Revue de la presse du jeudi 11 janvier

Politique étrangère et européenne

Investissements chinois

Craintes européennes concernant l’activité de la Chine au niveau des investissements pour l’économie et la sécurité
Helsingin Sanomat rend compte du souci né dans des Etats européens concernant la volonté des entreprises chinoises de l’Etat ou privés d’acheter des entreprises stratégiquement importantes du domaine de hautes technologies.
Mikael Mattlin, chercheur à l’Université de Turku, estime que ces craintes sont souvent exagérées. La Finlande a tendance à partager cet avis. Elle fait partie des pays qui s’opposent à l’initiative lancée par l’Allemagne, la France et l’Italie sur plus de contrôle européen sur les investissements chinois. L’idée de la Finlande et des autres pays qui pensent de la même façon est que la Chine ne constitue pas une menace particulière. D’autre part, ils sont prêts à accepter l’argent chinois pour leurs économies qui sortent de la récession.
La Finlande connaît elle aussi le « tsunami des investissements » chinois, s’agissant par exemple du groupe de jeux Supercell ou des groupes de technologie automobile Valmet Automotive et Rightware.
A l’instar de plusieurs Etats européens, la législation finlandaise prévoit la protection des entreprises stratégiques du point de vue de la sécurité nationale.
La Finlande n’apprécie pas l’idée que Bruxelles puisse intervenir dans des contrats concernant des Etats membres et ainsi éventuellement détériorer la réputation de l’UE comme une zone ouverte aux investissements.
Le think tank Rasmussen Global estime que les investissements chinois ont été exponentiels et que leur envergure suscite des inquiétudes concernant par exemple le maintien de la compétitivité technologique de l’Europe et la fuite en Chine de technologies militaires.
Les pays de l’Europe du Sud et de l’Est qui cherchent des investissements et les pays du Nord qui promeuvent le libre-échange ne souhaitent pas restreindre la Chine.
Rasmussen Global estime qu’entre les différentes vues des Etats membres, il pourra être difficile de trouver un accord concernant la proposition de la Commission sur le contrôle des investissements chinois, et que le projet pourra être dilué ou tomber à l’eau.
Le projet chinois de route de la soie moderne divise les Etats membres qui ne d’ailleurs sont pas tous concerné par le projet. Pour le chercheur Mattlin, la Chine exerce une politique qui vise à diviser pour régner. Pour lui, il est peu probable d’obtenir une politique européenne particulièrement stricte à l’égard de la Chine.
HS/A22-23

Politique européenne

Point de vue
« On ne peut pas laisser la direction de l’UE seulement à la France et l’Allemagne » HS

Dans un billet publié dans le courrier des lecteurs du Helsingin Sanomat, l’ancien commissaire européen et ministre finlandais Olli Rehn réagit à l’éditorial du quotidien publié samedi et affirmant que la France et l’Allemagne déterminaient la politique européenne (cf Revue de la presse du 8.1.2018).
« L’éditorial du Helsingin Sanomat constatait que l’année 2018 serait, suite aux élections en France et en Allemagne, celle de la reconstruction dans l’UE. La Finlande doit s’y préparer et être active pour orienter les changements. L’éditorial donnait cependant l’impression que les autres pays que la France et l’Allemagne n’avaient aucun pouvoir d’influence dans l’UE », relève M. Rehn.
Il revient sur l’exemple donné par l’éditorialiste qui rappelait suite à l’accord de Deauville entre M. Sarkozy et Mme Merkel en octobre 2010, « le sommet européen avait consisté à maugréer et obtempérer au diktat des deux grands ». M. Rehn considère que les choses ne se sont pas passées ainsi. Après l’accord de Deauville, les ministres des Finances finlandais et néerlandais ont coopéré avec la commission pour modifier les règles financières et réparer les dommages causés à Deauville. Et le Parlement européen a fini de réparer ces effets indésirables six mois plus tard lors de l’adoption du Six Pack, juge M. Rehn.
« L’Allemagne et la France sont les moteurs de la construction européenne. Sans eux, l’UE n’avance pas. Mais la leçon à tirer de Deauville est que l’Europe est un bien trop précieux pour être confié seulement à l’Allemagne et à la France. Il faut aussi se rappeler qu’en 2004, avec le soutien de l’Italie, ces deux pays ont dilué le pacte de solidarité et de croissance. Dans le processus de décision européen il faut donc mieux que tous les pays soient impliqués – y compris les petits Etats membres – afin que les décisions soient communes et aient réellement des effets. C’est ce que l’on appelle la méthode communautaire », conclut M. Rehn.
HS

Politique intérieure

Elections

Point de vue
« Les partis politiques se préparent aux élections législatives » HS

Helsingin Sanomat estime, dans son analyse de la politique intérieure, que les partis politiques se préparent déjà aux élections législatives du printemps 2019.
Les élections présidentielles crée une impression d’élections intermédiaires mais les politiciens devraient apprendre que l’institution présidentielle jouit d’une grande confiance parmi les électeurs. Selon un sondage récent, près de 80 % des Finlandais ont confiance dans le Président et alors que un peu moins de 40 % ont confiance dans le Parlement et le gouvernement.
Ce manque de confiance n’est pas étonnant : même si l’économie est en croissance et le gouvernement a pu faire son pacte de compétitivité, il a pris des décisions peu populaires entre autres parmi les femmes qui travaillent dans le secteur public.
Il est difficile de comprendre pourquoi le gouvernement a voulu réduire à 20 heures par semaine le droit subjectif à la crèche, ce qui rend difficile la situation des chômeurs qui doivent par ailleurs participer à des formations pour ne pas perdre l’indemnité de chômage.
Le gouvernement, qui a également promis de diminuer toute sorte de bureaucratie, en ajoute par son modèle de l’activation des chômeurs. Le seul travail certain généré par cela semble être celui de l’administration nationale de l’emploi, juge HS.
HS/A4

Réforme des services sociaux et de la santé

La Cour suprême administrative souhaite saisir la Commission européenne
La Cour suprême administrative estime qu’il faut soumettre le projet de loi concernant la réforme des services sociaux et de la santé à l’étude de la Commission européenne. La sous-secrétaire d’Etat, Päivi Nerg, qui pilote le projet, ne voit pas la nécessité d’une telle étude.
Selon la Cour suprême administrative, le nouveau système prévu pourrait inclure des subventions publiques à des acteurs publics (les régions) de façon à fausser la concurrence. Juridiquement, une étude de la Commission européenne serait la seule façon durable selon la Cour administrative, et ceci avant l’entrée en vigueur de la législation en la matière. La Cour administrative estime qu’il faudra surtout mettre au clair si les acteurs des régions sont prévus recevoir des subventions interdites dans la réglementation européenne, et si ces régions sont des acteurs commerciaux ou pas.
Mme Nerg estime qu’une étude européenne en la matière ne serait pas nécessaire. Le ministère des Affaires sociales et de la santé et des juristes ont étudié la question et ont conclu qu’il ne s’agissait pas d’une activité commerciale mais qu’elle était de nature publique qui ainsi relève de la prise de décision nationale.
Mme Nerg rappelle que la Cour administrative a donné son avis en novembre et que depuis, le projet de loi a changé.
HS/A11

Police

Le nombre d’agents en baisse
Helsingin Sanomat rend compte du fait que le nombre de policiers est en baisse : contre 7800 en 1999 et 7200 en 2017, il y en a actuellement de 7000. La baisse concerne toutefois surtout les chefs, dont le nombre est passé de 140 à 50.
HS/A11

Haute fonction publique

Défiance envers le Procureur de l’Etat
Helsingin Sanomat relève que selon un sondage effectué pour le compte du quotidien parmi les procureurs, 79,6 % des personnes interrogées estiment que le procureur de l’Etat Matti Nissinen ne jouit plus de leur confiance. 49,2 % des procureurs ont répondu au sondage.
HS/A13

Enquête sur le Directeur général des Douanes
Selon Helsingin Sanomat, Antti Hartikainen, directeur général de la Douane, sera inculpé de manquement à ses obligations professionnelles. En mars 2016, M. Hartikainen a participé à une réunion qui concernait indirectement l’embauche de son épouse.
HS/A30

Loi sur le renseignement

Propos du général Heiskanen sur les problèmes de recrutement des professionnels des cyber-questions
Selon le chef de la division de consultation, de commandement et de conduite des opérations, le général de brigade Mikko Heiskanen, la défense nationale n’a pas les moyens ou la volonté de partir en compétition avec le secteur privé pour recruter des spécialistes du renseignement. Il a notamment déclaré : « Nous motivons nos candidats avec la pertinence du travail proposé. Chez nous il est possible de faire légalement des choses qui partout ailleurs sont illégales. Par exemple s’introduire dans les systèmes d’information et y modifier des données. »
Néanmoins, la défense nationale n’a pas, à l’heure actuelle, le droit de le faire à l’exception de certains cas isolés bien spécifiés. Elle peut, dans certains cas de contre-renseignement, bénéficier des mêmes pouvoirs d’écoute que la police.
C’est là une des raisons pour lesquelles le gouvernement et le parlement veulent modifier la loi sur le renseignement.
Le professeur émérite en droit public, Teuvo Pohjalainen qualifie les propos du général d’irréfléchis et doute que ce type d’intrusion dans les systèmes d’information soit conforme à la loi.
Pour se défendre, le général explique que la défense nationale crée des réseaux fermés qui lui permettent de s’introduire dans les systèmes d’information et de perfectionner la cyber-défense.
HS11.1/A8

Défense

Le ministre de la Défense Jussi Niinistö ne souhaite pas élargir à des entreprises privées le droit de demande d’assistance
Le ministre de la Défense Jussi Niinistö trouve que l’actuelle pratique sur le droit de demande d’aide des autorités est suffisante et n’a pas lieu d’être modifiée.
Le centre de sauvetage de Kainuu, où l’abondance de la neige a provoqué de nombreuses coupures d’électricité a demandé une aide aux autorités à la défense nationale. Auparavant des sociétés d’électricité avaient émis la même demande mais ne pouvaient la recevoir. La législation actuelle ne permet pas en effet à la défense nationale de venir en aide à des sociétés privées. Seuls la police et les centres de secours et de sauvetage peuvent en bénéficier.
Bien que le ministre estime la pratique actuelle fonctionnelle, il vient de lancer un projet pour clarifier le rôle des volontaires de la défense nationale dans des fonctions d’aide aux autorités.
AL11.1/A9

Le service militaire des femmes n’enthousiasme pas les candidats aux présidentielles
Seuls la candidate sociale-démocrate Tuula Haatainen et le candidat des Verts, Pekka Haavisto, se déclarent pour l’obligation d’un service militaire pour les femmes, tous les autres candidats aux élections présidentielles sont contre.
Par contre, l’éventuel projet d’un service civique pour hommes et femmes obtient davantage le soutien des candidats.
KS10.1/14

publié le 12/01/2018

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