Revue de la presse du lundi 12 juin

Politique intérieure

Vrais Finlandais

« La victoire de Halla-aho fait trembler le gouvernement » HS

« La révolution des partisans de M. Halla-aho » HS

« Un coup de froid sur le gouvernement » AL

« Une victoire écrasante » KS

L’eurodéputé Jussi Halla-aho a été élu au premier tour avec 56,2% des voix nouveau président du parti des Vrais Finlandais.

En dépit de l’appui de M. Soini qui présidait le parti depuis vingt ans, le ministre des Affaires européennes Sampo Terho M. Terho a donc été défait par Halla-aho qui avait axé sa campagne sur une ligne dure tant contre l’immigration que contre l’intégration européenne. Les partisans de M. Halla-aho occupent désormais tous les sièges de la direction des Vrais Finlandais. Les candidats soutenus par Jussi Halla-aho aux trois vice-présidences du parti, les députés Laura Huhtasaari, Teuvo Hakkarainen et Juho Eerola, ont tous été largement élus. La supériorité de M. Halla-aho se concrétise par le fait que sa candidate, Mme Laura Huhtasaari, a battu le ministre de la défense Jussi Niinistö pour le poste de premier vice-président. Helsingin Sanomat souligne qu’il s’agit d’une vrai révolution : alors que les ministres Terho et Niinistö avaient formé un ticket pour diriger le parti, ils ont été balayé et, avec eux, c’est tout l’héritage populiste de M. Soini qui est parti. Les Vrais Finlandais sont devenus en un jour un parti moderne d’extrême-droite comme les démocrates suédois.

Les autres candidats de la ligne dite « réservée sur l’immigration » complètent donc cette domination. Seule réélue, la secrétaire générale du parti Mme Riikka Slunga Poutsalo, avait elle aussi signé le manifeste sur l’immigration de M. Halla-aho.
Dès l’élection connue, le Ministre des Finances et président du parti Kokoomus Petteri Orpo a déclaré qu’il fallait « réfléchir quant à savoir si la conditions d’un maintien de la coopération gouvernementale sont toujours réunies ».

Le Premier ministre Juha Sipilä a déclaré lui aussi que cette élection « tait un défi pour le gouvernement ».

M. Halla-aho a informé le Premier ministre qu’il était favorable au maintien de son parti dans le gouvernement mais qu’il ne souhaitait pas « rester au gouvernement à n’importe quel prix si on ne progresse pas sur les questions importantes pour les Vrais Finlandais et sur lesquelles il existe des objectifs communs aux partis de la coalition ». Il faisait référence directement à certaines mesures sur l’immigration et à des questions européennes.

Selon le président du groupe parlementaire des Vrais Finlandais, M. Kankaanniemi, le programme gouvernemental contient 80 mesures sur l’immigration et beaucoup reste encore à réaliser.

Selon la chercheuse Mari K. Niemi, la victoire de M. Halla-aho transforme clairement le parti des Vrais Finlandais qui coupe le cordon avec sa base populiste agrarienne et devient un parti européen moderne d’extrême-droite, comme le parti des démocrates suédois ou le parti du peuple danois. Selon Yle, M. Halla-aho envisageait de changer de groupe au parlement européen : quitter le CRE pour rejoindre l’ELDD où il était avant.

Mme Huhtasaari a souligné que « les Vrais Finlandais se placent désormais là où naissent les partis populistes européens et deviennent un parti nationaliste moderne ».

M. Halla-aho a répété que, selon lui, il n’est pas bon que l’ancien président Timo Soini continue comme ministre des Affaires étrangères. Il a déclaré qu’il avait une idée sur le nom du prochain ministre des Affaires étrangères mais n’a pas souhaité l’annoncer.
HS KS AL yle

« La démission du gouvernement est probable » AL

La présidente du parti de l’Alliance des Gauches Li Andersson a demandé de nouvelles élections.

Parmi le parti conservateur Kokoomus, membre de la coalition, les députés européens Hanna Virkkunen et Sirpa Pietikäinen ont jugé qu’une coopération gouvernementale avec les Vrais Finlandais de M. Halla-aho était inenvisageable. Le nouveau maire d’Helsinki Jan Vapaavuori a déclaré la même chose.

Le parti populaire suédois et le parti des Chrétiens-démocrates ont annoncé qu’ils étaient prêts à négocier une possible entrée au gouvernement a annoncé STT.
Selon l’agence de presse STT, les partis au gouvernement réfléchiraient à plusieurs options : soit continuer dans la coalition actuelle avec les Vrais Finlandais pour boucler la réforme des services sociaux et de santé, soit changer de coalition au profit des deux partis de droite de l’opposition le parti populaire suédois et le parti chrétien-démocrate, soit enfin envisager de négocier avec le PSD.

Dans le cas d’une démission du gouvernement, le président Sauli Niinistö a annoncé, dimanche, que la solution naturelle serait alors de chercher à former une nouvelle coalition gouvernementale. Ce n’est que si cela n’était pas possible, selon lui, qu’il faudrait alors envisager de nouvelles élections.

Le Premier ministre Juha Sipilä a déclaré qu’il n’envisageait pas de durcir la politique de son gouvernement ni sur l’immigration ni sur l’UE.

Il a annulé sa participation à la table-ronde organisée par le Président Sauli Niinistö et « vidé son agenda » sur les trois prochains jours. Il a convié les présidents des autres partis de la coalition, M. Halla-aho et M. Orpo pour des négociations lundi 12 juin à 10h. A midi, le président des Vrais Finlandais a quitté ces négociations sans faire de déclaration.

Les groupes parlementaires des deux autres partis de la coalition, le Centre et le Kokoomus vont se réunir lundi soir.
HS KS AL Yle

Editoriaux

« La mue des Vrais Finlandais » HBL

« Une période trouble après le règne de M. Soini » HS

L’éditorialiste d’Helsingin Sanomat compare le congrès des Vrais Finlandais à un parricide où l’on a tué le père, c’est-à-dire Timo Soini. Cela change durablement ce parti et le spectre politique finlandais : le parti populiste attrape-tout de M. Soini devient un mouvement anti-immigré et anti-UE. Ils ont beaucoup de partis similaires en Europe. La question est désormais de savoir qui voudra s’allier à eux en Finlande car dans aucun autre pays ils ne sont au gouvernement.

L’éditorialiste d’Hufvudstadsbladet rappelle que l’incertitude sur ce qui va se passer dans la politique intérieure est importante. Il note que l’on ne connaît toutefois pas quelle est la part de membres ou électeurs du parti qui sont favorables à Jussi Halla-aho. Les mille personnes ayant voté pour sa présidence représentent 10 % des membres du parti.

L’éditorialiste spécule sur l’éventualité que le Centre et le Rassemblement national veuillent ou non continuer la coopération gouvernementale avec M. Halla-aho à la tête des Vrais Finlandais. S’ils souhaitent poursuivre la coopération, cela signifie qu’ils ferment leurs yeux concernant ce que représente M. Halla-aho. L’éditorialiste rappelle que jusqu’à présent, une personne avec les valeurs de Halla-aho n’a jamais fait partie d’un gouvernement d’un Etat de l’Europe occidentale. La Finlande, pourrait-elle constituer l’exception ?

Ce matin, l’éditorialiste de Hufvudstadsbladet estime que la situation politique actuelle pourrait avoir des conséquences pour le Parti suédois. Ce parti qui traditionnellement avait depuis longtemps participé au gouvernement est dans l’opposition depuis deux ans. Cela nécessite du calme et de la réflexion de la part du parti car si le gouvernement change, il faudra négocier un nouveau programme du gouvernement. L’éditorialiste note que dans son discours, lors de la réunion du Parti suédois, ce week-end, la présidente Anna-Maja Henriksson a évoqué l’importance d’une réforme de la politique familiale, l’investissement à l’éducation, l’augmentation du quota de réfugiés, une hausse de crédits au développement et une politique européenne active. La liste des priorités du parti est longue.

L’éditorialiste estime que les jours qui viennent, on va pouvoir peser les valeurs que le Centre et le Rassemblement national disent qu’ils soutiennent.
HBL/dim/30, lun/16

Politique étrangère et européenne

Débat organisé par la présidence sur la défense et la sécurité

Participation de Federica Mogherini aux Kultaranta talks

« La volonté des Européens de se préoccuper de leur défense est forte » AL

Le Président Niinistö a inauguré, hier, l’évènement « Kultaranta talks » en rappelant l’importance pour l’Europe de plus investir dans sa sécurité.

François Heisbourg, directeur de l’International institute for Strategic studies, qui a modéré le débat, a posé aux intervenants la question de savoir quelle a été leur réaction aux propos de Mme Merkel sur le destin de l’Europe suite à la visite de M. Trump. Federica Mogherini, Haut Représentant de l’Union pour les affaires étrangères et de la sécurité, a dit que l’UE était arrivée à la même conclusion il y a déjà douze mois. Elle a présenté, avec le vice-président de la Commission Jyrki Katainen, mercredi dernier, un papier sur le renforcement de la coopération de défense et estime que l’on avance désormais très rapidement dans cette question et plus concrètement que durant les dix à quinze dernières années. Selon elle, 80% des Européens le souhaitent. Elle souligne que se charger de son destin se fait parce que l’UE le veut bien et non pas parce que quelqu’un nous le demande.

« Toute union digne de ce com doit assurer la sécurité de ses citoyens », a affirmé le président Niinistö.

« Nous ne parlons pas de sécurité collective, ou au moins pas encore », a-t-il toutefois dit aussi. Il a néanmoins souligné que, les projets de la commission, qui comprenaient trois scénarios menaient finalement tous à un seul chemin où l’on marche vers une défense commune.

Rose Gottemoeller, secrétaire général adjointe de l’OTAN, a souligné que l’OTAN n’envisageait pas de se retirer de l’Europe.

Aamulehti rappelle que le sujet de la défense européenne est un des sujets de prédilection du Président Niinistö et qu’il a du être fâché que le congrès des Vrais Finlandais lui fasse de l’ombre. Le quotidien estime pour sa part que les débats de cette année étaient un peu une redite de ceux de l’année dernière.
HS/lun/A14 KS AL

Politique européenne

Déclarations de M. Lipponen

La correspondante à Berlin de Helsingin Sanomat a suivi l’ancien premier ministre paavo Lipponen en visite à Berlin pour le vernissage d’une exposition de sa fondation.
L’ancien premier ministre social-démocrate presse l’actuel PM Juha Sipilä à avoir une politique européenne plus active. Il juge que le Brexit aurait du ouvrir les yeux du gouvernement et le pousser à prendre des initiatives. « Le Brexit signifiera un pouvoir accru des pays du Sud de l’Europe juge M. Lipponen.

Il juge qu’après les élections en Allemagne, la France et l’Allemagne vont lancer des réformes en Europe et qu’il faut absolument que la Finlande y participe.

« C’est la préparation du départ. Il n’y aura pas de vacances d’été. L’agenda de l’Europe ne va pas attendre les vacances des Finlandais : le gouvernement doit être actif et rencontrer ses collègues en Europe. C’est encore la phase où on peut influencer, il faut donc se bouger ».
HS

Editoriaux

« L’UE doit se fixer des priorités » KL

Kauppalehti juge que l’UE doit apprendre des crises et éviter d’en connaître de nouvelles. C’est pourquoi, dans le débat sur l’avenir de l’UE, le quotidien économique juge qu’il faudrait choisir l’alternative consistant à ce que l’UE se concentre sur certains objectifs comme le marché intérieur ou le marché numérique. La promotion du libre-échange et la coopération de défense font aussi partie des questions clés.
Néanmoins, l’un des facteurs de crise en Europe a été d’essayer d’approfondir l’intégration dans de nombreux domaines en même temps et de s’élargir au même moment. C’est pourquoi l’éditorialiste juge que l’UE doit se fixer des priorités.
KL

« Nous ne sommes pas de la même famille » HS

Helsingin Sanomat revient sur le débat actuel concernant la possibilité de mutualiser une partie des dettes en lançant des eurobonds.

L’éditorialiste se demande quelle est la motivation pour cela. En effet, est-ce qu’il y a des Etats qui ont du mal à trouver des financements ? Pas actuellement.

Or, le modèle des eurobonds tendrait à diminuer les risques en lissant les différences de taux d’emprunts entre les Etats. Or, il ne serait pas raisonnable d’avoir une politique qui tende à couper le lien entre les causes (mauvaise politique budgétaire) et les conséquences (fort taux d’emprunts). En tous cas pas du point de vue des Etats rigoureux. En effet, ces Etats empruntent quasiment gratuitement. Quelle serait donc leur motivation de s’engager avec des Etats qui n’inspirent pas la confiance ? Aucune.
Ce modèle pourrait convenir dans un vrai Etat fédéral. Mais l’UE n’en est pas un, conclut HS.
HS

Royaume-Uni

Selon MM. Sipilä et Soini, les négociations sur Brexit pourraient prendre du retard

Le Premier ministre Juha Sipilä (Centre) constate que le peuple britannique s’est exprimé et que, pendant un moment, la situation restera un peu confuse jusqu’à la formation d’un nouveau gouvernement. Pour la Finlande, il importe que ce gouvernement soit formé rapidement afin que l’on puisse respecter le calendrier des négociations sur le Brexit.

M. Sipilä note que, comme la Grande-Bretagne est un partenaire commercial important pour la Finlande, il serait positif que le commerce ne souffre pas d’obstacles supplémentaires.

Une priorité des négociations sera de se mettre d’accord sur le statut des Finlandais et des nationaux européens en Grande-Bretagne et de celui des Britanniques dans l’UE. Selon M. Sipilä, il faudra se mettre d’accord sur un cadre économique dans la première phase des négociations.

Pour lui, il est peu probable que l’on puisse entamer les négociations le 19 juin comme prévu. Elles ne devraient toutefois pas prendre plus de retard que nécessaire pour la formation de la coalition gouvernementale.

Le ministre des Affaires étrangères, M. Soini (Vrais Finlandais) estime que Mme May arrivera à former un nouveau gouvernement. Pour lui, le résultat des élections n’aura aucun effet sur les relations entre la Grande-Bretagne et la Finlande. Il pense lui aussi que le début des négociations sur le Brexit pourrait être reporté.
HS/sam/B3

Editoriaux

« Les Britanniques ont rejeté la ligne de Mme May » HS

« Pas de victoire pour les conservateurs, mais plus d’instabilité » KS

L’éditorialiste d’Helsingin Sanomat relève que c’est M. Corbyn qui sort vainqueur de la campagne électorale.

Keskisuomalainen souligne que la principale raison à la défaite des conservateurs est la mauvaise campagne de Mme May.
HS

France

Politique

« Macron écrase la gauche et la droite » HS

« Macron vise le gros lot » HS

« Le mouvement de Macron en position de force » AL

« Le mouvement de M. Macron favori » Hbl

publié le 12/06/2017

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