Revue de la presse du mercredi 7 février

Politique intérieure

Gouvernement

M. Mykkänen nouveau ministre de l’Intérieur, Mme Virolainen devient ministre du Commerce extérieur et du Développement
Helsingin Sanomat rapporte que le Rassemblement national a choisi ses ministres concernés par le remaniement ministériel, sur la proposition du président du parti Petteri Orpo, mardi lors d’une réunion du bureau national et du groupe parlementaire. La décision a été unanime : Kai Mykkänen, actuel ministre du Commerce extérieur et du Développement sera nommé ministre de l’Intérieur en remplacement de Mme Risikko, nommée présidente du Parlement.
Anne-Mari Virolainen, actuelle président de la Grande commission du Parlement et députée depuis 2007, sera nommée ministre du Commerce extérieur et du Développement en remplacement de M. Mykkänen.
Comme avant le remaniement ministériel, le groupe ministériel du Rassemblement national comprendra trois ministres hommes et deux ministres femmes.
Selon le quotidien, il est probable que le député Arto Satonen, qui a dû quitter son poste de deuxième vice-président du Parlement, soit nommé président de la Grande commission.
Jusqu’à la nomination des nouveaux ministres, c’est la Ministre de l’Education Sanni Grhan-Laasonen qui assume aussi les fonctions de Ministre de l’Intérieur.
HS/A10 MTV

Parlement

Ouverture de la session parlementaire
Helsingin Sanomat relève que dans son discours d’ouverture de la session parlementaire de 2018, le Président Sauli Niinistö a évoqué la politique économique et la politique européenne d’une façon qui n’a pas plu à tous les présidents des partis politiques.
Selon M. Niinistö, on oublie vite l’endettement de la Finlande quand on commence à parler des augmentations des dépenses de l’Etat. M. Niinistö, qui a été ministre des Finances dans les années 1990, a souvent défendu une politique économique de rigueur.
La présidente de l’Alliance des gauches Li Andersson estime que M. Niinistö s’est mêlé des affaires du Parlement. « Il faut respecter la répartition des pouvoirs entre le Parlement et le Président. » Mme Andersson estime que le discours peut aussi être interprété comme une pique contre le gouvernement.
Le président du PSD Antti Rinne n’a pas apprécié la partie sur l’économie du discours de M. Niinistö. « On a pu sentir la tonalité d’un ancien trésorier » (M. Niinistö a été longtemps ministre des Finances, NDLT).
Le ministre des Finances Petteri Orpo, quant à lui, a apprécié les propos du Président sur l’économie.
Selon le Président Niinistö, l’Union européenne doit être prête à répondre aux défis de l’immigration qui augmente. L’UE devrait arriver à faire des améliorations dans les conditions de vie des pays d’origine et coordonner l’aide au développement et la surveillance des frontières.
M. Niinistö s’est dit prêt à développer encore plus les contacts avec les présidents des partis politiques représentés au Parlement.
HS/A610-11

Parti du centre et M. Väyrynen

« M. Väyrynen doit choisir son parti »
Selon Keskisuomalainen, les députés du Centre estiment que Paavo Väyrynen, qui a présenté sa candidature pour la présidence du Centre, tout en ayant créé son propre parti, doit faire le choix entre le Centre et le Parti des citoyens.
Le quotidien a pu joindre 39 députés centristes sur les 49. 34 députés disent que M. Väyrynen doit quitter le parti des citoyens s’il se présente au congrès du Centre en juin prochain. Ils estiment tous que la position du président du parti Juha Sipilä est forte.
KS/15

Défense

La défense nationale améliore sa capacité de défense aérienne
La défense nationale a envoyé des appels d’information à une dizaine de fabricants afin d’améliorer ses capacités de défense aérienne en haute altitude, selon l’adjoint-chef de la division de la logistique, le général Kari Renko.
L’appel ne détaille pas la solution recherchée mais, dans la pratique, il devrait comporter l’acquisition de nouveaux missiles de défense aérienne qui seraient rattachés à l’actuel système Nasams.
Selon l’inspecteur de la défense aérienne, le colonel Sami-Antti Takamaa, l’amélioration de la défense aérienne signifierait une capacité à des altitudes de 8 à 15 km ayant comme cibles des aéronefs ennemis, tels les chasseur-bombardiers et les bombardiers.
Les missiles Amraam de l’actuel système Nasams de la Finlande peuvent atteindre au maximum une altitude de dix kilomètres. Depuis la suppression des missiles russes Buk dans la défense aérienne, ce sont les chasseurs Hornet F-18 qui ont pris la relève, équipés notamment par des Amraams.
Les appels d’informations expédiés par la division de la logistique devraient être traités au courant de cette année. Les appels d’offre seraient envoyés l’année prochaine (2019) et les contrats signés en 2020.
Le budget du projet reste secret afin d’éviter les tentations de faire correspondre le prix au budget demandé.
L’une des alternatives pourrait être le missile Amraam-ER. Des châssis pouvant lancer d’autres missiles peuvent également être rattachés au système C5i Nasams.
Le développement de la défense aérienne a également pour but d’améliorer la portée de l’engin. Une demande d’information à ce sujet sera lancée à la fin de l’année.
Les nouveaux missiles auront une portée supérieure à celle des engins actuels ce qui ne garantit pas pour autant une meilleure portée réelle dans un pays comme la Finlande. Pour le général Renko cela signifie par conséquent une plus grande quantité d’appareils.
TS18.1

Economie

Activités minières


Un secteur en essor

Le ministre de l’Economie, Mika Lintilä (Centre), estime que la Finlande devrait mettre plus efficacement à profit ses ressources en minerais qui s’élèveraient à une valeur de 500 milliards d’euros, selon l’institut national de géologie. Selon lui, il y a des gisements uniques au niveau international en Finlande. De plus, il existe un savoir-faire pour la transformation des minerais. La demande de matériaux pour l’industrie de batteries, notamment des voitures électriques, pourrait créer des opportunités pour la Finlande.
M. Lintilä relève que plusieurs fabricants de batteries sondent les opportunités d’entamer une production en Finlande.
L’allemand Basf et le chinois CATL ont déjà des coopérations avec des finlandais.
Des groupes miniers sont en train d’effectuer des études sur la rentabilité concernant onze sites.
Pekka Nurmi, directeur scientifique de l’institut de géologie, estime que les procédures d’autorisation de prospection devraient être allégées afin d’attirer des capitaux étrangers en Finlande. La transformation de métaux représente actuellement 10 % des exportations de marchandises finlandaises.
M. Nurmi souligne l’importance de la sécurité environnementale tout en insistant sur le fait que la lenteur des procédures n’est pas durable du point de vue commercial.
M. Lintilä estime que les groupes miniers sont conscients de l’opposition qui existe en matière des activités minières et rappelle que les groupes ne peuvent atteindre une acceptabilité qu’en agissant le plus éthiquement, écologiquement et sans risques possible.
Pour l’instant, l’importance des mines pour l’économie nationale réside dans les emplois et quelque peu dans la fiscalité. Il faudrait réfléchir sur l’opportunité de mettre en place des royalties, comme celles qui ont été mis en place concernant la mine d’or de Kittilä. Le canadien Agnico Eagle en a versé à hauteur de 4 millions d’euros en 2016.
L’actionnariat finlandais pourrait être augmenté à travers la participation du groupe d’investissement de capitaux de l’Etat, Tesi. Le fait que Tesi soit impliqué dans le financement d’une mine pourrait également attirer des investisseurs étrangers.
M. Lintilä n’exclut pas que l’institut de la géologie entame les recherches sur la roche et les forages et que cette activité soit financée par les royalties.
HS/A25

Energie

Editorial : « Une fois de plus, la Finlande dépend de l’électricité importée » HS
L’éditorialiste note que les transports maritimes bénéficient des subventions prévues au nom de la sécurité d’approvisionnement. La sécurité d’approvisionnement dans la mer n’a pas été à l’épreuve, alors que l’électricité, la question se pose presque tous les hivers.
Mardi, par exemple, la production électrique s’élevait à 11 000 mW contre une consommation de 13 000 mW. L’éditorialiste note que l’écart est plus important que la production prévue du réacteur OL-3 en construction.
Si le froid continue, la Finlande dépendra de l’électricité importée.
Selon des calculs, la consommation maximale pourrait s’élever à 15 000 mW. En janvier 2016, ce seuil a même été dépassé.
Parmi les pays nordiques, la Finlande dispose d’un écart plus important que les autres entre la production et la consommation maximale. Lundi, c’est l’électricité suédoise qui a pallié à cet écart.
HS/A5

Politique étrangère et européenne

Allemagne

A quoi la Finlande peut-elle s’attendre à l’égard de la politique européenne Merkel-Schulz ?
Helsingin Sanomat rend compte de quelques propos de Finlandais concernant les négociations en cours en Allemagne. Juhana Aunesluoma, directeur du réseau des études européennes de l’Université de Helsinki, estime que les socio-démocrates pourront obtenir des choses du fait que Mme Merkel ne dispose pas d’alternative à ce parti.
Il sera intéressant de voir si les avancées du PSD concerneront la politique européenne ou bien les questions relevant de la politique intérieure.
HS estime que, pour la Finlande, il y a plusieurs points intéressants dans le futur programme du gouvernement allemand. Les orientations allemandes en matière de politique européenne et concernant l’euro auront des conséquences importantes sur le sens des réformes européennes.
M. Aunesluoma estime qu’un nouveau départ à la politique européenne signifierait que l’Allemagne se rapproche des positions du président Macron sur l’UE et l’UEM. « La France a poussé si fort qu’il serait étonnant que l’Allemagne ne bouge pas », selon lui.
La politique finlandaise en matière de l’UEM s’est basée sur le fait que l’Allemagne tient à la rigueur et à l’idée que la solidarité ne soit pas augmenté contrairement à ce que proposent M. Macron et les Etats de la zone euro de l’Europe du Sud.
Pour M. Aunesluoma, la France et l’Allemagne peuvent toutes les deux obtenir leurs objectifs. Si les risques sont étendus dans plus de pays, il est d’autant plus important de maintenir une rigueur économique afin que les risques ne se réalisent pas. M. Aunesluoma estime que le climat politique est actuellement tel que l’Allemagne pourrait tout à fait changer ses orientations en matière de politique européenne sans que cela soit révolutionnaire.
Pour la Finlande, cela impliquerait des soucis catastrophiques. La Finlande n’est pas préparée à ce que l’Allemagne se mette d’accord sur de telles questions. La position du gouvernement est bien bétonnée.
Le Président Niinistö, lors de son discours d’inauguration de la session parlementaire, a souligné l’importance d’être actif dans le processus de réforme de la zone euro.
Pour M. Aunesluoma, la Finlande n’est pas en mesure de présenter quelque chose de radicalement nouveau qui en passant outre les volontés de la France et de l’Allemagne. La Finlande ne pourra pas freiner les progrès en la matière.
Il note que l’on évoque beaucoup l’harmonisation des systèmes de sécurité sociale : les débats nationaux se reflètent dans la politique européenne. On est toutefois encore loin d’une harmonisation des systèmes nationaux, selon lui.
Il constate enfin qu’il sera intéressant à voir comment le trou laissé par la Grande-Bretagne sera rempli. « La position d’un troisième grand Etat membre est vacant. » L’Allemagne cherche une nouvelle dynamique. Elle maintient un contact spécial avec la Pologne et l’Italie, même si la relation avec la Pologne n’est pas la meilleure possible et que l’Italie est un grand point d’interrogation. « L’Espagne, un pays libéral au niveau des marchés, pourrait être un bon partenaire. »
HS/A22

Europe

Qui va l’emporter : le modèle Macron ou Kurz ?
Le correspondant de Kauppalehti à Munich Tapio Nurminen estime qu’il y a de nouveaux dirigeants charismatiques à la tête des pays européens comme en témoignent les victoires électorales de Macron en France et Kurz en Autriche.
On en aurait besoin en Finlande et en Allemagne aussi, note-t-il. Mais la question est de savoir sur quelle politique européenne ces futurs dirigeants vont construire leur victoire. Il semblerait aujourd’hui que le discours de Kurz sur la fermeture des frontières risque de plaire plus que les élans très européens du président Macron, conclut-il.
KL

publié le 07/02/2018

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