Revue de la presse du lundi 9 avril

Politique étrangère et européenne

Syrie

Réactions finlandaises
Toni Alaranta, chercheur à l’Institut de relations internationales UPI, estime qu’il est prématuré d’évaluer les conséquences de l’attaque. Jusqu’à présent, les déclarations sont allées dans le sens que s’il y a confirmation qu’il s’agissait d’une attaque chimique, il y aura des réactions. Mais personne ne dispose et ne peut pas disposer d’information réelle sur le fait de savoir s’il y a eu une attaque chimique et par qui.
Il n’exclut pas une riposte des Etats-Unis telle que les tirs de missiles après l’attaque au gaz de Khan Sheikhoun, mais il ne le considère pas comme probable. Il considère comme problématique qu’il est difficile d’interpréter ce qu’ils envisagent. Il est difficile de faire de conclusions sur ce que disent le Président Trump et son administration.
Pour le Premier ministre Juha Sipilä, la communauté internationale ne tardera pas à réagir à des attaques comme cela, surtout s’il s’avère qu’il s’est agi d’armes chimiques. Il note qu’on ne le sait pas encore et qu’il y a de forts soupçons.
Il estime qu’il est frustrant de se retrouver encore dans une situation où de telles attaques ont lieu. Avec Daech battu, on aurait espéré que l’aide humanitaire arrive à destination et que le processus de reconstruction puisse démarrer.
Paula Vanninen, directrice de Verifin, institut finlandais de vérification de la convention des armes chimiques, estime que malgré la destruction des armes chimiques syriennes, il en est peut-être resté une réserve. Elle n’exclut pas non plus que l’administration syrienne ait acheté le matériel d’armes chimiques pour en fabriquer.
Concernant les estimations qu’il se soit agi du chlore, elle rappelle que même si l’utilisation militaire du chlore est interdite, ce produit n’est pas entièrement interdit.
HS/lun/A6-7

Attaque de Turku

Le procès commence aujourd’hui
Le procès concernant l’attaque au couteau à Turku, en août dernier, commence aujourd’hui. Le ressortissant marocain est accusé de deux meurtres et de huit tentatives de meurtre.
Dans le procès, il s’agit surtout de savoir s’il s’est agi d’un acte terroriste ou non. L’accusé a admis les actes de violence et se considère comme terroriste, mais sa défense ne considère pas qu’il ait été motivé par la volonté d’engendrer de la terreur.
Helsingin Sanomat rend compte du fait que Martin Scheinin, professeur en droits de l’homme, a évoqué à l’automne le fait que selon le code pénal, un crime est terroriste s’il engendre des dégâts importants à l’Etat, alors que pour M. Scheinin il faudrait y lire « pays ». Il estime que l’Etat signifie surtout l’administration alors que pays se réfère plutôt à la société.
Matti Tolvanen, professeur en droit pénal, estime que « l’Etat » peut tout aussi bien faire référence au reste de la société.
Le tribunal d’instance devra réfléchir à la définition d’un crime terroriste.
HS/lun/A8

ONU

Selon le Cedaw, la Finlande n’a pas protégé suffisamment une femme et son enfant contre la violence
Helsingin Sanomat relève que le Comité de l’ONU pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes, Cedaw, a publié jeudi dernier sa première décision concernant la Finlande.
Selon cette décision, la Finlande a violé la convention pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes, parce qu’elle n’a pas protégé une Finlandaise et son enfant contre le danger de la violence conjugale. Plusieurs plaintes sur la violence du père avaient été faites et il avait été condamné pour violence. Malgré cela, les autorités l’ont considéré comme un meilleur parent proche et la justice lui a accordé la garde ce l’enfant.
Le comité estime que le transfert de la garde d’enfant de la mère au père n’a pas été justifié. Selon Krista Oinonen, directrice aux questions sur les droits de l’Homme au ministère des Affaires étrangères, « la Finlande devra déposer d’ici six mois, un rapport au Cedaw sur les mesures prises dans cette affaire ».
HS/sam/A13

Défense

Les candidats pour le successeur des F-18 seront tous présents à Tikkakoski
Le centenaire de l’armée de l’air finlandaise présentera tous les candidats pour le successeur des Hornet F-18 à Tikkakoski au mois de juin. Les fabricants BAE Systems, Boeing, Dassault Aviation, Lockheed Martin Aeronautics et Saab participeront à l’évènement.
Les fabricants présenteront chacun un espace d’exposition que le public pourra visiter en posant des questions sur la technologie des appareils. Il se pourrait cependant que l’on ne voie pas tous les avions en vol.
Le commandant de l’armée de l’air Sampo Eskelinen a annoncé en janvier que les appels d’offre seront envoyés aux constructeurs en avril-mai.
Le show aérien sera organisé à Tikkakoski les 16 et 17 juin.
KS6.4./64

« Un nouveau coup pour la coopération militaire de l’UE », titre le quotidien Keskisuomalainen
« La coopération militaire européenne avance rapidement mais ne se forge pas forcément au sein de l’Union européenne », écrit le journaliste Janne Yläjoki.
La France a fait savoir mercredi dernier qu’elle est en train de rassembler de nouvelles troupes d’intervention européennes qui n’ont rien à voir avec l’UE.
La liste des pays participants sera publiée en juin mais il semble d’ores et déjà qu’elle sera restreinte. Selon le gouvernement français, seule une douzaine d’Etats européens dont notamment l’Allemagne, les Pays Bas, la Grande-Bretagne et le Danemark en feront partie. Il s’agit, selon Reuters, de rassembler des pays européens qui ont « une capacité militaire » et « une volonté politique à formuler une analyse commune dans des crises graves » et la capacité « d’y répondre rapidement ».
Pour la coopération Pesco, la France aurait souhaité rassembler un groupe plus restreint avec des objectifs plus ambitieux pour que dans des cas comme la Libye et le Mali une opération militaire puisse être entamée rapidement. C’est la ligne plus prudente préconisée par l’Allemagne qui l’avait remporté.
L’UE possède depuis de nombreuses années ses troupes de réaction rapide qui n’ont jamais été utilisées. Par contre dans des opérations de gestion de crise, l’UE tient, depuis plusieurs années, un rôle central.
KS6.4./24-25

Politique intérieure

Gouvernement

Préparation des négociations sur le cadre budgétaire
Le Premier ministre et président du Centre Juha Sipilä et le ministre des Finances et président du Rassemblement national Petteri Orpo ont déclaré que les négociations sur le cadre budgétaire de mardi et mercredi seraient l’occasion de préciser le modèle d’activation des chômeurs.
Le premier ministre envisage d’élargir les types de formation permettant de remplir le critère d’activité et de recruter plus d’agents dans les centres d’emploi.
M. Sipilä a aussi exprimé sa confiance dans le fait que la réforme des services sociaux et de santé serait votée ce printemps.
HS

Emploi

Le modèle d’activation ne se voit pas chez les entreprises
Helsingin Sanomat a interviewé des représentants d’entreprises qui font part de leurs difficultés à recruter de la main d’œuvre. Ils soulignent que l’entrée en vigueur du modèle d’activation des chômeurs ne s’est pas traduite par une augmentation de l’offre de main d’œuvre.
Le ministre des Finances Petteri Orpo a exprimé son inquiétude concernant les difficultés sur le marché de l’emploi : il y a des dizaines de milliers d’emplois non pourvus alors qu’il y a toujours plus de 200 000 chômeurs.
HS

Parlement

La commission des affaires sociales et de la santé rejette l’initiative populaire en faveur d’une loi sur l’euthanasie
Helsingin Sanomat rapporte que la commission des affaires sociales et de la santé du Parlement propose dans un avis unanime, publié vendredi dernier, de rejeter l’initiative populaire afin d’approuver l’euthanasie en Finlande. L’initiative populaire sera ensuite étudiée et votée prochainement en séance plénière du Parlement.
La commission des affaires sociales et de la santé souligne l’importance de l’amélioration des soins palliatifs et propose la création d’un groupe de travail à ce sujet.
Cinq anciens députés, représentant cinq partis politiques différents, sont à l’origine de cette initiative populaire.
Le quotidien a effectué, début janvier dernier, un sondage auprès des députés sur l’euthanasie. 74 députés sur 200 ont répondu, 51 ont été favorables et 23 contre l’approbation de l’euthanasie.
HS/sam/A18

Démographie

Le ministère des Finances s’inquiète de baisse de la natalité
Helsingin Sanomat relève que la natalité a chuté en Finlande beaucoup plus que prévu. Le ministère des Finances s’en inquiète beaucoup.
Martti Hetemäki, secrétaire d’Etat au ministère des Finances, s’est exprimé plusieurs fois en la matière. Il s’inquiète surtout du fait que pendant les deux dernières années, la mortalité a été supérieure à la natalité. En 2010, environ 61 000 bébés sont nés mais en 2017 environ 50 000.
M. Hetemäki évoque la situation des jeunes hommes de 25-34 ans. Leur taux d’emploi s’est affaibli depuis l’an 2000. La formation des jeunes hommes est inférieure à celle des jeunes femmes. Cela mène à un taux d’emploi inférieur et à des revenus modestes. Parmi les hommes de 25-34 ans, 18 % ont des revenus modestes, tandis que parmi les femmes il y en a moins de 10 %.
Le nombre de jeunes hommes aux revenus modestes a triplé depuis 2000. Cela peut être une des raisons de la faible natalité : un grand nombre de Finlandais sont en situation, d’exclusion à l’âge qui est opportun pour fonder une famille.
M. Hetemäki ne veut pas évaluer si la prolongation de l’âge de la scolarité ou la gratuité des études après le collège pourraient aider à augmenter la natalité.
HS/lun/A12

publié le 09/04/2018

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