Revue de la presse du lundi 12 octobre

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Situation sanitaire

12 212 cas en Finlande – 346 décès
THL annonce aujourd’hui 12 212 cas (+214) contre 11 998 (+149) dimanche et 11 849 (+269) samedi.
Il y a 346 décès (-), 46 (+9) personnes sont hospitalisées dont 10 (+5) en soins intensifs. THL actualise le nombre de cas chaque jour et les autres chiffres le lundi, mercredi et vendredi.
Thl.fi

« Le virus circule maintenant parmi les étudiants » HS
Helsingin Sanomat rapporte que les fêtes étudiantes sont des nids à virus dans toute la Finlande. De nombreuses manifestations estudiantines ont été annulées et la recommandation du port du masque élargie aussi aux rassemblements des étudiants.
HS

700 personnes en quarantaine à Jyväskylä
Suite à unbe contamination de masse à Jyväskylä dans une manifestation religieuse fin septembre, ce sont des centaines de personnes qui ont été mises en quarantaine. Il s’agit d’une cérémonie religieuse qui aurait réuni plus d’une centaine de personnes le 27 septembre dans un lieu clos exigüe.
HS

La défense nationale annule des manœuvres pour réservistes en raison de la recrudescence des cas de contamination dans les garnisons
Durant l’été, aucun nouveau cas de contamination n’a été enregistré par la défense nationale. Le Centre médical militaire a signalé jeudi 25 cas de contamination alors qu’il y a deux jours, il y en avait 20.
La défense nationale procède à une centaine de tests par jour. Les manœuvres pour réservistes qui ont repris début août apporte aussi un risque supplémentaire à la propagation du coronavirus.
La défense nationale avait décidé en avril d’annuler les manœuvres pour réservistes jusqu’à fin juillet en raison de la situation dû à l’épidémie du coronavirus.
HS8.10

Le président Niinistö souhaite « trois semaines d’auto-discipline »
Le Président Sauli Niinistö s’est prononcé en faveur d’un comportement d’auto-discipline pendant trois semaines. « On l’a supporté au printemps, on le supporterait maintenant aussi », dit-il.
Le Président a repris à son compte une recommandation du professeur Seppo Meri selon qui : « Si chacun d’entre nous faisait tout ce qu’il peut pour éviter la propagation du virus pendant trois semaines, cela permettrait peut-être d’arrêter significativement la propagation de l’épidémie ».
HS

Entrée en vigueur des nouvelles mesures de quarantaine
À partir de ce jour, les personnes qui restent en quarantaine à domicile par auto-isolation ou suite à une prescription par un médecin devront être isolées pendant 10 jours au lieu de 14 jours.
La quarantaine proprement dite est prescrite par un médecin. En quarantaine volontaire, une personne asymptomatique mais qui est rentrée en Finlande d’un pays à risque, par exemple, reste chez elle et évite tout contact.
Pour les personnes positives au coronavirus, désormais, sept jours suffiront pour l’isolement à domicile si les symptômes sont légers et ne nécessitent pas une hospitalisation. La condition est qu’il doit être complètement asymptomatique pendant deux jours avant l’arrêt de l’isolement.
Dans les infections sévères nécessitant une hospitalisation, la période d’isolement est toujours d’au moins 14 jours.
Le changement n’affecte pas les décisions de quarantaine précédemment imposées.
Des instructions plus détaillées sur les nouvelles périodes de quarantaine et d’isolement sont disponibles sur le site de THL.
HS

Le gouvernement décidera de nouvelles restrictions de voyage et de sécurité sanitaire au début de la semaine
Selon HS, le gouvernement devrait se prononcer au début de cette semaine prochaine sur de nouvelles politiques relatives aux voyages et à la sécurité sanitaire.
Selon les nouvelles directives, l’entrée en Finlande en provenance de pays à risques avec des taux d’infection même élevés serait basée sur les tests. Les tests concerneraient principalement les passagers arrivant en Finlande à partir du 23 novembre.
HS

Nouvelles restrictions pour les restaurants et les rassemblements
En Finlande, le gouvernement a décidé vendredi que dans les zones en accélération ou en expansion, comme la région d’Uusimaa, la vente d’alcool devrait s’arrêter à 22 heures et les restaurants fermer à 23 heures. Les restrictions seront en vigueur au moins jusqu’à fin octobre.
Helsingin Sanomat souligne que, en Finlande, l’exploitation des restaurants est limitée dans une moindre mesure que dans de nombreux pays européens.
En comparaison européenne, la situation sanitaire de la Finlande est toujours bonne, ce qui se traduit par des restrictions plus modérées que dans d’autres pays.
Le quotidien souligne aussi que des régions ont aussi donné de nouvelles recommandations sur les rassemblements : ainsi dans la région de la capitale il est recommandé d’éviter les rassemblements privés de plus de 20 personnes.
HS

Gouvernement

Le gouvernement s’est mis d’accord sur la réforme des services sociaux et de la santé (SOTE)
Helsingin Sanomat rapporte que le groupe de travail ministériel charge de la réforme des services sociaux et de la santé et celle des régions a approuvé vendredi le contenu de la réforme.
La réforme sera présentée aux groupes parlementaires des partis au gouvernement au début de cette semaine. Selon les informations du quotidien, le contenu de la réforme serait publié lundi.
Le calendrier du gouvernent est ambitieux : le paquet serait d’abord étudié par le conseil d’évaluation de la législation et ensuite présenté au Parlement avant Noël. Le Parlement aurait le temps d’étudier le paquet au printemps 2021 et les lois entreraient en vigueur avant la fin 2021. Les élections régionales seraient organisées au début de l’année 2022 et les régions commenceraient à fonctionner début 2023.
HS/sam/A23

M. Vanhanen confiant
Le ministre des Finances Matti Vanhanen a commenté la réforme samedi dans une interview à Yle. Il estime que les commissions parlementaires approuveront la réforme cette fois-ci. « Les points de vue constitutionnels ont été mieux pris en compte que précédemment », selon lui.
M. Vanhanen rappelle que le gouvernement précédent de M. Sipilä avait prévu que la réforme permette de réaliser des économies de trois milliards d’euros, mais cela avait été un objectif trop ambitieux. Il prévoit des économies directes d’environ 0,5 milliard d’euros.
M. Vanhanen a refusé d’aller dans les détails ou d’expliquer comment le gouvernement compte résoudre les deux plus grands problèmes de la réforme : l’annulation des externalisations au secteur privé déjà faites et le découpage de la Savonie de l’est.
HS/dim/A10

Le groupe ministériel a résolu les principaux litiges de la réforme
Selon les informations d’Helsingin Sanomat, le groupe de travail ministériel chargé de la réforme aurait décidé que la région de la Savonie de l’Est restera unie et les communes de Savonlinna, Rantasalmi, Enonkoski et Sulkava ne pourront pas rejoindre la Savonie du Nord, contrairement à ce qu’elles souhaiteraient. L’hôpital central de Savonlinna pourra garder ses activités dans son étendue actuelle.
L’externalisation au groupe privé Mehiläinen des soins du district hospitalier de la Laponie de l’Ouest devra être annulée. Il semble que les autres externalisations ne seront toutefois pas annulées.
La ministre de la Famille et des Services sociaux Krista Kiuru (PSD) préside le groupe ministériel chargé de la réforme et les autres membres sont la ministre des Collectivités locales Sirpa Paatero (PSD), la ministre des sciences et de la Culture Annika Saarikko (Centre), le ministre des Finances Matti Vanhanen (Centre), la ministre de l’Environnement Krista Mikkonen (Verts), la ministre de l’Education Li Andersson (Alliance des gauches) et le ministre de la Coopération nordique et de l’Egalité Thomas Blomqvist (Parti populaire suédois).
HS/dim/A10

M. Lohi optimiste sur la réforme
Helsingin Sanomat relève que le député centriste Markus Lohi, vice-président du parti, qui préside la commission des affaires sociales et de la santé du Parlement, dit qu’il est plutôt optimiste quant à l’étude de la réforme dans la commission qu’il préside au Parlement.
La réforme est un objectif de long terme pour le Centre. Pendant la dernière législature, l’ambiance dans la commission des affaires sociales et de la santé, alors présidée par Krista Kiuru, a été empoisonnée par les litiges entre les députés du gouvernement et de l’opposition.
HS/sam/A24

Indemnité temporaire d’épidémie pour les bénéficiaires du revenu de subsistance
Le Président de la République a promulgué le 9 octobre 2020 la loi portant modification de la loi sur l’indemnité temporaire d’épidémies. Le but de l’indemnité est de soutenir les personnes et les familles les plus vulnérables qui ont encouru des coûts supplémentaires du fait des mesures restrictives résultant de l’épidémie de coronavirus.
Les personnes qui ont reçu une allocation de subsistance pendant l’application des mesures restrictives (1.3.-31.7.2020) sont éligibles à cette indemnité si elles sont toujours bénéficiaires d’une allocation de subsistance à l’automne 2020.
L’indemnité est exonérée d’impôt et s’élève à 75 EUR par mois et par personne et n’affecte pas le montant des autres prestations. Elle est versée pour une période de quatre mois (septembre-décembre).
Vn.fi

Parlement

Motion de censure contre la Ministre Krista Kiuru
Le Rassemblement national a présenté une motion de censure contre la ministre de la Famille et des Services sociaux Krista Kiuru, vendredi 9 octobre.
Le Rassemblement national (Kokoomus) critique l’action du gouvernement concernant plusieurs points liés à la gestion de la crise du coronavirus, mais met l’accent sur les orientations concernant le port du masque et vise la ministre de la Famille et des Services sociaux Krista Kiuru.
Selon le Kokoomus, il y a lieu de soupçonner que le gouvernement a politiquement orienté le travail du groupe qui a rédigé le rapport sur les masques pour le ministère des Affaires sociales et de la Santé. Le Kokoomus estime que les Finlandais ont été induits en erreur, et que l’importance des masques a été minimisée.
Le Kokoomus estime qu’il aurait fallu dès printemps dernier dire qu’il n’y avait pas suffisamment de masques pour recommander leur port, au lieu de minimiser leur utilité.
Helsingin Sanomat relève toutefois que la Première ministre avait dit au printemps qu’il y avait un problème d’accès aux masques, et que les masques seraient utiles. Ses déclarations aujourd’hui en faveur du port du masque ne seraient ainsi pas en contradiction avec ce qu’elle a dit au printemps.
Mika Salminen de THL souligne que l’évaluation sur l’utilité du masque prend en compte différents aspects, dont le fait de savoir si une recommandation sur le port est réalisable. Durant l’été, la situation épidémiologique était calme, mais en août, THL a estimé qu’il serait opportun de recommander le port du masque. Selon Salminen, il n’était pas utile de mettre en place des mesures avant d’en avoir vraiment besoin.
La Première ministre Sanna Marin a dit, devant des journalistes, hier, que Krista Kiuru jouissait de la confiance de l’ensemble du gouvernement.
Elle estime que les allégations de l’opposition ne sont pas fondées. Elle considère le débat en la matière comme peu responsable. « Le gouvernement n’a pas induit en erreur les Finlandais. Quand on, envisage des mesures de restriction, il faut prendre en compte plusieurs aspects. Avec le temps, nous avons obtenu plus d’information, et le gouvernement a agi conformément aux dernières données disponibles » sur les masques. Elle regrette que les accusations de l’opposition effritent la confiance à l’égard des spécialistes et les autorités sanitaires, sans pour autant qu’existent de preuves [sur lez caractère fondé des reproches à l’égard du fonctionnement des autorités].
Petteri Orpo, président du Rassemblement national, a dit, dimanche, que le directeur de THL, Markku Tervahauta, a subi au printemps une pression politique dans la question des masques. Sans souhaiter commenter la question davantage, Tervahauta a déclaré à HS qu’il n’avait pas subi de pressions concernant le fait d’exprimer ses points de vues sur les masques.
Le vote sur la motion de censure aura lieu mercredi.
HS/sam/A18 et 21, lun/A12

Economie - Emploi - Marché du travail

Sanna Marin commente le débat autour des questions sociales
La Première ministre Sanna Marin a dit, concernant l’annonce de l’Industrie forestière de ne plus prendre part aux négociations sur les conventions collectives, qu’elle considérait, en tant que sociale-démocrate, le système finlandais de conclure des accords collectifs comme très bon. Traditionnellement, on est arrivé en Finlande à trouver des positions communes entre différents acteurs, et on a pu résoudre les problèmes de la vie professionnelle en négociant. « C’est une voie sur laquelle je souhaite absolument que la nation reste engagée », a-t-elle dit.
Marin indique qu’elle a évoqué ces questions avec le président de la confédération de l’industrie forestière, Ilkka Hämälä, mais rappelle que le gouvernement n’est pas partie prenante aux négociations sur le marché de travail.
La Première ministre souligne l’importance de la solidarité et de la modération, y compris dans le secteur privé. Pour elle, il n’est pas exagéré de demander à ce que les acteurs du secteur privé, lorsque cela est possible, s’efforcent d’éviter les licenciements. Elle souligne que le gouvernement a souhaité soutenir les entreprises, et que cela a été fait.
Elle revient sur la fermeture de l’usine d’UPM à Kaipola à Jämsä et rappelle que l’impact d’une telle crise est dramatique lorsqu’il s’agit d’un employeur qui a un rôle important dans une région. Elle maintient sa position exprimée au moment de l’annonce sur la fermeture, qu’il aurait été souhaitable de reporter une telle décision dans le contexte du covid.
Uusi Suomi

Numérique

L’Europe montre la voie pour le numérique et la Finlande est parmi les pionniers
La Finlande se situe pour la deuxième fois à la tête de l’indice DESI de la Commission européenne relatif à l’économie et à la société numériques qui a permis à la Commission de suivre l’évolution numérique des Etats membres depuis 2014. La Finlande est-elle pour autant connue comme une puissance numérique, se demande Suomenmaa, organe du Centre.
Le chef de l’agence du numérique et de l’état civil, Janne Viskari, indique que l’Estonie met beaucoup plus en valeur ses choix dans ce sens et réussit à bénéficier d’une réputation comme un pionnier du numérique.
La Finlande s’est toutefois toujours située devant l’Estonie dans le rapport DESI, rappelle Viskari. Selon lui, en Finlande, les préparatifs pour un passage au numérique ont été faits il y a longtemps. Le registre des données démographiques est sous forme électronique depuis 1974. Viskari relève qu’à sa connaissance, la Finlande et le Danemark sont les seuls pays où la population n’a pas besoin d’être recensée.
Outre le registre démographique, existent sous forme électronique les données cartographiques, le registre du commerce et les données du cadastre.
Viskari estime que le point fort de la Finlande est le fait que le développement numérique concerne largement la société et toutes ses organisations. Ces dernières années, on s’est beaucoup concentré sur l’amélioration de la facilité d’utilisation et de l’accessibilité des services électroniques. On s’est également investi dans le soutien aux utilisateurs.
Selon Viskari, dans l’avenir proche, un défi concernera le transfert plus fluide de l’information entre les différents systèmes.
Viskari ne pense pas pour autant que les services électroniques remplaceront les services publics traditionnels. Les services doivent être accessibles pour tous. On ira dans le sens d’une offre variée de services qui permettra aux administrés de choisir. La plupart des personnes opteront pour les versions numériques des services.
Suomenmaa relève que le rapport DESI fait état du niveau élevé de formation et de compétences en Finlande. Les Finlandais disposent des outils et des connaissances suffisantes pour les services en ligne. 76 % de la population ont des connaissances au moins de base sur le numérique, contre une moyenne européenne de 58 %.
Le projet de réseau 5g représente, selon Viskari un grand effort et investissement. Les connections en Finlande méritent d’être améliorées. Selon un rapport de Traficom, agence des transports et de la communication, un million de ménages finlandais étaient, en juin, en dehors d’un réseau de haut débit fixe de 100 méga. 38 % des ménages ont accès à une connexion par la fibre.
Selon le rapport, la Finlande est le mieux préparé pour le déploiement du 5g. Dans une comparaison sur les connexions de transfert, la Finlande se situe neuvième parmi les Etats membres : seulement 23 % des ménages ont un haut débit fixe de 100 mégas, contre une moyenne européenne de 26 %.
Les opportunités pour le télétravail sont toutefois relativement bonnes en Finlande. C’est dans ce pays qu’au printemps dernier, en raison de la pandémie, le télétravail a été le plus répandu.
Pekka Sivonen, directeur auprès de Business Finland, relève que la promotion du numérique et la lutte contre le changement climatique sont accentués dans la cadre de financement de l’UE. Ces questions seront le noyau dur des activités de Business Finlande durant les dix prochaines années. Sivonen note que la Finlande a des coopérations bilatérales avec la France et avec l’Allemagne. Avec la France, il s’agit de développer l’intelligence artificielle et la Finlande participe au projet GAIA-X de services en nuage piloté par la France et l’Allemagne.
SM/36-39

Politique européenne

Les ministres discutent de l’état de droit
Le Conseil Affaires générales de l’UE se réunira à Luxembourg mardi 13 octobre. Le Conseil prépare le Conseil européen d’octobre, aura une discussion sur l’état de droit et reçoit un aperçu des négociations sur l’accord UE-Royaume-Uni.
Lors de la réunion, la présidence allemande du Conseil de l’UE présentera un rapport d’étape sur la discussion sur le cadre financier et le plan de relance. La Finlande estime que la poursuite des travaux devrait suivre de près les conclusions du Conseil européen de juillet et traiter les questions clés du cadre financier en un seul paquet. Il est essentiel de créer un mécanisme efficace liant respect de l’état de droit et conditions de financement.
« Le respect de l’état de droit est une pierre angulaire essentielle de la démocratie moderne. Le nouveau rapport de la Commission sur l’état de droit est une partie importante de la boîte à outils de l’UE sur l’état de droit. Je suis heureux que nous puissions maintenant, pour la première fois, en discuter au Conseil. C’est l’une des choses sur lesquelles nous avons également travaillé pendant la présidence finlandaise », a déclaré la ministre Tuppurainen.
La réunion devrait également adopter une recommandation du Conseil sur une approche coordonnée des restrictions à la libre circulation dues à la crise corona. La Finlande soutient l’objectif consistant à coordonner les actions des États membres et à les communiquer clairement au niveau de l’UE. Il est important que l’action de l’UE ne limite pas la possibilité pour un État membre d’imposer des restrictions plus strictes que d’autres États membres, si nécessaire, afin de sauvegarder la santé publique et le fonctionnement de la société.
Enfin, la Finlande considère qu’il est important que la décision de relever l’objectif climatique de l’UE pour 2030 soit décidée dès que possible et que l’UE soit en mesure de notifier l’ONU de son objectif accru d’ici la fin de l’année.
Vn.fi

La dernière bataille sur le respect de l’état de droit commence dans l’UE
Ce soir, le Parlement européen entamera la dernière ligne droite pour lier l’état de droit au futur budget de l’UE. Dans ces négociations, la Finlande, représentée par le député du Rassemblement national Petri Sarvamaa (principal négociateur pour le Parlement européen), tentera de modifier la proposition de compromis « édulcorée » faite par l’Allemagne, rapporte Iltalehti.
« À notre avis, la proposition de compromis présentée par la présidence allemande de l’UE n’a pas pleinement répondu à notre demande d’un mécanisme d’état de droit fort et fonctionnel, qui a été approuvé dans le cadre de l’accord sur le cadre financier d’été et le paquet de relance. Il s’agissait d’une question de principe pour la Finlande afin que nous puissions accepter le résultat des négociations », a déclaré la ministre Tytti Tuppurainen.
De l’avis de la Finlande, le soi-disant mécanisme de frein d’urgence, c’est-à-dire le fait qu’un État membre conteste les motifs d’allégations de violations et puisse soulever la question au conseil européen, ne correspond pas à ce qui a été convenu lors du sommet de juillet.
« A notre avis, cela peut confirmer les interprétations selon lesquelles, en cas de mise en oeuvre de la règle sur l’état de droit, la question serait renvoyée au conseil européen – et donc peut-être même à l’unanimité. Le seuil d’application du règlement a également été relevé, ce qui peut rendre plus difficile l’utilisation de l’instrument. En outre, la conditionnalité générale entre le versement des fonds et le respect de l’état de droit a été affaiblie », décrit Tuppurainen.
C’est pourquoi la Finlande, et quelques autres pays de l’UE tels que la Suède et les Pays-Bas, ont voté contre la proposition de compromis allemande et le mandat de négociation basé sur celle-ci lors de la réunion des ambassadeurs auprès de l’UE la semaine dernière.
Malgré l’opposition de la Finlande et de quelques autres pays de l’UE, la proposition de compromis de l’Allemagne sera adoptée par un vote à la majorité qualifiée en tant que position des États membres de l’UE comme base pour de nouvelles négociations entre le Parlement européen, la Commission et l’Allemagne.
Dans les négociations qui débuteront lundi soir, le Parlement européen aura un rôle important à jouer.
Au Parlement, le principal négociateur pour l’état de droit est l’eurodéputé Petri Sarvamaa (Rassemblement national - PPE) avec le social-démocrate espagnol Eider Gardiazabal Rubial.
Sarvamaa anticipe une négociation serrée avec l’Allemagne. « Les négociations sont soumises à de fortes pressions, car la proposition de compromis allemande diffère considérablement des demandes précédentes du Parlement. Maintenant, nous (les deux principaux négociateurs) devons nous serrer les coudes parce que nous avons l’Allemagne en face. La chancelière Angela Merkel est la mère de tous les compromis et elle souhaite un accord sur l’état de droit afin que le paquet de relance de 750 milliards d’euros puisse être distribué », dit Sarvamaa.
Le Parlement européen a déclaré qu’il ne pouvait pas adopter un règlement sur l’état de droit s’il n’établissait pas un lien plus clair entre le respect de l’état de droit et l’accès au financement budgétaire que celui proposé par l’Allemagne.
La ministre Tuppurainen, représentant les sociaux-démocrates, et Sarvamaa, eurodéputé du parti du Rassemblement national, se sont, selon leurs propres termes, « alliés » pour que le bilan final du mécanisme de l’État de droit soit suffisamment solide. « Tuppurainen et moi tirons dans le même sens », dit Sarvamaa.
« Le Parlement européen a un rôle important à jouer, et Petri Sarvamaa, qui est le deuxième rapporteur du Parlement, est un acteur important dans le processus », admet Tuppurainen. « Nous continuerons de maintenir un bon dialogue avec le Parlement européen sur des questions importantes », poursuit-elle.
Selon Sarvamaa, la clé du succès des négociations est que les plus grands groupes du Parlement européen (PPE et S&D) restent derrière la position de négociation du Parlement et ne commencent pas à céder aux pressions de compromis de la présidence allemande. « La proposition de compromis allemande dilue assez gravement l’état de droit, mais nous, au Parlement, avons cherché des positions claires à ce sujet. Nous avons 5 à 6 points clés que nous négocions », dit Sarvamaa.
Sarvamaa ne pense pas que les négociations seront achevées d’ici le sommet de la mi-octobre, comme l’avait demandé l’Allemagne. « Cela ira probablement jusqu’en novembre », estime-t-il.
La ministre Tuppurainen estime que le Parlement a un véritable pouvoir dans les négociations. « - Je prévois qu’après les négociations tripartites, l’Allemagne présentera une proposition très modifiée au Conseil pour que les États membres en décident », dit Tuppurainen.
IL

Politique étrangère et de sécurité

Le gouvernement et le Président ont discuté du prochain Rapport sur la politique étrangère et de sécurité, de la Russie et du Renseignement
Vendredi 9 octobre, le Président de la République et le Comité interministériel sur la politique étrangère et de sécurité du gouvernement ont discuté du prochain rapport sur la politique étrangère et de sécurité. Les préparatifs du rapport devraient être achevés dans les semaines à venir.
Les questions liées à la Russie ont également été abordées lors de la réunion. L’empoisonnement du politicien d’opposition Alexei Navalny et les relations UE-Russie, ainsi que les questions bilatérales entre la Finlande et la Russie, étaient à l’ordre du jour.
La réunion a aussi permis de commencer à préparer les priorités du renseignement civil et militaire pour 2021.
Vn.fi

Editorial : La dimension politique des avions de combat a son importance
Dans le choix du projet HX il s’agit de savoir si la Finlande choisit un partenaire européen ou un américain, souligne l’éditorialiste d’Helsingin Sanomat.
La coopération entre la Finlande et la Suède en matière de la défense a franchi une nouvelle étape en septembre dernier lorsque le parlement suédois a approuvé la possibilité d’une aide militaire suédoise à la Finlande. Ainsi la Suède sera en mesure de donner rapidement une assistance militaire à la Finlande en cas de crise, sans décision du parlement.
La Finlande possède déjà une loi homologue et le soutien à la collaboration de défense bénéficie d’un solide soutien dans les deux pays. Néanmoins l’entrée de la Norvège dans cette coopération rend certains Finlandais perplexes. La Norvège est en effet un pays membre de l’OTAN, ce qui reste un sujet compliqué pour les discussions finlandaises. Néanmoins, la relation avec l’OTAN et les Etats-Unis se trouve dans une situation charnière, ce qui donne une nouvelle tonalité à la collaboration en matière de la défense.
Le gouvernement de Sanna Marin peaufine actuellement le Livre blanc sur la politique étrangère et de sécurité qui sera suivi du Livre blanc sur la politique de défense qui, lui aussi, devrait présager l’avenir de la Finlande dans une période où la politique de superpuissances se renforce.
La position du gouvernement finlandais vis-à-vis de l’OTAN ne changera pas mais c’est l’OTAN qui change. La porte de l’Alliance risque désormais de battre dans un sens opposé. La menace du président Donald Trump sur l’éloignement des Etats-Unis de l’OTAN doit être prise au sérieux. Le rapport des Américains vis-à-vis de ses alliés européens a déjà changé.
La relation est bonne entre la Finlande et les Etats-Unis. La Finlande, qui se trouve en dehors de l’OTAN, a fait de la nécessité une vertu en élargissant la collaboration bilatérale en matière de sécurité. La Finlande a forgé sa dépendance sécuritaire vis-à-vis des Etats-Unis en lui achetant des avions de chasse il y a trente ans.
La Finlande se trouve de nouveau devant un choix de renouvellement de ses chasseurs. Pour simplifier, la question est de savoir si on opte pour un partenaire européen ou américain.
Les Etats-Unis proposent deux candidats pour le projet HX : or l’un est trop vieux et l’autre est trop cher. L’évaluation de la dimension politique s’avère délicate.
On peut parfaitement justifier le fait de sauvegarder un lien fort avec les Etats-Unis – néanmoins le choix d’un partenaire européen serait le signe d’une indépendance stratégique d’une certaine valeur. Un avion de combat multifonction commun placerait la collaboration finno-suédoise à un autre niveau.
Si la Finlande n’opte pas pour un appareil américain, cela aura indéniablement une influence sur la relation entre les pays.
HS

Le congrès américain informé de l’annonce d’une éventuelle vente à la Finlande d’avions de combat multifonction
L’agence Defense Security Cooperation Agency (DSCA), qui dépend du ministère de la défense américain, a transmis au Congrès l’annonce concernant la vente éventuelle à la Finlande d’avions de combat multifonction, de leurs armements et équipements. L’annonce est liée aux appels d’offre du projet HX.
Defmin.fi
https://dsca.mil/major-arms-sales/finland-fa-18ef-super-hornet-aircraft-and-weapons
https://dsca.mil/major-arms-sales/finland-f-35-joint-strike-fighter-aircraft-air-air-missiles-and-air-ground

publié le 14/10/2020

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