Revue de la presse du vendredi 8 novembre

Politique étrangère et européenne

Allemagne - Finlande

« La surprise de la chute du mur de Berlin » Dem
Demokraatti rapporte que la chute du mur de Berlin fut une surprise pour la Finlande aussi. Cela a été le démarrage d’un développement qui a ouvert la voie pour la Finlande vers l’UE et la dénonciation de l’accord qui la liait à l’URSS.
Mais avant que le mur ne s’effondre, la Finlande était très fortement liée à la RDA. La situation de la Finlande entre l’Est et l’Ouest signifiait en effet une politique de l’équilibre qui se traduisait par une influence mutuelle entre la Finlande et la RDA. Le professeur Seppo Hentilä a qualifié les liens des politiciens finlandais avec les dirigeants de la RDA comme exceptionnels. Il ne trouve en effet pas d’autre exemple dans le monde occidental. « Tous les partis finlandais à l’exception du SMP (ancêtre des Vrais Finlandais) et du PSD, avaient des relations officielles avec les partis de RDA. Ailleurs en occident, seuls les partis de gauches avaient des relations avec la RDA. Peu de Finlandais le savent aujourd’hui », dit-il.
Pour le PSD, c’est leurs relations avec les sociaux-démocrates de RFA qui les empêchaient d’avoir des relations officielles avec les partis de RDA.
Pour M. Hentilä, le niveau exceptionnels des relations des partis politiques finlandais avec la RDA est un bon exemple de la finlandisation. « On était copains-copains avec la RDA afin que cela soit bien vu à l’Est. Une partie des politiciens disaient directement que si l’on n’a pas des relations directes avec Moscou, au moins on peut en avoir indirectement en passant par Berlin-Est. »
On connaissait aussi très bien la nature de cette relation en RDA qui essayait de promouvoir sa cause en occident en passant par la Finlande. Selon M. Hentilä, la Finlande avait été définie comme le maillon faible du monde capitaliste et comme l’ami de l’URSS dans les documents de politique étrangère de la RDA.
« Dans aucun autre pays occidental on n’avait une aussi bonne image de la RDA qu’en Finlande. Quand le mur est tombé, cette image a changé à 180°. On n’a plus vu rien de bon dans la RDA », dit M. Hentilâ.
La fraternaisation avec la RDA a touché même les partis de droite comme le rassemblement national (Kokoomus) dont le président de l’époque Ilkka Suominen s’est encore rendu dans les années 80 en RDA pour s’allier avec le parti démocrate national de RDA, formé principalement « d’anciens nazis réformés » selon M. Hentilä. Le parti du Centre avait lui aussi des liens officiels avec un autre parti, celui des agriculteurs.
Le parti du Rassemblement national visait par ce rapprochement la possibilité de mettre fin à l’interdit d’entrer au gouvernement en Finlande qui le touchait depuis plus de vingt ans. Cela réussit en 1987 quand le gouvernement Holkeri (Rassemblement national) fut mis en place.
Critiquer l’URSS était alors interdit dans ce parti, aussi l’aile minoritaire occidentaliste du parti se bornait à critiquer la RDA.
Selon l’ancien député Kimmo Sasi (Rassemblement national) ce n’est qu’avec la chute de l’URSS que la Finlande a senti la liberté. Ainsi la chute du mur de Berlin n’a pas du tout été fêtée par peu de réactions négatives du voisin russe. « Nous étions depuis la seconde guerre mondiale dans un zone grise et penché vers l’Est », dit M. Sasi.
Le professeur Hentilä est du même avis. « La période de deux ans entre la chute du mur de Berlin et la chute de l’URSS est une période très intéressante. Le Président Koivisto était très prudent et pendant la crise des pays baltes il n’a pas osé critiquer les rapports de pouvoirs dans la région. Ce n’est que quand l’URSS est tombée que tous s’est déclenché. »
Une conséquence directe de la réunification allemande est liée aux articles du traité de Paris qui empêchaient la Finlande d’acheter des armes sans l’autorisation des puissances victorieuses et, stipulait formellement l’interdiction d’acheter des armes allemandes. En septembre 1990, la Finlande a mené l’opération pax lui permettant de sortir de ces articles du traité de Paris.
Selon le député Kimmo Sasi (Rassemblement national), les changements à l’Est ont permis à Paavo Lipponen d’accéder à la tête du PSD et de devenir « le meilleur premier ministre de la Finlande européenne ».
Au contraire de Kimmo Sasi, le député Ilkka Kanerva (Rassemblement national) faisait partie de ceux qui, dans ce parti, voyaient d’un bon oeil les relations avec les pays de l’Est. Même quand le Rassemblement national était banni de la possibilité de participer aux gouvernements, M. Kanerva cultivait les relations avec l’ambassade d’URSS. En revanche, la représentation de RDA ne lui était pas familière, même s’il encensa ce pays lors du festival de jeunesse de 1973 à Berlin.
Dem

Budget

« Les dépenses publiques finlandaises dépassent les règles européennes » HS
L’agence de contrôle des comptes de l’Etat (VTV) s’inquiète que les dépenses publiques de la Finlande risquent de dépasser les règles du pacte de solidarité et de croissance.
Dans un communiqué publié hier, le VTV estime que les mesures pour améliorer l’emploi aura un rôle clé dans le maintien de l’équilibre des finances publiques. VTV estime que les dépenses publiques vont donc augmenter plus vite que prévu par le pacte de solidarité et de croissance mais que la Finlande pourra néanmoins maintenir ses comptes publics si elle atteint le nombre de 60 000 emplois nouveaux créés, ce qui est possible, selon VTV. L’agence fait ainsi remarquer que si la Finlande arrive au même niveau d’emploi que la Suède pour les plus de 50 ans, cet objectif de 60 000 nouveaux emplois sera atteint.
VTV publiera son rapport sur les comptes publics en décembre.
HS KL

Taxe sur le transport aérien

Les présidents de parti plutôt favorables à une taxe au niveau européen
Keskisuomalainen a interrogé les présidents des partis politiques sur la taxe sur l’aviation. Alors que cinq partis (Vrais Finlandais, Rassemblement national, Centre, Verts, Alliance des gauches) seraient prêts à adopter une taxe européenne, seuls Les Verts et l’Alliance des gauches y seraient favorables au niveau national. Le parti suédois, les Chrétiens-démocrates et le PSD disent seulement « peut-être » à une taxe européenne.
Le programme gouvernemental prévoit de soutenir l’élargissement de la vente et l’achat des droits d’émission pour l’aviation, et d’étudier la mise en place d’une taxe sur le transport aérien au niveau européen ou mondial. Petteri Orpo, président du Rassemblement national, accuse le gouvernement d’inaction.
M. Rinne constate que la Finlande travaille activement au sein de l’UE et d’organisations internationales pour diminuer les émissions de l’aviation. L’introduction d’une taxe sur le kérosène ou une cotisation concernant les vols, au niveau européen ou mondial, pourra être étudiée. La Finlande est favorable à ce que la vente et l’achat de droits d’émissions soit élargi à toutes les émissions climatiques de l’aviation, selon M. Rinne.
Une initiative populaire en la matière fait que le Parlement devra étudier la question.
KS/10

Propos de M. Ollikainen
Markku Ollikainen, président du panel climatique finlandais, estime qu’une taxe sur le kérosène serait un moyen plus efficace pour diminuer l’aviation qu’une taxe touchant les passagers.
Selon Juha Honkonen du quotidien Keskisuomalainen, dans l’opposition à une taxe sur l’aviation, il s’agirait peut-être d’une volonté de soutenir l’aviation finlandaise, ce qui se traduit en grande partie par un soutien à Finnair.
KS/11

Politique intérieure

Partis politiques

« Les surprises continuent en politique intérieure » KL
Le rédacteur-en-chef de Kauppelehti Arno Ahosniemi commente le dernier sondage qui témoignait d’une poussée des Vrais Finlandais et d’une chute du PSD.
M. Ahosniemi relève d’abord que les Vrais Finlandais ont désormais une avance de plus de six points sur l’autre parti d’opposition, le rassemblement national. Cela devrait avoir pour conséquence qu’en été prochain le Président du Rassemblement national Petteri Orpo devra faire face à des candidats pour prendre sa place lors du congrès du parti.
Là où les partis politiques finlandais il y a encore dix ans cherchaient tous des électeurs vers le centre de l’échiquier politique, il semble désormais que c’est la polarisation qui permet de grossir son audience.
Mais si le rassemblement national tremble face aux Vrais Finlandais, la situation est encore pire dans les rangs de la coalition gouvernementale. La législature vient à peine de commencer et le parti du Premier ministre accuse un retard de dix points sur les Vrais Finlandais. En fait, les Vrais Finlandais ont une audience aujourd’hui supérieure à l’ensemble des partis de gauche (PSD et Alliance des gauches). La conjoncture politique continue à maintenir les Verts qui sont désormais le premier pari de la coalition. En revanche, l’audience du Centre rappelle celle d’un patient en mort cérébrale, si ce n’est que le plancher de ce parti semble atteint.
Kauppalehti s’attend à des changements donc à la tête du Rassemblement national. Quant à Mme Kulmuni, elle devra éclaircir la position de son parti avant les municipales de 2021. Quant au premier ministre Antti Rinne, il ne pourra pas rester inactif car son parti est au plus bas depuis 2014.
KL

Retraites

Propos du Premier ministre
Le premier ministre, Antti Rinne, propose que les fonds de pensions soient utilisés pour augmenter les retraites des femmes concernées par des petites retraites. Pour lui, il pourrait être envisageable de consacrer 200 à 300 millions d’euros par an pour cette fin des fonds de pension.
M. Rinne précise que cette augmentation servirait à compenser le fait que les congés parentaux n’accumulaient pas de retraite jusqu’en 2005. M. Rinne note que ce sont les congés parentaux des femmes qui constituent la raison principale pour laquelle il y a beaucoup de personnes en Finlande qui bénéficient d’une petite retraite.
Le programme gouvernemental prévoit que le gouvernement étudie, ensemble avec les organisations syndicales, les façons d’augmenter les retraites de moins de 1400 euros sans pour autant augmenter la cotisation retraite.
Le Rassemblement national doute que l’augmentation des petites retraites puisse être réalisée sans diminuer les plus grandes retraites.
HS/A10

Social

La grève de la Poste commencera lundi
Helsingin Sanomat rapporte que le syndicat de la poste et de la logistique Pau commencera une grève de deux semaines le lundi 11 novembre à 6 h. Selon le syndicat, les négociations sur le conflit à la Poste n’ont pas avancé jeudi et la médiatrice nationale n’a pas pu présenter un accord de compromis. La médiation se poursuivra mercredi prochain.
La grève qui touchera environ 9 000 employés dans le tri, le transport et la distribution du courrier doit finir le dimanche 24 novembre à minuit.
La grève aura des effets sur l’acheminement du courrier partout en Finlande mais il y aura de grandes différences entre les régions.
L’acheminement des lettres et magazines sera perturbé le plus, probablement pendant plusieurs semaines, et celui des paquets prendra du retard de quelques jours.
Les bureaux de poste seront ouverts normalement et les services de stockage et de fret fonctionnent aussi.
Le syndicat Pau a promis de garantir les travaux liés à la sécurité et à la santé.
HS/A8

La première convention collective salariale a été conclue
Demokraatti, organe du PSD, relève que le syndicat Erto et la fédération des retraités EKL ont conclu une convention collective de deux ans pour la période de 1er février 2020 jusqu’au 30 juin 2022.
Les salaires seront augmentés de 2 % à partir du 1er février 2020 et de 2 % à partir du 1er avril 2021, soit de 4 % au total.
L’accord ne comprend pas l’augmentation des heures de travail de 24 heures qui figurait dans le pacte de compétitivité.
Dem

Litige sur les heures de travail
Selon Keskisuomalainen, le tribunal de grande instance d’Uusimaa de l’ouest a décidé que les heures de travail inscrit dans le contrat de travail d’un employé ne peuvent pas être prolongées par le pacte de compétitivité.
Il s’agit du cas d’un ingénieur qui n’a pas approuvé la prolongation de ses heures de travail de 24 heures à partir de 2017 parce que selon son contrat de travail il devait travailler 37,5 heures par semaine.
Selon le tribunal, il aurait fallu appliquer la règle la plus avantageuse du point de vue de l’employé. Le pacte de compétitivité ne lui était donc pas applicable car moins favorable.
KS/32

Propos de Mm Halonen sur le retard finlandais dans l’égalité salariale
Aamulehti relève que selon la présidente Tarja Halonen, la Finlande est en retard dans l’égalité des salaires par rapport aux autres pays nordiques.
Mme Halonen estime toutefois que la vie professionnelle se développe dans le bon sens, vu que l’inégalité due aux groupes ethniques ou entre les sexes a diminué en raison de la législation et des accords.
Les métiers atypiques et le chômage créent cependant beaucoup d’inégalités dans la vie professionnelle.
Selon Mme Halonen, « les statistiques sur les différences de salaires montrent clairement que la Finlande s’écarte des autres pays nordiques. Même si les Finlandaises ont une bonne formation et elles travaillent à plein temps, la différence dans les salaires est toujours d’environ 20 %. »
AL/A10

Climat


Angoisse climatique

Helsingin Sanomat rapporte que l’université d’été de la région d’Helsinki organisera un cours d’un mois pour que les participants puissent traiter l’angoisse liée au changement climatique.
L’angoisse climatique est devenue un phénomène de plus en plus courant depuis quelques années.
Selon l’animatrice du cours, la psychologue Leena Koivula, il ne faut pas que quelqu’un s’angoisse pour le climat au point qu’il perde sa joie de vivre ou sa capacité à travailler. Les sentiments et les expériences liés au climat sont étudiés pendant le cours dans des groupes d’entraide.
Minna Santaoja, chercheur à l’université de Turku, estime que le meilleur moyen contre l’angoisse climatique est l’action. La personne angoissée peut par exemple modifier ses habitudes de consommation, essayer la nourriture végétarienne ou se mettre en grève pour le climat.
HS Helsinki/5

publié le 08/11/2019

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