Revue de la presse du mardi 7 novembre

Politique étrangère et européenne

Eurogroupe

« La Finlande opposée à une surveillance des marchés financiers transférée aux organes de l’UE » KL

Le ministre des Finances Petteri Orpo a participé, hier à la réunion de l’Eurogroupe.
Interrogé sur les révélations des « Paradise Papers », il a déclaré que l’UE faisait tout son possible pour lutter contre l’évasion fiscale.

Kauppalehti rapporte que l’UE prépare de nombreux projets pour lutter contre l’optimisation fiscale. De plus, les grands Etats membres veulent revoir la fiscalité des grands groupes comme Appel et Google afin qu’ils soient, plus taxés en Europe.
La Finlande est réservée sur une solution européenne à ce sujet, par exemple sous la forme d’une taxation du chiffre d’affaires. M. Orpo a souligné à nouveau que la coopération internationale était primordiale en matière fiscale. Selon lui, il faut des solutions globales pour lutter contre l’évasion fiscale.

« Il faut que l’UE continue son travail déterminé, c’est à dire au niveau de l’OCDE ».
Les ministres des Finances vont aussi discuter de la réforme de la surveillance financière. La Commission a en effet préparé un paquet pour réforme le Système européen de surveillance financière.

Kauppalehti rapporte que « la Finlande s’oppose à tout ce que la Commission propose pour réformer la surveillance financière ».

« Nous partons de l’idée qu’il faut que la surveillance financière restez fortement aussi entre nos mains, en plus d’un contrôle au niveau du SESF » affirme M. Orpo.
Selon la position finlandaise, on peut développer la surveillance au niveau européen « pour les situations clairement transfrontalière » et « en rapport avec des institutions d’Etats tiers ». Dans le reste des cas, la surveillance doit rester fondée sur une coopération entre les institutions nationales et européennes. « C’est la voie que nous privilégeons », dit M. Orpo.
KL

Défense nordique

Les pays nordiques intensifient leurs échanges d’informations en matière de surveillance aérienne

Les ministres de la Défense nordiques ont convenu lundi de démarrer une nouvelle coopération en signant un accord nommé Norecas qui intensifiera les échanges d’informations en surveillance aérienne.

Le ministre de la Défense Jussi Niinistö (vrais Finlandais) a précisé que la préparation de la mise en œuvre prendra environ un an.

Les activités d’exercices militaires communes et la coopération dans le domaine des opérations internationales ont également été traitées lors de la rencontre des ministres de la défense.

En ce moment, la politique de sécurité connait des jours de grandes activités avec la visite, dans le cadre de la présidence finlandaise de Nordefco, d’une dizaine de ministres de la Défense à Helsinki.

A l’ordre du jour de la rencontre d’aujourd’hui figure notamment la situation sécuritaire de la Baltique, l’environnement de la mer Baltique et, vraisemblablement, la coopération en matière d’éventuels exercices militaires.

Tous les pays du groupe septentrional, à l’exception de la Finlande et la Suède, sont membres de l’OTAN.
HS7.11/A10

Finlande – Etats-Unis

Visite en Finlande du ministre américain de la Défense

Le ministre américain de la Défense, James Mattis, qui est actuellement en Finlande, a rencontré le Président Sauli Niinistö, hier, pour des entretiens suivis d’une conférence de presse.

Helsingin Sanomat relève que le ministre américain a dressé des éloges à la Finlande et s’est félicité du renforcement des relations bilatérales entre les pays ainsi que de la relation entre l’OTAN et la Finlande. Pour M. Mattis, les relations entre les deux pays n’ont jamais été aussi fortes.

Plus généralement, il a dit que les Etats-Unis admiraient beaucoup de choses en Finlande et que le travail de la Finlande dans le domaine du maintien de la paix et dans la non-prolifération des armes était admirable. Il a mentionné le nouveau centre de menaces hybrides et la contribution finlandaise à la lutte contre Daech. Il a qualifié les troupes finlandaises de tactiquement douées et éthiquement solides.

Le Président Niinistö a dit que les entretiens ont porté sur un seul sujet qui était la paix, le fait de savoir comment maintenir la paix au niveau mondial. Il estime que les objectifs des deux pays dans cette question sont convergents.

Aujourd’hui, M. Mattis rencontrera son homologue finlandais Jussi Niinistö, et participera à la réunion de travail du groupe des ministres de la Défense des pays septentrionaux (qui comprend outre les pays nordiques et Baltes, les Pays-Bas, la Grande-Bretagne, la Pologne et l’Allemagne).

Ilkka Kanerva (Rassemblement national), président de la Commission de la Défense, estime que la visite relève d’une part du renforcement de la coopération entre l’UE et l’OTAN, et d’autre part de l’augmentation de la coopération de défense régionale en Europe.

Selon le ministère américain, la visite a comme objectif de renforcer les relations avec les alliés européens. En effet, M. Mattis se rendra à Bruxelles et à Londres après Helsinki.

Après la conférence de presse, Sauli Niinistö a commenté l’initiative du ministre de la Défense, Jussi Niinistö, d’organiser un grand exercice militaire internationale. Il a rappelé que développer de telles activités était en soi positif, mais qu’il fallait l’évoquer au Parlement d’abord.

Selon HS, il n’a pas évoque les exercices avec M. Mattis.

Vendredi dernier, le ministre de la Défense, Jussi Niinistö, a dit à MTV3 que les préparations d’un exercice international avaient déjà été entamées, et que l’exercice qui pourrait avoir lieu au plus tôt en 2020, était de l’ampleur de l’exercice Aurora qui a compté 20 000 participants. Il s’agirait de surtout des exercices relevant de la capacité à recevoir une aide militaire internationale. Jussi Niinistö a dit que la Suède participerait et qu’il espérait que les Etats-Unis participent.
HS/A10

Point de vue

Aamulehti publie une analyse de Lauri Nurmi, qui estime que la visite de M. Mattis est la suite logique de la volonté de la direction de la Finlande de renforcer la coopération de défense avec des puissances occidentales. La coopération bilatérale entre les deux pays est renforcée dans la politique de défense, dans l’échange d’information, dans les opérations internationales et dans le renforcement de l’interopérabilité, des capacités et de l’état d’alerte, entre autres.
M. Nurmi rappelle que, durant la législature, la direction finlandaise a souligné l’importance du fait que la Finlande ne reste pas derrière la Suède dans le renforcement des liens occidentaux.
Il rend compte des propos du quotidien suédois Dagens Nyheter après la visite du ministre de la défense suédois aux Etats-Unis, à qui M. Mattis aurait affirmé que son pays viendrait en soutien si jamais la Suède avait des problèmes avec la Russie.
Pour M. Nurmi, la direction finlandaise et la direction des forces armées « pensent – ou savent – que la Suède a obtenu de garanties de sécurité secrètes des Etats-Unis comme durant la guerre froide ». Pour ce qui est de la Finlande, la situation est plus compliquée : selon M. Nurmi, la Finlande a pu obtenir des garanties non-officielles et des promesses de l’aide des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne. M. Mattis n’a pas évoqué cette question.
M. Nurmi rappelle que la coopération étroite de la Finlande avec les puissances occidentales ne comprend pas de garanties de sécurité en cas d’une crise éventuelle.
AL/A8

OTAN - Politique de sécurité

Editorial
L’éditorialiste d’Aamulehti, quotidien de Tampere, rappelle que la neutralité est devenue une notion caduque avec l’entrée de la Finlande dans l’UE. En ce moment, la Finlande penche dans son non-alignement militaire plus vers l’Ouest qu’elle ne faisait vers l’Est dans sa neutralité pendant la guerre froide.
L’éditorialiste s’étonne du fait que la majorité des candidats présidentiels soutiennent l’idée d’une coopération accru avec l’OTAN dans une situation où pratiquement la seule façon de rendre la coopération plus étroite est une adhésion à l’alliance militaire.
L’éditorialiste rend compte du débat entre deux anciens ambassadeurs de Finlande en Russie, MM. Nyberg et Himanen, dont l’un ne souhaite pas une adhésion finlandaise à l’OTAN tandis que l’autre la promeut. Au delà de ce débat, les Finlandais ne soutiennent pas une adhésion, et pour l’éditorialiste, les candidats présidentiels sont restés, à l’exception de Nils Torvalds, « otages » de cette opinion publique opposés à l’adhésion.
L’éditorialiste conclut en disant qu’il faut se poser la question de savoir à quel niveau l’opinion publique finlandaise est dirigée de l’extérieur au moyen, par exemple, d’influence hybride.
AL/A2

« La coopération de sécurité s’approfondit »
Turun Sanomat publie un éditorial intitulé « La coopération de sécurité s’approfondie ». L’éditorialiste, la Finlande et la Suède se trouvent actuellement le plus près possible de l’OTAN sans être membres de l’organisation.
En ce moment, les négociations tripartites entre les ministres de la défense américain, finlandais et suédois suscitent un intérêt spécial. La Finlande et la Suède ont fait rapidement des pas dans la coopération bilatérale de défense. Les deux pays ont également signé les accords de coopération avec les Etats-Unis et la Grande-Bretagne.
Les Finlandais ne s’intéressent pourtant pas à une adhésion à l’OTAN. Dans le sondage le plus récent, 22 % des personnes interrogées se déclarent favorables et 59 % défavorables à une adhésion.
Selon le même sondage, publié par Helsingin Sanomat, 33 % des Finlandais seraient favorables à une adhésion si la Suède décidait d’adhérer. 51 % seraient contre de toute façon.
La plupart des Finlandais estiment que les actuelles mesures de sécurité sont suffisantes. Ces mesures nécessitent une politique étrangère et de sécurité stable, donc une politique que la Finlande a menée pendant longtemps.
Les attitudes ne changement pas rapidement. Parmi les candidats présidentiels il n’y a que Nils Torvalds, candidat du Parti suédois, qui est favorable à une adhésion à l’OTAN. Les autres souhaitent « approfondir la coopération ».
TS/2


Point de vue :
La porte de l’OTAN se referme, écrit le journaliste Kari Huhta

« La Finlande est le seul pays au monde qui possède « une option OTAN » ce qui signifie qu’elle pourra adhérer à l’Alliance par une simple déclaration de sa part », écrit le journaliste.
« La Suède peut tout aussi bien adhérer à l’OTAN dans l’éventualité où elle le souhaitait mais n’éprouve pas le besoin de le décréter comme son voisin. »
« Il est vrai que l’option OTAN des Finlandais possède ses propres pratiques singulières ancrées dans la politique et la position du pays. Vers l’extérieur, l’option est censée véhiculer à l’OTAN le message d’une politique de défense finlandaise qui se tient prête pour une adhésion à l’alliance et, vers la Russie elle espère signaler qu’un affaiblissement de la sécurité en Finlande conduirait à une adhésion à l’OTAN. »
« Cela peut paraitre contradictoire, mais il semblerait que la fiabilité de l’option OTAN de la Finlande baisse au fur et à mesure que la coopération militaire, notamment avec la Suède et les Etats-Unis, se renforce. »
« Ces débats sur l’OTAN ont pris de l’ampleur la semaine dernière lorsque deux anciens ambassadeurs de Finlande à Moscou ont présenté leurs points de vue opposés sur les pages du quotidien Helsingin sanomat. René Nyberg répliquait au sympathisant de l’alliance, Hannu Himanen, que « l’adhésion entrainerait une rupture avec la Russie, ce que nous n’avons absolument pas intérêt à provoquer ».
« Certes les débats de quelques retraités ne sont pas en mesure de déterminer la politique étrangère finlandaise. Néanmoins, la déclaration d’une éventuelle adhésion à l’OTAN pourrait, dans le meilleur des cas, servir de moyen de dissuasion contre des tentatives d’influence de la part de la Russie. Dans le cas inverse, elle ferait office d’appât » pour de telles tentatives, conclut Kari Huhta
HS7.11/A4

Politique intérieure

Défense

Préparation d’une loi pour accorder des indemnités aux conscrits

Un projet de loi visant à accorder aux appelés et aux personnes effectuant un service civil les mêmes indemnités qu’à ceux qui participent à des opérations de gestion de crise a été déposé au parlement.

En cas d’accident militaire ou de maladie durant le service, les indemnités supplémentaires seront identiques pour tout le monde.
HS7.11/A8

publié le 07/11/2017

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