Revue de la presse du mercredi 14 août

Politique étrangère et européenne

Finlande - Hongrie

Le Président Niinistö commente les critiques de M. Orban
Helsingin Sanomat relève que le Président Sauli Niinistö a effectué mardi une visite aux îles Åland. Lors d’une rencontre avec la presse, M. Niinistö a entre autres commenté les propos critiques du Premier ministre hongrois sur la Finlande.
M. Niinistö connait M. Orban depuis les années 1990. « Il a ensuite modifié sa ligne conciliante. Je pense qu’il vaut mieux faire la sourde oreille par rapport à ce qu’il dit. Ses manières et son style sont connus partout en Europe. »
Selon M. Niinistö, il y a des avis différents au Parlement finlandais sur les questions de politique étrangère, comme dans les autres parlements européens. « Il semble que la politique de M. Orban plaît aux Vrais Finlandais et ils le disent ouvertement. »
HS/A10

Finlande - Russie

Propos du Président Niinistö
Le tabloïd Ilta-Sanomat rapporte que lors son déplacement aux îles Åland, M. Niinistö n’a pas souhaité révéler, pour des raisons de politesse, les sujets d’entretien lors de la prochaine visite du président Poutine en Finlande. « Nous nous sommes rencontrés tant de fois et il n’y a pas de tabous parmi les sujets de conversation. »
Selon les informations du tabloïd, la visite de M. Poutine aurait lieu la semaine prochaine. M. Niinistö ou sa chancellerie n’ont pas encore voulu confirmer la date de la visite.
Quant aux manœuvres militaires organisées par la Russie début août, M. Niinistö admet que cela a été une surprise. « Je dirais toutefois qu’il n’est pas une surprise que la Russie organise des surprises. »
M. Niinistö n’a pas voulu spéculer sur l’explosion à Arkhangelsk mais a déploré la course aux armements en général.
M. Niinistö estime que l’accent est mis sur la mer Baltique et de plus en plus sur la région arctique. Il pense qu’on a encore besoin d’organiser un sommet arctique même si cela n’a pas pu être réalisé pendant la présidence finlandaise du Conseil arctique.
IS

Russie

Accident nucléaire
Hufvudstadsbladet publie un article de sa correspondante en Russie, Anna-Lena Laurén, qui relève que les autorités russes évacuent la population de Nionoksa, mais ne donnent autrement pas plus d’informations sur l’accident.
Mme Laurén cite une collègue de Novaja Gazeta, Julia Latynina, qui compare la situation à Tchernobyl : il est impossible de comprendre ce qui s’est passé exactement.
Turun Sanomat relève que, selon Pia Vesterbacka, chef de surveillance et alerte nucléaire du Stuk, Centre national de radioprotection et de sûreté nucléaire, les taux de radiation en Finlande sont normaux et ne montrent aucun changement. Le Stuk ne dispose toutefois d’aucune information confirmée de l’accident survenu en Russie.
Hanna Smith, directrice de recherche du centre d’excellence hybride, estime que le peu d’information lié à l’accident rappelle l’époque soviétique et la façon dont les évènements de Tchernobyl ont été cachés en 1986.
Selon elle, les médias russes contrôlés par l’Etat donnent des évènements l’image que souhaite la direction politique, qu’il s’agisse des manifestations, des incendies de forêts ou d’un accident nucléaire. « Tchernobyl est un des cas qui a montré comment fonctionnait l’Union soviétique. Les médias contrôlés par la Russie sont sélectifs de la même façon dans leurs rapports. »
Pour Mme Smith, les Finlandais devraient s’inquiéter à chaque fois que des choses pareilles se passent dans la proximité de leurs frontières, en Russie. « Tant que la Russie dispose d’une administration autoritaire, comme maintenant, il nous faut être vigilant et à l’écoute. »
Si l’accident avait été plus important et que le vent avait pris une autre direction, l’accident aurait touché la Finlande aussi, conclut Turun Sanomat.
HBL/mer/10, TS/mer/12

ONU

Ouverture d’un nouveau bureau de l’UNOPS à Helsinki
Turun Sanomat relève que le nouveau bureau de l’Initiative d’investissements sociaux de l’UNOPS, Bureau de l’ONU pour les services d’appui aux projets, sera fondé à Helsinki dans les locaux de Sofia Future Farm.
L’accord a été signé lundi par le ministre de la Coopération au développement et du Commerce extérieur Ville Skinnari et la directrice exécutive de l’UNOPS Greta Faremo.
TS/8, mae.fi
https://www.unops.org/fr/news-and-stories/news/unops-social-impact-investing-initiative-opens-new-base-in-finland

Présidence finlandaise du Conseil de l’UE

Les ministres européens de la défense discuteront à Helsinki de la coopération en matière de défense
Durant la réunion informelle des ministres de la défense, les 28 et 29 août, les ministres européens de la défense aborderont la question des nouvelles technologies et des mutations mondiales. Ils évoqueront notamment l’intelligence artificielle et les effets des changements climatiques sur la défense et la sécurité.
La réunion sera présidée par Mme Federica Mogherini, haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité. La Finlande, actuellement à la présidence du Conseil de l’Union européenne, sera représentée par le ministre de la défense, M. Antti Kaikkonen.
Dans le sillage des nouvelles technologies
"Les nouvelles technologies, comme l’IA, modifient l’environnement opérationnel de la défense. Pour développer et utiliser au mieux ces nouvelles technologies, il est nécessaire de coopérer. L’UE, à travers une coopération efficace, peut influencer ces transformations à l’échelle mondiale", déclare M. Kaikkonen.
La réunion informelle des ministres débutera avec une discussion sur l’IA et les nouvelles technologies. Les ministres de la défense évalueront la situation avec des experts du secteur privé. Ces discussions permettront de mieux comprendre les défis et les opportunités que l’IA et les nouvelles technologies offrent au secteur de la défense. Des représentants de l’ONU, de l’OTAN et un groupe d’experts (Global Tech) seront présents, à l’initiative de Mme Mogherini.
Les ministres de la défense chercheront à savoir comment utiliser l’IA pour développer la défense européenne et comment faire en sorte que l’UE reste en tête des avancées technologiques mondiales. Les ministres aborderont également la question des défis éthiques et juridiques liés au numérique et à l’IA.
La coopération en matière de défense, pilier de la sécurité globale
Ces dernières années, la coopération européenne en matière de défense s’est considérablement renforcée. Durant sa présidence, la Finlande veut encourager ce renforcement et rappeler le rôle de l’UE dans la coopération en matière de défense.
Cette coopération, par le biais d’instruments européens, permet d’améliorer la sécurité des États membres. Récemment, la coopération en matière de défense s’est étendue pour couvrir plus de domaines. Le Fonds européen de la défense, par exemple, améliore la compétitivité industrielle de l’UE. Les déplacements de troupes et de matériel ont également été concrètement facilités.
L’UE développe sa coopération avec des partenaires proches. Des représentants de l’ONU et de l’OTAN assisteront à la réunion d’Helsinki.
"La coopération en matière de défense est devenue plus importante ces dernières années. Mais il est nécessaire de l’examiner sous différents angles et de penser également à l’avenir", rappelle M. Kaikkonen.
Jeudi, lors de la première séance de travail, les ministres discuteront de l’impact des changements climatiques sur le secteur de la sécurité et de la défense. Cette séance sera suivie d’une séance sur la sécurité maritime, puis, en fin de journée, d’une discussion avec les ministres des affaires étrangères, sur le thème des menaces hybrides. Les ministres évalueront les résultats préliminaires et les retours d’expérience des discussions basées sur des scénarios tenues à Helsinki en juillet dernier. Ces discussions basées sur différents scénarios avaient pour but de renforcer la résilience de l’UE ainsi que de sensibiliser aux menaces hybrides.
https://eu2019.fi/fr/article1/-/asset_publisher/eu-n-puolustusministerit-keskustelevat-helsingissa-puolustusyhteistyon-tulevaisuudesta

Politique intérieure

Economie

Croissance de 0,9% au second trimestre
Selon les premiers chiffres de l’institut des statistiques, la croissance au second trimestre était de 0,9% par rapport au trimestre précédent et de 1,8% par rapport à l’année précédente.
Les économistes considèrent que ce sont de bons chiffres.
HS

Budget

L’amélioration de l’emploi comme priorité
Lors de sa conférence de presse à l’ouverture de la réunion de deux jours du ministère des Finances pour préparer le projet de budget, le Ministre des Finances Mika Lintilä (Centre) a déclaré que la priorité du budget 2020 serait de promouvoir l’emploi.
Il se déclare inquiet de la compétitivité finlandaise mais souhaite laisser les partenaires sociaux négocier afin de faire des propositions.
Concernant les négociations salariales, il a déclaré que le gouvernement était prêt à les aider avec une envelopper de 200 millions d’euros d’allègements sur l’impôt sur le revenu pour les salaires petits et moyens.
Uusisuomi

Partenaires sociaux

Première réunion préliminaire
Les partenaires sociaux se rencontrent aujourd’hui informellement pour préparer les négociations salariales qui viseront cet automne à conclure de nouvelles conventions collectives sur les salaires.
uusisuomi

Sort du pacte de compétitivité

Selon Etla, le pacte a favorisé l’emploi
Helsingin Sanomat rend compte d’un rapport de l’institut de recherche économique Etla commandé par les Unions des Industries technologiques, des Industries forestières et des Industries de produits chimiques.
Etla estime que le pacte de compétitivité mis en place en 2016 contribue considérablement à l’augmentation de l’emploi. L’augmentation du temps de travail de 24 heures annuelles non rémunérées pourrait hausser le taux d’emploi de 8000 à 16 000 personnes d’ici 2022. Avec les autres mesures relevant du pacte, l’emploi pourrait s’améliorer par 20 000 à 42 000 personnes d’ici 2022.
Antti Kauhanen, directeur de recherche auprès d’Etla, note que la fourchette importante concernant l’estimation de l’impact des mesures dépend du mode de calcul utilisé.
Etla estime que, jusqu’à présent, la part de l’augmentation du temps de travail pour l’amélioration de l’emploi représente 40%. L’impact du pacte pour le PIB a été de 0,5% par rapport à une situation où le pacte n’aurait pas été mis en place. Au moment de l’entrée en vigueur du pacte l’effet a toutefois été inverse du fait qu’il a affaibli le pouvoir d’achat des consommateurs.
Il est prévu que le pacte sera un bras de fer important lors des négociations de la rentrée concernant les conventions collectives. Le patronat souhaitera maintenir l’augmentation du temps de travail, alors que les représentants des employées ne seraient pas d’accord de le faire sans rémunération. Le président de la confédération des ouvriers SAK, Jarkko Eloranta, a noté, hier, que la croissance économique finlandaise ne pouvait pas reposer sur un travail effectué gratuitement. Il rappelle qu’il faudra pouvoir vivre de son salaire et il faut que la sécurité sociale soit suffisante.
Ilkka Kaukoranta, économiste en chef de la SAK, relève que le rapport d’Etla exagère l’impact du pacte sur l’emploi et rappelle que tous les secteurs n’avaient pas adopté l’augmentation du temps de travail. 81% des salariés sont concernés par le pacte, selon lui, ce qui ferait que l’impact sur l’emploi serait plutôt de l’ordre de 6000 à 12 000 que 8000 à 16 000.
Il estime que la compétitivité se compose de tellement d’éléments qu’il ne faudrait pas trop souligner l’importance du temps de travail.
Dans son rapport, Etla note que le temps de travail hebdomadaire moyen est inférieur en Finlande par rapport à la moyenne des Etats membres de l’UE.
HS a posé la question de savoir comment un allongement du temps de travail peut augmenter l’emploi. M. Kauhanen affirme que le pacte a rendu le recrutement plus rentable, ce qui aurait même pu avoir un effet sur des prises de décision des entreprises internationales concernant la localisation de leur production.
HS/mar/A13

publié le 14/08/2019

haut de page