Revue de la presse du mercredi 12 septembre

Politique étrangère et européenne

Région arctique

La Chine renforce sa présence dans les eaux septentrionales
Helsingin Sanomat rend compte de l’intérêt augmenté de la Chine en ce qui concerne la région arctique, dont parle la chercheuse néo-zélandaise Anne-Marie Brady dans son livre China as a great polar power. Pour l’auteure, la région arctique aurait un rôle plus central pour la Chine que ce que l’on pensait jusqu’à présent.
La Chine considère, selon elle, la région arctique comme une source importante en matière de pêche, de pétrole, de minerais, de bois et d’autres matières premières.
En Finlande, on évoque les voies maritimes libérées des glaces comme des routes commerciales rapides vers la Chine. Du point de vue chinois, elles constitueront également des voies stratégiques pour ses forces navales qui partiraient à la défense des intérêts chinois.
Selon Mme Brady, les intérêts de la Chine dans la région arctique s’inscrivent dans sa stratégie mondiale. C’est un défi pour la Finlande qui doit s’efforcer de trouver un équilibre entre ses relations bilatérales avec la Chine et les questions de sécurité nationales et liées à la région arctique. La Chine investit beaucoup dans la recherche arctique. Elle souhaite aussi que des ressortissants et entreprises chinois s’y installent et que des touristes chinois s’y rendent. Cela lui permettrait d’avoir son mot à dire au moment de la prise de décision sur des questions arctiques.
C’est également une des raisons pour lesquelles des hommes d’affaires chinois créent des entreprises en Laponie et que le nombre de touristes y augmente. La Finlande dispose de beaucoup de matières premières ce qui constitue une autre motivation pour les entreprises chinoises de venir en Finlande, encouragées par le gouvernement de leur pays. La Chine les encourage également dans la construction dans le Nord de voies de transports qu’elle appelle la route arctique de la soie. Pour la Chine, il est d’une importance primordiale d’être présente là où on prend des décisions sur des questions arctiques. Elle participe comme observateur au Conseil arctique depuis 2013.
Linda Jakobson, chercheuse finlandaise spécialiste de la Chine et des questions arctiques, ne pense pas que la Chine s’efforcerait de devenir une grande-puissance de la région arctique. Pour Mme Jakobson, la raison principale de moyen terme (10 à 15 ans) de l’intérêt pour la Chine dans la région arctique est liée au changement climatique. La recherche arctique est essentielle pour la Chine qui verra son agriculture s’affaiblir avec le réchauffement climatique. En outre, la Chine souhaite avoir sa part de la pêche arctique. A plus long terme, d’ici 20 à 25 ans, les autres ressources naturelles intéressent la Chine qui souhaite s’assurer de son accès au pétrole et au gaz dans plusieurs endroits dans le monde.
Pour la Finlande, cela signifie que la Chine s’intéresse à tout ce qui est lié à la technologie arctique, rappelle Mme Jakobson. La Finlande a pu déjà profiter de contrats, ainsi le finlandais Aker Arctic est l’architecte du brise-glace que la Chine est en train de construire.
Selon Mme Jakobson, le plus grand risque pour la Finlande est lié aux relations entre la Chine et la Russie. Des tensions importantes éventuelles pourraient engendrer une situation où la Finlande serait obligée de choisir son camp concernant les questions arctiques, ce qui ne serait pas dans les intérêts de la Finlande.
HS/dim/A12-13

Commentaire de chercheurs finlandais
De chercheurs finlandais expriment leur désaccord avec Anne-Marie Brady. Selon Liisa Kauppila, Université de Helsinki, et Timo Koivurova, directeur du Centre arctique de Rovaniemi, la Chine ne cherche pas à consolider son statut de grande-puissance dans les régions arctiques.
Selon Mme Kauppila, la stratégie chinoise dans cette région relève de l’évolution économique du pays. M. Koivurova ne pense pas non plus que la Chine s’intéresse, dans un avenir qui se dessine à l’horizon, militairement à la région arctique. La sécurité de ses régions limitrophes lui est prioritaire.
Mme Kauppila note que les entreprises chinoises s’intéressent plus qu’avant à la région arctique. Ceci serait dû au fait que la Chine a publié, au début de l’année, sa stratégie arctique, ce que les entreprises ont interprété comme un soutien de l’administration à leurs affaires.
HS/mar/A16

Climat – émissions

« Hausse des émissions en 2016 » HS
« De plus en plus de villes souhaitent restreindre leurs émissions de CO2 » HS
« Beaucoup de petites communes y arrivent mieux que Helsinki » HS

En 2016, les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté en Finlande. Ce sont surtout les émissions dues au transport qui ont augmenté (+13%). Néanmoins certaines municipalités ont mis en place des programmes qui leur a permis de ne pas augmenter leurs émissions durant la même période.
Helsingin Sanomat rend compte du fait que les villes ont un rôle essentiel dans le changement climatique, car l’effet de la production énergétique et des transports pour les émissions est considérable. Les communes ont adopté de mesures allant de voitures électriques aux panneaux solaires. Pour les villes, il s’agit aussi d’une question relevant de leur image.
Des entreprises et des établissements de financement participent à des efforts, et les mesures volontaires des villes et de la vie économique avancent bien plus rapidement que les démarches officielles.
Quarante communes se sont engagées dans un effort vers une neutralité carbone. L’objectif est de diminuer de 80 % les émissions liées aux transports, au logement et à la nourriture d’ici 2030. Helsinki a défini comme objectif d’arriver à la neutralité carbone en 2035.
De 2007 en 2016, ces 40 communes ont réduit leurs émissions de 26 % en moyenne. Les solutions durables ont permis également de faire des économies, ce qui encourage les communes. Les décisions prises dans les communes accélèrent de leur côté les orientations dans ce sens au niveau de la production et créent un marché pour des solutions favorables au climat.
Esa Nikunen, directeur environnemental d’Helsinki, constate qu’en tant qu’acteurs importants, les villes sont dans une position-clé concernant la lutte contre le changement climatique. Helsinki dispose d’un programme de 143 mesures dans ce sens. L’arrivée de 8000 nouveaux habitants chaque année rend le défi plus difficile, ainsi que le fait que les immeubles sont vieux. Il faudrait des moyens pour inciter les gens à faire des travaux de rénovation concernant les solutions énergétiques.
Outre les décisions au niveau des municipalités, il faudra que les consommateurs s’activent pour changer leurs habitudes, rappelle M. Nikunen. 70 % des émissions de CO2 viennent de la consommation de biens et de services : les transports, le logement et la nourriture.
Jyri Seppälä, professeur auprès du centre national environnemental, Syke, rappelle que les communes peuvent servir d’exemple et influencer les choix des consommateurs. Les choix des consommateurs par exemple au niveau des produits agro-alimentaires, quant à eux, influencent ce que les agriculteurs produisent.
HS/A12-13

Education

Comparaison de l’OCDE
« La Finlande a continué à diminuer ses dépenses d’éducation » HS

Helsingin Sanomat rapporte que selon le rapport annuel de l’OCDE, la part du budget de l’Education a diminué en Finlande pendant plus longtemps que dans la plupart des pays de l’OCDE.
Entre 2005 et 2011, la part du budget de l’éducation a baissé dans la plupart des pays de l’OCDE, en moyenne de 0,4 point, aussi en Finlande. Les budgets de l’Education ont toutefois commencé à augmenter après 2011. L’économie finlandaise a commencé à augmenter plus lentement que la moyenne et la baisse du budget de l’éducation a continué plus longuement.
En 2015, les pays de l’OCDE ont utilisé en moyenne 11,1 % des dépenses publiques dans l’Education, tandis que la part de la Finlande n’a été que 10,5 %.
Le quotidien note que la comparaison des budgets d’Education n’est pas toujours simple, vu les différences entre les systèmes. Par exemple, en Finlande la plupart des dépenses de l’enseignement supérieur sont couvertes par le budget public, tandis que dans plusieurs pays il y a de l’enseignement privé.
L’étude du budget de l’éducation est une question d’actualité en Finlande, en raison des économies effectuées par le gouvernement actuel et le gouvernement précédent dans l’Education. Tous les partis politiques ont promis d’augmenter le budget de l’éducation s’ils participeront au prochain gouvernement.
Il y a aussi de bonnes nouvelles concernant la Finlande dans le rapport de l’OCDE : le nombre d’enfants qui participent à l’éducation de la petite enfance a augmenté en 2005-2016. La différence par rapport à la moyenne des pays de l’OCDE (95 %) concernant les enfants de cinq ans est de 11 points de moins pour la Finlande (84%). Il n’y a plus de différence concernant les enfants de six ans. Le nombre de jeunes en danger d’exclusion (ni en emploi ni en formation) a diminué mais reste encore plus élevé (17 %) par rapport à la moyenne de l’OCDE(15,6 %).
HS/A15

Politique intérieure

Gouvernement

Aide aux armateurs
Helsingin Sanomat relève que le gouvernement a l’intention de proposer, avant fin septembre, une aide d’équipage supplémentaire de 6 millions d’euros aux armateurs en 2019.
La ministre des Transports et des Communications Anne Berner et son ministère promeuvent l’augmentation de ces aides, tandis que le ministère des Finances et le ministre Petteri Orpo sont contre. Le ministère des Affaires sociales et de la Santé a été chargé de résoudre le litige. Son groupe de travail est prudemment favorable à l’augmentation des aides.
Le ministère des Finances critique surtout le montant de l’aide, 6 millions d’euros, par rapport aux pertes évaluées des armateurs qui seraient de 2,5 millions d’euros.
HS/A29

Défense

Les exercices de l’armée de terre se veulent visibles
L’armée de terre organise, du 10 au 14 septembre, des manœuvres appelées Syystammi 18 dans plusieurs localités à travers la Finlande.
« Nous nous entrainons intentionnellement dans les rues des grandes villes car nous souhaitons être vus et entendus. Il est important de montrer que nos soldats sont présents », explique le commandant de l’armée de terre, le général de corps d’armée Petri Hulkko qui se déclare très satisfait de l’état actuel de l’armée de la Finlande.
Outre la défense nationale, des personnels de l’administration régionale, de la gendarmerie maritime, de la police et du Centre pour le développement économique, les transports et l’environnement participent aux exercices.
TS12.9/5

publié le 12/09/2018

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