Revue de la presse du mardi 14 mai

Politique intérieure

Formation du gouvernement

Propos de M. Rinne sur un registre des lobbys

Helsingin Sanomat rapporte que le président du PSD Antti Rinne a eu, lundi soir une réponse toute prête à la question concernant le rôle des lobbyistes dans la rédaction du programme gouvernemental. M. Rinne a indiqué que la création d’un registre des lobbyistes serait inscrite dans le programme de son gouvernement. « Nous partageons tous les cinq la même vue à ce sujet. Ce gouvernement fera progresser le registre qui sera inclus dans la législation. »

Selon Päivi Anttikoski, cheffe des communications au conseil des ministres, la liste des noms des experts entendus par les négociateurs seront désormais publiés chaque jour vers 17h30.

Un groupe de travail parlementaire a été unanime à exiger, mars dernier, un registre des lobbyistes. Il y a de tels registres dans quelques pays mais non dans les pays nordiques.

M. Rinne admet que la situation de l’économie mondiale se reflète dans les négociations. Il ne voit toutefois pas de raison d’être très pessimiste en ce moment.
HS/A6

Analyse d’Iltalehti

Les discussions difficiles vont bientôt commencer

Le tabloïd Iltalehti estime que les négociateurs des cinq partis réunis à la Maison des Etats doivent commencer à évoquer peu à peu les sujets les plus difficiles, dont la réforme de la sécurité sociale, la réforme des services sociaux et de la santé, la politique des forêts, la fiscalité, la réforme des congés parentaux ou l’interdiction des voiture à moteur à combustion.

Selon le tabloïd, le PSD et le Centre auront du mal à se mettre d’accord sur tous ces sujets.

Concernant les deux premières réformes gigantesques, M. Rinne a promis des préparatifs parlementaires entre tous les partis représentés au Parlement. Le tabloïd se demande si cela rendra la tâche plus facile ou plus difficile.

Contrairement au PSD et au Centre, les Verts ne sont pas favorables à l’augmentation de coupes de bois, liés par exemple à l’investissement de Metsä Group dans une nouvelle usine de pâte chimique à Kemi.
IL

Le coût des négociations

Le tabloïd Ilta-Sanomat relève que selon le directeur administratif du Parlement Pertti Rauhio, le budget des négociations gouvernementales s’élève à 180 000 euros. Près de 250 personnes y participent.

Le coût des négociations du gouvernement Sipilä il y a quatre ans a été de 183 000 et celles du gouvernement Katainen euros, qui ont duré deux mois en 2011, plus de 300 000 euros.
IS

Editorial

L’attitude à l’égard de l’endettement a changé en Europe et dans le monde

Helsingin Sanomat relève que, suite aux promesses électorales des différents partis, il y a aujourd’hui une pression pour que le gouvernement soit tenté de financer une partie de ces mesures par l’endettement.

L’éditorialiste estime que, dans le reste au monde aussi l’attitude à l’égard de l’endettement a changé ces dernières années : il cite notamment les exemples des Etats-Unis de Trump, de l’Estonie du nouveau gouvernement ou de l’Italie et de la France.

Et même l’Allemagne est peut-être en train de changer puisqu’il y a un débat sur la remise en cause du frein constitutionnel à l’endettement.

« Derrière ce changement d’attitude à l’égard de l’endettement il y a autre chose qu’une discussion technique sur le frein à l’endettement, c’est un changement de politique. Dans presque tous les pays de la zone euro, on pense aujourd’hui que l’une des raisons à la montée des nationalistes est l’austérité de la politique économique. Si le pouvoir en place veut y répondre, il doit desserrer les cordons de la bourse. Cela peut être de courte vue dans des pays au fort déficit structurel mais politiquement cela est rentable. Le FMI au contraire craint que l’endettement croissant dans le ponde menace déjà l’économie. Il s’inquiète surtout de l’augmentation de l’endettement des pays pauvres », écrit HS.
HS

Politique étrangère et européenne

Elections européennes

Sondage

Selon un sondage, un quart des Finlandais seraient prêts à augmenter la cotisation de la Finlande à l’UE pour garantir les aides agricoles.

Les plus grandes différences sont entre les électeurs du Centre et des Vrais Finlandais : la moitié des électeurs du Centre et seulement 10% des électeurs des Vrais Finlandais seraient prêts à augmenter la cotisation de la Finlande à l’UE pour garantir les aides agricoles.
IL

Rencontre à Tallinn

Le Vrai Finlandais Olli Kotro va rencontrer Mme Le Pen

Uusisuomi rapporte que le candidat des Vrais Finlandais aux élections européennes Olli Kotro va participer à la réunion des nationalistes qui se tient aujourd’hui à Tallinn avec Mme Le Pen ainsi que des représentants des partis nationalistes estoniens et danois.

M. Kotro avait précédemment participé à une rencontre similaire organisé par M. Salvini à Milan.
US

Analyse

La droite radicale vise un succès aux européennes

Ilta-Sanomat rapporte que les partis nationalistes de droite pourraient remporter jusqu’à un tiers des voix aux prochaines élections européennes. « Une question centrale est de savoir si ces partis nationalistes pourront coopérer entre eux sur les principaux sujets », selon le chercheur Juhana Aunesluoma, directeur du centre d’études européennes de l’université d’Helsinki.

Il relève que c’est notamment en raison de ces divisions que l’on cherche à cacher les différences de points de vue sur la Russie. Le Président des Vrais Finlandais Jussi Halla-aho a néanmoins confirmé à Ilta-Sanomat cette semaine que la position du parti exigeant un retrait de la Crimée de l’Ukraine n’avait pas changé.

Pour M. Aunesluoma si ces partis nationalistes parlent aujourd’hui d’influencer dans l’UE, c’est seulement une posture tactique car, en réalité, leur position contre l’UE n’aurait pas changé. « Ils ont fait un choix tactique de ne pas parler de dissolution de l’UE ou sortie de l’euro. Mais je ne pense pas que ces objectifs de long terme aient changé », dit-il.
IS

Europe de la défense

Défendre un autre Etat membre divise les candidats

Helsingin Sanomat rend compte des positions des candidats aux européennes sur la défense européenne et notamment le fait de savoir s’ils estiment qu’il faut que la Finlande participe à la défense d’un autre Etat membre dans le cas où celui-ci serait militairement attaqué. Les candidats des Verts et du Parti suédois sont le plus souvent d’accord ou entièrement d’accord avec cela. Heidi Hautala, députée européenne des Verts, estime que c’est logique, dans le contexte de l’effort finlandais de renforcer sa propre sécurité en renforçant la défense commune de l’UE. Elle souligne pleinement l’idée de défendre les autres Etats membres.

Les candidats les plus réticents en matière de défense des autres se trouvent dans les rangs des Vrais Finlandais. La majorité des candidats de ce parti n’est pas d’accord avec ce genre de solidarité.

« Il ne faut pas que la Finlande se mêle des conflits militaires des autres. La défense commune est un rêve entièrement irréaliste, fanatique et euro-idéologique esquissé dans les palais de Bruxelles », selon Olli Kotro des Vrais Finlandais.

Parmi les candidats du Rassemblement national, du PSD et du Centre, il y en a qui sont plutôt d’accord avec la défense des autres Etats membres, tandis que les candidats des Démocrates-chrétiens et de l’Alliance des gauches sont plus prudents. En même temps, les écarts entre les différents candidats sont grands à l’intérieur de ces partis.

HS note que l’article 42.7 du traité de l’UE est important pour la Finlande qui ne manque pas de le rappeler aux autres Etats membres. La Finlande a également oeuvré pour l’inscription de cet article dans le traité fondateur de la coopération structurelle du domaine de la défense.

La volonté de défendre les autres ne surprend pas Teija Tiilikainen, directrice de l’Institut de relations internationales, qui estime qu’un consensus vaste règne sur cette question depuis plus de dix ans. La Finlande est prête à aider un autre pays de l’UE et s’attend à obtenir de l’aide à son tour. A la question de savoir si la Finlande pouvait s’attendre à ce que les autres envoient du matériel et des soldats si la Russie l’attaquait, Mme Tiilikainen dit qu’il y a de fortes raisons de supposer qu’une forme de coopération serait mise en place, rien que du fait de la nature de l’UE. « Nous disposons d’une union monétaire, d’un système de marché intérieur et de frontières extérieures communes. Une attaque ébranlerait par exemple la stabilité commune économique et financière de l’UE. »

HS rappelle qu’après les attaques terroristes de Paris en novembre 2015, l’article 42.7 a été testé dans la pratique. La Finlande a alors envoyé des casques bleus au Liban. Depuis, la Finlande a changé sa législation pour permettre de donner et de recevoir une aide militaire internationale. Selon Mme Tiilikainen, le fait que la France ait fait appel à cet article relève également d’un geste symbolique et d’un test politique, car le pays aurait pu en appeler à l’article 5 de l’OTAN dans cette situation.

Elle estime que le traité constitutionnel de l’UE et l’article 42.7 font de la Finlande un pays plus sûr, même si sa défense s’appuie toujours sur la doctrine d’une défense nationale.

Antti Peltomäki, chef de la représentation de la Commission européenne en Finlande, estime qu’il relève de chaque pays de décider jusqu’où il est engagé par la solidarité mutuelle de l’article 42.7. Un engagement politique existe malgré le fait que l’UE n’est pas une alliance militaire, selon lui. Il s’agit d’une communauté politique basée sur des valeurs qui s’efforce de défendre l’Union et ses Etats membres, dit-il en soulignant qu’il ne s’exprime pas en tant que représentant de la Commission.

HS a également posé aux candidats la question de savoir s’il serait opportun que l’UE fasse de ses troupes plus clairement une armée commune au lieu de maintenir des troupes financées au niveau national séparément dans chaque Etat membre.
Les candidats de différents partis sont moins en faveur de cette idée que de celle d’une défense mutuelle. Les Verts sont le plus souvent en faveur, et les Vrais Finlandais les plus réticents.

Les candidats du rassemblement national, parti qui promeut une adhésion de la Finlande à l’OTAN, ne sont pas particulièrement enthousiastes à l’idée de forces armées communes. Henna Virkkunen, députée européenne, note que l’UE n’est ni ne deviendra une alliance militaire. Elle estime que, dans la coopération de défense de l’UE, il s’agit plutôt d’une sécurité vaste : des frontières extérieures, de la lutte contre le terrorisme, de la cyber-sécurité, de la coopération au développement, des activités de maintien de la paix en dehors de l’UE.

Les candidats de l’Alliance des gauches sont tous contre l’idée d’une armée européenne. Silvia Modig dit que l’UE n’est pas une alliance militaire mais n’exclut pas la coopération.

HS note que plusieurs candidats ont estimé qu’il convenait de réfléchir à une aide aux autres cas par cas et selon les circonstances. L’envergure et les différents moyens d’assistance dépendent selon plusieurs candidats de l’ensemble de la situation en question.
HS/A10-11

Finlande – Irak

La douane finlandaise a empêché l’envoi de matériel interdit

Selon la douane finlandaise, on a essayé d’exporter en décembre 2017 de Finlande en Irak du matériel qui pourrait servir à la confection d’armes nucléaires. Il s’agissait de spectomètre en provenance des Etats-Unis et qui était destiné à l’Irak. Ce matériel n’avait pas de licence d’exportation.

Un ressortissant finlandais, qui dirigeait la société d’importation, pourrait être mis en examen.
HS AL

Immobilier

Helsinki intéresse les investisseurs étrangers

Helsingin Sanomat rapporte que les investisseurs étrangers sont très actifs sur le marché finlandais de l’immobilier. Selon Catella, les investisseurs étrangers représentent 65% des transactions immobilières en volume.

La population d’Helsinki devrait augmenter de plus de 10% durant la prochaine décennie, c’est pourquoi la capitale de Finlande attire de nombreux investisseurs étrangers sur le marché de l’immobilier.

Durant les huit dernières années, la valeur du patrimoine immobilier détenu par des investisseurs professionnels en Finlande est passée de 43 à 70 milliards (dont 22,3 milliards, soit 32% sont détenus par des investisseurs étrangers). L’année 2018 a été particulièrement active puisque les transactions immobilières ont porté sur 9,4 milliards d’euros, 60% de ces transactions ayant lieu dans la région de la capitale.
HS

publié le 14/05/2019

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