Revue de la presse du jeudi 9 mai

Politique intérieure

Formation du gouvernement


Les négociations gouvernementales commencent

Helsingin Sanomat rapporte que les négociations gouvernementales entre le PSD, le Centre, les Verts, l’Alliance des gauches et le Parti suédois ont débuté jeudi matin à la Maison des États. Les négociations ont été préparées sur la base des bilans fournis hier par différents ministères, dont le ministère des Finances, et aujourd’hui les cinq partis sont convenus d’établir ensemble un bilan de la situation politique dans l’objectif de définir des objectifs communs.

Selon le président du PSD Antti Rinne, le compte rendu du ministère des Finances sur la situation économique est pratiquement le même qu’avant les élections législatives. « Il faut prendre en considération les problèmes économiques auxquels l’Europe doit faire face. »

M. Rinne a indiqué que huit grands groupes de travail commencent leur travail aujourd’hui. M. Rinne doit également s’entretenir aujourd’hui avec les dirigeants de marché du travail.

Selon Pekka Haavisto, président des Verts, les cinq partis ont déjà évoqué hier le calendrier des semaines à venir et les questions d’infrastructures.

Antti Kaikkonen, président du groupe parlementaire du Centre, remplace aujourd’hui le président du parti Juha Sipilä qui participe à une réunion européenne en Roumanie. « Le Centre vient de nommer ses négociateurs. Nous n’avons pas eu beaucoup de temps pour nous préparer parce qu’il y a encore 24 heures nous ne savions pas que le Centre participerait aux négociations », selon M. Kaikkonen, qui note que partiquement tout le groupe parlementaire du Centre est présent à la Maison des États.

La composition des groupes de négociateurs des cinq partis sera publiée plus tard aujourd’hui. On sait déjà que Lauri Ihalainen, ancien député du PSD, présidera le groupe de travail sur les questions économiques et Timo Harakka, député social-démocrate, le groupe chargé de la fiscalité.

Selon M. Rinne, le programme gouvernemental pourrait être prêt dès avant les élections européennes du 26 mai.
hs.fi

Analyse

Helsingin Sanomat estime que « la Finlande fait un pas vers la gauche ». Lors des entretiens entre le PSD et Kokoomus (Rassemblement national), l’aile droite de Kokoomus a attentivement surveillé le président du parti Petteri Orpo pour le dissuader de toute velléité de compromis préliminaire avec le PSD. En conséquence, c’est au Centre que le président du PSD Antti Rinne a décidé de proposer d’entrer dans la coalition.

Selon les informations du quotidien, pour le PSD la réponse positive du Centre ne faisait guère de doute, avant même que le vote interne de ce parti ait eu lieu.
M. Rinne a souligné l’importance d’une bonne coopération entre tous les partis, y compris ceux de l’opposition.

Il demeure possible, quoique peu probable, que les cinq partis ne parviennent pas à former un gouvernement. Dans cette hypothèse, le PSD devrait alors entamer des pourparlers avec le Kokoomus, qui accepterait certainement l’invitation - mais ne devrait pas modifier ses exigences concernant l’économie.
HS/A6-7

Éditoriaux

« M. Rinne fait de l’histoire politique » KU

« Front populaire en vue, les orientations changeront » HBL

« Pirkanmaa pourrait toujours obtenir deux ministres » AL

L’éditorialiste du quotidien suédophone Hufvudstadsbladet estime que si le quintet d’Antti Rinne réussit à s’entendre, les orientations de la Finlande prendront une autre direction.

En acceptant de participer aux négociations gouvernementales, le Centre laisse entendre que les penchants droitiers du parti sous la présidence de Juha Sipilä ne sont plus de mise.

Pour l’éditorialiste, M. Rinne n’est pas en position de force. Il ne pourra pas diriger les négociations comme il l’aurait souhaité : il lui faudra trouver des compromis avec tous les partis. Les pourparlers ne seront pas faciles, et des bras de fer sur les congés parentaux, sur la fiscalité des entreprises et sur les mesures de lutte contre le changement climatique sont à prévoir. L’éditorialiste prévoir aussi des différends entre les partis dits « bourgeois », le Centre et le Parti suédois, et les autres, sur l’économie et l’emploi, même en l’absence du Rassemblement national.

L’éditorialiste de Kansan Uutiset, l’organe de l’Alliance des gauches, est enthousiaste du fait que les quatre priorités mises en avant par M. Rinne - les inégalités, les investissements d’avenir, l’emploi et le climat, conviennent tels quels à l’Alliance des gauches et aux Verts ; il se demande toutefois comment le Centre s’adaptera à l’idée de démanteler le modèle d’activation des chômeurs.

Aamulehti estime qu’il serait « choquant » que Sanna Marin ne devienne pas ministre. Pour les Verts, il sera difficile de trouver un ministre non-helsinkien ailleurs qu’à Tampere, selon l’éditorialiste.

Pour AL, la coalition qui devrait se mettre en place garantira au PSD une situation dominante au sein du gouvernement, ce qui n’aurait pas été le cas avec le Rassemblement national ou avec les Vrais Finlandais.
HBL/4, KU/2, AL/A2

Politique étrangère et européenne

Élections européennes

Éditorial

Suomenmaa, le quotidien du Parti centriste, s’étonne dans son éditorial que, parmi les candidats aux européennes, 14 viennent d’être élus au Parlement de Finlande. L’éditorialiste déplore l’emploi de ce procédé par certains partis et souligne que le Centre, le PSD, le Rassemblement national et le parti suédois n’y ont pas recours.
SM/4

Hauts postes européens

Éditorial

« La Finlande pourrait avoir des chances pour un haut poste européen » KL

L’éditorialiste de Kauppalehti estime que si les grands États membres se répartissent les présidences de la Commission européenne et du Conseil européen, de petits États membres pourraient voir une porte s’ouvrir vers la direction de la Banque centrale européenne.

L’éditorialiste souhaite par ailleurs que les nominations puissent avancer rapidement afin que lors de la présidence finlandaise du Conseil de l’UE, on puisse se concentrer sur le développement de l’UE.
KL/A5

Euro


82% des Finlandais soutiennent l’euro, mais tous les partis ne le font pas

Le Hufvudstadsbladet a sondé les partis sur le fait de savoir s’il fallait, dans l’avenir, que la Finlande quitte l’euro. Alors qu’un large consensus prévaut parmi les Finlandais sur l’appartenance à l’union monétaire, quelques partis expriment leurs réserves sur certains aspects liés à la zone euro, comme les Chrétiens-démocrates et l’Alliance des gauches, tandis que les Vrais Finlandais souhaitent tout bonnement quitter la zone euro.
HBL/12

Sondage sur l’attitude des Finlandais vis-à-vis de l’UE

56% de favorables

Selon un sondage publié par Eva, les Finlandais s’affirment plus favorables à l’UE que jamais, la proportion de sceptiques ayant chuté de plus de 10%. En particulier, l’attitude favorable des électeurs du SPD, du Centre et de l’Alliance de gauche à l’égard de l’UE s’est renforcée.

Il en ressort que 56% des Finlandais se déclarent en faveur de l’UE, contre seulement 13% qui en ont une opinion négative, la part de « sans opinion » étant de 29%.

EVA mesure régulièrement l’évolution de l’opinion à l’égard de l’Union européenne depuis 1988.
HS

HS

Défense

Le procès de l’exercice de Lemmenjoki

L’éditorialiste du Keskisuomalainen note à propos du procès de l’ancien commandant de l’escadron de la Carélie que, pour plusieurs militaires professionnels participant à l’exercice, le comportement de Markus Päiviö n’a pas été une surprise : on lui connaissait déjà ce type de comportement [ivresse chronique et conduite irresponsable, note du traducteur]. C’est aussi la raison pour laquelle le commandant de l’armée de l’air, Sampo Eskelinen, a également été mis en examen. Informé du comportement de Päiviö, il s’était contenté de lui adresser des remontrances pensant que l’affaire en resterait là. Il n’a procédé à l’ouverture d’une enquête qu’à partir du moment où cela lui a été formellement demandé.

« Il est certain qu’une personne comme Päiviö n’aurait jamais dû être promu à la tête d’un escadron de l’armée de l’air », conclut l’éditorialiste.
KS/7.5

L’exercice militaire Bold Quest commence dans différentes localités en Finlande

Le large exercice militaire international, Bold Quest 19.1, qui débute en Finlande cette semaine, n’est pas un exercice traditionnel. Il s’agit de tests et de vérifications en matière de de tirs communs où est évaluée sur le plan pratique la coopération entre les C4i et les unités de tireurs.

L’exercice concerne essentiellement les réseaux de communication. La défense nationale s’entraîne avec l’état-major général des forces armées américaines (US Joints staff).

À l’annonce des exercices, l’automne dernier, le rôle de commandement des Américains a suscité la polémique, jusqu’au sein de la commission parlementaire de défense. Néanmoins, le commandant de l’armée de l’air finlandaise, Pasi Jokinen, doit prendre les rênes de l’exercice sur le sol finlandais. Cet entraînement a pour objectif de préparer la Finlande à recevoir une assistance militaire internationale.

Bold Quest engloutit la moitié du budget de la défense nationale consacré aux exercices internationaux, soit 4,5 millions d’euros, dépensés essentiellement à la construction de réseaux dans le nord de la Finlande.

La participation de l’armée de l’air finlandaise à l’exercice est prévue principalement du 13 au 17 mai et du 20 au 24 mai.

Organisé depuis 2003 et seulement deux fois en dehors des États-Unis, l’exercice Bold Quest est accueilli par la Finlande depuis 2010. Cette année, 18 pays et l’OTAN y prendront part, les plus grandes unités arrivant des États-Unis, de Norvège, de France, du Danemark et de Suède. La Finlande réceptionne le matériel militaire depuis le mois d’avril. Deux avions de combat Rafale sont notamment attendus depuis la France, un avion de ravitaillement en vol des États-Unis et des chasseurs F-16 du Danemark.
KS/4.5/18

publié le 10/05/2019

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