REvue de la presse du mardi 13 juin

Politique intérieure

Gouvernement

« Halla-aho rejeté – M. Sipilä recherche de nouveaux partenaires gouvernementaux » HS

« Les différends sur les valeurs ont causé la chute du gouvernement » HS

Un entretien entre les chefs des trois partis de la coalition : le Premier ministre Juha Sipilä (Centre), le ministre des Finances Petteri Orpo (Rassemblement national) et le nouveau président des Vrais Finlandais Jussi Halla-aho, s’est terminé sur le constat que le gouvernement allait tomber, rapporte Helsingin Sanomat.

Le quotidien souligne que l’élection de M. Halla-aho et de ses partisans à la tête du parti ont profondément modifié les Vrais Finlandais. Lundi, cela a modifié tout le système politique finlandais.

En effet, MM. Sipilä et Orpo ont tenu une conférence de presse commune pour indiquer que leurs partis ne pouvaient plus continuer la coopération gouvernementale avec les Vrais Finlandais. Ils ont indiqué que les motivations à la démission du gouvernement étaient principalement les différences de valeurs avec les Vrais Finlandais. M. Sipilä a aussi indiqué qu’il ne semblait pas possible, pour un chef de parti, de participer à la coopération gouvernementale depuis Bruxelles. Enfin, il a indiqué que les probables choix de ministres qu’aurait présenté M. Halla-aho risquaient de poser des difficultés.

M. Sipilä a indiqué qu’il allait donc très probablement aujourd’hui présenter la démission de son gouvernement au Président Sauli Niinistö.

Hier soir, les groupes parlementaires du Centre et du Rassemblement national ont approuvé le projet de démission du gouvernement.

Le groupe parlementaire des Vrais Finlandais se réunit aujourd’hui à 13h.
M. Sauli Niinistö a indiqué qu’il souhaitait que la Finlande se dote rapidement d’un nouveau gouvernement majoritaire.
HS

« Vers un gouvernement Sipilä II » HS

M. Sipilä a annoncé qu’il attendrait formellement la réunion du groupe parlementaire des Vrais Finlandais avant de se rendre chez le Président pour remettre la démission de son gouvernement. Il le fera donc ce soir.

Après cela, le président du plus grand groupe parlementaire, le centre, M. Antti Kaikkonen réunira les présidents des autres groupes parlementaires pour s’accorder sur ce que le président du parti ayant le plus de sièges, soit M. Sipilä essaye de former un gouvernement.

Il devrait envoyer à tous les chefs de partis une série de questions. « L’objectif est d’obtenir un gouvernement le plus rapidement possible et sur une base qui va le plus possible respecter l’actuel programme gouvernemental », a-t-il dit. « Je pense leur demander s’ils veulent entrer au gouvernement et ce qui, dans l’actuel programme gouvernemental devrait être changé ».

M. Sipilä indique que le Centre et le rassemblement national pont pris consciemment le risque de s’engager dans des négociations qui pourraient être longues.
On estime que le parti populaire suédois et les chrétiens-démocrates pourraient participer à la coalition. Cela ferait, une coalition de 101 députés.

Helsingin Sanomat souligne que la démission du gouvernement ouvre une période d’instabilité pour de nombreux projets en cours. Pour le parti du Centre, la réalisation de la réforme des services sociaux et de santé et la création des régions sont une priorité. Pour le parti du Rassemblement national, la liberté de choix entre public et privé et l’ouverture de ces services à la concurrence sont une priorité.

MM. Orpo et Sipilä ont fait comprendre hier que si les nouveaux partis qui souhaitent entrer au gouvernent ne sont pas favorables à la réforme des services sociaux et de santé, il sera impossible de former un gouvernement et il faudra en passer par les urnes, écrit HS.

Le parti populaire suédois devrait demander à ce que l’hôpital de Vaasa, qui avait été déclassé par la réforme Sote, soit rétabli dans ses fonctions.

Une autre réforme en cours concerne la législation sur l’alcool ; si les chrétiens-démocrates entrent au gouvernement, il est peu probable que cette réforme puisse passer car ce parti s’y oppose. Cela pourrait d’ailleurs lui suffire, note HS.

Kauppalehti souligne pour sa part que le nouveau programme gouvernemental pourrait être plus européen et plus ouvert sur le monde. Ainsi le projet de la ministre de l’intérieur d’augmenter les quotas de réfugiés pourrait se réaliser.
HS

« Les écrits de M. Halla-aho étaient peut-être inacceptables pour le gouvernement » HS

Helsingin Sanomat publie des extraits de blogs de M. Halla-aho qui ont motivé MM. Orpo et Sipilä à juger que les différences de valeurs avec le nouveau président des Vrais Finlandais étaient vraiment trop importantes pour une coopération gouvernementale.
HS

« Tous les partis ne peuvent plus entrer dans une coalition » KS

Le politologue Markku Jokisipilä souligne que c’est un changement important dans la vie politique finlandaise : désormais tous les partis ne sont plus considérés comme pouvant potentiellement entrer dans n’importe quelle coalition gouvernementale. « Il faut revenir à la période d’avant 1987, quand le rassemblement national était considéré comme impropre à gouverner en raison de sa politique étrangère », souligne-t-il.

Jusqu’à présent tous les partis étaient considérés comme pouvant participer à une coalition gouvernementale.

M. Jokisipilä estime que le cordon sanitaire érigé par les autres partis pourrait aussi profiter aux Vrais Finlandais en termes d’audience.
KS

Editoriaux et commentaires

« La seule bonne solution » HS

« La limite a été atteinte » HS

« La Finlande ne peut pas se payer le luxe de s’isoler » KL

Teemu Lukka dans Helsingin Sanomat défend la décision de MM. Sipilä et Orpo de mettre fin à la coopération gouvernementale avec les Vrais Finlandais. Selon lui, il est clair que la coopération serait devenue impossible. C’était aussi la seule solution possible pour la réputation de la Finlande et pour le centre et le Rassemblement national.

L’éditorialiste d’Helsingin Sanomat considère que le système politique finlandais a passé un test : il fallait empêcher que l’on puisse penser que M. Halla-aho puisse faire entrer dans le gouvernement ses propres valeurs avec l’assentiment des autres partis.

Kauppalehti souligne que les Vrais Finlandais font partie de la même famille de partis nationalistes européens que les démocrates suédois, le Front national ou Ukip. Les audiences de ces mouvements sont sujettes à de forts changements et il ne semble pas que le « nouveau » parti des Vrais Finlandais puisse rapidement devenir un mouvement de masse. « La Finlande est un petit pays dont l’économie dépend des exportations, elle ne peut pas se payer le luxe de s’isoler », souligne KL.
KL

Réforme des services sociaux et de la santé

Panique dans des communes pour conclure des contrats

Selon Tuomas Pöysti, une méfiance en ce qui concerne l’administration régionale constitue un mauvais point de départ pour la réforme

Keskisuomalainen rend compte des propos de Tuomas Pöysti, sous-secrétaire d’Etat chargé de la réforme des services sociaux et de la santé, qui estime que beaucoup de communes prennent des décisions hâtives dans l’organisation de leurs services sociaux et de santé, à la veille des réformes concernant les services et les régions.

Il estime que lorsqu’il ne s’agit pas d’un intérêt de long terme pour les communes, concernant les négociations pour les contrats, celles-ci peuvent se contenter de termes peu avantageux en matière de contrats. Selon M. Pöysti, des entreprises et des communes ont abusé de cette disposition concernant les négociations. Il souligne que l’on peut conclure des contrats égoïstes du point de vue de la commune ou concernant toute la région, de même des contrats à courte vue ou prévoyants.

M. Pöysti rappelle que du point de vue de la Constitution, on peut difficilement restreindre les communes dans leur liberté concernant les contrats. Plus tard, ces contrats seront contraignants pour les régions qui auront à gérer ces services, ce qui préoccupe M. Pöysti.
KS/9.6/14

Politique étrangère et européenne

Kultaranta talks

Propos du Prix Nobel Bengt Holmström

Le Président Sauli Niinistö a évoqué des défis d’avenir avec Bengt Holmström, Prix Nobel de sciences économiques, hier. M. Holmström se dit inquiet des résultats d’une étude selon laquelle les jeunes apprécient de moins en moins la démocratie. Contre 75 % des jeunes il y a vingt ans, aujourd’hui seuls 25 % des jeunes interrogés considèrent la démocratie comme absolument importante. Il se demande si, avec les médias sociaux, on ne vit pas dans un monde post-démocratique.

Pour lui, remettre en cause la démocratie représentative – en Finlande, aux Etats-Unis et partout ailleurs – est le plus grand souci pour l’économie mondiale, après les guerres.

M. Holmström se félicite du fait que l’UE examine « enfin » les grandes questions telles que la défense. L’Europe est actuellement face à une situation préoccupante, mais elle dispose de l’opportunité d’engager de nouvelles orientations. Pour lui, le Président Trump a servi à réveiller l’Europe.

Concernant la Finlande, M. Holmström estime que malgré les signaux de croissance, la situation reste inquiétante. Pour lui, le mouvement syndical dispose d’un rôle excessivement fort. Il réclame des réformes et une flexibilité sur le marché de travail.
Concernant la politique plus généralement, il estime qu’elle est devenue trop transparente. La tendance qui souligne l’ouverture et la transparence fait que les citoyens commencent à considérer toutes les solutions politiques comme mauvaises. Trop de publicité fait que les décisions peuvent paraître fausses. Cela peut mener à une situation où les électeurs se méfient des personnalités politiques expérimentées et optent pours d’autres qui n’ont pas souffert de scandales. Ainsi, les politiciens n’osent pas prendre de décisions tranchantes, regrette M. Holmström. Pourtant, les citoyens ne disposent pas suffisamment d’informations concernant l’ensemble et le contexte des questions qu’ils critiquent.

Selon M. Holmström, il s’agit de la confiance dans la démocratie représentative. La tendance actuelle peut mener à ce que des dirigeants forts surgissent. Si les jeunes ne comptent pas sur la démocratie représentative, peut-être qu’un jour, il y aura un système post-démocratique. Un tel modèle inconnu serait dangereux, selon M. Holmström.
HS/A12, AL/A9

Immigration

L’Office national de l’immigration réprimandé

Le chancelier de la Justice a fait des reproches à Migri concernant la gestion de plusieurs cas de demandes d’asile. La plupart du temps, il s’agit de délais longs d’étude des dossiers. Dans un cas, un demandeur d’asile a été soumis à un test pour déterminer son âge. Le test a été effectué neuf mois après l’arrivée en Finlande de la personne en question, délai trop long, selon Petri Jääskeläinen, chancelier de la Justice. Il rappelle que, concernant les mineurs, le besoin de protection juridique est accentué.

Dans deux autres cas, le test a été effectué un an après l’arrivée en Finlande des intéressés, et l’étude du dossier a pris 17 mois dans sa totalité.

Dans un cas de demande de nationalité finlandaise, l’étude du dossier a pris 21 mois.
HS/A12

Terrorisme, trafic de personnes

Propos du chercheur du CMI, M. al-Taee

Keskisuomalainen publie un article sur les liens entre les groupements terroristes et l’organisation des entrées clandestines de personnes en Europe. Hussein al-Taee, chercheur au sein de Crisis Management Initiative, estime que les grandes organisations criminelles et terroristes disposent de moyens nécessaires pour le trafic de personnes. Les prix ont augmenté et l’activité est devenue de plus en plus professionnelle. Les recettes bénéficient à ces organisations-là.

Jari Liukku, chef chargé de la lutte contre la criminalité organisée et grave au sein de l’Europol, estime lui aussi que le rôle des organisations terroristes a augmenté. Le passage en contrebande de personnes est lié à la contrebande de drogues, de produits piratés, et d’armes, ainsi qu’à la traite des personnes.
KS/24

Défense

Un nouveau pas pour la coopération européenne en matière de défense à Tampere

Le chef de l’état-major militaire de l’UE, le général de corps d’armée Esa Pulkkinen estime que l’UE ne prendra pas la responsabilité militaire de l’Europe tant que l’OTAN existera.
Un nouveau pas pour la coopération européenne en matière de défense a été pris à Tampere le 9 juin, sous forme de vidéoconférence, lorsque le général de corps d’armée Esa Pulkkinen a pris la tête des opérations de formation UE en Somalie, en République centrafricaine et au Mali. Il aura sous ses ordres trois généraux et près de mille soldats de l’UE.

Le général Pulkkinen assure que l’UE, qui s’intéresse surtout à l’Afrique et au Proche-Orient, n’a pas pour but de remplacer l’OTAN. De même, il considère que la coopération européenne de défense dispose de tous les moyens pour se faire un profil complémentaire au sein de l’OTAN qui, seule, ne pourra pas se préparer à faire face à toutes les menaces venant de l’extérieur.

« La lutte contre le terrorisme et les cybermenaces sont des éléments concrets que nous pourrons commencer à développer très prochainement mais tout dépendra de ce que veulent les pays membres », explique Pulkkinen.

« Parmi les pays de l’UE, c’est surtout la Grande-Bretagne qui, en cherchant à éviter les clashs avec les intérêts de l’OTAN, mettait des bâtons dans les roues de l’extension de notre coopération en matière de défense. Et malgré cela, avec le Brexit nous perdons plus que nous ne gagnons. La Grande-Bretagne investissait beaucoup dans sa défense et son départ aura un effet sur la crédibilité de la politique de défense de l’UE », estime Pulkkinen.

Selon le général, l’Europe a encore des leçons à apprendre sur une bonne utilisation des fonds de défense. « L’UE possède un trop grand éventail d’équipements militaires qui lui fait perdre de l’argent. C’est aussi le cas pour son administration », conclut Pulkkinen.
AL10.6/A13

Projet HX

Saab évoque la possibilité d’une participation de la Finlande à la production et au travail de conception des chasseurs

Saab signale que le modèle Jas Gripen E fera très prochainement son vol d’essai, attendu depuis plusieurs mois.

Pour favoriser le choix de l’alternative suédoise, Saab a laissé entrevoir la possibilité d’une participation finlandaise sur le « cours de la production » des chasseurs depuis la fabrication des pièces jusqu’au montage final. Selon le directeur de campagne de Saab, Magnus Skogberg, les différentes alternatives sont actuellement évoquées en collaboration avec l’industrie finlandaise. En effet, la Finlande pourrait, à la manière du Brésil qui a déjà acheté des avions Gripen, créer un centre de conduite des opérations spécial Gripen pour des tests et un travail de conception et de développement.
KS10.6/15

Economie

Prévisions de croissance

Nordea prévoit une croissance de 3%

La banque Nordea a revu ses prévisions de croissance à la hausse pour la Finlande : elle prévoit 3% pour cette année (contre 1,3% précédemment). L’économiste de Nordea souligne que, sur les statistiques du début d’année, le rythme est même de 3,5%.

Nordea prévoit que la croissance se ralentira en 2018, à 2% (contre 1,5% précédemment) et en 2019, à 1%.
HS

France – Finlande

Nucléaire

« Olkiluoto3 enfin prêt » HS

« 8 ans et 5,5 milliards de plus que prévu » HS

Helsingin Sanomat rapporte que le réacteur EPR d’OL3 devrait être mis en marche l’année prochaine. Le quotidien publie un reportage sur le site et une interview du directeur de projet Jouni Silvennoinen (TVO). TVO a organisé une conférence de presse lundi suite aux tests à froid réalisés à Olkiluoto.
HS

Littérature

Paola Pigani aux rencontres de Lahti

L’écrivain française Paola Pigani participera aux rencontres internationales des écrivains à Lahti les 16 et 17 juin.
HS

France

Politique

« Macron a fait sauter la banque pour la seconde fois » AL

« L’abstention renforce Macron » Hbl

La presse rapporte le résultat du premier tour des élections législatives marqué par les bons scores des candidats de La République en marche.
HS AL KS Hbl

Editoriaux et commentaires

« C’est en France et pas à Jyväskylä que l’on fixe la direction de l’Europe » HS

« Une révolution à la française » KL

« L’Obama européen devra faire face aux syndicats et à la rue » HS

Helsingin Sanomat estime que le résultat du premier tour des élections législatives est une nouvelle victoire pour les forces politiques pro-européennes. La marche des nationalistes populistes qui a balayé la Grande-Bretagne n’aura pas touché la France juge HS.
HS

publié le 13/06/2017

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