Revue de la presse du mercredi 9 mai

Politique étrangère et européenne

Défense

Coopération entre la Finlande, la Suède et les Etats-Unis
« Une parade a été organisée pour célébrer la coopération des trois pays » HS
« Selon un chercheur d’UPI, la déclaration d’intention ne remplace pas une adhésion à l’OTAN » KS

Les ministres de la défense finlandais, américain et suédois ont signé, hier, une déclaration d’intention commune sur une coopération de défense renforcée. Les pays envisagent d’augmenter l’échange d’informations et la coopération, ce qui signifiera entre autres une meilleure coordination des exercices militaires.
Helsingin Sanomat relève que les cérémonies à l’occasion de la signature au Pentagone étaient particulièrement importantes.
Selon le ministre américain, M. Mattis, il s’agit d’un signal commun de pays démocratiques vers la Russie qui a tenté de redéfinir les frontières internationales et d’ébranler la stabilité. Il estime que la coopération militaire ne s’arrête jamais : elle régresse ou progresse. Pour lui, cette déclaration mène la coopération entre ces trois pays à un autre niveau. C’est une évolution positive qui renforce la coopération militaire.
HS relève que M. Mattis, qui connaît bien la région de la mer Baltique et l’histoire des guerres finlandaises, aurait activement promu cette déclaration. Un fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères qui suit la politique de sécurité, a dit au quotidien, qu’il est « important qu’il ne s’agisse pas de dossiers liés à des personnes mais d’une continuité. M. Mattis a soutenu la coopération activement, mais qu’est-ce qui se passera lorsqu’il ne sera plus là ? »
Le ministre finlandais Jussi Niinistö a qualifié les Etats-Unis et la Suède de partenaires les plus importants de la Finlande. Il estime que la déclaration renforcera la paix, la stabilité et le respect de la législation internationale dans la région de la mer Baltique.
Keskisuomalainen rend compte des propos de Matti Pesu, chercheur auprès d’Upi, qui estime que la déclaration est une expression politique concernant la volonté en matière de coopération qui a déjà été entamée. Il ne s’agit pas d’une compensation à une adhésion à l’OTAN, ni de garanties de sécurité formelles.
M. Pesu estime que les deux pays nordiques et leurs forces armées sont considérés comme des acteurs importants en matière de dispositions stratégiques de l’Europe du Nord.
HS/A24, KS/16

La déclaration fenno-suéco-américaine constitue un message à la Russie
Le correspondant de Helsingin Sanomat aux Etats-Unis, Saska Saarikoski, note que les Finlandais ont été prudents dans leurs commentaires sur la déclaration d’intention, les Suédois un peu moins et les américains ont tiré 19 coups de canon à son occasion. La parade militaire devant le Pentagone reflète l’appréciation des Etats-Unis à l’égard de la Finlande et la Suède. Selon M. Saarikoski, outre pour faire honneur aux pays nordiques, la parade peut être interprétée comme un message à la Russie, et la communication symbolique pourrait bien être plus importante que cette déclaration qui ne comporte pas d’engagements. La Finlande s’était déjà mis d’accord bilatéralement avec les Etats-Unis et la Suède sur un renforcement de la coopération de défense.
M. Mattis a qualifié la Finlande et la Suède « d’ancres » en matière de sécurité dans la région de la mer Baltique.
Les fonctionnaires finlandais estiment que la coopération avec le Pentagone fonctionne beaucoup mieux aujourd’hui que dans le temps. Les échanges sont désormais plus fréquents.
Après la signature, les ministres finlandais et suédois ont participé au séminaire du think tank Atlantic Council sur la sécurité dans la région de la mer Baltique. Ils se sont entretenus avec l’ancien ambassadeur des Etats-Unis en Russie, M. Vershbow, qui a considéré cette déclaration d’intention comme historique. Pour lui, elle modifiera les calculs militaires de la Russie en transmettant un message à Moscou sur le fait que dans le contexte d’un conflit éventuel la Finlande et la Suède feraient partie de l’Occident et que les Etats-Unis les soutiendraient. Pour lui, il s’agit d’une coopération basée sur la solidarité et des intérêts communs, qu’il faudra que la Russie prenne en compte même s’il n’y a pas de papier sur les garanties de sécurité.
Le ministre suédois de la Défense, M. Hultqvist, rappelle que la Russie a montré sa capacité à utiliser la force militaire et la guerre pour promouvoir ses objectifs. « Il nous faut montrer que nous n’acceptons pas ce genre d’action. »
HS

Pour Jussi Niinistö, il ne s’agit pas d’un pas vers l’OTAN
Le ministre de la Défense, Jussi Niinistö (Avenir bleu), ne s’attend pas à ce que la Russie se vexe de la déclaration d’intention des trois pays. Pour lui, la Russie est un pays qui n’apprécie pas la faiblesse. Une coopération active et des exercices avec les partenaires, c’est quelque chose que les Russes apprécient, selon lui. Il ne faut pas venir en Finlande avec de mauvaises intentions, car « nous saurons nous défendre », a-t-il dit.
Même si la déclaration ne comporte rien de vraiment nouveau, M. Niinistö la considère comme historique. Elle met en place les conditions pour le développement varié d’une coopération de défense au-delà des législatures. Il la considère comme un document important même si elle n’est pas légalement contraignante.
En ce qui concerne le fait de savoir si elle rapproche la Finlande des Etats-Unis, M. Niinistö constate qu’au niveau notamment des technologies de défense, la Finlande l’est déjà, depuis l’achat des Hornet F-18.
Il ne considère pas qu’il s’agisse d’un pas vers une adhésion à l’OTAN. Il rappelle que l’on y adhère ou on n’y adhère pas. Y demander une adhésion relève d’une décision démocratique.
HS

Politique intérieure

Parlement

Réforme Sote
« Juillet est le dernier moment possible » KS

La sous-secrétaire d’Etat aux Finances Päivi Nerg, en charge de la réforme Sote et des régions, estime qu’il faut absolument que les lois soient votées au plus tard en juillet. Un report jusqu’à la session d’automne ne permettrait plus d’organiser les élections régionales en octobre 2018 et il faudrait aussi reporter la date d’entrée en vigueur de ces régions, prévue actuellement au 1er janvier 2020. Il faut en effet au moins un an pour préparer l’entrée en vigueur de ces régions puisque plus de 220 000 fonctionnaires vont changer d’employeur à cette occasion.
HS

Gouvernement

Politique financière
Dans son analyse sur la politique des finances du gouvernement, Helsingin Sanomat rapporte que le ministère des Finances a publié lundi les évaluations de cinq experts sur la politique économique et de l’emploi finlandaise.
Les économistes Lauri Kananoja, de la Banque de Finlande, Sixten Korkman, de l’université Aalto, Mikko Spolander, directeur général au ministère des Finances, Johnny Åkerhom, de la Chambre de commerce, et Niku Määttänen, directeur de recherche de l’EK, ont rédigé ces évaluations à la demande du ministre des Finances Petteri Orpo.
Les experts sont unanimes sur le fait que le gouvernement devrait mener une politique économique plus stricte.
Néanmoins, les élections législatives auront lieu en avril prochain et le moment n’est pas opportun pour les mesures d’austérité du gouvernement, estime Markku Jokisipilä, de l’université de Turku. Il est invraisemblable que les partis politiques prennent des décisions difficiles en même temps avec la campagne électorale.
Mika Maliranta, directeur de recherche de EK souligne que les cycles économiques et les cycles politiques ne sont pas symétriques.
Le capital politique du gouvernement actuel est concentré sur la mise en œuvre des réformes sur les services sociaux et de santé et de la réforme sur les régions. Cela prendra toute l’énergie des députés dans l’avenir proche et il n’est pas opportun de proposer de nouvelles réformes difficiles.
M. Jokisipilä souligne que de nouvelles réformes économiques seraient risquées aussi en raison de l’important coefficient d’incertitude supplémentaire dont souffre le gouvernement, c’est-à-dire en raison de la popularité très basse de l’Avenir bleu
HS/A10

Emploi

Le nombre de chômeurs est en baisse
Helsingin Sanomat relève que selon les statistiques des services de l’emploi, le nombre de chômeurs a baissé partout en Finlande.
Par exemple, à Uusimaa (province autour de la capitale), il y a eu 74 362 chômeurs en mars de cette année, contre 86 657 en mars 2017, à Pirkanmaa (province autour de Tampere) 24 613 (contre 31 577) et à Varsinais-Suomi (Turku).
En Carélie du Nord (Joensuu), où il y a traditionnellement beaucoup de chômage, le nombre de chômeurs a baissé de 12 492 à 10 412, de même qu’en Laponie, où le nombre a baissé de 11 942 à 9 803.
HS/A26

Climat – Energie - Environnement

Biocarburants
Helsingin Sanomat publie un article sur les diverses questions autour des biocarburants et notamment le fait que les coupes de forêts qu’ils nécessitent diminueront les puits de carbone.
Selon Sampo Soimakallio du Centre environnemental de Finlande, Syke, cela ne permettrait pas de lutter contre le changement climatique. Les coupes diminueraient les puits de carbone au point où les émissions finlandaises de CO2 iraient augmentant jusqu’en 2050.
Il note que la question primordiale concernant les bioénergies est que pour qu’un système puisse ralentir le changement climatique, il faudrait soit qu’il enlève du carbone de l’atmosphère ou qu’il empêche que le carbone y soit émis. L’usage du bois est problématique du fait que cela prend longtemps pour les forêts de pousser et que les jeunes arbres ne sont pas efficaces pour emprisonner du carbone. En même temps, il faut trouver une solution au changement climatique rapidement.
Les forêts constituent actuellement la technologie la moins chère qui fonctionne comme puits de carbone, rappelle M. Soimakallio. Il se félicite du fait que le débat des négociations climatiques puisse graduellement s’orienter dans ce sens, même si se mettre d’accord sur les puits de carbone a jusqu’ici été politiquement plus difficile que se mettre d’accord sur les diminutions d’émissions.
HS/B10-11

France

Journée de l’Europe

Editorial
« Macron donne le ton dans les réformes de l’UE » TS

L’éditorialiste de Turun Sanomat compare le président Macron et ses initiatives européennes au fondateur Robert Schuman. « Les années et décennies à venir montreront si cette comparaison est durable », écrit l’éditorialiste qui juge que, M. Macron aura surtout besoin du soutien de l’Allemagne. Selon lui, d’une manière ou d’une autre l’intégration de l’union économique et monétaire se poursuivra.
TS

publié le 09/05/2018

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