REvue de la presse du mardi 8 octobre

Politique étrangère et européenne

Union économique et monétaire

Point de vue
« Il faut être actif pour améliorer l’UEM »

Le ministre des Finances Mika Lintilä signe une tribune dans Kauppalehti. « Le développement de l’UEM conformément aux objectifs de la Finlande a nécessité pour un petit Etat membre à la fois d’être actif et d’avoir une attitude constructive. Et il faudra continuer comme cela à l’avenir aussi », écrit le Ministre qui rappelle que suite à ,la crise financière les carences de l’UEM ont été corrigées notamment par la création du mécanisme européen de stabilité.
« Pour les réformes à venir, une partie des Etats membres part de l’idée qu’il faut augmenter la solidarité financière et les transferts financiers entre les Etats pour approfondir la coordination des politiques économiques alors que l’autre école insiste sur la souveraineté des politiques économiques et sur le rôle directeur du marché. »
« La Finlande fait partie de ce second groupe », écrit le ministre qui précise : « Nous ne sommes pas favorables à un transfert du pouvoir budgétaire au niveau de l’union, mais pour la stabilité financière nous avons besoin d’un approfondissement de la coopération et de rénover les structures de la stabilité ».
« Les réformes doivent être durables du point de vue du contrôle démocratique. Même si nous pouvons imaginer une UEM idéale séparée des réalités démocratiques, la création de nouvelles institutions n’améliorerait pas l’efficacité de l’UEM s’il n’y a pas à la base une volonté politique ».
« Nous voulons finaliser l’union bancaire, mais cela nécessite une diminution des risques », écrit le ministre qui considère que le transfert vers une garantie commune des dépôts est actuellement impossible en raison de la situation économique si divergente des banques selon les Etats membres.
« Par ailleurs, la Finlande veut garantir que le fonds de gestion de crise est suffisant. En ce qui concerne la réforme du MES prévue en décembre, la Finlande est favorable à renforcer la responsabilité des investisseurs et la soutenabilité des dettes souveraines. Nous sommes en revanche opposés à de nouveaux mécanismes de stabilité conjoncturelle. Je suis favorable à ce que cette ligne soit maintenue, car il y a toujours le risque que de tels mécanismes deviennent des transferts financiers permanents », écrit M. Lintilä.
« Pour faire valoir ses positions, la Finlande a coopéré avec de petits Etats membres partageant les mêmes positions sur l’économie et les marchés, le groupe dit de la hanse. Notre coopération a en partie secoué la dynamique à l’intérieur de l’UE, ce qui n’a pas plus à tous les Etats membres. Je pense toutefois que la Finlande ne doit pas être trop sensible à tous ces commentaires mais au contraire continuer sa politique d’influence qui nécessite une coopération au cas par cas avec les pays qui pensent ou ne pensent pas comme nous. La politique des blocs n’est pas une fin en soi et ne l’a jamais été pour la politique d’influence de la Finlande dans l’UE », écrit le ministre.
« Il faut aussi actuellement se poser la question réformer la coordination des politique économiques. Les positions des Etats membres sur ce sujet sont malheureusement divisées et, dans ce contexte, rouvrir le pacte de stabilité& et de croissance semble ambitieux. Il ne faut néanmoins pas craindre de s’attaquer à une telle tâche, mais cela nécessitera que les Etats membres qui proposent des réformes soient d’accord sur la maladie à traiter avant de rechercher les remèdes », conclut M. Lintilä.
KL

Crise de l’euro

Les garanties exigées de la Grèce n’ont pas rapporté les effets escomptés pour la Finlande
Helsingin Sanomat rend compte du fait que le taux d’intérêt particulièrement bas diminue la valeur des garanties que la Finlande a exigé de la Grèce.
L’Etat finlandais et les banques commerciales grecques ont conclu, en 2012, un contrat d’échange sur rendement qu’on a appelé « arrangement de garanties » en Finlande.
A l’origine, le ministère des Finances avait évalué qu’en trente ans, la valeur de ces garanties augmenterait considérablement, de 3% par an. Elle devait couvrir la charge finlandaise concernant le financement en urgence de la Grèce, et donc voir son capital plus que doubler pour s’élever à 2,2 milliards d’euros en 2042.
Le rendement de l’accord a diminué de plus en plus en se réduisant à néant en raison du taux d’intérêt exceptionnellement bas sur les marchés financiers.
Au début, la valeur du capital sur le compte bloqué était de 925 millions d’euros, mais à la fin août de cette année, elle était de 916 millions. Le profit est donc de -1,02%.
De plus, la Finlande a versé 1,2 millions d’euros à titre de frais de gestion de l’argent sur le compte bloqué d’une banque d’investissements. Compte tenu de ces frais, le bénéfice est négatif est à hauteur de -1,5%
HS/sam/B10

Energie – Estonie - Finlande

Petits réacteurs modulaires
Uusi Suomi relève que l’Estonie est en train d’étudier les possibilités de construire un petit réacteur modulaire (SMR). Selon la startup Fermi Energia, la première unité pourrait être construite d’ici 2030. Les autorités estoniennes sont toutefois plus sceptiques. L’Estonie n’a même pas de législation sur l’énergie nucléaire.
Selon l’Agence internationale de l’énergie atomique AIEA, il y a en cours 50 différents projets de petits réacteurs modulaires dans le monde entier mais le problème est qu’aucune commande n’a été faite.
Le projet estonien est soutenu en Finlande, de façon non officielle. Heikki Vestman, député du Rassemblement national, et Atte Harjanne, député des Verts, ont publié la semaine dernière une initiative pour une action gouvernementale promouvant l’exploitation de la technologie SMR afin de réduire les émissions.
Selon MM. Vestman et Harjanne, ”il faut renouveler la législation finlandaise en matière d’énergie nucléaire de façon qu’elle permette les petits réacteurs modulaires ».
us.fi

Transport - Finlande - Russie

L’industrie forestière et le transport ferroviaire
Aamulehti rapporte que l’industrie forestière finlandaise a proposé au ministère des transports, déjà lors de la législature précédente, que l’industrie pourrait utiliser des wagons de chemin de fer russes pour les transports pendant les heures de pointe du trafic ferroviaire. La proposition n’a toutefois pas avancé.
Selon Petri Lempiäinen, président de Fenniarail, il s’agit d’utiliser des wagons russes pour un acheminement précisément limité, soit de quelque milliers de chargements par an. Les wagons, qui seraient en possession finlandaise, ne resteraient en Finlande que pendant quelques jours avant d’être renvoyées en Russie.
Selon le directeur Olli-Pekka Rantala du ministère des Transports, les chemins de fer finlandais sont soumis à la législation de l’Union européenne, contrairement aux pays baltes par exemple. Selon lui, le ministère ne compte pas promouvoir le projet.
Aamulehti souligne que le gouvernement précédent souhaitait ouvrir ce transport à la concurrence alors que l’actuel gouvernement serait plutôt, favorable à protéger le monopole public VR.
AL/A10

Déchets – Finlande - Russie

Recyclage des déchets
Selon Aamulehti, la gestion des déchets en Russie est actuellement au même niveau que celle de la Finlande dans les années 1970. « Il y a une crise des déchets en Russie en ce moment », selon Tarja Teittinen cheffe du développement à la chambre de commerce fenno-russe.
Les présidents Sauli Niinistö et Vladimir Poutine ont même évoqué la question des déchets lors de leur rencontre en août dernier. La situation ouvre des perspectives pour les entreprises finlandaises et européennes.
Une délégation de la haute direction de 12 fédérations a effectué une visite en Finlande il y a quinze jours. Les participants se sont intéressés surtout à la surveillance de la gestion des déchets.
Une nouvelle législation sur la gestion des déchets est entrée en vigueur début 2019. Désormais les villes et les régions devraient avoir un opérateur de déchets qui s’occupe de toute la chaîne, donc du tri, du recyclage et de l’élimination des déchets. L’objectif est de recycler 36 % des déchets d’ici 2024.
AL/A15

Défense

« Les projets de chasseurs européens seront pris en compte », estime le général Timo Kivinen
Le quotidien Keskisuomalainen révèle que selon le commandant des forces de défense, le général Timo Kivinen, les tout nouveaux projets de chasseurs de nouvelle génération de l’Europe seront pris en compte lorsque la Finlande fera son choix pour renouveler ses appareils selon le projet HX. « Les appareils qui se trouvent encore sur la table à dessin ne pourront pas participer à l’appel d’offre, mais les chasseurs plus anciens de ces mêmes fabricants apparaissent sous une lumière nouvelle », affirme le général.
Le projet HX de la Finlande a pris une nouvelle tournure dès lors que certains pays européens ont entamé les travaux de développement de nouveaux chasseurs. La Finlande a-t-elle intérêt à acheter des appareils de l’ancienne génération à partir du moment où les fonds de développement de ces fabricants sont consacrés à la conception de nouveaux avions de combat ?
Il convient d’évaluer les éventuelles conséquences. Le calendrier du projet finlandais avance ainsi : à l’automne seront expédiés les appels d’offre détaillés, l’année prochaine est consacrée aux évaluations et en 2021, le gouvernement prendra sa décision.
Le projet SCAF mené par la France, l’Allemagne et l’Espagne remplacera le français Rafale et l’européen Eurofighter Typhoon, peut-être même dans les 20 ans. La Grande-Bretagne, l’Italie, et la Suède avec ses Gripen envisagent de développer un nouveau chasseur appelé Tempest.
La Suisse a d’ores et déjà testé les mêmes appareils que la Finlande passera en revue l’année prochaine.
Selon Kivinen, la notification sur « l’approfondissement de la coopération finno-suédoise en matière de la défense qui permet aux deux pays de renforcer les possibilités de défense de chacun », n’aura pas d’effet sur l’acquisition finlandaise. « Dans les appels d’offre, il ne s’agit jamais de faire un lien avec un pays », précise Kivinen qui souligne que « les critères concernent la capacité de performance, les coûts de cycle de vie et la sécurité de l’approvisionnement ».
KS4.10/23

Politique intérieure

Budget

« La croissance s’affaiblit » KL
« En attendant les mesures sur l’emploi » HS

Le ministère des Finances a publié ses nouvelles prévisions de croissance, hier. Il en ressort que la croissance économique devrait se poursuivre, mais à un rythme moindre : 1,5% pour cette année (contre 1,6% selon les précédentes prévisions de juin) et 1% pour 2020 (contre 1,2% prévu avant). A plus long terme on, estime que la croissance devrait se poursuivre mais à moins de 1%, « ce qui ne suffit pas pour financer l’Etat providence », selon le directeur du budget Mikko Spolander.
Les raisons à ce ralentissement sont à rechercher dans l’économie mondiale : d’une part la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine et le Brexit qui inquiète l’Europe.
Le ministère des Finances estime que le taux d’emploi devrait atteindre 73,1% à la fin de la législature en 2023 (contre 75% prévu par le programme gouvernemental).
Le déficit budgétaire devrait s’aggraver et la part de l’endettement par rapport au PIB repartir à la hausse dans les années 2020.
Le ministère des Finances évalue aussi pour la première fois les effets des mesures prévues dans le programme du gouvernement Rinne : elles devraient grever les finances publiques de 400 millions d’euros en 2023.
Helsingin Sanomat relève que le directeur du budget a terminé sa présentation en disant qu’il attendait encore les mesures sur l’emploi prévues par le gouvernement mais pour l’instant préparées par des groupes de travail avec les partenaires sociaux.
HS KL

Entreprises


F-Secure annonce un plan social

La société informatique F-Secure qui emploie 1700 personnes dans le monde a annoncé un plan social portant sur la suppression de 90 emplois dont 50 en Finlande.
HS

Rovio annonce un plan social
La société de jeux électronique Rovio connue pour Angry Birds avait mis en garde contre des résultats en baisse. Elle annonce un plan social visant à la suppression de 20 emplois.
HS

Défense

Réforme de l’armée
Le nouveau programme de la défense nationale Formation 2020 touchera l’année prochaine toutes les unités de l’armée de terre. Des expériences ont déjà été réalisées l’année dernière dans la brigade de Pori. Cette année, ce sera en plus le tour de la brigade côtière, de l’école de l’aviation militaire, de l’école de guerre et de la brigade d’Uusimaa.
Selon ce programme, la formation se fera désormais sous forme de cursus, ce qui a pour but de responsabiliser les conscrits et de garantir la même qualité d’enseignement à tous. Les entrainements seront intensifiés et les résultats seront systématiquement évalués.
La réforme intégrera de la simulation et des formations virtuelles et sur réseaux.
Environ 15 % des conscrits abandonnent chaque année leur service en cours de route. La pire de ces dernières années a été atteinte en 2008 lorsque 19% des appelés ont arrêté leur service avant la fin.
AL5/A23

Le travail de rédaction du nouveau Livre blanc démarre
Le ministère de la Défense a entamé le 24 septembre la rédaction du Livre blanc par le gouvernement conformément aux lignes directives du programme gouvernemental.
www.defmin

publié le 08/10/2019

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