre en 2021.

Le total du budget de 2019 s’élèvera à 55,3 milliards d’euros, soit 500 000 euros de moins par rapport à l’année dernière.

Le quotidien note que le budget contient un grand nombre de petites augmentations de 1 à 10 millions d’euros, notamment concernant l’emploi et la formation.

Le budget de recherche sera augmenté. Business Finland et l’Académie de Finlande auront 94 millions d’euros de plus et le budget recherche sera augmenté de 26 millions.

L’agriculture, qui a souffert en raison de la sècheresse, aura 65 millions de plus. Déjà au printemps, le gouvernement a alloué 21,5 millions de plus pour l’agriculture et 30 millions y seront accordés dans la rallonge budgétaire de cette année.
Le budget de la protection de mer Baltique sera augmenté de 45 millions
d’euros.
L’imposition des petits salaires sera baissée un peu plus que les autres salaires. La cotisation chômage sera diminuée de 0,4 %. Cela concerne les employeurs et les employés.

L’impôt sur l’alcool sera augmenté au total de 30 millions d’euros et celui des boissons non alcoolisées de 25 millions.

Le budget de la police sera augmenté de 36,3 millions d’euros. Les forces armées auront cent emplois de plus.
HS/jeu/A6

Les économistes ont critiqué le projet de budget

Selon Helsingin Sanomat, les économistes interviewés par le quotidien, dont Aki Kangasharju de Nordea, Heidi Schauman d’Aktia, Ilkka Kaukoranta de la SAK et Roope Uusitalo, professeur à l’Université d’Helsinki, estiment tous que le projet de budget n’est pas suffisamment austère. Ils estiment aussi qu’on devrait équilibrer le cycle conjoncturel pendant la bonne conjoncture actuelle.

« On voit que les élections approchent », selon M. Kangasharju. Mme Schauman souligne que 2018 est la troisième année consécutive de conjoncture haute.
HS/dim/A14-15

Parlement

La session parlementaire automnale commencera demain

Keskisuomalainen relève que les députés se réuniront demain mardi en première séance plénière de l’automne.

Les commissions parlementaires seront occupées par les projets de loi importants comme celui sur la réforme des services de santé Sote et le paquet de lois sur le renseignement.

La commission des lois constitutionnelles commencera mercredi l’étude des projets de loi sur le renseignement. L’objectif est de terminer l’étude sur la modification de la Constitution avant fin septembre. La commission étudiera ensuite la partie concernant le renseignement civil et militaire.

L’objectif de la commission des affaires sociales et de la santé est de terminer son avis sur le paquet Sote en septembre. « La moitié des paragraphes initiaux ont été réécrits. Il y a encore des questions importantes concernant la sécurité des informations qui n’ont pas été résolues », selon Aino-Kaisa Pekonen, députée de l’Alliance des gauches.

Il y a aussi des questions moins importantes comme les propos du ministre des Affaires étrangères Timo Soini sur l’avortement. Le président du groupe parlementaire du PSD Antti Lindtman réunira les partis de l’opposition vendredi prochain pour évoquer les suites des propos du ministre. Il pourrait s’agir d’une motion de censure ou d’un vote de confiance contre le ministre. Les propos de M. Soini sont aussi à l’étude du chancelier de la justice.
KS/sam/17

Social

Propos du Premier ministre Sipilä

Le Premier ministre Juha Sipilä a dit, lors d’une émission matinale d’Yle, samedi, que le gouvernement tenait à sa proposition d’affaiblir la protection des employés de petites entreprises en matière de licenciement. Il souligne l’importance de cette proposition dans l’effort de faciliter les embauches. Il insiste sur l’importance d’oser poursuivre les mesures qui pourront permettre d’augmenter le taux d’emploi.
M. Rinne, président du PSD, exige que le gouvernement abandonne ce projet auquel plusieurs syndicats s’opposent.
Yle, KS/dim/9

Propos de M. Sipilä sur l’agriculture

Paquet d’aide de 90 millions d’euros pour le secteur qui souffre de sécheresse

M. Sipilä estime que les problèmes du secteur en matière de rentabilité ne seront pas résolus par le seul paquet d’aide ponctuelle. Il faudrait un changement concernant les prix aux producteurs et pour ce faire, des solutions innovantes.
Hufvudstadsbladet note que, concernant les céréales, la récolte n’a pas été aussi mauvaise depuis 1987.
KS/dim/9, HBL/sam/9

publié le 03/09/2018

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