Revue de la presse du mercredi 13 juin

Politique étrangère et européenne

Rencontre Trump – Kim

Propos de MM. Soini et Sipilä, et des chercheurs d’UPI
Keskisuomalainen rend compte des propos du Premier ministre Juha Sipilä qui estime qu’il y avait très peu de concret lors de la rencontre des dirigeants américain et nord-coréen. Pour lui, il s’agit néanmoins d’une ouverture importante. Il estime que les attentes dans le monde entier concernent sa réalisation.
Le ministre des Affaires étrangères, Timo Soini, souhaite que le processus entamé mène à un traité de paix pour la péninsule coréenne. Il rappelle que, dans cette région, les progrès se sont souvent changés en un revers. « Il faut rester optimiste, mais il n’y a pas de raison de s’affoler », selon lui.
Elina Sinkkonen de l’Institut de relations internationales UPI estime que les formulations des promesses des deux pays étaient tellement vagues qu’il n’est pas certain que les deux parties les interpréteront de la même façon. Elle aussi regrette le peu de concret dans les promesses.
Mika Aaltola, directeur à l’UPI, considère que le traité signé était plutôt un accord d’intention. Il comporte des points sur lesquels on s’était déjà mis d’accord durant les décennies passées. M. Aaltola estime toutefois qu’il est remarquable qu’un processus a été lancé. Kim Jong-un aura vu son pouvoir renforcé devant les siens. M. Trump n’a pas de garanties quant à lui sur le fait de savoir comment son collègue se comportera par la suite.
KS/20

Autres réactions et commentaires
Helsingin Sanomat a interviewé Olli Heinonen, ancien représentant de l’AIEA, qui travaille actuellement pour la Foundation for the Defense of Democracies à Washington. M. Heinonen considère ce premier pas que constitue la rencontre comme important. M. Heinonen rappelle que Mike Pompeo s’est rendu deux fois en Corée du Nord ce printemps et que ce ne devait pas être pour parler de la météo. Les attentes sont importantes, les obstacles nombreux, mais M. Heinonen estime qu’il faudra essayer.
Si la Corée du Nord renonçait à ses armes nucléaires, le résultat serait plus exhaustif que celui concernant l’accord iranien. L’Iran est autorisé à continuer à enrichir l’uranium, par exemple.
M. Heinonen note que la rencontre a reconnu le statut de M. Kim comme dirigeant et que les violations de droits de l’homme n’ont guère été évoquées, mais que l’on ne peut pas tout faire en même temps.
Arto Haapea de la direction de l’Asie de l’Est du ministère des Affaires étrangères, estime que la Corée du Nord peut être contente. Son dirigeant assume un nouveau statut parmi les chefs d’Etat. M. Haapea estime que même si le texte de l’accord est vague, on ne peut pas le considérer comme sans importance. Antti Leppänen, chercheur spécialiste de la Corée, rappelle que l’accord relève du plus haut niveau.
HS/A6, A8

Editoriaux
« Le sommet était mieux que rien » HBL
« Un message positif – et une douche froide » KS
« Le litige sur les armes nucléaires éclipsé par un brouillard festif » HS

L’éditorialiste de Keskisuomalainen estime que l’annonce sur la fin de manœuvres communes devait être une surprise pour la Corée du Sud et engendrera une incertitude dans d’autres anciens Etats alliés.
L’éditorialiste de Helsingin Sanomat note que le document signé manque de contenus concrets. Pour lui, tout dépend de ce qui se passera ensuite. Un changement dans les orientations de la Corée du Nord aurait toutefois eu lieu, ce qui est remarquable.
Selon l’éditorial d’Aamulehti, personne ne peut nier l’importance le caractère historique de la rencontre de MM. Trump et Kim Jing-un. Les deux ont obtenu ce qu’ils voulaient : inscrire leurs noms dans les livres d’histoire et avoir leurs photos dans la presse partout, surtout dans leurs propres pays. Il n’est pas réaliste d’attendre qu’une telle rencontre puisse engendrer un accord détaillé. Il n’est même pas clair que les négociations puissent progresser. Un accord de paix permanent ne pourra pas être conclu sans les deux Corées, les Etats-Unis, la Russie, le Japon et la Chine.
Selon l’éditorial de Turun Sanomat, M. Trump a commencé à interpréter l’ancienne doctrine de politique étrangère - amis de près et ennemis de loin de sa propre façon. Le week-end dernier il s’est disputé avec le Premier ministre canadien et maintenant il a trouvé un nouvel ami en Corée du Nord. Le sommet de Singapour est devenu un spectacle global. La rencontre peut être un risque pour M. Trump parce que son nouvel ami de loin n’est pas connu pour avoir respecté les accords. M. Trump semble détester les accords multilatéraux mais la contribution de la Corée du Sud, du Japon, de la Chine et de la Russie apporterait au désarmement une crédibilité que MM. Trump et Kim n’ont pas quant au respect des accords.
HS KS Hbl AL/A2, TS/2

Défense

La Finlande s’entrainera à défendre la Norvège
La Finlande s’entrainera à défendre la Norvège aux côtés des pays de l’OTAN dans un des plus grands exercices militaires depuis des années.
Ces manœuvres regroupant 40 000 soldats dont 2 000 Finlandais auront lieu en octobre-novembre prochains. En tout, 29 pays de l’OTAN ainsi que la Finlande et la Suède, en qualité de partenaires de l’alliance, y participeront.
Le professeur de l’Ecole des hautes études de Défense nationale, Jyrki Raitasalo, estime que cet exercice destiné à défendre un pays de l’OTAN marque un signe de réveil de la part de l’OTAN qui a besoin de montrer, surtout aux pays membres de l’Europe orientale irrités par la Russie, qu’elle est capable de leur offrir une sécurité et que, par ailleurs, elle prend au sérieux la défense de son territoire.
« Cet exercice montre notamment que l’OTAN a sérieusement décidé de ramener l’article 5 au cœur de ses activités, en plus des discours solennels », affirme Raitasalo.
KS13.6/13

Politique intérieure

Parlement


Le retour de M. Väyrynen réduit encore la majorité

Le retour au Parlement de l’ancien centriste et député européen Paavo Väyrynen diminue encore la majorité dont dispose la coalition gouvernementale. En effet, M. Väyrynen dont le suppléant siégeait avec le Centre, a annoncé son intention de ne pas rejoindre le groupe parlementaire du parti du premier ministre mais au contraire de former son propre groupe.
Turun Sanomat relève que le député Paavo Väyrynen, qui est revenu hier au Parlement, a annoncé qu’il voterait contre la réforme des services sociaux et de santé. Cela signifie que la réforme aura seulement une majorité de 101 députés au vote.
M. Väyrynen compte pourtant voter en faveur de la réforme des régions même s’il estime qu’elle est mauvaise parce que les régions n’auront pas de droit d’imposition.
M. Väyrynen a rappelé que sa carrière parlementaire a commencé il y a 48 ans. Il estime que son parti, le Parti des citoyens, aura 15-20 sièges au Parlement aux prochaines élections législatives et un ou deux sièges aux européennes.
M. Väyrynen sera remplacé au Parlement européen par la députée centriste Mirja Vehkaperä.
HS TS/10

Gouvernement


Le gouvernement vend des actions de Neste pour près d’un milliard d’euros

Le gouvernement a décidé de vendre une partie de ces actions dans le groupe pétrolier Neste. La participation de l‘Etat dans le capital de Neste va baisser de 49,7% actuellement à 44,7%.
Cette vente devrait lui rapporter au cours actuel environ 880 millions d’euros.
HS

Gardes-frontières

Le nouveau chef du corps des gardes-frontières estime qu’un risque de grande catastrophe couve dans la région de la mer Baltique
Le nouveau chef du corps des gardes-frontières, le général de division Ilkka Laitinen, qui prendra ses fonctions à l’automne, estime que le risque d’une grande catastrophe dans la région de la mer Baltique a augmenté.
Dans une interview à Lännen media, M. Laitinen rappelle qu’outre les menaces souvent mentionnées relatives aux évènements à la frontière orientale, aux multiples menaces hybrides, à l’immigration illégale, il ne faut pas oublier le risque d’une grande catastrophe en mer Baltique.
« Le naufrage du bateau Estonia a été notre baptême du feu et depuis, nous avons beaucoup travaillé », rappelle M. Laitinen en faisant allusion à l’accident du ferry survenu en 1994 qui a fait plus de 850 morts.
A compter de début 2019, la responsabilité des accidents environnementaux aussi sera transférée aux gardes-frontières, ce qui est une bonne chose pour M. Laitinen.
De plus, les pouvoirs des autorités de la sécurité vont certainement s’élargir. Un rapport qui propose d’accroître les pouvoirs des gardes-frontières sera bientôt traité au parlement.
Si le parlement approuve ce projet, les gardes-frontières pourraient par exemple employer les conscrits de manière plus étendue dans des fonctions de surveillance des frontières, intervenir contre les vols de drones dans les régions frontalières et offrir une aide administrative à la police dans des activités de défense contre le terrorisme, et cela non seulement dans les zones maritimes comme c’est le cas actuellement.
TS13.6/

publié le 13/06/2018

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