Revue de la presse du lundi 10 septembre

Politique étrangère et européenne

Elections en Suède

Commentaires de M. Soini
Le ministre des Affaires étrangères Timo Soini a commenté le résultat des élections législatives en Suède à la télévision finlandaise lundi matin. M. Soini caractérise le résultat de « blocage total », vu que les deux blocs sont pratiquement à l’égalité, 144 siège en faveur du gouvernement actuel, contre 143 pour le bloc de droite.
Selon M. Soini, le parti des Démocrates suédois a obtenu sa troisième victoire électorale, cette fois-ci 17,6 % (+4,7%). Il estime que les électeurs suédois en ont assez de la politique des blocs et souhaitent avoir plus d’options.
Yle, hs.fi

Propos de M. Halla-aho
Yle rapporte que le président des Vrais Finlandais Jussi Halla-aho, qui a suivi les élections suédoises à Stockholm, estime que les Démocrates suédois, parti frère des Vrais Finlandais, ont obtenu une position où ils peuvent faire pencher la balance politique d’un côté ou de l’autre des deux blocs.
M. Halla-aho estime qu’aucun des deux blocs n’arrivera à former un gouvernement majoritaire ou à faire passer le budget au parlement sans s’allier entre eux ou sans coopérer avec les Démocrates suédois.
Yle

Eurogroupe

L’Allemagne, constitue-t-elle un allié ou bien un opposant à la Finlande ?
Au printemps dernier, la Finlande s’inquiétait de savoir si l’Allemagne allait changer sa position en matière de rigueur financière, a dit le ministre des Finances, Petteri Orpo, à Berlin, où il a rencontré son collègue M. Scholz, ainsi que le prédécesseur de celui-ci, M. Schäuble. Ce souci ne s’est toutefois pas réalisé, constate, satisfait, M. Orpo. A l’époque, le fait que Mme Merkel souhaitait soutenir M. Macron a augmenté les inquiétudes de la Finlande sur les bases de la politique économique allemande.
« Avec M. Scholz, nous sommes d’accord sur beaucoup de choses. La rencontre était un entretien entre des personnes pragmatiques sur le fait de savoir comment avancer. »
Pour la Finlande, la rigueur financière constitue la solution pour permettre à l’union monétaire et à l’union bancaire de tolérer les crises, chaque Etat membre de l’eurogroupe devant se charger de ses propres dettes.
Pour obtenir des résultats, il faut des compromis de la part de ceux qui, à l’instar de Mme Merkel soulignent la rigueur financière et de ceux qui, comme M. Macron, promeuvent la solidarité. « L’Allemagne et la France cherchent une base commune, et cela ne nuit pas à nous autres », dit M. Orpo. « Cela créé un fondement pour travailler ensemble, et j’estime que l’activité de la Finlande a eu une influence sur les positions de ces pays. »
Par rapport à la situation d’il y a dix ans, l’eurogroupe est mieux préparé aujourd’hui à faire face à de nouvelles crises. « Nous sommes dans une situation entièrement différente. Grâce à l’union bancaire, le lien entre les Etats et les banques a pu être coupé. »
M. Orpo note que la Finlande peut tout à fait ne pas partager l’avis de l’Allemagne. « Il n’y a pas de sanction à cela. Mais il se trouve actuellement que nous sommes d’accord, et c’est une bonne chose. »
M. Orpo parle du budget pour l’eurogroupe. Selon lui, un système à l’intérieur du budget européen n’est pas exclu. Il estime que, dans tous les cas, le compromis franco-allemand de M. Macron et Mme Merkel sur la politique en matière d’euro est meilleur du point de vue finlandais que les propositions de la Commission européenne sur le développement de la zone euro.
M. Orpo se félicite du fait que le Président français souhaite réformer la France et l’Europe et il estime que, de ce fait, le lien entre l’Allemagne et la France est tout à fait essentiel pour l’avenir de l’Europe. « Nous avons besoin de leaders européens tels que M. Macron, qui comprennent la nécessité des réformes. » M. Macron pousse les autres à avancer. La Finlande peut, selon M. Orpo, endosser 80 % des orientations de l’Allemagne et la France concernant l’euro. « Nous irons loin avec les positions existantes. 10 % des orientations demandent à être travaillés, et 10 % ne nous vont pas. » Dans les 10 % sur lesquelles la Finlande souhaite encore négocier, il y a par exemple le budget de la zone euro. « Si ce budget fait partie du budget de l’UE, nous pourrons en parler, amis non pas d’un budget extérieur. »
En revanche, la Finlande s’oppose catégoriquement à une augmentation de la solidarité mutuelle. La protection commune des épargnes et un système de prévention de solution de crise pourront avancer seulement lorsque les risques des banques auront été diminués. « Nous ne croyons pas à une union de transferts de revenus. L’Allemagne et la France ne sont pas non plus d’accord sur cette question », dit-il.
La Finlande participe au groupe Hansa des pays septentrionaux réuni par les Pays-Bas, et M. Orpo estime que ce groupe favorise le débat au niveau national. « La Finlande n’est pas seule, ni ne se cache derrière le dos de l’Allemagne. Ce groupe soutient d’excellente façon nos objectifs. »
M. Orpo note que, dans les discussions avec l’Allemagne, il ressort très concrètement la nécessité de réformes de l’UE dans la période actuelle marquée par le Brexit, le président Trump, l’augmentation de la puissance économique de la Chine et des soucis concernant l’évolution interne de l’UE.
M. Orpo dit que l’Allemagne souhaite vraiment que le cadre financier de l’UE soit bouclé avant les élections européennes. Il estime que le prochain cadre financier comprendra déjà le projet de budget de la zone euro qui devra servir à financer des réformes structurelles. C’est inscrit dans le papier de l’Allemagne et de la France. Les négociations sur le futur cadre financier pourront toutefois toujours être en instance lorsque la présidence finlandaise du Conseil européen commencera.
Concernant la future présidence de la Commission européenne, M. Orpo fait l’éloge de M. Weber. Il note que M. Weber et M. Stubb sont bien différents. M. Stubb représente une pensée politique libérale de l’Europe occidentale et M. Orpo dit qu’il serait absolument dans les intérêts de la Finlande que M. Stubb soit le spitz-candidat.
HS/sam/B9-10

Présidence de la Commission européenne

Editoriaux
« L’Allemagne souhaite obtenir la spitz-candidature » HS
« Cela vaut toujours la peine d’essayer » AL

L’éditorialiste de Helsingin Sanomat estime que si Mme Merkel soutient la candidature de M. Weber à la tête de la Commission européenne, cela signifie que, pour l’Allemagne, la Commission est le lieu où les orientations européennes les plus importantes sont définies. Le poste à la tête de la Banque centrale européenne pourrait ainsi être donné aux autres, par exemple à un Finlandais, comme M. Liikanne ou M. Rehn.
L’éditorialiste note que, pour une grande partie du Parlement européen, M. Weber n’est pas quelqu’un de bienvenu. Si les autres groupes s’opposent à sa nomination et qu’il semble difficile de trouver un candidat de compromis, M. Stubb pourrait avoir une chance.
Ses possibilités sont toutefois minimes, peut-être même concernant le choix du commissaire finlandais. En effet, si le PSD dirige le prochain gouvernement, les sociaux-démocrates ne soutiendront probablement pas M. Stubb comme commissaire. Le gouvernement pourrait déclarer qu’il faut une femme. Par exemple une sociale-démocrate.
L’éditorialiste d’Aamulehti estime que, comme les nominations importantes européennes de l’année prochaine deviendront tellement confuses, il n’est pas exclu que la Finlande y ait une chance à jouer.
L’éditorialiste rappelle que les noms d’Olli Rehn et d’Erkki Liikanen ont été évoqués pour la succession de Mario Draghi à la tête de la BCE. M. Stubb, quant à lui, serait intéressé par la présidence de la Commission européenne et son nom a également été évoqué dans ce contexte. Il est de toute façon positif que des noms finlandais circulent dans les spéculations.
HS/lun/A5, AL/sam/A4

Réunion du groupe Arraiolos

Sauli Niinistö participera à la rencontre de 13 Présidents européens
Le Président Niinistö participera, cette semaine, à la réunion de deux jours du groupe de Présidents européens en Lettonie. Les entretiens présidés par le Président letton porteront sur la sécurité et l’avenir de l’Europe.
KS/sam/24

Défense

Le Gripen E sera testé en Finlande en 2020
La société Saab envisage de faire venir son nouveau Gripen E pour des tests par l’armée de l’air finlandaise au début de la prochaine décennie.
Le fabricant du Gripen E, qui fait partie des cinq candidats en lice pour la future acquisition finlandaise d’avions de combat multi rôles, prépare actuellement les réponses à l’appel d’offre détaillé lancé par la Finlande qui devront être prêtes en janvier 2019.
Le chasseur Gripen E a effectué son premier vol en juin 2017. Pour l’instant, un seul appareil a passé le programme des tests mais le responsable des acquisitions chez Saab, Magnus Skogberg, en visite en Finlande la semaine dernière, affirme qu’un second avion décollera prochainement et un troisième dans les premiers mois de l’année 2019.
Le fait que certains autres fabricants candidats à l’acquisition finlandaise ont souligné qu’ils sont en mesure de présenter des informations réelles sur les capacités de leurs appareils dans les opérations aériennes ne fait pas peur à Skogberg.
AL7.9/A14

Un officier estonien soupçonné d’espionnage pour la Russie
Un commandant estonien ayant reçu sa formation d’artillerie en Finlande est accusé de trahison.
La Sûreté nationale estonienne a arrêté la semaine dernière le commandant Deniss Metsavas soupçonné d’avoir espionné en faveur du service militaire russe (GRU).
Metsavas a fait des études en Finlande, y effectuant des stages d’artillerie de base et de perfectionnement entre 2003 et 2005.
HS7.9/A25

Politique intérieure

Ministre des Affaires étrangères

Une motion de défiance contre M. Soini pour ses propos sur l’avortement
Le PSD, les Verts, l’Alliance des gauches et le Parti suédois envisagent ensemble de déposer une motion de défiance concernant les propos de M. Soini sur l’avortement.
Un vote aura lieu à l’occasion des débats sur le budget, cette semaine.
HS/sam/A18

Réforme des services sociaux et de la santé

Débat Saarikko-Kiuru
Les journalistes politiques ont organisé un débat entre Annika Saarikko, ministre centriste de la famille et des services sociaux, et Krista Kiuru (PSD), présidente de la commission des affaires sociales et de la santé.
Selon Mme Kiuru, la commission des affaires sociales et de la santé est en train d’étudier les trois lois qui constituent le noyau dur de la réforme : celle concernant la création des régions et le financement des soins sociaux et de la santé, celle concernant le droit au choix par l’administré et celle sur la production des services de santé.
Les fonctionnaires du ministère des Affaires sociales et de la santé ont esquissé un calendrier selon lequel la commission des affaires sociales et de la santé rendrait, le 28 septembre son rapport à la commission des lois constitutionnelles qui à son tour terminerait son rapport pour le 26 octobre afin que les lois puissent être votées et entrer en vigueur le 10 décembre.
HS/sam/A20

publié le 10/09/2018

haut de page