Revue de la presse du mardi 5 novembre

Politique étrangère et européenne

Climat

La ministre de l’environnement considère « honteuse » la décision américaine de sortir du traité sur le climat
Le ministère de l’Environnement relève que les Etats-Unis ont annoncé qu’ils avaient officiellement remis leur demande de retrait du traité climatique de Paris. Dans un communiqué, la ministre de l’Environnement et du Climat, Krista Mikkonen (Verts), estime que « le retrait unilatéral des Etats-Unis du traité de Paris constitue avant tout une tache pour leur réputation. Il est honteux que ce pays soit aussi irresponsable à l’égard de l’avenir commun. » Elle rappelle que le traité de Paris dispose d’un fondement solide et que le retrait éventuel des Etats-Unis ne le fera pas tomber ni s’éroder. « L’UE continuera [son travail] comme leader climatique et pour obstinément promouvoir les mesures climatiques ambitieuses. »
« Le retrait des Etats-Unis signifie qu’il faudra que nous autres renforcions la coopération encore davantage, et que nous fassions participer les villes, entreprises et acteurs de la société civile américains qui s’efforcent d’agir de façon durable et qui construisent leur atout au niveau de la compétitivité sur cela », dit Mme Mikkonen.
Le retrait des Etats-Unis entrera en vigueur au plus tôt en novembre 2020.
Uusi Suomi

Antarctique

La Finlande organisera l’assemblée du traité sur l’Antarctique en 2020
Aamulehti relève que la Finlande organisera l’année prochaine la réunion annuelle du traité sur l’Antarctique à Helsinki.
Selon Petteri Vuorimäki, le premier ambassadeur finlandais de l’Arctique et de l’Antarctique, la Finlande est un des cinq Etats qui décident sur l’avenir des deux régions polaires.
« La Finlande a des intérêts surtout dans la région arctique, en raison de sa situation géographique, mais aussi dans la région antarctique », selon M. Vuorimäki.
La Finlande, qui a signé en 1989 le traité sur l’Antarctique, fait partie des Etats consultatifs qui ont le droit de prendre des décisions concernant l’Antarctique. L’accord sur l’utilisation des minéraux de la région antarctique a été remplacé en 1991 par un accord sur l’environnement.
A la question de savoir quels sont les intérêts de la Finlande de participer à cette prise de décision, l’ambassadeur Vuorimäki répond que la Finlande, qui est un acteur polaire important, a de l’expertise dans les conditions arctiques. Il évoque surtout les sciences et la recherche, vu que l’Institut de météorologie et l’Université de Turku ont une station de recherche Aboa en Antarctique.
AL/A20

Loup

Position sévère de la Cour de justice de l’UE sur le loup
Le Ministre Leppä la considère comme un revers

Le ministre de l’Agriculture et de la Sylviculture, Jari Leppä (Centre), déplore la position de la Cour de justice de l’Union européenne sur la chasse au loup dans le but de maîtriser la population de cet animal.
La Cour de justice a émis, en octobre, sa position selon laquelle la chasse dans le but de restreindre la population de loups pouvait être justifiée, mais dans des conditions plus strictes que prévu concernant notamment les avantages de la chasse et les preuves sur le fait qu’aucun autre moyen ne serait suffisant.
M. Leppä considère cette position comme un revers important et note que, pour lui, la chasse pour restreindre la population est un élément essentiel des mesures pour gérer la population de loups. Il fait la comparaison avec l’ours et constate que la chasse permet de maintenir la population des ours, ce qui sert à prévenir des dégâts.
UUsi Suomi

Défense

Les lucratives exportations d’armement sont un terrain miné pour les hommes politiques – notamment pour les sociaux-démocrates finlandais et suédois
Le quotidien Hufvudstadsbladet note que les exportations finlandaises d’armement ont considérablement augmenté depuis les années 2002-2017. L’année dernière, la Turquie était le premier acheteur des produits finlandais. Malgré la décision finlandaise de stopper les exportations vers la Turquie, depuis que le pays est guerre, il semble que les anciens accords continuent et que c’est l’intérêt économique qui compte.
La Suède est l’un des plus grands exportateurs d’armes dans le monde, du moins par habitant. L’année dernière elle a vendu pour 1 milliard d’euros de matériel militaire en triplant ses exportations depuis le début des années 2000. En même temps, les ministres, les ambassadeurs et même la famille royale n’hésitent pas à utiliser leurs statuts pour faire ouvrir les portes aux exportations d’armes même dans des régions bien douteuses.
HBL4.11/4

Bientôt les tests des avions de combat multifonctions dans l’espace aérien finlandais
Les tests des cinq candidats en lice pour le projet HX (Boeing, Dassault, Lockheed Martin, Eurofighter et Saab Gripen) seront testés dans l’espace aérien finlandais en janvier-février prochain.
Il s’agira d’une part, de vérifier l’exactitude des informations transmises par les fournisseurs et d’autre part, de mettre les appareils à l’épreuve de l’hiver finlandais.
Selon le directeur de programme du projet HX, Lauri Puranen, les fournisseurs ont du mal à empêcher le prix de leurs offres préliminaires de ne pas dépasser les 10 milliards autorisés.
Le calendrier des essais prévus au début de l’année prochaine s’annonce comme suit : Eurofighter du 9 au 17 janvier, Rafale du 20 au 28 janvier, Gripen du 29 janvier au 6 février, F-35 du 7 au 17 février et Super Hornet du 18 au 26 février.
« Le terrain des forêts finlandaises et les conditions nuageuses de l’hiver sont difficiles pour les systèmes électroniques des appareils. Durant les semaines de tests, nous vérifierons à quel point les qualités annoncées par les fabricants sont véridiques », explique le directeur du projet Juha-Pekka Keränen.
Pendant les évaluations, la défense nationale vérifiera notamment la visibilité de l’avion de combat par les radars, comment l’appareil détecte les cibles dans l’air, au sol et en mer et enfin elle testera la gamme des équipements.
La défense nationale est bien consciente du fait que les Russes seront très probablement intéressés pour suivre ces essais. Le général Puranen a pris ses dispositions en s’y préparant : « Pour cette raison, tous les tests n’auront pas lieu en Finlande. Certaines capacités critiques seront évaluées ultérieurement dans les pays des fabricants. »
Les candidats déposeront leurs offres définitives en automne 2020. La décision finale par le gouvernement sera prise en 2021.
Certaines personnes ont évoqué le rôle du président Donald Trump dans l’éventualité d’un choix américain. Pour Puranen ce n’est pas décisif. « Nous entretenons d‘excellentes relations avec les autorités américaines, comme avec tous les pays qui participent au processus. »
HBL2.11/8-9

Politique intérieure

Président

Editoriaux
« M. Niinistö veut réformer la présidence » Ilkka
« La Finlande est habituée au parlementarisme » HS

Pour Ilkka, si l’on a beaucoup de pouvoirs, comme le parlement, il faut pouvoir mesurer sa popularité plus souvent qu’une fois tous les six ans. En revanche, si le Président a peu de pouvoirs, un mandat long ne pose pas de problèmes. On peut aussi motiver le besoin d’élections présidentielles plus régulières par le fait que le monde change plus vite aujourd’hui, estime Ilkka qui considère que M. Niinistö peut rester dans l’histoire comme celui qui aura réformé l’institution présidentielle.
Helsigin Sanomat relève que, déjà lorsqu’il était président du parlement et avant même d’être élu à la présidence de la république, M. Niinistö avait évoqué l’idée de raccourcir le mandat présidentiel.
L’éditorialiste rappelle que, dans l’histoire politique de la Finlande, on a longtemps été habitué à un monarque fort vers lequel on se tournait, tant le roi de Suède que le tsar de Russie. Après l’indépendance, on a voulu un président fort qui représentait la continuité alors que le Parlement était souvent dissous et le gouvernement ne durait pas longtemps.
« Les forts pouvoirs présidentiels étaient un contrepoids face à un parlement monocaméral. Après la guerre civile on avait en effet craint que le mouvement ouvrier essaie de changer la société à travers les urnes. Un président fort représentait un pouvoir de stabilité voire de frein. Pour la même raison, on a donné de forts pouvoirs à la minorité parlementaire : une minorité de blocage permet de ralentir l’entrée en vigueur d’une loi au-delà d’une législature ».
« Dans la Finlande d’aujourd’hui, on s’est enfin habitué à la démocratie parlementaire. C’est le premier ministre qui est au cœur de la politique intérieure. Réduire le mandat présidentiel pourrait être motivé. Mais le risque est que les élections présidentielles et législatives s’influencent mutuellement comme cela fut le cas en 2007 où le Kokoomus l’a emporté en profitant de l’effet Niinistö lors de la présidentielle de 2006.
HS

Gouvernement

Bilan des 150 premiers jours du gouvernement
Helsingin Sanomat, qui publie un bilan des 150 premiers jours du gouvernement Rinne, estime que le gouvernement n’a mis en œuvre aucune mesure qui pourrait augmenter créer 60 000 nouveaux emplois, principal objectif du gouvernement. Le gouvernement n’a pas non plus publié des mesures climatiques ambitieuses.
Le quotidien estime que les véritables décisions sur l’emploi et le climat devront être prises en 2020. On attend une loi sur le climat pour début 2021. Y figurera l’objectif de la neutralité carbone pour 2035 et les moyens d’y arriver. Les décisions sur l’économie circulaire et la réforme de la fiscalité sur l’énergie sont attendues pour le printemps prochain.
Jusqu’à présent, le plus grand effort du gouvernement a été le budget de 2020. Selon les nombreuses personnes interrogées par HS, les préparatifs du budget se sont plutôt bien passés.
Il y a aussi eu des éléments pour des litiges (surtout entre le Centre et les Verts), vu que les points de départ des cinq partis du gouvernement sont très différents. Pour l’instant, les partis sont liés par le programme du gouvernement et la volonté de rester au pouvoir.
Tous les partis du gouvernement, à l’exception du Parti populaire suédois qui est satisfait du fait que le Premier ministre Rinne apprécie la langue et la culture suédoises, ont des problèmes.
L’Alliance des gauches et les Verts s’inquiètent de la lenteur des préparatifs des mesures climatiques. Le Centre, qui a connu une énorme défaite électorale, a du mal à accepter qu’il n’a plus le poste de Premier ministre. Ses partenaires au gouvernement sont les quatre partis qui n’ont pas arrêté de critiquer le Centre pendant la législature précédente.
Plusieurs sources du quotidien disent que M. Rinne accepte un débat ouvert et qu’il mène bien les réunions. M. Rinne, ancien syndicaliste, est connu comme un bon négociateur mais pas comme un stratège.
La façon de travailler de M. Rinne est assez différente de celle de l’ancien Premier ministre Juha Sipilä. Les choses ont été décidées alors par le trio Sipilä-Orpo-Terho.
« Le véritable test du gouvernement Rinne aura lieu au printemps prochain quand les décisions sur l’emploi devront être prises », selon une des personnes anonymes interrogées.
L’avantage de M. Rinne est que tous les partis préfèrent rester au gouvernement. Cela pourrait signifier que M. Rinne et ses ministres auront encore 1 200 jours au gouvernement ensemble.
HS/lun/A6-8

Fiscalité

Augmentation des recettes de l’impôt sur les sociétés
Kauppalehti relève que, depuis 2014 quand le taux de l’impôt sur les sociétés a baissé de 24,5% à 20%, le rendement de cet impôt a progressivement cru : de 4,4 milliards d’euros, il a rapporté 5,9 milliards en 2018.
Les principales sociétés qui ont contribué à cet impôt sont UPM (200 millions d’euros), Neste (145), Bayer (145), Nordea (136), Sampo (125), Solidium (124), OP (121, Metsä Group (118), Supercell (103) et ABB (71).
KL

Record pour les revenus du patrimoine
Comme chaque année à pareille époque, les médias finlandais publient les listes des principaux contribuables.
Helsingin Sanomat soulignent que les plus hauts contribuables ont surtout des revenus issus du capital. Le millier de personnes qui ont reçu les plus gros revenus du capital a touché en moyenne 2,2 millions d’euros en 2008. Dans la même période, la part des hauts revenus qui tirent leurs revenus du salaire a diminué.
Les milles plus hauts revenus du patrimoine ont été imposés en moyenne à 35% alors que les mille plus hauts revenus salariaux ont été imposés en, moyenne à 44%.
Les contribuables ont donc intérêt à toucher plus de revenus du patrimoine que du salaire. C’est toutefois un problème pour les communes car elles ne reçoivent pas une part de la fiscalité sur le patrimoine. Ainsi en 2018, 12% des plus hauts contribuables n’ont pas payé d’impôts aux communes.
Parmi les dix plus gros salaires se trouvent des dirigeants de la société de jeux Supercell (aux trois premières places) ; ils sont aussi trois de Supercell parmi les dix plus gros revenus du patrimoine. Une autre société de jeux Small Giant Games voit aussi trois de ses dirigeants figurer parmi ces deux classements.
Helsingin Sanomat relève qu’il y a vingt ans, ces classements étaient la chasse gardée des sociétés de téléphonie mobile et qu’aujourd’hui ce sont les dirigeants des sociétés de jeux électronique qui les ont remplacés. Alors que le patron emblématique de Nokia, Jorma Ollila a versé 94 millions d’euros au fisc entre 1999 et 2008, les deux fondateurs de Supercell ont versé depuis 2013, chacun, plus de 150 millions d’euros au fisc finlandais. C’est aussi bien plus
HS

La richesse se concentre
Helsingin Sanomat souligne que la croissance des écarts de revenus est très lente en Finlande. Les informations fiscales diffusées chaque année en revanche témoignent surtout du développement des différences de patrimoine. Le capital une fois accumulé permet d’acquérir plus un nouveau capital et le patrimoine des ménages semble se concentrer toujours plus entre les mains du plus haut décile.
HS

Les salaires en Finlande et en Suède au même niveau
Selon une étude du centre de recherche des salariés, le niveau de salaires en Finlande est très proche de celui de la Suède et dans la moyenne européenne. En 2015, le salaire moyen était de 3 386 euros, comme en Suède, contre 4172 euros aux Pays-Bas et 3168 euros en Allemagne.
Sur 16 pays européens figurant dans cette étude, la Finlande était un huitième rang pour les salaires et au dixième pour le pouvoir d’achat. Sectoriellement, il apparait que pour les salaires dans la construction ou pour les métiers ne nécessitant pas de diplôme du supérieur, la Finlande est au quatrième rang pour les salaires. En revanche, les personnes très qualifiées de Finlande se classent moins bien en matière de niveau de salaires par rapport aux autres pays européens.
KL

Entreprises

Outokumpu victime du marché de l’acier
Kauppalehti rapportait que les résultats publiés la semaine dernière par le groupe métallurgique finlandais Outokumpu étaient décevants : le chiffre d’affaires a diminué et le résultat est déficitaire de 13 millions d’euros (contre 75 millions de bénéfices l’année dernière).
Il y a une surproduction dans le secteur de l’acier et les droits de douanes qui ont été mis en place par le Président américain font affluer des produits asiatiques bon marché vers l’Europe.
Kauppalehti relève que le cours de l’action a énormément baissé. Or, c’est une action très populaire en Finlande puisque plus de 80 000 Finlandais en possèdent.
Kauppalehti estime que le groupe pourrait changer de PDG, l’actuel M. Roeland Baan approche de l’âge de la retraite. Un candidat à sa succession pourrait être M. Panu Routila, qui a un passé dans le groupe et a mené avec succès la fusion de Konecranes et Terrex.
KL

publié le 05/11/2019

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