Revue de la presse du mardi 3 décembre

Politique intérieure

Gouvernement

Démission du gouvernement
Le Premier ministre a présenté la démission de son gouvernement au Président de la République ce jour. Ce dernier l’a accepté et a demandé au gouvernement de continuer à gérer les affaires courantes jusqu’à ce qu’un nouveau gouvernement soit formé.

Crise gouvernementale
Le groupe parlementaire du parti du Centre s’est réuni lundi matin. A l’issue de la réunion, la présidente du parti Katrri Kulmuni a déclaré que le parti du Centre, avait toujours confiance dans la coalition et dans le programme gouvernemental, mais n’avait plus confiance dans la personne du Premier ministre, en raison de sa mauvaise gestion du conflit social de la Poste. Elle demandait au PSD d’en « tirer les conséquences ».
Dans la soirée, le bureau du PSD s’est réuni. A l’issue de la réunion, le Président du parti et Premier ministre Antti Rinne a déclaré avoir le soutien de son parti et demandé au Centre de lui présenter ce qui lui est concrètement reproché.
Mardi matin, M. Rinne a reçu la présidente du Centre Katri Kulmuni qui a déclaré ensuite « avoir, pour la troisième fois, indiqué que le Centre n’avait plus confiance » dans le Premier ministre.
Le groupe parlementaire du PSD s’est ensuite réuni avec le premier ministre. A l’issue de la réunion, le Premier ministre a déclaré se rendre chez le Président de la République.
Le Premier ministre a présenté la démission de son gouvernement au Président de la République ce jour. Ce dernier l’a accepté et a demandé au gouvernement de continuer à gérer les affaires courantes jusqu’à ce qu’un nouveau gouvernement soit formé.
HS Yle

Mme Marin et M. Lindtman candidats
Le président du groupe parlementaire du PSD et la vice-présidente du parti et ministre des Transports Sanna Marein ont tous deux annoncés qu’ils étaient candidats pour être choisis par le PSD pour former un gouvernement.
HS Yle

Social

Le syndicat de l’industrie a rejeté la proposition d’accord
Une grève concernant 35 000 personnes prévue pour la semaine prochaine
Le syndicat représentant les employés du secteur industriel Teollisuusliitto, a rejeté, hier, la proposition de la médiatrice Vuokko Piekkala.
La proposition aurait abandonné les 24 heures de temps de travail supplémentaire prévues dans le pacte de compétitivité et les augmentations salariales auraient été de 1,6 % (0,5% la première année, 0,6%+0,5% la seconde année) sur deux ans. Le syndicat a considéré ce niveau comme insuffisant. Riku Aalto, président de Teollisuusliitto, relève que, pour les salariés, cette augmentation aurait signifié une hausse de 13 euros par mois.
Le patronat du secteur estime qu’il faudrait rapidement avancer dans le sens d’obtenir sur le marché de travail un premier accord qui soutienne la compétitivité en matière de coûts et l’emploi.
Si la situation ne bouge pas d’ici lundi, le syndicat entamera une grève de trois jours comprenant les secteurs technologique, chimique et bois-papier, notamment.
Le patronat évalue à des centaines de millions d’euros les pertes, ce qui se refléterait y compris sur l’économie nationale.
D’autres menaces de grève ont été annoncées. Des négociations sont prévues dans certains secteurs pour aujourd’hui et jeudi.
HS/A14

Déclarations de M. Haavisto

Le ministre des Affaires étrangères aurait fait pression sur le directeur des affaires consulaires
M. Haavisto a donné une conférence de presse

Le tabloïd Ilta-Sanomat rapportait hier que le ministre des Affaires étrangères aurait fait pression sur le directeur des Affaires consulaires du ministère, Pasi Tuominen, pour qu’il prenne la décision de rapatrier les enfants mineurs du camp d’al-Hol sans pour autant faire venir leurs mères qui s’y trouvent.
M. Tuominen aurait considéré une telle mesure comme contraire à la législation finlandaise et aux conventions internationales et n’aurait pas souhaité assumer seul la responsabilité d’une telle décision. Selon Ilta-Sanomat, il aurait depuis été écarté de ses fonctions, alors même qu’en juin dernier il avait été prolongé à son poste de Directeur général jusqu’en 2022.
Aucune décision politique du gouvernement en matière de rapatriement de ces personnes n’existe. M. Haavisto n’a pas non plus demandé à ce que cela soit fait en son nom à lui.
Selon le chancelier de la justice, Tuomas Pöysti, rapatrier les mineurs sans leurs mères serait juridiquement difficile. Il pourrait être envisageable, au cas par cas, de rapatrier un enfant du fait de circonstances difficiles dans le camp, pour assurer sa sécurité, selon M. Pöysti, mais, même là, la décision ne devrait pas relever d’un fonctionnaire.
Helsingin Sanomat relève que le gouvernement a étudié les différentes possibilités de faire revenir des Finlandais du camp d’al-Hol en Syrie. Selon les informations de HS, confirmées hier par M. Haavisto, lors d’une conférence de presse, le ministre des Affaires étrangères avait nommé un diplomate pour gérer ce dossier.
Le chancelier de la Justice Tuomas Pöysti serait d’accord avec ce projet, et le président Niinistö, ainsi que la Commission des Affaires étrangères en auraient été informés.
Lors d’une conférence de presse tenue hier, M. Haavisto dément avoir fait une pression sur M. Tuominen. Il déclare qu’au ministère, il n’y a eu aucune autre modification de personnel que celle concernant la nomination d’un diplomate pour gérer ce dossier. Selon lui, M. Tuominen gère toujours ses fonctions de directeur des affaires consulaires.
M. Haavisto admet avoir été inquiet sur les conséquences d’une situation où on ne ferait rien pour les enfants retenus dans ce camps. « Là, c’est le ministre qui serait l’objet de reproches. »
M. Haavisto déclare qu’il a eu des échanges approfondis au sujet d’al-Hol avec la commission des Affaires étrangères au moins à deux reprises.
M. Haavisto nie avoir demandé un rapatriement des seuls enfants. Il note que cela ne serait pas possible et que l’administration kurde ne le permettrait pas. Il insiste sur le fait que les préparatifs d’éventuels rapatriements de personnes se font en coopération entre différentes autorités et conformément aux instructions du chancelier de la Justice.
M. Haavisto dit que l’administration kurde ne souhaite pas extrader une partie des Finlandaises du fait de soupçons de crime qui pèsent sur elles.
Les quelques orphelins finlandais sont tous placés dans des familles, selon M. Haavisto.
Jusqu’à présent, le gouvernement ne s’était pas exprimé dans le sens de promouvoir le retour au pays des Finlandais. Deux fonctionnaires ont été envoyés à Erbil et l’administration kurde a été informée du fait que les Finlandais avaient le droit de revenir au pays.
Le président de la Commission des Affaires étrangères, Mika Niikko (Vrais Finlandais), a toutefois demandé à ce que M. Haavisto s’explique devant la Commission aujourd’hui mardi.
Des plaintes sur le fonctionnement de M. Haavisto ont été déposées auprès du bureau du chancelier de la Justice et la présidente des Chrétiens démocrates Sari Essayah a déposé une question écrite au gouvernement en la matière.
HS rappelle que pour la Sûreté nationale, les femmes du camp d’al-Hol, ainsi qu’éventuellement les mineurs, représentent un risque pour la sécurité finlandaise.
HS/A15, IS

Politique étrangère et européenne

OTAN

Le sommet de l’OTAN se prépare dans une ambiance discordante
L’OTAN se prépare à son 70ème anniversaire dans une ambiance controversée.
Le chercheur de la FIIA (l’Institut de la politique étrangère) Matti Pesu décrit la situation en disant que l’alliance a de grands défis politiques mais militairement elle se porte plutôt bien. Elle a répondu à la menace russe en augmentant sa propre force de dissuasion et des choses concrètes ont été faites pour une défense commune.
Mais, en même temps, l’alliance abrite des pays comme la Turquie qui semble même capable de faire du chantage pour forcer d’autres pays membres à se plier à sa politique. Cependant le sort de l’OTAN est lié à la participation des Etats-Unis.
Le professeur adjoint de l’Ecole des hautes études de la défense nationale Tommi Koivula souligne qu’il s’agit d’une crise de la coopération multinationale et des dispositions sécuritaires dans le système international, ce qui préoccupe aussi la Finlande. Les grandes puissances sont de moins en moins engagées dans des règles du jeu communes.
« C’est cet air du temps qui est notre plus sérieux défi. C’est du poison pour l’OTAN, tout comme pour l’ONU et l’UE », estime M. Koivula.
Certains chercheurs estiment que l’OTAN, qui a du mal à trouver une base commune de valeurs, pourrait peu à peu perdre de son importance au profit de groupements plus restreints comme l’Initiative européenne d’intervention d’Emmanuel Macron et les troupes JEF commandées par la Grande-Bretagne. Ils regroupent seulement certains pays membres de l’OTAN et aussi des pays en dehors de l’alliance, comme la Finlande.
KS28.11/19

« Comment va l’OTAN ? » HS

« Après les propos sur une OTAN en état de mort cérébrale, on peut se demander ce qui ne va pas au sein de l’alliance. A considérer l’histoire de l’OTAN, il semblerait au contraire que tout va très bien », écrit la journaliste Elina Kervinen dans Helsingin sanomat.
En effet, l’OTAN qui fête ses 70 ans, est la doyenne des alliances en matière de défense. Néanmoins, son rôle est en proie à des changements. La chute des ennemis traditionnels de l’OTAN, l’Union soviétique et le Pacte de Varsovie dans les années 1990, ont forcé l’OTAN à se chercher une nouvelle position dans le monde. Elle s’est rabattue sur la consolidation de la sécurité, la gestion des crises et notamment sur la lutte contre le terrorisme jusqu’à ce que l’occupation de la Crimée en 2014 fasse basculer la situation en revalorisant de nouveau la défense des frontières nationales.
L’équilibre entre ces deux rôles n’est pas facile.
L’OTAN fait face aussi à de nouveaux défis comme la rapide évolution de la technologie, les cybers menaces et le changement géopolitique qui fait que la Chine prend de plus en plus l’étoffe d’une grande puissance.
Par conséquent, les Etats-Unis s’orientent davantage vers l’Asie, ce qui préoccupe les membres de l’OTAN en Europe. Les Etats-Unis jouent de moins en moins leur rôle de policiers du monde et se retirent des forums internationaux, en remettant partiellement en question l’importance de l’OTAN. Cela laisse une plus grande marge de manœuvre à des pays comme la Turquie.
Ce nouveau positionnement s’est cristallisé sur le retrait des troupes américaines de la Syrie et l’attaque turque, au nom de la lutte contre le terrorisme, contre les Kurdes en Syrie.
Cette absence de coordination a révélé certains problèmes au sein de l’OTAN. Ces interventions auraient pu, en effet, avoir des conséquences sur l’Europe, notamment provoquer une expansion de Daech et un flux de réfugiés. Les propos de M. Macron sur une OTAN en état de mort cérébrale faisaient précisément allusion à cela.
Mais l’OTAN n’a pas l’habitude de régler ses problèmes en public.
Il est également question d’argent. Plusieurs pays membres de l’OTAN sont toujours loin d’une participation financière de 2% de leur PNB.
En dépit des critiques, les actions de l’OTAN se sont multipliées en Europe depuis l’invasion de la Crimée. Des troupes et des équipements ont été placés notamment dans les pays Baltes et en Pologne. La présence américaine en Europe s’est renforcée.
L’année dernière l’OTAN s’est engagée, en plus des dispositifs précédents, à réaliser son plan de réaction rapide 4x30 selon lequel elle devrait disposer de 30 bataillons, de 30 escadres de l’armée de l’air et de 30 bâtiments de combat en état d’alerte qui opèreraient en Europe ou seraient en mesure de traverser l’Atlantique en 30 jours. L’alliance a également pris de nombreuses mesures en matière de la cyberdéfense.
Parallèlement aux controverses au sein de l’OTAN, la défense européenne se renforce. Mais les premiers pas sont lents.
Le meilleur remède que Londres pourrait offrir à l’OTAN, serait son unité. Une atmosphère discordante ne ferait qu’aggraver les symptômes de ce septuagénaire.
HS3.11

publié le 03/12/2019

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