Revue de la presse du jeudi 5 juillet

Politique étrangère et européenne

Rencontre Trump – Poutine

Un retour du contrôle des frontières Un défi pour la police d’Helsinki Au moins quatre manifestations

La Finlande envisage de réintroduire temporairement les contrôles aux frontières Schengen à l’occasion de la rencontre Trump-Poutine à Helsinki. Cela avait été fait déjà en 2005 pour les championnats du monde d’athlétisme et en 20°08 pour le sommet des ministres des affaires étrangères de l’OSCE.
Le quotidien souligne aussi à quel point le sommet constitue un défi pour la police d’Helsinki chargée d’ne assurer la sécurité.
La police a reçu des demandes d’au moins quatre manifestations. Il y a notamment les Jeunes du Rassemblement national qui manifesteront contre Poutine et sa politique en Ukraine et contre Trump et sa politique commerciale. Il y a aussi une manifestation Helsinki for Human Rights qui se veut grand public. Il y a enfin une manifestation organisée par les Russes résidents en Finlande.
HS

La conférence de presse au Finlandia

On ne connait toujours pas le lieu de la rencontre entre Poutine et Trump mais le centre de presse sera organisé au palais Finlandia, rapporte HS qui rappelle qu’il a été créé pour accueillir la CSCE de 1975 à laquelle ont participé MM. Ford et Brejnev.
HS

De longues traditions de rencontres en Finlande

STT rapporte qu’Helsinki a accueilli de nombreux sommets américano-russes. Il y a notamment eu des réunions multilatérales : les négociations SALT de 1969 à 1979 et surtout le sommet de la CSCE en 1975.
Plus récemment il y a eu la rencontre entre Bush et Gorbatchov en 1990 et celle entre Clinton et Eltsine en 1997.
STT rappelle que la rencontre entre Bush et Gorbatchov à Helsinki avait été annoncée par Moscou et Washington avant même que Russes et Américains aient informés Helsinki.
KS

« Les médias ne doivent pas tomber dans le piège du « On parle de nous » Dem

L’éditorialiste de Demokraatti souligne que le sommet Trump – Poutine constitue une rencontre internationale de très haut niveau pour Helsinki. L’éditorialiste souligne que les médias finlandais ne doivent pas se contenter d’écrire sur le fait que l’on parle de la Finlande dans les médias internationaux. Il faut aussi des analyses critiques sur les intentions réelles de ces chefs d’Etats.
Dem

Défense

« Le marché des avions de combat aura besoin d’un prix plafond » SK

Suomen Kuvalehti publie un article du spécialiste de l’aviation Jyri Raivio qui était au centenaire de l’armée de l’air finlandaise où étaient présents les candidats au marché HX de remplacement des avions de combat de la Finlande.
Si on demande à un pilote d’avion de chasse finlandais quel serait le meilleur prochain avion pour la Finlande, il répond que « sincèrement il n’en a aucune idée ». Il sait bien que le processus de choix sera long et complexe et qu’aujourd’hui personne ne sait l’appareil qui sera choisi.
M. Raivio relève que jusqu’à présent c’est le F35 qui a été le plus présent dans les médias, mais souvent pour des raisons négatives en particulier sur son coût. Ce que le constructeur dément. De même les gens de Boeing soulignent que leur appareil est compétitif en terme de prix. Et ceux de Saab considèrent que le Grippen est le moins cher tant pour l’achat que le coût d’utilisation.
M. Raivio rappelle que lors de l’achat précédent des F-18 Hornet il s’agissait seulement d’acquérir des appareils. Aujourd’hui c’est une solution globale qui est demandée : avec l’achat des armes et des sensors intégrés dans l’appareil.
L’appel d’offre contient aussi deux exigences importantes. Il ne faut pas que le coût d’utilisation du nouvel appareil diffère sensiblement de celui des appareils actuels. Et d’autre part, la Finlande souhaite que son industrie de défense tire profit à raison de 30% du coût d’achat, soit jusqu’à 3 milliards d’euros. Or, il s’agit d’en faire profiter principalement Patria et sa filiale Millog ainsi que l’entreprise familiale Insta. Une somme importante pour des entreprises dont le chiffre d’affaire total est de moins d’un demi-milliard d’euros. Cela signifie qu’il sera difficile d’y arriver sans que les appareils soient montés en Finlande (comme ce fut le cas pour les F18 Hornet, dont, en plus certains composants ont été fabriqués ici, ce qui n’a toutefois pas pu faire monter la part finlandaise au-delà de 15%).
Jyri Raivio estime qu’il est impensable d’imaginer que les F35 soient montés en Finlande.
Jyri Raivio souligne que l’envoi des appels d’offres a lancé un long marathon dont la ligne d’arrivée se profile à environ trois ans.
Mais avant cela il faudra prendre des décisions politiques importantes. Le futur avion de combat devra respecter le cadre budgétaire. Or ce dernier n’a pas été fixé. On parle de 7 à 10 milliards d’euros, soit une fourchette très large (quand on sait que le budget total de la défense est de moins de trois milliards d’euros). Les militaires devront donc savoir de quel budget ils disposent d’autant plus qu’il faudra commencer à payer à partir de 2021. Le moment naturel d’en parler sera donc les négociations pour former le prochain gouvernement au printemps 2019.
Les dirigeants politiques doivent aussi décider quel sera le meilleur choix en termes de politique étrangère et de sécurité. La seule capacité militaire de l’appareil ne saurait être le seul critère de choix.
Si la Finlande est proche des Etats-Unis en matière de défense, elle insiste aussi sur la coopération avec la Suède. Et les dirigeants finlandais, en particulier le Président de la république, insistent fortement sur le développement de la politique de défense commune de l’UE. Une défense propre de l’UE, indépendante de celle des Etats-Unis devenus si imprévisibles, restera cependant une chimère tant que l’UE ne disposera pas d’une industrie de défense suffisamment forte. Et elle n’en aura pas tant que les principales acquisitions de défense se feront auprès des Américains.
En conclusion Jyri Raivio estime que Boeing qui a fait venir deux avions Growler au meeting de Tikkakoski pour féliciter l’armée de l’air finlandaise s’en serait sorti moins cher avec un bouquet de fleurs.
SK

Politique intérieure

Partis politiques

Sondage : Le PSD toujours en tête, forte poussée des Vrais Finlandais

Selon un sondage publié par Yle, le PSD est toujours en tête des partis politiques avec 20,3% (+0,3) devant le parti du Rassemblement national 19,7% (+0,4) et le Centre qui décline à 16,6% (-1).
Le parti des Verts est à 13,9% (-0,5), mais ce sont les Vrais Finlandais qui progressent le plus à 10,3% (+2) et ont dépassé l’Alliance des Gauches à 8,6% (-0,3).
Armi les petits partis, les Chrétiens-démocrates sont à 3,6% (+0,2), le parti populaire suédois à 3,3% (-0,6) et les Bleus à seulement 1,1% (-0,6 point soit un tiers de leur audience).

Analyse : Les Vrais Finlandais grignotent l’audience du PSD

Yle rapporte que même si le PSD a encore légèrement augmenté son audience il semble perdre des électeurs au profit des Vrais Finlandais. Cela se voit chez les hommes salariés, un électorat où dans les années précédentes aussi il y a eu des transferts entre ces deux partis, notamment dans les zones touchées par le déclin industriel.
Mais le PSD a réussi en même temps à augmenter son audience auprès d’autres électeurs et principalement des retraités. Il semble que les promesses d’Antti Rinne d’augmenter le minimum vieillesse aient eu un écho.
La baisse du Centre a été principalement relevée durant les deux dernières semaines et dans les zones acquises à ce parti (Nord et Est de la Finlande), ce qui fait penser que le report de la réforme des régions et des services sociaux et de santé n’a pas plus à ses électeurs.
Il est un fait que le Centre semble plus touché par l’usure du pouvoir que son parti au gouvernement le Rassemblement national. Une raison en est certainement que les électeurs de ce parti ne sont pas enthousiastes sur la réforme des régions. Et les centristes se demandent même si le parti lui-même est réellement intéressé par cette réforme.
Quant aux Bleus, leur avenir ne cesse de s’assombrir. Ils sont battus à plate couture par les Vrais Finlandais.
Yle souligne aussi que si les autres partis non représentés au parlement semblent recueillir 2,6% c’est le parti des pirates qui est le plus souvent mentionné, loin devant le mouvement de M. Harkimo ou celui de M. Väyrynen.
Yle

« Antti Rinne se réjouit de sa popularité » HS

Suite au sondage publié hier, Helsingin Sanomat a interrogé le Président du PSD sur sa popularité. Il admet que se sondage n’est pas surprenant et, « si l’on regarde la fonctionnement du gouvernement, le résultat serait le même quel que soit le président du premier parti d’opposition ».
Il souligne que l’on n’a cessé d’accuser le PSD de ne pas faire de propositions et qu’aujourd’hui on lui reproche d’en faire trop. Il estime qu’il ne va cesser de répéter ses initiatives. Il considère aussi qu’il semble très probable que l’on débattra de la réforme des services sociaux et de santé lors du débat électoral.
HS

Editorial

« La popularité d’Antti Rinne n’est pas due à Antti Rinne » HS
Helsingin Sanomat rappelle que M. Rinne a fait des propositions sur les pensions ou le système de retraite ou encore de revenir sur des décisions du gouvernement actuel. Mais il ne semble pas que ces initiatives destinées à ses électeurs soient la raison principale de sa popularité. Le fait que son audience soit surtout expliquée par l’impopularité du gouvernement pourrait être un problème pour M. Rinne estime HS. En effet, cela le fragilise. Et il faut espérer que cela ne pousse pas le PSD à se lancer dans des promesses intenables, conclut HS.
HS

Economie

Forte croissance et amélioration de l’emploi

Le Ministère de l’Economie prévoit une croissance de 2,9% pour cette année et de 1,8% pour 2019.
Le ministère estime que le taux d’emploi va passer à 72% cette année et 72,1% l’année prochaine. Les créations nettes d’emploi sont évaluées à 43 000 cette année et 30 000 l’année prochaine. Le taux de chômage devrait diminuer à 7,7% cette année et 7% l’année prochaine.
C’est surtout dans le secteur des services que l’emploi augmente.
Yle

Transport

Uber reprend ses activités en Finlande

A la faveur de l’entrée en vigueur de la nouvelle loi sur les taxis, la société Uber a recommencé à fonctionner dans la région d’Helsinki hier.
La société annonce qu’elle va augmenter le nombre de ses chauffeurs à mesure qu’ils obtiendront les licences de Trafi.
Uber avait du cesser ses activités en Finlande l’été dernier car ses chauffeurs avaient été condamné pour exercice illégal du métier de taxi.
HS

France

Culture - Tourisme

Delacroix, le volcan du Louvre

Helsingin Sanomat présente l’exposition Delacroix qui se tient actuellement au musée du Louvre. Le critique Harri Mäcklin estime qu’il s’agit de l’exposition à ne pas manquer pour tous les passionnés de l’histoire de l’art.
HS

Francophonie

Une spécialiste francophone du Kalevala honorée

Helsingin Sanomat présente la suissesse Juliette Monnin-Hornung récemment décorée par la Finlande pour son travail sur le Kalevala.
Elle a publié en 2015 Le Kalevala – ses Mythes, ses Divinités, ses héros, sa Magie. C’est aussi à elle que l’on doit la réédition en 2005 de la traduction du Kalevala en français de Jean-Louis Perret.
HS

publié le 05/07/2018

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