REvue de la presse du lundi 23 mars

Covid-19

Situation sanitaire

700 cas en Finlande
THL a annoncé 700 cas en Finlande ce lundi, contre 626 dimanche, 521 samedi, environ 450 vendredi et 400 jeudi).
Il y a 50 personnes hospitalisées (contre 43 dimanche) et 13 en soins intensifs (contre 12 dimanche).
Le premier décès a été annoncé samedi (et était survenu vendredi).
Il y a actuellement 490 cas de coronavirus enregistrés dans le registre des maladies infectieuses (contre 418 dimanche, 409 vendredi et 319 jeudi).
Jusqu’à présent 10500 tests ont été effectués (contre 10 000 jusqu’à dimanche, 7300 jusqu’à samedi et 6500 jusqu’à vendredi). Les tests sont actuellement effectués par le secteur public et le secteur privé dans cinq laboratoires.
THL souligne toujours que puisque les tests sont effectués seulement sur une petite partie des personnes (symptômes graves, personnes à risque, personnel médical), le nombre réel des cas est bien supérieur.
Thl.fi

Politique


Déclarations du Président Sauli Niinistö

Dans une interview radiophonique vendredi, le Président a souligné que l’on vivait une situation exceptionnelle, jamais connue auparavant.
Il insiste sur le fait que « les décisions ne sont efficaces que si on les applique. On a rarement laissé autant le pouvoir d’application des normes aux citoyens eux-mêmes. Il faut qu’ils soient raisonnables ».
HS

Déclarations de la Première ministre Sanna Marin
Dans une interview accordée à Helsingin Sanomat, vendredi et publiée samedi et dimanche, la Première Ministre Sanna Marin souligne que « tout le monde doit faire des efforts, l’Etat seul ne pourra pas tout solutionner et tout financer ».
En matière économique, elle déclare que l’Etat discute par exemple avec les bailleurs et les banques. Elle affirme aussi que le paquet économique et financier annoncé la semaine dernière sera suivi d’autres mesures.
« Sur les réseaux sociaux, on peut exiger tout en deux secondes, mais le gouvernement ne peut pas prendre ses décisions en deux secondes. Il faut préparer des mesures et des projets de loi, et cela prend du temps même si on va aussi vite que possible ».
Elle en appelle aux citoyens pour qu’ils adoptent les bons comportements. « On ne verra qu’après coup si les gens se conforment aux recommandations. Je veux continuer à croire que les Finlandais respectent les règles et les recommandations. Sinon nous devrons prendre des mesures encore plus strictes selon la loi d’état d’urgence ».
« Il est très important que le Président ait fait le même appel aux citoyens vendredi », dit-elle.
Elle félicite les partis de la coalition gouvernementale ainsi que les partis de l’opposition pour la bonne coopération qui a prévalu.
Elle conteste en revanche les articles qui faisaient référence au rôle prépondérant qu’aurait eu le président Niinistö pour déclencher la loi sur l’état d’urgence. Elle souligne que c’est bien le gouvernement qui a préparé l’entrée en vigueur de la loi sur l’état d’urgence.
Elle rappelle que depuis fin janvier la Finlande se prépare à diverses situations et considère que la Finlande a bien agi jusqu’à présent.
« La Finlande a agi à temps en fonction de la situation de l’épidémie en Finlande », dit-elle avant de préciser que c’est après le conseil européen extraordinaire tenu en vidéoconférence mardi 10 mars qu’elle a été convaincue qu’il fallu durcir les mesures en Finlande. HS relève que le fait que l’Allemagne envisage un grand paquet de relance économique alors que ce pays s’y oppose généralement a servie d’électrochoc pour comprendre la gravité de la situation.
Dès le lendemain la préparation du passage à la loi sur l’état d’urgence était évoquée avait la ministre de la santé et des services sociaux Krista Kiuru.
HS

Analyse : Le gouvernement a-t-il agi sous la pression du Président ?
Helsingin Sanomat revient sur les faits qui ont conduit au passage à la loi sur l’état d’urgence.
Le quotidien rapporte que, lundi 9 mars, le Président Niinistö avait invité à sa résidence les chefs de tous les partis représentés au Parlement pour discuter, comme il le fait régulièrement des sujets d’actualités internationales. Si la question de l’éventuelle actualisation de la loi sur l’état d’urgence a été évoquée, c’est uniquement par rapport au débat alors d’actualité de permettre une activation des circonstances exceptionnelles en cas d’attaque hybride (le débat portait alors sur une pression migratoire aux frontières, comme celle exercée par la Turquie sur la Grèce avec les migrants). Si des échanges ont aussi porté ce jour-là sur le coronavirus, ce n’est pas dans le contexte de cette loi et le Président s’est borné le soir même à déclarer sur les réseaux sociaux qu’il fallait prendre la situation du virus au sérieux. De plus, les personnes présentes à cette réunion ont toutes affirmé alors avoir indiqué être prêtes à approuver des mesures plus strictes sans préciser le passage à une loi d’urgence.
C’est donc mercredi, après le conseil européen de la veille où la chancelière allemande avait indiqué que 70% de la population allemande pourrait avoir le virus, que la première Ministre Sanna Marin a décidé de préparer l’éventuelle passage à la loi sur l’état d’urgence.
Cette législation, qui date de 1991, n’a jamais été utilisée. Elle peut l’être après constatation des circonstances exceptionnelles ; ce qui n’avait jamais eu lieu depuis…. 1939 et le déclenchement de la guerre d’hiver.
Jusqu’alors, les mesures avaient été prises par le gouvernement sur la base de la législation normale et de la loi sur les maladies infectieuses, applicable en l’espèce depuis que le gouvernement avait pris un décret, le 14 février, déterminant que le coronavirus était une maladie infectieuse dangereuse.
Dés le jeudi 12 mars, la Première ministre a interrogé les partis représentés au Parlement sur le recours à la loi sur l’état d’urgence.
Vendredi 13 mars, le comité interministériel de politique étrangère et de sécurité s’est réuni avec le président pour définir si les critères permettant de recourir à la loi sur l’état d’urgence étaient remplis.
Le gouvernement voulait seulement un débat sur le sujet, mais à la surprise du gouvernement, le Président a déclaré que, pour sa part, il considérait avoir constaté que les circonstances exceptionnelles étaient remplies, rapporte HS.
Le gouvernement et le Président ont néanmoins alors décidé de ne pas rendre public cela afin de permettre au gouvernement de préparer le passage à la loi sur l’état d’urgence et les premiers décrets d’application. Ce qui fut fait durant le week end.
Dimanche, les Premier ministre a réuni les chefs des autres partis de sa coalition pour déterminer que les circonstances exceptionnelles seraient constatées lundi 16 mars, ce qui fut fait après avoir interrogé à nouveau formellement le Président.
Helsingin Sanomat estime qu’une des raisons qui ont précipité les choses la semaine dernière, c’est aussi un changement concernant la situation pour la Finlande : THL a alors compris que près de 200 000 Finlandais étaient en train de rentrer de l’étranger et pour une bonne part d’entre eux des zones d’épidémie.
HS

Nouvelles restrictions

Le gouvernement prépare de nouvelles restrictions : fermeture des bars et restaurants et limitation des déplacements
La Première ministre a annoncé à midi que le gouvernement préparait de nouvelles restrictions. Il s’agirait de fermer les restaurants et les bars et de limiter les déplacements. La vice-premier ministre Katri Kulmuni a dit que de nouvelles restrictions seraient annoncées aujourd’hui et demain.
La Première ministre et les présidentes des autres partis de la coalition se réunissent sur ce sujet aujourd’hui.
HS

Débat sur les restrictions aux déplacements

« Le Rassemblement national prêt à isoler la région d’Uusimaa du reste du territoire »
Turun Sanomat rapporte que Petteri Orpo, président du Rassemblement national, a annoncé hier que son parti était prêt à isoler la région d’Uusimaa (région autour de la capitale) du reste du territoire afin de restreindre la propagation du coronavirus.
M. Orpo a déclaré au tabloïd Iltalehti qu’il faut que le gouvernement devrait faire plus et plus rapidement. Il souhaite aussi plus de restrictions aux loisirs des Finlandais : « Il faut arrêter de faire la fête. Il faut restreindre plus les déplacements des personnes. »
Selon M. Orpo, le premier décès annoncé samedi devrait servir d’électro-choc à ceux qui n’ont pas encore pris au sérieux le coronavirus et les recommandations des autorités.
Il estime que le gouvernement devrait donner des recommandations plus détaillées par exemple concernant le nombre de personnes qui peuvent être dans un restaurant à la fois.
TS

Le gouvernement envisage d’éventuelles restrictions aux déplacements
Yle rapportait lundi matin que, selon une source proche du gouvernement, « une restriction aux déplacements qui concernerait tout le pays ou par exemple la Finlande du Sud est hors de question ».
Les restrictions pourraient concerner des zones qui sont plus petites qu’une région entière. On pourrait restreindre es déplacements par exemple dans l’agglomération de la capitale et non dans toute la région d’Uusimaa dont la population s’élève à 1,7 million d’habitants.
La liberté de circulation fait partie des droits fondamentaux garantis par la Constitution, rappelle Yle.
Yle

Sondage : la majorité des Finlandais contre des mesures de restrictions des déplacements
Selon un sondage effectué pour le compte du tabloïd Ilta-Sanomat, 76 % des personnes interrogées s’opposent aux éventuelles mesures de restriction des déplacements et seulement 11 % y sont favorables. 13 % n’ont pas voulu ou su répondre.
Ce sont surtout les personnes de 65 à 79 ans qui s’opposent à de telles mesures (puisque 82% de cette classe d’âge s’y opposent).
Dans la région de la capitale, seulement 8 % sont favorables à des mesures de restriction des déplacements.
Le tabloïd relève que le ministère de l’Intérieur est déjà en train de préparer les restrictions de la circulation à l’intérieur du pays.
La Première ministre Sanna Marin a déclaré samedi au tabloïd que le gouvernement devrait évaluer très prochainement si les restrictions actuelles suffisent.
IS

Divers


Allègement des restrictions sur les écoles

Vendredi, le gouvernement a décidé que les classes 1 à 3 du primaire ne seraient pas réservées aux seuls enfants dont les parents travaillent dans des emplois critiques, mais que tous les enfants pourraient être accueillis.
Helsingin Sanomat relève que dresser la liste des emplois critiques s’est révélé difficile, ce qui a causé des troubles autant auprès des parents que dans l’administration.
Ainsi à Helsinki, on avait décidé qu’il incombait aux parents eux-mêmes de déclarer si leur emploi était critique ou non.
Les cantines ne seront plus ouvertes que pour les enfants qui fréquentent les écoles ou qui, en enseignement à domicile se sont préalablement inscrits.
Le ministère de l’Education a réitéré ses recommandations selon lesquelles tous les parents qui le peuvent doivent garder leurs enfants à domicile.
HS

Les passages aux frontières ont drastiquement diminué
Helsingin Sanmat rapporte que, dès jeudi, le nombre de passages aux frontières avait chuté d’environ 80%, autant à l’intérieur des frontières Schengen que pour les frontières extérieures de la Finlande.
HS

Enfin des recommandations sur les quarantaines pour les personnes revenant en Finlande
Pour les personnes qui rentrent en Finlande, des informations les enjoignant è observer un isolement à domicile de deux semaines sont désormais diffusées dans les aéroports.
HS

Aide financière aux communes
La ministre des collectivités locales a promis que l’Etat allait compenser aux communes les reports d’impôts que l’Etta a annoncé la semaine dernière.
Aucune autre mesure n’a encore été décidée.
La pre´sidente de l’association des communes a déclaré que les municipalités attendaient une rallonge budgétaire d’au moins 500 millions d’euros.
HS

Bientôt 100 000 personnes en chômage partiel
Selon l’association des entrepreneurs, des plans sociaux portant en tout sur la mise en chômage partiel d’environ 100 000 personnes sont en cours.
Yle

Les grandes stations de ski de Laponie ferment
La Ministre des Affaires sociales et de la Santé Krista Kiuru avait annoncé vendredi que des chaînes de contamination avaient été constatées concernant des personnes de retour de vacances de ski en Laponie.
Un congrès de médecins en Laponie avait réunis près de 200 professionnels (principalement des chirurgiens orthopédistes) en Laponie où l’un d’entre eux a été ensuite testé positif au coronavirus.
Vendredi, les principales stations de ski avaient annoncé qu’elles fermeraient d`s le 27 mars.
Durant le week-end, les stations ont renoncé à être ouvertes encore une semaine et ont fermé leur domaine dès ce wwek end.
HS

Les partis politiques reportent leurs congrès
Turun Sanomat relève que les partis politiques devaient initialement organiser leurs congrès de parti au mois de juin.
Le Parti populaire suédois, les Verts et les Vrais Finlandais ont déjà décidé de renvoyer leurs congrès à septembre. Le PSD, le Centre et le Rassemblement national n’ont pas encore pris de décision en ce sens.
Le PSD, qui devrait se réunir du 12 au 14 juin à Tampere pour couronner Sanna Marin à la présidence du parti en remplacement d’Antti Rinne, n’a pas encore pris la décision de renvoyer le congrès. Pour Antton Rönnholm, secrétaire général du parti, la situation du parti n’est pas inquiétante. Il est toutefois probable qu’Antti Rinne sera président du parti jusqu’à l’automne.
TS

publié le 25/03/2020

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