REvue de la presse du lundi 16 avril

Politique étrangère et européenne

Syrie

Titres
« Que va-t-il se passer après les frappes en Syrie ? » HS
« Les pays occidentaux ont défendu les frappes en Syrie » HS
« Qu’ont permis d’obtenir les frappes ? Que va faire la Russie ? « HS
« Les frappes ont fait pression sur la Russie » KS
« A Moscou, on raconte une autre vérité à l’opinion russe » KS
« La tension augmente » AL
« Assad sauvé par la dissuasion que constitue la Russie » AL

Déclarations du Président Niinistö
Samedi, dans une interview accordée à Yle, le Président Sauli Niinistö a déclaré que "les frappes étaient attendues au regard des événements de ces derniers jours." Il a aussi souligné que le Président Macron les avait annoncées. Il juge qu’elles sont un peu plus fortes mais comparables à celles de l’année dernière. Il considère qu’elles ont à la fois un effet de sanction et un effet de dissuasion. Il faut espérer, selon lui, qu’elles freineront l’utilisation des armes chimiques.
Dans un communiqué publié samedi par la Présidence de la république finlandaise, M. Niinistö a jugé que "les frappes américano-franco-britanniques étaient limitées, comme cela avait été annoncé. Elles constituaient une réaction motivée à l’utilisation des armes chimiques de la semaine dernière. L’objectif est aussi de prévenir toute violation à venir de l’interdiction du recours aux armes chimiques. Elles étaient ciblées. Je pense que la Russie va peser une possible réaction. Mais une escalade du conflit ait courir le risque d’une propagation de la crise. Il semble pourtant qu’en dépit des déclarations publiques très virulentes, il y a un dialogue entre les parties et il sera très important de renforcer ce dialogue".
Yle tpk.fi

Déclarations du Ministre des Affaires étrangères Timo Soini
Le ministre des AE Soini a souligné, samedi, à la télévision, que "l’utilisation des armes chimiques est un crime de guerre. Les pays occidentaux étaient dans une situation où ils ne pouvaient pas ne pas réagir. Sinon, on le leur aurait reproché." "La Finlande condamne les crimes de guerre et l’utilisation d’armes chimiques. Les frappes étaient ciblées."
"J’espère que nous allons arriver à un dialogue. Un système international fondé sur des règles est le seul moyen d’avancer. Un système fondé sur la force est la violence est toujours moins bon".
Yle

« Le message des frappes doit viser la Russie » HS
Selon le spécialiste de sécurité du Helsingin Sanomat, Kari Huhta, "si la Syrie était bien la cible des frappes, il faudrait surtout délivrer un message à la Russie". En effet, l’utilisation des armes chimiques se déroule sous le nez des Russes. Mais pour que la Russie empêche cela il faudra trouver d’autres moyens que des frappes, écrit Huhta qui souhaite donc d’autres moyens de pression sur la Russie et sur l’Iran.
"En plus des frappes, il faut donc que les pays occidentaux agissent de concert (comme en témoignent ces frappes de trois Etats) et dans une politique de longue haleine, ce qui peut être un terme difficile pour Trump. Les difficultés de la Russie à s’adapter aux sanctions américaines montrent toutefois qu’il y a des alternatives aux missiles" conclut Huhta qui se réjouit aussi que la Finlande ait, dans ses commentaires, montré qu’elle était dans le camp occidental.
HS

"L’occident a frappé - mais cela ne va pas mettre fin à la guerre" IS
Selon Seppo Varjus, "les frappes occidentales étaient un beau théâtre mais ne vont pas peser sur la manière dont la guerre va continuer en Syrie". Il juge que les pays occidentaux ne veulent d’ailleurs même probablement pas que le régime d’Assad tombe (comme s’est empressée de la dire Mme May d’ailleurs) par peur que la Syrie devienne la repaire des djihadistes. "Cette fois, Assad et les Russes ont eu une leçon. Et les Britanniques pensaient d’ailleurs probablement aussi à Salisburry". Il pense que dès qu’il le pourra Assad reprendra les combats pour terminer la guerre.
IS

« Tuer des femmes et des enfants de manière conventionnelle est-il plus acceptable qu’avec des armes chimiques, se demande M. Tuomioja » IL
L’ancien ministre des Affaires étrangères Erkki Tuomioja estime que les frappes ne sont acceptables que si elles permettent de mettre fin à cette guerre et aux assassinats qui y sont commis.
Il se déclare gêné par le fait que l’on puisse penser qu’assassiner des femmes et des enfants par des armes conventionnelles serait plus acceptable que par des armes chimiques.
IL

« Les grandes puissances étaient légitimes à intervenir » IL

Interrogé par Iltalehti, le directeur de recherche de l’institut des relations internationales Mika Aaltola juge que les frappes étaient légitimes car le régime syrien s’était rendu coupable de violation des principaux droits fondamentaux. Il réfute les arguments du Président Poutine sur l’illégalité de l’intervention. Selon Aaltola, s’il est vrai que les pays occidentaux ne sont pas toujours logiques dans leurs interventions, cela ne signifie pas qu’il n’y aurait pas dans la situation actuelle une obligation d’agir pour faire respecter les règles sur les crimes de guerre.
IL

« Que va-t-il se passer après les frappes ? » IS
L’expert du CMI Mikko Patokallio estime que les frappes vont freiner le recours aux armes chimiques mais ne devraient toutefois pas résoudre le conflit. Il pense néanmoins que le débat sur le démantèlement de ces armes va se renforcer dans les semaines à venir.
Pour le professeur de stratégie militaire au collège de défense Jaakko Jäntti, la dernière phase de la guerre en Syrie va commencer entre les troupes d’Assad et la résistance. Il estime qu’il y a un risque d’escalade du conflit.
IS

« De nouvelles sanctions contre la Russie » KS HS

Kesksisuomalainen et Helsingin Sanomat rapporte que les Etats-Unis préparent de nouvelles sanctions contre la Russie. Ils relèvent aussi que les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni vont présenter un projet de résolution pour engager une enquête sur l’utilisation des armes chimiques en Syrie, mais qu’il y a peu de chance qu’elle passe le blocage de la Russie.
HS KS

« Sur la Syrie, le Président Macron regarde déjà l’avenir » Yle
« Le Président Macron a défendu les frappes en Syrie et indiqué que la France avait convaincu Trump de frappes ciblées » Yle
« La France n’a pas déclaré la guerre au régime syrien » US

La correspondante de Yle à Paris Annastina Heikkilä rapporte comment, selon Le Journal du Dimanche, le président Macron a décidé les frappes et souligne que « la France réfléchit déjà aux moyens d’éviter une catastrophe humanitaire en Syrie ». Selon elle, « Macron a une tactique efficace et logique » sur la Syrie.
Les propos du Président Macron sur la Syrie, dimanche soir à BFMTV, ont été largement repris. Le président Emmanuel Macron affirme avoir convaincu Donald Trump de garder ses troupes en Syrie. Selon lui, les Etats-Unis n’avaient initialement pas l’intention de frapper uniquement les cibles de l’attaque du samedi. « Nous l’avons convaincu de la nécessité de limiter les frappes sur les uniques cibles liées aux armes chimiques dès lors que la situation, à la suite des tweets, commençait à se dégrader », a-t-il dit en faisant allusion aux tweets du président Trump qui avait menacé la Syrie de nouvelles frappes par des missiles.
Le Président Macron a dit dimanche vouloir entamer un dialogue avec toutes les parties concernées par la guerre en Syrie, y compris la Russie, afin de trouver une solution à la situation en Syrie.
Yle Uusisuomi HS

Editoriaux
« L’attaque n’était pas une surprise, mais la grande question concerne les conséquences » HBL
« Contre la barbarie » AL
« Après les frappes, il faut trouver une autre solution » TS

L’éditorialiste de Hufvudstadsbladet estime que l’attaque aux armes chimiques ne pouvait pas ne pas engendrer une réaction. Les Etats-Unis et ses alliées, la Grande-Bretagne et la France n’avaient pas le choix. A l’heure actuelle, la question se pose sur le fait de savoir ce que fera la Russie. Qu’elle avance vers une confrontation directe avec les Etats-Unis est toutefois très improbable. La situation est néanmoins devenue plus tendue, estime l’éditorialiste qui regrette que le Conseil de sécurité soit si inefficace.
Pour Aamulehti, les frappes américano-franco-britanniques étaient une prise de position et non une solution à la guerre en Syrie. L’éditorialiste estime que pour résoudre ce conflit, il faudra des négociations, mais il semble très éloigné d’arriver à faire assoir les belligérants autour d’une même table.
Pour Turun Sanomat trouver une solution à ce conflit est très difficile tant les belligérants ont des soutiens différents et aux intérêts divergents. Mais c’est aussi nécessaire tant ce conflit a déjà fait de victimes.
HBL/dim/4 TS/dim AL/dim

ONU

Visite en Finlande de la directrice des Nations Unies pour les femmes
La directrice de l’organisation des Nations Unies pour les femmes, Phumzile Mlambo-Ngcuka, a effectué un déplacement à Helsinki à l’occasion du lancement du programme d’action finlandais « Les femmes, la paix et la sécurité ».
Mme Mlambo-Ngcuka a évoqué la violence contre les femmes en tant qu’épidémie mondiale contre laquelle il fallait intervenir.
La violence contre les femmes et les filles est un problème sérieux en Finlande qui se classe deuxième en Europe dans les statistiques en la matière.
Mme Mlambo-Ngcuka rappelle l’importance du fait que les institutions et les lieux de travail, par exemple, assument leur part de responsabilité dans la lutte contre les violences. Elle s’est félicité de la participation du Président Niinistö à la campagne HeForShe et rappelle que la Finlande est un des plus importants financeurs des Nations Unies pour les femmes.
Pour elle, le secteur des jeux vidéos finlandais pourrait s’investir dans la lutte contre les stéréotypes et s’efforcer d’influencer les attitudes des jeunes.
HS/sam/B6

Pays nordiques - Inde

Sommet des dirigeants nordiques avec le Premier ministre indien
Keskisuomalainen relève que le Premier ministre Juha Sipilä participera demain mardi à Stockholm en Suède à un sommet des dirigeants des pays nordiques avec le Premier ministre indien Narendra Modi.
Les pays nordiques souhaitent approfondir les relations économiques avec l’Inde. Le sommet est organisé à l’initiative de l’Inde.
KS/lun/14

Terrorisme

Les mouvements extrémistes islamiques attirent les femmes – sur les personnes partis de Finlande, un cinquième sont des femmes, certaines accompagnées de leurs enfants
Selon le ministère de l’Intérieur, l’extrême droite violente représente un danger plus prépondérant
Les mouvements extrémistes islamiques ont réussi à attirer de nombreuses femmes dans leurs rangs, y compris en Finlande. Sur les personnes parties de Finlande, un cinquième sont des femmes. C’est ce qui ressort du bilan sur l’extrémisme violent publié par le ministère de l’Intérieur, diffusé chaque année 2013.
Selon ce rapport, une vingtaine de femmes majeures et une trentaine d’enfants ont quitté la Finlande pour rejoindre des régions de combat. On estime qu’environ vingt enfants ayant des liens avec la Finlande seraient nés dans ces pays.
Selon les informations de la Supo, plus de 80 personnes sont partis de Finlande pour rejoindre les territoires de combat depuis 2012.
Néanmoins, l’extrême droite violente représente un plus grand danger en Finlande. Plus de la moitié des soupçons de crimes recensés l’année dernière par la police liés à un motif extrémiste provenaient de l’extrême droite.
www.hs

Justice

Ilja Janitskin de retour en Finlande pour être jugé
La police finlandaise a raccompagné en Finlande Ilja Janitskin, recherché pour nombres de crimes et délits (notamment incitations à la haine raciale) et extradé par Andorre.
HS

Iran

Hesburger ouvre un restaurant en Iran
La chaîne de restauration rapide finlandaise Hesburger a annoncé l’ouverture de son premier restaurant, vendredi à Téhéran.
Hesburger vise à ouvrir d’autres magasins au Moyen-Orient.
HS

Politique intérieure

Situation économique

La situation conjoncturelle de la Finlande est favorable mais il reste des défis
Les exportations, l’emploi et la situation de l’endettement s’améliorent

Le ministère des Finances a fait un bilan sur la situation économique de Finlande. Il prévoit une croissance de 2,6 % pour l’année en cours, de 2,2 % pour 2019 et de 1,8 pour 2020 pour se stabiliser à 1,5 % par la suite.
Les prochaines années, le taux d’investissements s’élèvera plus haut que jamais depuis le début des années 2000.
Ainsi le gouvernement atteindra ses principaux objectifs. Le taux d’emploi s’élèvera presque à 72 % pour la fin de la législature et continuera à augmenter ensuite pour s’élever à 72,5 % en 2020. L’endettement diminuera pour s’élever à moins de 60 % du PIB en 2019, et l’économie publique sera excédentaire en 2020, pour la première fois depuis 2008.
Les dépenses publiques se maintiendront à un plus haut niveau que les recettes. Le déficit budgétaire est de l’ordre de 1,3 milliards d’euros.
Le vieillissement de la population ainsi que les acquisitions de chasseurs pour l’armée de l’air vont augmenter les dépenses. Les défis de longue haleine des finances publiques n’ont ainsi pas disparu. Ces derniers temps, le ministère a rappelé que la natalité risquait de chuter.
L’accélération de la croissance de l’économie mondiale a été la plus décisive pour le rétablissement de l’économie finlandaise, mais la politique du gouvernement a également eu un effet.
Les perdants des mesures du gouvernement ont été les personnes aux plus faibles revenus qui sont sans emploi. Leurs allocations ont été augmentées lors des négociations sur le cadre budgétaire, la semaine dernière, mais cela ne compense pas les coupes précédentes.
Le prochain gouvernement pourra commencer ses travaux dans une situation conjoncturelle favorable mais, en même temps, il lui faudra faire face aux défis de longue haleine. A plus long terme, la croissance se ralentira inévitablement, rappelle Miko Spolander, directeur au ministère des Finances.
La réforme des services sociaux et de la santé est censée couper la croissance des dépenses de ce secteur de trois milliards d’euros pour 2029. Un nombre d’économistes ont remis en question la crédibilité de la réalisation de ces économies. Certains estiment que l’objectif de diminuer le déficit structurel repose trop sur cette réforme.
M. Spolander estime que si la réforme ne remplit pas les objectifs définis, il faudra œuvrer plus pour augmenter le taux d’emploi.
Le secrétaire d’Etat du ministère des Finances, Martti Hetemäki, estime que le taux d’emploi devrait s’élever à 75 % durant la prochaine législature afin que les finances publiques aient une base durable.
HS/sam/B8-9, KL/lun/A7

Réforme des services sociaux et de la santé

Etude sur la liberté de choix au Parlement
Helsingin Sanomat rapporte que le projet sur la liberté de choix, lié à la réforme des services sociaux et de santé, est à l’étude des commissions du Parlement depuis trois semaines.
Les partis du gouvernement souhaitent que les projets de loi soient votés avant les congrès du Centre et du Rassemblement national. Les deux congrès auront lieu du 8 au 10 juin prochain.
Les partis de l’opposition, quant à eux, estiment qu’il n’y aura pas assez de temps pour une étude approfondie. Plusieurs experts de droit constitutionnel et la Cour administrative suprême exigent que le gouvernement soumette son projet à la Commission européenne.
La commission des lois constitutionnelles du Parlement devrait publier prochainement son avis pour savoir si les projets de loi sont conformes à la constitution.
HS/sam/A14

Social

Projet de grève dans le secteur des services
Selon Helsingin Sanomat, le syndicat du secteur tertiaire Pam compte demander l’avis de ses membres à Helsinki et en Uusimaa (région autour de la capitale) afin de savoir s’ils sont prêts à se mettre en grève pour manifester contre les décisions du gouvernement qui affaibliraient la sécurité des employés.
Le gouvernement a décidé la semaine dernière qu’il serait possible, pendant une durée déterminée, de recruter un chômeur de moins de 30 ans pour un CDD sans le justifier.
Le gouvernement a également décidé que les conditions du licenciement seront relâchées dans les entreprises de moins de vingt personnes.
HS/lun/A8

France

Politique

« Le Président Macron a défendu ses réformes » HS
Editorial : « Les syndicats français risquent de se couler par leurs grèves » HS

Helsingin Sanomat rapporte que, lors d’une interview télévisée, vendredi, le président a défendu ses réformes. Le quotidien relève que tant le président que les syndicats ne semblent pas vouloir céder dans le différend qui les oppose sur la réforme de la SNCF.
Dans un éditorial publié ce jour, HS estime que le président Macron est en position de force puisqu’il dispose d’une confortable majorité au parlement. « Le bras de fer entre Macron et les syndicats devrait aboutir sur une victoire du président. Si c’est le cas, la réforme du marché du travail devrait se poursuivre et la France changer de cap », conclut l’éditorialiste.
HS

publié le 16/04/2018

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