REvue de la presse du lundi 7 octobre

Politique étrangère et européenne

Présidence finlandaise du Conseil de l’UE

Politique des migrants
« Les rôles de la Finlande se mélangent » HS

Helsingin Sanomat rapporte que la situation des migrants en Méditerranée est « intenable ».
La Finlande souhaite, en tant que présidence tournante du conseil de l’UEZ promouvoir la politique commune sur le droit d’asile. Mais en même temps, le gouvernement doit prendre une décision sur le fait de savoir si la Finlande est prête à accueillir des personnes secourues en Méditerranée.
Le secrétaire d’Etat de la ministre de l’Intérieure Maria Ohisalo (Verts), M. Olli-Poika Parviainen admet que la Finlande a refusé de prendre des réfugiés proposés par la Commission plusieurs fois. « Je dirai qu’il s’agissait plutôt de demandes informelles de la Commission. Elles nous sont parvenues par les canaux diplomatiques et le gouvernement n’’ pas pris position ».
Derrière ces décisions, il y a selon M. Parviainen la ligne définie en juin par le comité interministériel de politique européenne qui fixait que la Finlande accepterait 13 réfugiés, mais pas plus. « On a décidé que la Finlande se garderait de prendre de nouvelles mesures tant qu’il n’y aurait pas de solution à la situation actuelle et qu’un nombre suffisant d’Etats membres y participent », dit M. Parviainen.
Helsingin Sanomat rappelle qu’il y a eu un accord à Malte entre la France, l’Allemagne, l’Italie et Malte et qu’aujourd’hui la Finlande comme les autres Etats membres ont la possibilité, en y participant, de montrer qu’ils s’engagent dans la recherche de solutions communes
La situation est particulière pour la Finlande. En effet, la Finlande n’a pas encore informé ses partenaires si elle allait ou non rejoindre cet accord, alors même qu’en tant que présidence du conseil de l’UE elle en fait la promotion.
La question de cet accord temporaire est délicate pour le gouvernement, rapporte Helsingin Sanomat. La politique de l’asile est en effet un sujet de friction entre les partis membres de la coalition. Cela s’est vu par exemple sur la manière dont ces partis interprètent le programme gouvernemental sur le contrôle des personnes dans les centres d’accueil.
De même là où la ministre de l’Intérieur Mme Ohisalo clame qu’il ne faut laisser personne se noyer en Méditerranée, le parti du Centre insiste plutôt sur les priorités de sécurité intérieure.
La ministre des Affaires européennes Tytti Tuppurainen admet que le rôle de présidence du cosneil de l’UE confère une responsabilité plus importante à l’Etat membre qui l’assume. « Il est important que la Finlande fasse preuve de solidarité envers les autres Etats », dit-elle. En même temps, Mme Tuppurainen insiste sur le fait que, selon M. Rinne, la Finlande devra décider à chaque fois « de sa part » à prendre. Cela suscite des interrogations sur le fait de savoir quelle peut être alors la différence entre la solution temporaire proposée et la situation actuelle.
Le député du Centre Mikkop Kärnä estime que la position du parti du Centre sur la situation est claire : si une majorité des Etats membres ne participe pas à un système temporaire, alors la Finlande ne doit pas en être non plus. « Les solutions temporaires ont tendance à devenir permanentes. Je vois cela d’un point de vue pragmatique : faut-il faire venir de Méditerrnée des personnes qui ne remplissent pas les critères de la protection internationale ? », se demande M. Kärnä qui craint qu’une solution temporaire envoie un mauvais signal qui indiquerait que la Finlande serait approuverait le trafic des passeurs en Méditerranée.
Helsingin Sanomat relève que ni la ministre de l’Intérieur et présidente des Verts, ni le parti de l’Alliance des Gauches n’ont souhaité commenter la postion du gouvernement sur ce sujet.
La vice-présidente de Human Rights watchin Europe Judith Sunderland déclare pour sa part que « la Finlande devrait montrer l’exemple et encourager les autres Etats membres à faire de même », en rejoignant cet accord de Malte.
HS

Finlande – Suède

Déplacement en Finlande du Premier ministre suédois en Finlande
Le Premier ministre Antti Rinne a reçu son homologue suédois Stefan Löfven, qui soutient le mécanisme promu par la Finlande pour faire le lien entre le cadre financier européen et le respect du principe de l’état de droit. Selon M. Löfven, il est dans les intérêts de l’UE que la Finlande promeuve les valeurs communes.
M. Rinne a constaté que les deux pays avaient beaucoup de positions en commun. « Nous nous exprimons d’une seule voix au reste du monde. »
Les deux Premiers ministres ont également évoqué le Brexit. M. Löfven a souligné que si la Grande-Bretagne souhaitait demander un report de la date du Brexit, il fallait que la demande soit bien justifiée. Il a dit qu’il était clair que l’on était prêt à négocier sur un report pour éviter un Brexit dur, mais qu’il fallait de bons arguments pour un éventuel report.
HS/dim, Yle

Finlande – Grande-Bretagne

Entretien téléphonique de MM. Rinne et Johnson
Le Premier ministre Rinne a eu un entretien téléphonique, samedi, avec Boris Johnson, à l’initiative de ce dernier.
M. Rinne note que son homologue a évoqué la situation en Grande-Bretagne et ses évaluations sur les possibilités de négocier avec la Commission européenne. « Je lui ai exprimé la position finlandaise sur l’importance du fait que la Grande-Bretagne avait maintenant présenté des propositions écrites de solutions alternatives. J’ai constaté que les solutions proposées ne garantiraient pas le respect de l’accord du Vendredi saint, ni l’unité de l’UE ou le fonctionnement du marché intérieur. » M. Rinne a constaté que les propositions allaient être évaluées par M. Barnier et son équipe et que M. Barnier avait le plein soutien des 27 Etats membres pour son travail.
M. Rinne dit qu’il a indiqué à son homologue qu’il fallait qu’une solution soit trouvée en une semaine, et que M. Johnson avait été d’accord sur ce délai.
M. Rinne a indiqué que l’on était très solidaire en ce qui concerne la situation irlandaise et que l’on souhaitait que la paix soit maintenue et que l’économie irlandaise puisse prospérer.
AL/dim/A25, Yle, Uusi Suomi

Finlande – Etats-Unis

Suites de la visite du Président Niinistö à Washington
Helsingin Sanomat rend compte des propos du Président Niinistö, rentré des Etats-Unis. Il a dit, samedi, que le Président Trump avait eu une attitude favorable lorsqu’ils ont parlé du charbon noir et des régions arctiques. Pour lui, son homologue a fait ses premiers pas en public dans le sens de s’exprimer contre le changement climatique en admettant qu’il y avait un problème contre lequel il fallait faire quelque chose.
M. Niinistö se félicite du fait d’avoir également rencontré les Présidents Poutine et Macron.
Concernant Nokia, Huawei et la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, M. Niinistö a souligné que la Finlande n’avait pas pris de position concernant le groupe chinois. Il a toutefois évoqué l’évaluation de risque en cours dans les Etats européens en matière des technologies 5G. Il note que cela montre que l’Europe est vigilante et qu’il lui importe que les acteurs soient dignes de confiance.
Concernant le fait qu’il s’agissait déjà de la troisième fois qu’il se rend à Washington en trois ans et demi, M. Niinistö rappelle que son homologue rencontre beaucoup de monde et que la situation internationale était sans doute telle qu’il considérait nécessaire de parler y compris avec des représentants de petits pays.
HS/dim/A8

Politique intérieure

Climat

Le panel climatique national encourage la Finlande à prendre plus de mesures
Le panel climatique a fait sa première évaluation des mesures climatiques du gouvernement finlandais. Le président du panel, Markku Ollikainen a présenté son rapport, vendredi.
Selon le panel, les mesures contenues dans le programme gouvernemental et dans le budget ne sont pas suffisantes. Concernant la moitié des mesures nécessaires, il manque encore les décisions et le financement.
Pour 2035, il faudrait que les émissions de CO2 qui actuellement s’élèvent à 56,5 millions de tonnes ne s’élèvent plus qu’à 21,4 millions de tonnes, ce qui correspond à une diminution de 62%. Selon les calculs de M. Ollikainen, une diminution de seulement 16 millions de tonnes est possible avec ce qui est prévu, alors qu’il faudrait une diminution totale de 35 millions de tonnes.
HS/sam/A20

Parlement

Vote sur la motion de censure
Aamulehti relève que le Parlement a renouvelé vendredi sa confiance au gouvernement par 97 voix contre 75.
La motion de censure sur la politique économique du gouvernement a été déposée et signée par le groupe parlementaire du Rassemblement national (Kokoomus) et le député Harry Harkimo, soit 39 députés. Les autres groupes parlementaires de l’opposition ont également voté contre la confiance du gouvernement.
AL/sam/A22

Endettement

Sondage sur l’endettement de l’Etat et des particuliers
Selon un sondage effectué pour le compte Aamulehti, les Finlandais ne sont pas favorables à augmenter l’endettement de l’Etat.
47 % des personnes interrogées estiment que la Finlande doit diminuer l’endettement et 11 % souhaitent même mettre fin à l’endettement de l’Etat.
30 % estiment que l’endettement de 2 milliards d’euros prévu dans le budget pour 2020 est nécessaire pour pouvoir maintenir les services publics. 6 % pensent que l’Etat pourrait s’endetter même plus que ces 2 milliards d’euros. 6 % ne savent pas répondre.
Selon Juha Rahkonen, directeur de recherche à l’institut Taloustutkimus, les électeurs du Rassemblement national et des Vrais Finlandais partagent les mêmes avis sur les questions économiques.
74 % des Vrais Finlandais, 73 % des électeurs du Rassemblement national et 69 % des centristes veulent diminuer ou même arrêter l’endettement de l’Etat.
61 % des sociaux-démocrates, 66% des partisans de l’Alliance des gauches et 48 % des Verts sont favorables à l’augmentation de l’endettement.
Les Finlandais ne semblent pas s’inquiéter de leur propre endettement. 8 % s’en inquiètent, 38 % estiment qu’il n’y a pas de problème, 13 % sont prêts à s’endetter plus et 39 % n’ont pas de dettes.
AL/sam/A20-21

publié le 07/10/2019

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