Revue de la presse du mardi 11 septembre

Politique étrangère et européenne

Interview de Jacques Attali

« La peur est la clé du changement » HS
« Une guerre en Europe n’est plus impossible aujourd’hui » HS

Helsingin Sanomat publie une interview de Jacques Attali à l’occasion de sa venue en Finlande à l’invitation de l’association Väinö Tanner pour faire une conférence sur l’avenir de l’Europe et diriger l’orchestre baroque de Finlande.
La correspondante à Bruxelles du HS a interviewé à Paris Jacques Attali, ancien conseiller du Président Mitterrand et président de la BERD. Il a aussi travaillé avec l’actuel Président Emmanuel Macron dans la commission pour la libération de la croissance française qu’il dirigeait en 2007-2008. M. Attali salue l’ambition réformatrice du président Emmanuel Macron.
Interrogé sur la situation de l’Europe aujourd’hui, il exprime son inquiétude. « La situation est dangereuse. Nous sommes la partie la plus riche, la plus stable et la plus heureuse du monde mais nous ne sommes pas assez politiquement intégrés. Pour le dire simplement, nous sommes seuls. Il n’y a plus personne qui pense à nous. Les Américains, les Chinois et les Russes sont tous nos concurrents ».
M. Attali craint qu’aux élections européennes de 2019, l’UE soit victime d’une « italianisation », ce qui signifierait que « les extrêmes de droite et de gauche se lient sur un point : s’opposer à l’UE ».
M. Attali estime que l’UE est actuellement critiquée parce que les dirigeants nationaux ont tendance à mettre sur son dos tous les problèmes. « Le peuple a bien compris que l’Europe actuelle n’est pas capable de résoudre ses problèmes. Les adversaires disent que l’on n’a pas besoin de l’Europe. Mais au contraire, il faudrait dire que l’on a besoin de plus d’Europe ».
Il considère qu’il faudrait renforcer la coopération dans de nombreux domaines et par exemple dans l’industrie de défense. « Si nous ne rassemblons pas nos forces, les Russes, les Chinois et les Américains vont nous acheter morceau par morceau. Nos économies et nos cultures vont disparaître. En revanche, si nous rassemblons nos forces, nous seront l’acteur majeur du siècle ».
M. Attali pense que le moteur pour que les Européens se rassemblent sera la peur. « La clé du changement c’est la peur. Le fait que nous prenions conscience que nous sommes seuls et que personne ne viendra à notre aide si on nous attaque. C’est ce qui nous permettra d’avoir une réelle coopération », estime M. Attali qui ajoute qu’il faut défendre l’Europe car « cela ne fait pas si longtemps que l’Europe était confrontée à la& barbarie. Aujourd’hui nous considérons nos privilèges européens comme une évidence. Mais une guerre dans l’Europe actuelle n’est pas impossible ».
HS

Défense

« La Finlande signe un nombre record d’accords de politique de défense » Yle
« Le rôle international de la Finlande a changé, selon Matti Pesu » Yle

Matti Pesu est un des chercheurs de FIIA (Institut de politique étrangère), spécialisé dans la politique étrangère, de défense et de sécurité, et notamment sur les relations transatlantiques de la Finlande. Il estime que les pays occidentaux sont intéressés à signer des accords avec la Finlande en raison de son important rôle dans la région de la mer Baltique. En principe les pays occidentaux supposent d’emblée que la Finlande soutient leurs objectifs.
Selon M. Pesu, le rôle de la Finlande, en cas d’un éventuel conflit, pourrait s’avérer plutôt ingrat. La Finlande pourrait, en raison de sa puissante défense et de sa grande superficie, bloquer un grand nombre de forces ennemis, et aider ainsi les puissances étrangères. Il est caractéristique que lors des exercices militaires, la Finlande et la Suède ne s’entrainent plus l’une face à l’autre, mais défendent ensemble un même territoire.
La même tendance est visible dans la coopération avec l’OTAN. « La gestion des crises laisse place à des exercices bilatéraux ou à une défense territoriale », affirme M. Pesu qui relève que la Finlande avait mis fin à sa participation à l’opération FIAS et puis, en raison des évènements en Ukraine, la Finlande cherche à renforcer sa défense nationale en tant que pays partenaire de l’OTAN. M. Pesu estime néanmoins que le rôle de la Finlande dans la politique de défense et de sécurité internationale a changé si dramatiquement qu’un jour ou l’autre la situation devra être réévaluée.
Accords signés :
9.7.2016
Les ministres de la Défense finlandais et britannique se rencontrent à Varsovie. Jussi Niinistö et Michael Fallon signent un accord-cadre sur la collaboration en matière de défense.
7.10.2016.
Le ministre de la défense Jussi Niinistö et le ministre adjoint de défense américain Bob Work signent à Helsinki une lettre d’intention sur la collaboration en matière de défense.
29.6.2017
Les ministres de la défense finlandais et allemand se rencontrent à Berlin. Jussi Niinistö et Ursula von der Leyen signent un accord de coopération en matière de défense. La Finlande devient membre du projet allemand de concept allemand de nation-cadre pour une coopération de défense (FNC).
30.6.2017
Les ministres de la Défense finlandais, suédois et britannique se rencontrent à Stockholm. Jussi Niinistö, Peter Hultqvist et Michael Fallon signent un accord sur l’adhésion de la Finlande et de la Suède aux Joint Expeditionary Force, commandés par la Grande-Bretagne.
16.11.2017
La Finlande signe avec l’OTAN une prolongation de trois ans de l’accord de partenariat Enhanced Opportunities Partner.
5.5.2018
Les ministres de la Défense finlandais, suédois et américain se rencontrent à Washington. Jussi Niinistö, Peter Hultqvist et James Mattis signent un accord d’intention tripartite sur la collaboration en matière de défense.
6.6.2018
La Finlande adhère à trois projets de coopération structurée permanente de l’UE : le développement de la radio-programmation, l’amélioration de la mobilité militaire et la cyber sécurité.
9.7.2018
Les ministres de la Défense finlandais et suédois se rencontrent à Turku. Jussi Niinistö et Peter Hultqvist signent un procès-verbal d’entente mutuelle concernant la coopération en matière de défense.
28.8.2018
Les ministres de la Défense finlandais et français se rencontrent à Helsinki. Jussi Niinistö et Florence Parly déclarent que la Finlande et la France ont l’intention de signer un accord sur la coopération de défense.
30.8.2018
Les présidents finlandais et français se rencontrent à Helsinki. Sauli Niinistö et Emmanuel Macron déclarent que la Finlande participera à la préparation de l’Initiative européenne d’intervention (IEI) proposée par les Français.
Yle

L’acquisition des corvettes arrive à son terme
Les nouvelles corvettes de la marine finlandaise seront construites à Rauma mais les systèmes d’armes seront achetés à l’étranger. Trois fournisseurs sont en lice pour les systèmes de surveillance et d’armes des nouveaux bâtiments : le suédois Saab, le canadien Lockheed Martin et l’allemand Atlas Elektronik.
Les représentants de ces trois fournisseurs sont tous en Finlande cette semaine. La dixième et dernière tournée des négociations sur l’acquisition de l’escadre 2020 ont lieu actuellement au Centre logistique de l’armée à Tampere. Le contrat devrait être signé avant la fin de l’année.
Le budget d’acquisition de ces quatre bâtiments s’élève à 1,2 milliards d’euros dont la part des bateaux représente 500 millions d’euros et celle des systèmes d’armes environ 500 millions également.
HS11.9/A26

Une opération de ravitaillement en vol a lieu en Finlande
Aujourd’hui commence un exercice de ravitaillement en vol effectué par l’escadron de la Carélie et l’armée de l’air des Etats-Unis. Une vingtaine d’avions de combat multi rôles des escadrons de la Carélie, de la Laponie et de Satakunta s’entrainent avec un appareil de ravitaillement en vol américain posté en Grande-Bretagne.
L’opération se situe dans les régions de Rovaniemi, Kajaani et Kuusamo.
Yle

La Russie entame aujourd’hui des manœuvres qu’elle compare aux plus grands exercices militaires de l’Union soviétique
En Sibérie et dans le nord-est du pays commencent aujourd’hui des exercices militaires officiels que la Russie qualifie de plus grands de son histoire.
Le ministère de la Défense révèle que les manœuvres Vostok 2018 (Est 2018) d’une durée d’une semaine rassemblent notamment environ 300 000 soldats, 36 000 chars d’assaut et véhicules de tout genre, 1 000 aéronefs et 80 bâtiments de guerre.
Des troupes chinoises participent aux exercices.
www.HS

Finlande - Russie

Nouvelle législation douanière russe
Helsingin Sanomat rapporte que la Direction des douanes finlandaise est en train d’étudier les problèmes causés à la frontière finno-russe par la nouvelle législation douanière russe, entrée en vigueur la semaine dernière.
La nouvelle législation russe a rendu impossible ou au moins très difficile l’accès en Russie aux voitures étrangères (si le propriétaire en a fait l’acquisition par un établissement financier).
La douane finlandaise estime que des centaines de voitures finlandaises n’ont pas pu passer la frontière russe. La douane conseille aux automobilistes finlandais conduisant de telles voitures de ne pas aller eu Russie en voiture en ce moment.
Selon Mika Parkkonen, responsable de communication à la douane finlandaise, les Finlandais vont évoquer la question rapidement avec les autorités russes. M. Parkkonen souligne que ce problème ne concerne pas que les automobilistes finlandais mais tous les pays voisins de la Russie.
« En Finlande, il y a des centaines de milliers de voitures achetées par un crédit auprès d’un établissement financier. Ces voitures restent en possession de l’établissement avant le paiement du dernier versement », selon M. Parkkonen.
Depuis la fin de la semaine dernière, un ressortissant étranger a le droit d’amener en Russie seulement une voiture en sa possession. Selon l’interprétation russe, les conducteurs de ces voitures doivent payer une garantie qui peut s’élever à des milliers d’euros.
Selon le commentaire du quotidien, le problème douanier est un revers aux souhaits de rendre normale la circulation frontalière et aussi un rappel de l’imprévisibilité de l’administration russe.
HS/A13

Elections en Suède

Editoriaux
« Un période difficile s’ouvre en Suède » HS
« Un résultat qui bloque la prise de décision en Suède » KL
« La Suède a besoin de ponts politiques » HBL
« La Suède modèle ou à la traîne d’un phénomène européen ? » Yle
« La vie politique suédoise éclatée » Yle

Helsingin Sanomat relève que si les commentaires se sont concentrés sur le score des Démocrates suédois même s’ils n’arrivent qu’en troisième position, c’est parce qu’ils modifient le système politique suédois fondé sur le bipartisme.
Kauppalehti prédit des négociations pour former un gouvernement difficiles car les démocrates suédois sont dans une situation centrale leur permettant de bloquer le système politique.
L’éditorialiste de Hufvudstadsbladet estime que le jeu des blocs traditionnels est désormais à l’épreuve en Suède. S’ils se tiennent au principe de ne pas coopérer avec les Démocrates de Suède, les partis traditionnels devront construire des ponts à travers les frontières entre les blocs.
Le correspondant à Bruxelles de Yle se demande si la Suède n’est que le dernier exemple de la montée des populistes en Europe ou si elle n’est est pas l’un des instigateurs car les démocrates suédois récoltaient déjà 14% des voix en 2014.
Yle estime que ce résultat traduit un éclatement de la vie politique suédoise. Il faudra qu’un parti traditionnel trahisse ses promesses et accepte de nouvelles coalitions pour former un gouvernement : soit que le PSD s’allie avec le centre et les libéraux, soit que les conservateurs s’allient avec les démocrates suédois.
HS Hbl KL Yle

Economie

Garanties aux exportations
L’institut de recherche économique Etla a effectué une étude sur le financement des exportations. Il constate que les garanties aux exportations sont bénéfiques pour l’économie. Elles ont permis de créer de nouveaux emplois ainsi qu’une valeur ajoutée, ce qui a accéléré la croissance économique.
Jyrki Ali-Yrkkö, vice-directeur général de l’unité de recherche de l’institut, Etlatieto, rappelle que l’étude ne peut pas tenir compte de l’évolution des projets sans financement.
Le chantier naval de Meyer à Turku et Nokia ont surtout bénéficié de ces garanties. Leurs projets rentrant dans le cadre de ces financements comprennent respectivement 9100 et 2600 employés.
Les garanties accordées en 2012-2016 ont représenté 3 % du total des exportations.
HS/A29

publié le 11/09/2018

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