Revue de la presse du mercredi 4 septembre

Politique étrangère et européenne

Sécurité

Selon un récent rapport, l’accroissement des armes nucléaires affecte aussi la Finlande
Selon un récent rapport publié par FIIA (Institut de politique étrangère), la Finlande se sent concernée par l’accroissement des armes nucléaires dans le monde. Il faut actuellement compter avec, par exemple, les tests des Coréens du nord, les tensions entre les Etats-Unis et l’Iran, les deux graves accidents nucléaires mystérieux en Russie, la révocation de l’accord INF et les pays possédant des armes nucléaires comme le Pakistan et l’inde qui se trouvent actuellement sur la même trajectoire de collision.
« Cette évolution a un sens au niveau global et aussi dans notre région. Evoquer la question devrait être perçu comme une feuille de route ce qui ne signifie pas pour autant que la Finlande devrait modifier son statut sur la question des armes nucléaires », explique le chercheur de FIIA, Leo Michel, qui a réalisé le rapport en collaboration avec Matti Pesu. L’ambassadeur Jarmo Viinanen, qui a dirigé le groupe de travail contribuant au rapport, confirme qu’une telle étude est une rareté en Finlande.
Présent lors de la présentation du rapport, le chercheur français Bruno Tertrais, directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique (FRS), considère comme une bonne chose que des pays non-membres de l’OTAN approfondissent leur connaissance sur les armes nucléaires, notamment lorsque ceux-ci ont comme voisin des pays bien armés. « Vous ne vous intéressez peut-être pas aux armes nucléaires, mais croyez-moi, les armes nucléaires s’intéressent à vous, et nous sommes tous sous leur portée », a-t-il dit.
Sans pour autant vouloir exagérer les récentes mauvaises nouvelles sur le nucléaire, M. Tertrais constate un comportement russe de plus en plus agressif. « C’est la raison pour laquelle nous [la France] réfléchissons, avec la Grande-Bretagne, à éventuellement faire davantage pour garantir la sécurité en Europe. »
HBL4.9/6

Climat

Pas de décision sur de nouveaux objectifs européens avant la conférence climatique de l’ONU
Marjo Nummelin du ministère de l’Environnement relève que l’UE n’aura rien de nouveau à proposer avant la conférence climatique de l’ONU à la fin du mois.
L’UE projette de déterminer comme objectif la neutralité en matière de carbone pour 2050, mais la décision ne pourra pas parvenir pour la conférence car des conseils européens n’auront lieu qu’en octobre et décembre.
Ainsi, à la conférence climatique de l’ONU , l’UE se basera sur ses objectifs actuels pour 2030.
AL/mar/A20

Finlande – Chine

Débat sur l’Institut Confucius
Un débat autour de l’Institut Confucius de l’Université de Helsinki, et notamment sa liberté et son indépendance académique, a été suscité par les propos de la directrice de l’institut Julie Chen, qui a dit qu’elle s’efforçait d’éviter d’organiser des évènements susceptibles d’être considérés comme sensibles par le parti communiste chinois.
Pour l’Université d’Helsinki, l’institut qui se concentre sur la langue et la culture chinoise ne constitue pas un outil pour l’Etat chinois afin d’augmenter son pouvoir d’influence, mais d’un outil de coopération internationale.
La moitié du financement de l’institut vient de Chine et la moitié de l’Université de Helsinki.
HS/31.8/A17

De plus en plus de villes jumelées
Helsingin Sanomat rend compte d’une vingtaine de jumelages entre des villes finlandaises et chinoises.
Comme les délégations, groupes d’écoliers, etc. ont besoin d’une invitation pour venir de Chine, les agences de voyage, les hôtels, les entrepreneurs de transports et même les enseignants bénéficient financièrement de ces visites. Les communes finlandaises aident leurs entreprises à créer des réseaux en Chine.
HS/31.8/A16-17

Analyse
« La Chine, un ami riche ou un copain fourbe ? » HS

Helsingin Sanomat rend compte des efforts chinois de plus en plus importants dans le sens où les personnes politiques étrangers, les médias, les chercheurs et les directeurs d’entreprise n’évoquent pas les questions délicates. Une partie de l’action chinoise entre dans le cadre des efforts de rayonnement diplomatique et culturel, mais lorsque les efforts d’influencer menacent les valeurs fondamentales de l’Occident, ils deviennent problématiques.
En Finlande, le débat sur ce pouvoir d’influence chinois a été minime comparé à d’autres pays occidentaux, alors que les tentatives chinoises se voient ici aussi. Des réfugiés chinois, dont une partie sont devenus des nationaux finlandais, se considèrent les cibles d’espionnage et de menaces, ce que la Sûreté nationale ne dément pas.
Il y a également des instances en Finlande disposant de liens avec la Chine et suivis de près dans d’autres pays, tels que l’organisation estudiantine CSSA.
Les propos de la directrice de l’Institut Confucius sur une autocensure auraient suscité plus de débat ailleurs qu’ils ne l’ont fait en Finlande.
L’auteur de l’article, Mari Manninen, estime qu’une partie de ces cas relèvent de ce qu’on a commencé à appeler le « sharp power », [utilisation dévoyée du “soft power” (la puissance par la séduction) par les régimes autoritaires]. En Finlande, la distinction entre les tentatives d’influence nuisibles et celles qui ne le sont pas n’a pas été proprement évoquée.
Le silence et l’indifférence constituent un terrain fertile pour un Etat qui s’appuie sur des valeurs non-démocratiques pour tester les limites. Le peu de débat autour de ces questions, dont l’indépendance des médias, peut mener à des bizarreries. La Chine souhaite que les journalistes ou les personnes politiques s’autocensurent et omettent d’évoquer des questions difficiles comme les droits de l’homme. Et cela arrive, y compris en Finlande. Des chercheurs n’osent pas pleinement participer au débat, ne serait-ce que par peur de ne plus obtenir de visa pour la Chine.
L’auteur estime que les Etats membres de l’UE montrent ensemble les limites de l’acceptabilité. Il faudrait que les autorités, entreprises et chercheurs disent à voix haute s’ils ont éprouvé des pressions.
HS/A10-11

Politique intérieure

Gouvernement

Sondage sur la réussite du gouvernement
Helsingin Sanomat publie les résultats d’un sondage sur la réussite et les résultats du gouvernement Rinne. 23 % des personnes interrogées estiment que le gouvernement a réussi bien ou très bien et 27 % qu’il a échoué. 42 % estiment que les résultats ne sont ni bons ni mauvais et 8 % ne s’expriment pas.
Parmi les électeurs des partis de la coalition gouvernementale, les centristes sont les plus insatisfaits, tandis que surtout les sociaux-démocrates et les partisans de l’Alliance des gauches sont convaincus de la réussite du gouvernement Rinne.
Parmi les trois ministres les plus importants, le ministre des Affaires étrangères Pekka Haavisto a le meilleur score de réussite, 46 %. Le Premier ministre Antti Rinne obtient 28 % et le ministre des Finances Mika Lintilä 23 %.
Les personnes interrogées ne sont pas très convaincues de l’action des partis de l’opposition : seulement environ 20 % pensent que les Vrais Finlandais et le Rassemblement national (Kokoomus) ont réussi dans la politique de l’opposition.
Le sondage a été effectué par l’institut TNS Kantar entre le 19 et le 29 août auprès de mille personnes.
HS/A8

Entreprise publique – La Poste

Suite aux annonces de la ministre, la grève est arrêtée
Helsingin Sanomat rapporte que, après les déclarations de Sirpa Paatero, ministre des Collectivités locales et de la gouvernance des entreprises publiques, le syndicat les employés de la Poste a interrompu la grève qui avait commencé dimanche. Selon Mme Paatero, la décision de la Poste de changer la convention collective de plus de 700 employés sera réévaluée.
La Poste devra également réévaluer les salaires et bonus de la direction.
Le premier ministre Antti Rinne a déclaré être satisfait de la décision de Mme Paatero. « Le développement des salaires des directeurs de la Poste ces dernières années a été épouvantable, surtout si on prend en compte la diminution des emplois et la décision actuelle de baisser les salaires des employés de 30 % », a dit le premier ministre.
En 2018, le directeur général de la Poste Heikki Malinen a touché 987 764 euros de salaire et de bonus. La Poste a annoncé lundi que M. Malinen avait décidé de renoncer à son salaire pendant les deux derniers mois de l’année.
HS/A8

Social

Négociations salariales
Helsingin Sanomat relève que le patronat des communes KT rejette les exigences des syndicats du secteur de la santé concernant des augmentations salariales « supplémentaires » pour le personnel soignant qui ne souhaite pas e contenter des augmentations obtenues par les autres branches.
Selon KT, les augmentations de salaires demandées par les syndicats de personnel soignant coûteraient 8 milliards d’euros, ce qui ruinerait l’économie des communes ou rendrait impossible le recrutement de la main-d’œuvre supplémentaire nécessaire pour atteindre le nouveau ratio de personnel soignant par patients.
Les syndicats Tehy et Super exigent que l’Etat participe au financement d’un programme salarial des branches à majorité féminine.
HS/A13

Economie

Business Finland
Helsingin Sanomat publie une interview de la nouvelle directrice de Business Finland, Nina Kopola, anciennement chercheuse auprès d’universités et de l’industrie. Dernièrement, elle a été directrice générale du groupe Suominen pendant six ans, et avant cela, elle a travaillé dans le marketing, les relations avec la clientèle, etc.
L’expérience dans un groupe coté en bourse a enseigné à Mme Kopola comment diriger une organisation dans une situation de transition, car le groupe Suominen venait de vivre un rachat d’entreprise lorsqu’elle y travaillait. Selon elle, trop de changements à la fois peuvent paralyser l’action d’un groupe. Elle estime qu’avant qu’il soit opportun pour un nouveau directeur de lancer des projets de changement, il faut que les précédents changements aient eu le temps de se réaliser et le groupe de se stabiliser. Le changement nécessite du temps et de l’énergie.
L’expérience de Mme Kopola d’une phase de transition était d’ailleurs une des raisons pour lesquelles elle a été désignée à la tête de Business Finland pour un mandat de cinq ans, car Business Finland est en transition après la fusion de Tekes (spécialiste du financement de la R&D) et de Finpro (compétent pour la promotion des exportations). L’acteur ainsi créé est assez unique dans le monde, selon elle, car il réunit autant d’acteurs de financement public. La transition est encore en instance et durera, selon Mme Kopola, cinq ans.
Certains aspects de Business Finland, dont la filialisation de certaines fonctions, devront encore être revus du point de vie législatif par le ministère de l’Emploi et de l’Economie.
L’idée de Business Finland est de créer plus de chiffre d’affaires de tous les secteurs d’activités de l’agence.
En 2018, Business Finland a accordé des financements à hauteur de 565 millions d’euros. A l’origine, le budget du nouveau gouvernement prévoyait d’allouer 150 millions d’euros sur trois ans à Business Finland. Le programme du gouvernement a fixé l’objectif d’augmenter l’investissement dans la R&D et l’innovation à 4% du PIB. Mme Kopola rappelle que c’est moins qu’en Suède.
HS/A30

Défense

« La commande des nouveaux bâtiments de guerre au chantier naval de Rauma confirmée » Yle
La défense nationale, le ministère de la Défense et Rauma Marine Constructions (RMC) ont finalement abouti à un accord sur l’acquisition de quatre nouveaux bâtiments de guerre pour la marine. La commande passée au chantier naval de Rauma est en principe confirmée, reste à parfaire certains éléments techniques du contrat d’acquisition.
L’acquisition d’environ 1,2 milliards d’euros nécessitera encore l’agrément du gouvernement finlandais.
La construction des bâtiments de guerre devrait se dérouler entre 2021 et 2025 et les navires devraient être opérationnels au service de la marine en 2028.
Le système de combat des navires, couvrant environ la moitié du prix global, sera fourni par Saab. Le contrat d’achat, pas encore signé, comprend le transfert du savoir-faire en Finlande car, en temps de crise, le système de combat doit pouvoir être maintenu et entretenu par des Finlandais.
Yle3.9/

Le chef du Corps des gardes-frontières, Ilkka Laitinen, a quitté son poste
Le chef du Corps des gardes-frontières depuis seulement un an, Ilkka Laitinen, est parti à ,la retraite pour des raisons de santé début septembre. Le général de corps d’armée est gravement malade.
Laitinen a notamment participé à la fondation de Frontex (Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes) dont il a occupé le poste de directeur général.
Le président de la république Sauli Niinistö nommera son successeur.
HS4.9/

publié le 04/09/2019

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