Revue de la presse du mercredi 9 octobre

Politique étrangère et européenne

Energie

Fortum augmente sa participation dans Uniper
« Le verrou russe du rachat de Uniper a sauté » KL
« Un repas avec Poutine a fait sauter le verrou » HS

Le groupe énergétique Fortum envisage d’augmenter sa participation dans l’allemand Uniper à 70,5% par rapport à l’actuelle participation de 49,99%. Il s’agira d’une affaire de 2,3 milliards d’euros supplémentaire (la valeur de la participation totale de Fortum dans Uniper étant désormais évaluée à 6,2 milliards d’euros) qui sera financée principalement par un emprunt auprès de la Barclays Bank PLC. Cette augmentation de la participation de Fortum comprend l’engagement pour le groupe finlandais de ne pas aller au-delà pour racheter les actionnaires minoritaires au moins durant les deux prochaines années. De même Fortum s’engage à ne pas licencier ni à déménager le siège de Uniper de Düsseldorff durant les deux prochaines années.
Fortum est une société finlandaise dans laquelle l’Etat finlandais est majoritaire (50,1% des actions).
Uniper est un groupe énergétique spécialisé dans les énergies fossiles (à 80% environ) et notamment le charbon (environ 30%).
Jusqu’à présent, les autorités russes ont restreint la participation de Fortum dans le groupe allemand, en raison d’un permis possédé en Russie par sa filiale russe Unipro dans le domaine de l’eau, considéré comme stratégique en Russie et donc soumis à autorisation.
La presse relève que pour devenir majoritaire dans Uniper, Fortum a besoin non seulement d’une autorisation de la part des autorités russes, mais aussi des autorités américaines puisque Uniper y a aussi des activités.
Uusi Suomi note que le directeur général de Fortum, Pekka Lundmark, a rencontré le Président Poutine, l’été dernier. Selon Helsingin Sanomat, il a évoqué la question avec M. Poutine lors d’un diner à l’occasion du forum économique de Saint-Pétersbourg, en demandant l’aide des autorités russes.
Uusi Suomi note que les émissions de Uniper seraient plus importantes que les émissions actuelles de toute la Finlande. Des investisseurs internationaux importants s’inquiéteraient pour l’image et la cote de Fortum et s’étonneraient du fait que le gouvernement Rinne qui s’est fortement prononcé en faveur de la lutte contre le changement climatique puisse approuver cette acquisition. Les émissions d’Uniper s’élevaient à 59,5 millions de tonnes en 2018, tandis que celles de Fortum s’élevaient à 20,1 millions de tonnes et celles de la Finlande à 56,5 millions de tonnes.
La ministre chargée des placements de l’Etat dans les entreprises, Mme Sirpa Paatero a indiqué que cette acquisition devait en réalité permettre à Fortum de modifier Uniper. « Fortum est très engagé dans la politique climatique de la Finlande et la Finlande est engagée dans la politique climatique de l’UE. J’ai confiance dans le fait que Fortum prendra des mesusres [en faveur du climat] au niveau européen », a-t-elle dit.
US relève qu’Uniper participe en tant que financeur au projet de gazoduc Nord Stream 2. Les Etats-Unis ont menacé de mettre en place des sanctions contre le projet car les Etats-Unis souhaitent vendre du LNG en Europe. Fortum ne serait ainsi pas exclu des intérêts américains.
Helsingin Sanomat relève qu’au printemps encore, Fortum n’arrivait pas à mettre en œuvre ses visions concernant Uniper du fait que ses relations avec la direction et les employés d’Uniper étaient tendues. Déjà à l’époque, Fortum était le plus grand actionnaire dans Uniper. Les syndicats allemands ont en effet très peur que Fortum vende à la découpe les activités d’Uniper. On craint notamment que Fortum se conduise avec Uniper comme en son temps Nokia lorsque le groupe a fermé son usine de Bochum, rapporte Kauppalehti.
Uusi Suomi, HS/A28-29, KL

Commentaires

« Fortum achète des centrales à charbon qui polluent » Talsa
Taloussanomat souligne que, par cet achat, Fortum va devenir propriétaire de nombre de centrales à charbon qui ne conviennent pas à son image de société d’Etat soucieuse de l’environnement. Fortum devra donc à l’avenir décider si elle modernise ou ferme les centrales polluantes de Uniper ou si elle les vend. Jusqu’à présent Fortum pouvait se défendre sur sa participation en arguant qu’elle n’était pas majoritaire dans Uniper. Et si elle vend ces centrales, il n’y a pas forcément d’importantes plus-values à attendre.
Talsa

Fortum augmente ses risques en Russie
Le correspondant à Saint-Petersbourg de Kauppalehti Martti Kiuru souligne que, par le biais de sa filiale Unipro en Russie, Uniper possède 5% de la production d‘électricité en Russie. Unipro, qui est côtée à la bourse de Moscou est évaluée à une valeur de 2,36 milliards d’euros.
Pour sa part, Fortum possède des centrales produisant 2% de l’électricité russe. De plus, Fortuim a des parts dans TGK-1 dont l’actionnaire majoritaire est Gazprom.
Si Fortum devait se voir obliger par les autorités russes à revendre Unipro, il semble que la société d’Etat Inter Rao serait intéressée pour les racheter juge Kauppalehti.
Le quotidien économique finlandais estime que dans la situation internationale actuelle il ne semble pas forcément raisonnable que la société finlandaise augmente ses risques en Russie. D’autant plus qu’en devenant l’actionnaire majoritaire de Uniper, Fortum devient l’un des principaux investisseurs dans Nordstream 2. Or, les Etats-Unis qui s’opposent à ce projet pourraient prendre des sanctions contre les sociétés qui y participent.
KL

« C’est encore la Russie qui fait marcher Fortum à son pas » KL
L’éditorialiste de Kauppelhti relève que « derrière les décisions prises par Fortum se cache toujours la Russie ». C’est le cas dans le rachat de Uniper.
Fortum a depuis des années investi plus de 4 milliards d’euros en Russie. Ses participations lui ont garanti l’année dernière un chiffre d’affaires de 1 milliard d’euros et un bénéfice de 300 milliards d’euros. Avec le rachat d’Uniper, la position de Fortum en Russie se renforce encore.
L’énergie est un domaine dans lequel la politique est fortement présente, relève l’éditorialiste. On le voit aussi bien dans le gazoduc Nordstream que dans le projet de centrale nucléaire de Fennovoima où le Russe Rosatom est fortement présent comme actionnaire et fournisseur du réacteur.
En pratique, c’est Fennovoima qui a sauvé ce projet en 2015 en entrant dans son capital. On pensait alors qu’en contrepartie Fortum obtiendrait enfin la possibilité de racheter les centrales hydroélectriques de Carélie. Cela ne fut toutefois pas le cas.
Dans le cas d’Uniper, ces services rendus il y a quelques années par Fortum n’ont pas été mal vus. En même temps, on peut désormais imaginer que le projet de Fennovoima sera mené à bon port. Ce qui est une chose positive pour notre voisin oriental, écrit KL.
Il conclut en relevant que ce rachat va alourdir fortement l’empreinte carbone de Fortum, ce qui n’est pas sans inquiéter les actionnaires du groupe. Et pourrait avoir un effet sur la notation du groupe.
KL

Vente et achat de droits d’émissions

Selon un rapport de Sitra, l’UE n’atteindra pas ses objectifs en matière d’émissions sans durcir rapidement les cessions de droits d’émissions
Helsingin Sanomat rend compte d’un nouveau rapport de Sitra selon lequel la vente et achat des droits d’émissions de CO2 ne suffira pas pour les diminuer suffisamment rapidement. Sitra rend compte d’une étude de l’institut allemand Ökö-Institut.
Selon Sitra, élargir les quotas au-delà de l’industrie, de la production énergétique et de l’aviation ne serait pas efficace. Ainsi, l’institut recommande une combinaison de trois mesures.
La mesure la plus importante serait de durcir le plafond des émissions en diminuant les quotas. Deuxièmement, la suroffre des droits d’émissions devrait être contrôlée plus efficacement qu’à l’heure actuelle. Il faudrait enfin mettre en place, dans les pays pionniers, un prix minimum pour les droits d’émissions. Ces mêmes pays devraient annuler de façon volontaire les droits qu’il leur reste en trop pour que les émissions diminuent véritablement et que les droits ne soient pas tout simplement transférés à d’autres pays.
Les émissions relevant des quotas ont diminué de 29% depuis 2005. Cela n’est toutefois pas dû uniquement à la vente des droits, mais également à l’augmentation des énergies renouvelables et l’amélioration de l’efficacité énergétique.
HS/A25

Réunion des ministres de l’Intérieur de l’UE


Pas d’accord sur la répartition des réfugiés

Helsingin Sanomat relève que les ministres européens de l’Intérieur se sont réunis mardi à Luxembourg pour évoquer la situation des immigrés en Grèce et la proposition de répartir des demandeurs d’asile sauvés dans la Méditerranée parmi les pays membres de l’Union. Les ministres n’ont toutefois pas obtenu de résultats importants.
Selon la ministre de l’Intérieur finlandaise Maria Ohisalo, « nous avons eu un entretien de trois heures et demie parce que les pays membres ont eu beaucoup de choses à dire. L’ambiance en soi a été bonne ».
Aucun nouveau pays n’a confirmé son soutien à l’initiative de l’Allemagne, de la France, de l’Italie et de Malte. La Finlande n’a pas encore dit si elle soutenait cette initiative.
Même si la solution provisoire a été présentée il y a plus de quinze jours, selon Mme Ohisalo, « le mécanisme avance tout le temps et il y a des discussions à droite et à gauche ».
La Commission européenne organisera vendredi de cette semaine une réunion d’ordre pratique afin de répondre aux questions des pays membres.
« La Finlande soutient en général ce mécanisme et d’éventuels autres mécanismes de cette sorte. L’objectif est de faire participer un grand nombre de pays membres », selon Mme Ohisalo qui a ajouté : « En tant que président, nous voyons qu’il s’agit du premier pas depuis longtemps pour obtenir une entente au niveau de conseil. Les pays membres ont été en désaccord sur beaucoup de questions ».
Le nombre d’immigrés arrivés en Grèce via la Turquie a augmenté considérablement ces derniers mois. Selon la ministre finlandaise, « les pays membres comprennent qu’on ne peut pas laisser seuls les pays méditerranéens en première ligne ».
Le quotidien rappelle que le commissaire européen Dimitris Avramopoulos a effectué une visite en Turquie avec le ministre de l’Intérieur allemand Horst Seehofer afin d’atténuer les tensions de politique d’asile entre l’UE et la Turquie.
Selon M. Seehofer, l’UE doit accorder plus de soutien à la Turquie. « Nous avons laissé la Turquie seule pendant trop longtemps. »
HS/A12

Aide au développement

Budget du développement
Hufvudstadsbladet rapporte que le ministre du Développement et du Commerce extérieur Ville Skinnari a décidé mercredi d’accorder un prêt de 210 millions d’euros à Finnfund, investisseur national de développement, pour des projets climatiques et des projets afin d’améliorer la cause des femmes et des filles dans les pays en voie de développement.
Finnfund investira la moitié de cette somme dans des entreprises qui renforcent l’indépendance économique ou produisent des services importants pour les femmes et les filles dans les pays en développement.
L’autre moitié des investissements concernera la lutte contre le changement climatique et les possibilités des pays en développement de s’adapter au changement climatique. Il s’agit de la production de l’énergie renouvelable, l’efficacité énergétique, la foresterie durable et les projets de rendre plus efficace l’agriculture.
Le prêt accordé à Finnfund promeut l’objectif du programme gouvernemental d’obtenir du financement privé et inviter les entreprises à participer aux investissements du développement durable dans les pays en développement.
M. Skinnari souligne que les investissements financiers ne diminuent pas le besoin de l’aide au développement traditionnelle.
HBL/4

Défense

Séminaire sur la politique de défense finno-suédoise à Hanasaari
M. Kanerva s’inquiète pour la poursuite du programme Open Skies

Le quotidien suédophone Hufvudstadsbladet rapporte que pour Ilkka Kanerva, président de la commission parlementaire de la défense, le retrait éventuel des Etats-Unis des Accords Open-Skies sur les vols d’observation s’annoncerait comme « un problème sérieux ». « L’accord a été signé par 34 pays, y compris les Etats-Unis, la Russie, la plupart des pays européens, y compris l’Ukraine. L’accord permet aux pays de voler dans l’espace aérien des autres et d’y observer des activités militaires », précise le journal.
M. Kanerva poursuit en disant que Trump tente sans doute de brouiller les pistes pour obtenir par la suite un rôle plus important lors de l’élaboration d’un nouveau système. « Tout cela contient d’énormes risques et représente une menace pour la communauté internationale ».
HBL9.10

Politique intérieure

Gouvernement

Propos du Premier ministre Rinne sur l’énergie
« Il faut que le gouvernement soit d’accord sur l’énergie nucléaire »

L’hebdomadaire Suomen Kuvalehti publie une interview du Premier ministre Antti Rinne, intitulée « Il faut que le gouvernement soit d’accord sur l’énergie nucléaire ».
Selon M. Rinne, la réforme de la fiscalité sur l’énergie et l’énergie nucléaire sont les armes du gouvernement dans la lutte contre le changement climatique.
La réforme fiscale, prévue pour 2020, pourrait être difficile pour les partenaires du PSD au gouvernement, vu que M. Rinne promet de supprimer le dégrèvement fiscal sur la tourbe qui est une question sensible pour le parti du Centre.
L’objectif du gouvernement est de faire en sorte que la Finlande devienne neutre en émissions de carbone d’ici 2035. Selon M. Rinne, cela n’est pas possible sans l’énergie nucléaire.
Pour ce faire, le gouvernement doit être unanime pour autoriser la prolongation de l’autorisation de la centrale nucléaire de Fortum à Loviisa et soutenir le permis de construire de la centrale de Fennovoima à Pyhäjoki si ces décisions devaient être prises pendant la législation en cours.
Les Verts s’opposent traditionnellement au nucléaire et l’exigence de M. Rinne concernant une décision unanime sera difficile pour ce parti.
La ministre de l’Environnement et des Changements climatiques Krista Mikkonen (Verts) estime, quant à elle, que l’énergie nucléaire n’aura pas de rôle à jouer quand la Finlande réduit sa consommation des carburants fossiles. Elle a considéré comme stupide le projet de Fennovoima parce qu’un des actionnaires est une entreprise qui représente Rosatom en Finlande.
SKn°40/2019

Fiscalité

Le Centre et le Parti suédois auraient rejeté la suppression d’un avantage fiscal favorisant les riches
Selon Helsingin Sanomat, le groupe de travail sur les subventions des entreprises souhaiterait revoir la fiscalité des dividendes des entreprises non cotées en bourse. Selon des spécialistes, c’est un modèle qui nuit à l’économie publique tout en favorisant les plus riches finlandais.
Les groupes parlementaires du Centre et du Parti suédois ont insisté sur le fait qu’il ne fallait pas toucher à cet avantage, alors que le groupe de travail était unanime sur la question. Dès 2010, un groupe de travail présidé par Martti Hetemäki, secrétaire d’Etat, avait évalué que supprimer cet avantage rapporterait 400 millions d’euros à l’Etat.
En raison de cette opposition, le groupe de travail a fini par lister la suppression comme une mesure possible parmi d’autres et souhaiter que l’on s’y attaque seulement plus tard. Techniquement, le modèle favorise les actionnaires les plus riches.
HS/A30

publié le 09/10/2019

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