Revue de la presse finlandaise du 8 janvier

Politique étrangère et européenne

Union européenne

Editorial
« L’Allemagne et la France détermine la politique européenne » HS
L’éditorialiste d’Helsingin Sanomat estime que l’on peut prédire que l’Allemagne va bientôt se doter d’un gouvernement de coalition : les chrétiens-démocrates vont accepter les conditions de politique européenne posées par le SDP car Mme Merkel ne prendra pas le risque d’une instabilité politique. De plus, accepter ces conditions n’est pas pour déplaire à Mme Merkel, car « elle le doit au Président Emmanuel Macron qui a sauvé l’UE et maintenant réforme l’économie française conformément aux souhaits de l’Allemagne », écrit l’éditorialiste.
Selon lui, les planètes sont désormais bien alignées pour la relance de l’Europe. Il considère que l’on a mal interprété en Finlande ce que cela veut dire. Les propositions de M. Macron ont été considéré »es comme radicales et donc des idées à oublier car inapplicables. C’est ce que l’on a pensé en Finlande, y compris au gouvernement car il est bloqué sur ces thèmes. En effet, les Vrais Finlandais et une partie du centre cherchent leur audience en s’opposant à toute solidarité européenne supplémentaire.
Or, les oppositions comme celles de la Pologne ou de la Hongrie ne sont pas des freins au changement mais plutôt des incitations à institutionnaliser d’une manière ou d’une autre la coopération renforcée.
L’éditorialiste estime que les Finlandais ont tendance à oublier les leçons de l’histoire européenne : quand la France et l’Allemagne arrivent à s’accorder, elles arrivent aussi à imposer leurs décisions.
HS/Sam

Politique intérieure

Elections présidentielles

Nouveau sondage
Keskisuomalainen rapporte que selon un sondage sur les intentions de vote des Finlandais aux élections présidentielles, publié par Yle, le score du Président Sauli Niinistö est écrasant, 72 %, même s’il a perdu 8 % depuis le mois de novembre.
M. Niinistö est suivi de Pekka Haavisto (Alliance verte), 11 % (+1 %), de Laura Huhtasaari (Vrais Finlandais), 5 % (+1 %), de Paavo Väyrynen (4 %), de Tuula Haatainen (PSD), 3 % (+1 %), de Matti Vanhanen (Centre), 2 %, de Merja Kyllönen (Alliance des gauches), 2 %(+1 %) et de Nils Torvalds (Parti suédois), 1 %.
L’institut Taloustutkimus a effectué ce sondage pour le compte d’Yle entre le 27 décembre et le 3 janvier auprès de 1 363 personnes.
Rappelons que selon le sondage récent d’Helsingin Sanomat, M. Niinistö aurait 70 % et M. Haavisto 11 % des intentions de vote.
KS/sam/10

Selon les chercheurs, il n’y aura qu’un seul tour
Keskisuomalainen relève que plusieurs chercheurs estiment que M. Niinistö aura la majorité des votes déjà au premier tour.
Le professeur Kimmo Grönlund d’Åbo Akademi (université suédophone de Turku), estime que M. Niinistö n’a pas de vrai challenger. Cela peut diminuer le taux de participation.
« Le taux pourrait être moins de 70 % », selon M. Grönlund. Il estime que le score du sondage récent est particulièrement gênant pour le Centre et le PSD, deux grands partis traditionnels.
Le professeur Ilkka Ruostetsaari de l’université de Tampere souligne qu’aux élections présidentielles les Finlandais votent pour une personne et non pour un parti politique.
KS/sam/10

Editorial
Dans son éditorial, Keskisuomalainen estime qu’il serait une grande surprise s’il y avait un deuxième tour aux élections présidentielles, cela serait même la première fois dans l’histoire politique finlandaise. Il semble qu’on connaitra le résultat dans trois semaines avec le premier tour.
KS/sam/’

Présidence du Parlement

Débats au sein du Rassemblement national sur la désignation du président du Parlement
Le Parlement aura un nouveau président à la fin février du fait qu’avec la division des Vrais Finlandais, le Rassemblement national est devenu le deuxième parti du Parlement. Ce parti désignera son candidat dans les semaines qui viennent.
A l’automne, il paraissait pratiquement sûr que M. Kanerva, actuellement président de la Commission de la Défense, deviendrait président du Parlement. Dans le contexte de la campagne #metoo, des discordes ont toutefois commencé à surgir sur le fait de savoir s’il serait approprié de nommer M. Kanerva à ces fonctions sachant qu’il a dû démissionner de son poste de ministre des Affaires étrangères en raison d’une affaire de sms envoyés à des femmes. Cette affaire est considérée par plusieurs conservateurs comme un fardeau qui continue à peser sur M. Kanerva.
Mme Virolainen, présidente de la Grande commission, a présenté sa candidature, et certains députés conservateurs, dont Mme Lepomäki, la soutiennent. Certains estiment aussi qu’il serait opportun de nommer une femme à ce poste.
M. Satonen, vice-président du Parlement, a également présenté sa candidature.
Le nom de la ministre de l’Intérieur, Mme Risikko, a été évoqué, mais elle ne s’est pas prononcée en la matière.
HS/sam/A10

Réforme des services sociaux et de la santé

Le rassemblement national cède sur son exigence de proposer l’option de soins spécialisés dans le privé
Le gouvernement étudiera, cette semaine, les derniers points concernant la réforme des services sociaux et de la santé. HS note qu’avant Noël, les négociations menées sur la question de la liberté de choix concernant les services ne se faisaient pas entre les ministres chargés de la réforme, mais entre les trois présidents des partis de la coalition, MM. Orpo, Sipilä et Terho.
Lors de ces négociations, M. Orpo a cédé en ce qui concerne l’exigence de son parti d’obtenir une vaste possibilité d’utilisation de chèques permettant d’opter pour des soins hospitaliers dans le secteur privé.
La plupart des avis de spécialistes en la matière rejette l’ouverture vaste aux soins spécialisés privés. L’opinion publique commençait, elle aussi, à craindre les effets néfastes pour le secteur public. En effet, il serait possible qu’avec la concurrence qu’auraient créée ces chèques, des médecins du secteur public auraient été débauchés par le secteur privé.
Avec le retrait par le rassemblement national de son exigence, les chèques ne seront distribués que lorsque les régions de santé n’arriveront pas à proposer des soins hospitaliers dans un délai de six mois.
Pour le Kokoomus, qui s’était longtemps battu pour les chèques, il s’agit d’un échec politique. La décision garantit néanmoins un certain degré de liberté de choix concernant les services de santé basiques.
HS/lun/A8

Réforme de la politique de l’emploi

Critiques contre la politique d’activation des chômeurs
En décembre, le parlement a approuvé le projet de loi sur l’activation des chômeurs. Désormais, un chômeur qui n’aura pas, durant les trois derniers mois, travaillé au moins 18 heures ou suivi une formation d’une semaine, ou gagné 241 euros comme entrepreneur, verra son indemnité diminuer de 4,65% pour un mois.
Cette mesure a suscité des larges critiques.
Une initiative populaire pour abroger cette loi a été lancée sur Internet et a récolté plus de 100 000 signatures alors que 50 000 sont nécessaires pour qu’elle puisse être transmise au Parlement pour y être étudiée.
Le principal syndicat SAK a lui aussi critiqué l’activation des chômeurs et déterminera d’ici le 15 janvier les actions qu’il est susceptible de prendre sur ce sujet. Selon la SAK, la mesure « est humiliante pour les chômeurs.
Les principaux syndicats (SAK, STTK et AKAVA) critiquent une mesure qui va augmenter la bureaucratie et créer des inégalités entre les chômeurs en fonction de la possibilité qu’ils auraient d’avoir accès à des formations.
Le président du PSD Antti Rinne a lui aussi vigoureusement critiqué cette mesure.
AL HS

L’obligation de candidater à des postes sera présentée
Le ministre du Travail, Jari Lindström (Bleus) confirme que le gouvernement va présenter un projet de loi obligeant les chômeurs à se porter candidats à au moins 12 emplois sur les trois derniers mois sous peine de perdre leurs indemnités pendant deux mois. De plus, les chômeurs devraient remplir chaque semaine un rapport sur leurs activité comme demandeurs d’emplois.
AL

Défense

Armement

L’explosion de l’obusier K9 Thunder, tout récemment acheté par la Finlande, soulève des questions
Les causes de l’explosion qui a eu lieu en août dernier près de la frontière des deux Corées, intéressent la Finlande qui vient d’acquérir 48 obusiers sud-coréens d’occasion.
Selon l’armée de terre sud-coréenne, l’accident a été causé par un défaut mécanique. Selon le communiqué, « l’amorce a explosé toute seule et certaines pièces fonctionnaient de façon anormale”. Une éventuelle erreur humaine serait donc écartée.
Selon l’inspecteur de l’artillerie, le colonel Pasi Pasivirta, l’explosion n’aura pas d’effet sur l’acquisition de la Finlande car les engins ont déjà été embarqués sur un cargo et sont en route vers la Finlande.
Il n’exclut pas l’éventualité d’une erreur humaine et souligne qu’il ne s’agit pas d’un rapport officiel de l’Etat sud-coréen qui devrait être publié d’ici la fin de l’année.
La Finlande suit l’enquête sur les causes de l’accident avec la Norvège qui vient, elle aussi, de passer une commande de 24 obusiers K9 Thunder neufs.
HS28.12

Les appels d’offre des avions de combat multi rôle seront envoyés au printemps prochain
Le prochain avion de combat multi rôle de l’armée de l’air finlandaise sera sélectionnée en 2021 parmi cinq candidats, européens et américains. Les appels d’offre à proprement parler seront envoyés au printemps 2018.
Le travail de conception sur les types d’engin se poursuit continuellement. Lorsque la Finlande réceptionnera son premier nouvel avion en 2025, l’équipement du chasseur ne sera pas identique à celui des actuels Rafale, Eurofighter Typhoon, Gripen E, F-35 ou Super Hornet. Notamment les casques, les tableaux de bord des cockpits, les radars et l’armement font l’objet de perpétuelles mises à jour et conceptions. Les nouvelles menaces exigent de nouvelles solutions.
Tout en constatant qu’ils remplissent parfaitement les capacités recherchées par l’acquéreur, les cinq avions candidats sont, selon les experts, « très différents » les uns des autres.
La Finlande a offert aux fabricants la possibilité de compléter la capacité des avions de combat multi rôle par des drones ce qui n’a cependant pas été fait.
KS28.12/10

Les nouveaux bâtiments de guerre devront surtout être de rapides mouilleurs de mines
Les quatre corvettes multi rôle de l’escadre 2020 seront construites en Finlande, mais l’armement et les censeurs seront achetés à l’étranger.
Critiquée par certains experts, la grande taille de ces bâtiments de guerre servirait néanmoins à posséder la capacité, en début d’une éventuelle crise, à mouiller rapidement des mines. Par la suite, les navires pourront se cacher dans l’archipel.
Ces nouveaux navires possèderont également la capacité de circuler en mer gelée. Ils seront dotés d’une hélice à la fois puissante et silencieuse qui résiste bien à la glace. La marine rappelle que la Finlande est le seul pays au monde où tous les ports gèlent en hiver.
La construction de ces nouveaux bâtiments débutera en 2019.
KS28.12/11

Service militaire

Le service militaire débute pour le contingent 1/18
Environ 12 500 conscrits, dont environ 400 femmes volontaires, entrent dans les casernes ce lundi 8 janvier.
Un majeure partie de ces appelés, près de 10 000, commencent leur service dans l’armée de terre, 1 500 dans la marine. Le reste est réparti entre le corps des gardes-frontières et les différentes unités de l’armée de l’air.
Le service militaire dure 165, 255 ou 347 jours, selon les formations.
www.iltasanomat

Médias

Le quotidien Helsingin sanomat crée un groupe de travail sur la politique de sécurité et des cyberquestions
Helsingin sanomat vient de mettre en place un groupe de travail qui rallie plusieurs services du journal sur la politique de sécurité et sur les cyberquestions. Il sera coordonné par le journaliste des affaires étrangères Jussi Niemeläinen qui a travaillé notamment en qualité de correspondant du quotidien à Moscou et de directeur du service des affaires domestiques. Il a dernièrement occupé le poste de correspondant à Riga.
www.hs.

France

Politique

Editorial
« Les élections ont débloqué les freins aux réformes économiques » HS
Helsingin Sanomat estime que pendant très longtemps il a été difficile de réaliser des réformes économiques en France du fait de la bipolarité et des alternances : la droite et la gauche n’arrivaient pas à, s’entendre pour des réformes et tour à tour bloquaient les tentatives de réforme.
« Après les élections présidentielles et législatives, ce verrou s’est cassé. Le Président Macron a été élu au centre, en promettant des réformes économiques, en défendant les entreprises et en gagnant la majorité au parlement. »
« Les réformes du marché du travail qui facilitent l’embauche, le licenciement et les accords d’entreprises et diminuent la bureaucratie économique ont été approuvées, sans susciter d’importants mouvements de grève et M. Macron peut même bénéficier d’audience en hausse ».
« L’ascension de M. Macron par le centre de l’échiquier politique a poussé les forces traditionnelles vers les extrêmes. Cela tend à les marginaliser encore plus, ce qui rend service au Président Macron ».
HS/Lun

publié le 09/01/2018

haut de page