Revue de la presse du vendredi 7 septembre

Politique étrangère et européenne

Conseil ministériel nordique

Paula Lehtomäki nommée secrétaire générale
Paula Lehtomäki, secrétaire d’Etat du Premier ministre Juha Sipilä, a été nommée secrétaire générale du conseil ministériel des pays nordiques à compter de mars 2019.
Mme Lehtomäki (Centre) a été ministre du Commerce extérieur de 2003 à 2007 et ministre de l’Environnement de 2007 en 2011.
Mme Berner (Centre), ministre chargée de la coopération nordique, se félicite de la désignation de Mme Lehtomäki et du fait que la Finlande a eu ce poste.
HS/A13

Pays nordiques

La Finlande, petit dernier des pays nordiques ?
Le magazine de l’Université de Helsinki, Yliopisto-lehti, publie un article sur les pays nordiques.
Elina Oinas, professeur de sociologie à l’école suédophone des études sociales et communales supérieures, estime que les pays nordiques se ressemblent moins que l’on a l’habitude de le penser. Les idéaux liés aux pays nordiques peuvent également être remis en question.
Dans une comparaison économique, la Finlande arrive souvent au dernier rang par rapport aux quatre autres pays nordiques. Le taux d’emploi y est plus faible que dans les autres pays et le déficit structurel y est plus important. Les cinq n’ont pas pris les mêmes décisions politiques : l’Islande, la Norvège et le Danemark participent à l’OTAN, de même la Finlande, la Suède et le Danemark sont des Etats membres de l’UE. Et seule la Finlande a adopté l’euro.
Anu Lahtinen, professeur d’histoire de la Finlande et des pays nordiques, estime que les différences s’accentuent dans une comparaison entre les cinq pays, mais si les pays nordiques sont comparés aux autres pays, ils commencent à se ressembler.
Quant à la législation, dans le grand nord, il y a eu des lois similaires dès le Moyen âge, ce qui se voit encore aujourd’hui : la logique du fonctionnement des sociétés est convergente.
En revanche, les épreuves de l’histoire finlandaise, la guerre civile et la deuxième guerre mondiale, ont ralenti l’évolution de la société finlandaise par rapport aux autres pays nordiques.
Mme Lahtinen note que par exemple beaucoup de solutions en matière de sécurité sociale en Suède ont été mises en place entre les deux guerres, alors que la Finlande les a appliquées seulement à la fin des années 1940 et dans les années 50. Les orientations ont toutefois été les mêmes.
Selon Mme Oinas, les pays nordiques partagent une volonté d’appartenir au même groupe. Des notions nobles sont associées à ces pays : la démocratie, l’égalité, l’équité, l’authenticité, le respect de la nature et des traditions et la modernité en même temps.
Mme Oinas met toutefois ces pays en garde contre une certaine suffisance : il ne faut pas se laisser bercer par l’idée que les pays nordiques soient par définition meilleurs que les autres. Cette pensée peut prendre dans une tonalité raciste et nationaliste, selon elle.
La notion de pays nordiques est de toute façon liée à une pensée nationaliste. L’idée des pays nordiques et d’un esprit nordique est née au XIXème siècle, dans le contexte de l’idéologie d’un essor national. L’idée d’idéaliser le passé commun de la Suède, de la Norvège et du Danemark est née à ce moment-là.
Ce n’est véritablement qu’après la guerre, dans les années 1950, que la Finlande commence à être considérée comme un des pays nordiques. En 1955, elle rejoint le Conseil nordique qui a été créé quelques années plus tôt en tant que forum de coopération politique et économique. Pour la Finlande, c’était un environnement important. La CEE aurait constitué un partenaire bien trop occidental pour la Finlande, pays voisin de l’URSS, alors qu’une coopération nordique n’était pas surveillée de la même façon.
Mme Oinas estime que l’estime de soi des Finlandais s’est améliorée ces derniers temps, mais que, concernant certaines choses, les Finlandais pourraient toujours suivre l’exemple des autres pays nordiques. L’attitude à l’égard de l’immigration en est une. Les Finlandais n’ont pas compris qu’une ouverture serait bénéfique pour la culture et l’économie.
Le traitement des Sami est une autre question (où on pourrait suivre l’exemple de la Norvège), et la notion de la masculinité une troisième. Les limites de la masculinité semblent être plus strictes en Finlande que dans les autres pays nordiques, selon elle.
Pendant des siècles, la Finlande était une partie un peu éloignée de la Suède. La relation entre la Finlande et la Suède à l’époque est parfois qualifié de colonialiste. Mme Lahtinen considère toutefois ce mot comme bien trop fort pour ce contexte. Pour elle, le caractère périphérique de certaines régions, comme la Laponie, ou le Groenland, se voit encore aujourd’hui.
Mme Oinas estime, quant à elle, que le statut historique de la Finlande sous le règne suédois a laissé des traces. Parfois, les Suédois peuvent avoir une attitude condescendante à l’égard de la Finlande. Le traitement de la minorité finlandaise de Suède est un problème qu’on ne peut pas évoquer comme il faudrait. Mme Oinas note que, même au niveau des coopérations académiques, les à priori existent toujours.
Yliopisto/35-38

Politique intérieure

Elections législatives

Deux cents jours avant les élections
Selon les sondages, plusieurs partis actuellement dans l’opposition augmenteraient considérablement leur audience par rapport aux dernières législatives, tandis que parmi les partis de la coalition gouvernementale, seul le rassemblement national y arriverait.
Le Centre a perdu plus de dix sièges à trois reprises, en 2011, en 1995 et en 1970, et les centristes craignent que cela se reproduise en 2019.
Antti Rinne (PSD) et Petteri Orpo (Rassemblement national) sont les plus en vue pour le poste de Premier ministre. M. Rinne serait le premier social-démocrate à la tête du gouvernement depuis Paavo Lipponen. Quant à M. Orpo, c’est sous sa direction que le parti a remporté les dernières municipales.
Jussi Salonranta, analyste auprès du think tank du Rassemblement national Toivo, estime que Juha Sipilä aura un score important dans sa circonscription de Oulu aux législatives, mais que sa réussite personnelle ne suffira pas à sauver le parti. Les électeurs associent trop de choses négatives au président du parti et le Centre se prépare à l’après-Sipilä.
Selon les sondages, les deux plus grands partis au prochain Parlement n’auraient pas la majorité de cent sièges ensemble. Un nombre de voix et de sièges moins important qu’avant suffirait pour devenir le parti qui assumera le Premier ministère.
Créer un gouvernement majoritaire opérationnel constituera un défi important. Durant les 50 dernières années, le parti qui détenait le poste de Premier ministre n’a réussi à augmenter son audience aux législatives que deux fois. Le Premier ministre fait face à ce même défi.
Nykypäivä

Agro-alimentaire

Les exportations se sont dirigées vers d’autres marchés que la Russie
Kauppalehti rapporte que les exportations de produits agro-alimentaires finlandais ont atteint quasiment le niveau d’avant la crise de Crimée et les sanctions russes. En 2017, les exportations de produits agro-alimentaires finlandaises s‘élevaient à 1,6 milliard d’euros, soit approximativement le même niveau qu’en 2014.
Or, les exportations vers la Russie ont chuté d’un tiers, passant de 309 millions à 119 millions. Elles ont été compensées par les autres marchés et notamment les pays européens qui achètent 63% des exportations finlandaises.
Les exportations vers la France ont ainsi augmenté de 13,8 millions en 2014 à 96,8 millions en 2017.
KL

publié le 07/09/2018

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