REvue de la presse du vendredi 6 octobre

Politique étrangère et européenne

Politique européenne

Visite de M. Soini à Paris

« L’UE n’a pas besoin d’un ministre des Finances » Hbl

« La réponse à la crise de l’Europe n’est pas plus d’Europe » IS

« On ne peut pas passer sous silence les événements de Catalogne » Yle

« L’UE n’a pas besoin de ministre des Finances ni de budget de l’eurozone » IL

STT rapporte que le Ministre des Affaires étrangères Timo Soini a été reçu hier par le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves le Drian. Selon Iltalehti, les ministres ont discuté des réformes de l’UE.

STT rappelle que le Président français promeut une intégration l’union économique et monétaire.

« De telles propositions ambitieuses sont nécessaires car elles lancent le débat. Mais cela ne signifie pas que l’on est d’accord sur tout, ni non plus que l’on ne peut pas changer d’avis sur un sujet à un moment », dit M. Soini.

Les propositions du Président Macron sont toutefois éloignées de la pensée de M. Soini pour qui « la réponse à, la crise que traverse l’Europe ne doit pas être de proposer plus d’Union européenne. C’est comme cela : à toutes les questions qui se posent on ne peut pas répondre en disant plus d’Europe. Pour certaines questions, c’est déjà le cas, et par exemple pour la coopération de défense, c’est vrai ».

STT précise que si la Finlande et la France promeuve un approfondissement de la coopération de défense, cela ne veut toutefois pas dire que l’UE est en train de créer sa propre armée. « On se méprend si on croit que l’UE est en train de créer sa propre armée, dit-il. Il insiste au contraire sur la nécessité de développer une coopération structurée et un fonds de défense.

« On peut accepter un fonds pour la défense. Cela pourrait profiter à l’industrie finlandaise de défense comme Patria » dit le Ministre.

Iltalehti rapporte que le gouvernement finlandais doit prendre position cet automne sur trois propositions de réforme de la zone euro : la création d’un ministre des Finances et d’un budget de la zone euro ainsi que d’un fonds monétaire européen. Selon M. Soini, la Finlande ne peut pas approuver ces propositions car il y a le risque que ces propositions augmentent la solidarité financière entre les Etats.

« C’est contraire au programme gouvernemental, et il n’y a donc pas besoin d’autre justification. Le problème de l’Europe n’est pas qu’il manque un ministre ou un autre organe. On a besoin de plus d’innovation, d’éducation, d’investissements et de croissance ».

« Chaque Etat membre gère sa propre dette et son économie et doit respecter ses engagements. Je ne vois pas de nécessité de modifier l’union monétaire dans une autre direction ».

STT relève que le transfert du siège de la banque Nordea en Finlande semble avoir jeté en Finlande une nouvelle lumière sur le projet de garantie des dépôts commune.
M. Soini ne veut pas se prononcer sur la position du gouvernement sur le sujet, mais admet que l’on en discute entre les partis de la coalition. « Quand il y a un changement comme celui constitué par le transfert de Nordea, c’est important de savoir qui assume la responsabilité de garantir ces dépôts », se contente-t-il de dire.
Selon Yle, les ministres ont aussi discuté de la politique migratoire et notamment du renvoi des demandeurs d’asile déboutés. « Nous avons constaté qu’il faut améliorer les choses dans l’UE. Si un Etat membre n’arrive pas à renvoyer les demandeurs d’asile déboutés, il devient rapidement uns destination privilégiée », estime M. Soini. A Amnesty International qui demande à ce que les renvois vers l’Afghanistan soient suspendus, il répond : « Nous appliquons la loi et les principes de l’Etat de droit. Les administrations prennent les décisions sans que les politiques n’y interfèrent. »

Concernant la proposition de créer un centre européen pour étudier les demandes d’asile, M. Soini déclare : « J’ai rappelé à mon collègue français que la Finlande avait accepté d’accueillir plus de 2 000 réfugiés au titre des transferts. On ne pourra prendre de nouvelle décision que quand tous les autres Etats membres auront eux aussi remplis leurs engagements et assumé leur part du fardeau ».

Yle rapporte que les ministres ont aussi discuté de la Catalogne. « Nous souhaitons du calme de la part de toutes les parties. Les représentants de l’Espagne et de la catalogne devrait se réunir et arriver à un compromis », dit M. Soini qui estime qu’il n’est pas réaliste de demander à l’UE de jouer le rôle de médiateur.

M. Soini ne pense pas que cette crise ralentisse les projets de réforme de l’UE, mais il juge qu’il ne faut pas non plus les nier. « Il ne faut pas passer sous silence de tels événements. Mas la seule solution réside toutefois dans les négociations et personne ne peut obliger les parties à négocier. »
Is Il Hbl Yle

Editorial

« La Finlande doit rester dans le cœur de l’intégration européenne » HS

L’éditorialiste d’Helsingin Sanomat écrit que « Les tensions sur le développement de la zone euro et de l’UE nous sautent aux yeux quand on écoute un européen du sud et un représentant du ministère finlandais des Finances sur le développement de la zone euro. Pour l’expert de l’Europe du sud, la zone euro est un système politique et c’est précisément pourquoi il faut renforcer ce caractère politique. En revanche, pour le représentant finlandais du ministère des Finances, il s’agit d’une entité économique fondée sur les règles de la monnaie unique et il ne faut pas y introduire des caractères politiques ni des responsabilités économiques entre les Etats », écrit l’éditorialiste de HS. Selon lui, là où les Etats du dus de l’Europe considèrent que les règles de l’UEM contraignent les politiques économiques et ne permettent pas de faire face aux crises conjoncturelles, l’Allemagne considère au contraire que ces règles ne sont pas assez respectées.

HS estime qu’après les élections de cette année en France et en Allemagne, il devient clair que l’on va relancer le développement de l’UE et diminuer les différences de points de vue. Mais comme toute l’union n’arrivera pas à avancer ensemble, on va créer autour de la zone euro un groupe pionnier qui sera dirigé par ce duo de grands Etats. Et pour que ce groupe puisse avancer de manière efficace, on va rendre l’eurozone plus intégré.

Pour les Finlandais, on ne peut pas, au prétexte de vouloir se défendre contre des chocs asymétriques, construire un système de sauvetage financé par l’argent public n’ait pas un caractère politique. Là où les pays du sud voient un accord technique sur la solidarité financière, les pays du nord y voient une question politique délicate, écrit HS.

Mais les Finlandais ne remarquent pas que le train est déjà parti et qu’il faut absolument en être. Dans la vie, il faut parfois accepter de mauvaises décisions. Même des décisions politiques et que l’on n’apprécie pas. Il faut s’attendre à ce que Berlin fasse des compromis aux pays du sud. La Finlande doit se concentrer pour peser les quelques sujets les plus délicats qui augmentent la solidarité financière. Et en contrepartie, il faut être prêt à accepter d’autres questions moins mauvaises – par exemple la création d’un ministre des Finances de la zone euro et un fonds monétaire européen », conclut HS.
HS

Blog de M. Soini

Dans son blog, le ministre des Affaires étrangères répond à l’éditorialiste d’Helsingin Sanomat et au représentant du patronat EK qui expriment leur mécontentement sur la politique européenne du gouvernement.

« La croissance est là, le chômage recule. Et tout cela n’est pas dû à la solidarité financière mais au travail des Finlandais et à la coopération internationale. »
« La politique du bail-out est immorale et incite à se comporter avec gabegie. Tant que nous laisserons comprendre que nous payons les factures des spéculateurs cupides, nous aurons à payer. Je ne vais pas promouvoir des choses stupides ou immorales. »

« Je considère que la sortie des Britanniques de l’UE est regrettable pour la Finlande. Mais je ne me fais pas de soucis pour les Britanniques, ils s’en sortiront. Et la Finlande aussi s’en sortira tant qu’elle n’acceptera pas de régler la facture de projets stupides ».
Timosoini.fi

Politique intérieure

Partis politiques

Avenir bleu

L’association Avenir bleu a réussi à rassembler les 5000 noms nécessaires pour pouvoir créer un parti. Une conférence de presse est prévue la semaine prochaine, selon Simon Elo, président du groupe parlementaire.
HS/A15

Sécurité

Le gouvernement a adopté la stratégie de sécurité intérieure

Le gouvernement a adopté, hier, une stratégie de sécurité intérieure, qui propose des moyens pour diminuer la peur et l’insécurité engendrée par la criminalité, les dérangements, des accidents et des phénomènes nationaux ou internationaux.
Le document qualifie l’exclusion sociale accrue comme le défi le plus central en matière de sécurité intérieure.

Comme la population se divise fortement entre ceux qui réussissent et les exclus, les problèmes en matière de sécurité s’accumulent chez une petite minorité. Des personnes représentant moins de 5 % de la population commettent plus de la moitié de tous les crimes. Des personnes représentant 10 % de la population sont victimes de deux tiers de tous les actes violents commis.

La part des jeunes adultes qui risquent de s’exclure socialement est en hausse. Selon l’OCDE, plus de 20 % des hommes finlandais de 20 à 24 sont au chômage et sans formation.

Des mesures sous forme d’information et formation seront entreprises concernant les enfants et les adolescents.

La stratégie propose d’augmenter les attributions et les capacités des autorités. Il faut prévoir d’augmenter les acquisitions matérielles afin de répondre aux accidents majeurs, au terrorisme, aux menaces hybrides et à la criminalité en ligne.
Il est prévu de mettre en place un service de prévention des menaces au ministère de l’Intérieur.

Paula Risikko, ministre de l’Intérieur, souligne l’importance d’assurer les ressources des autorités de ce secteur à long terme. La stratégie insiste sur l’importance du renforcement de la surveillance à la frontière orientale du pays, des contrôles frontaliers et de la visibilité de la police. Elle envisage de présenter, au printemps 2018, des crédits supplémentaires pour des mesures dans ce sens.

La stratégie propose enfin des projets législatifs en matière de menaces hybrides et préparation face à l’immigration clandestine. La stratégie de la lutte contre le terrorisme devra être mise à jour.

Päivi Nerg, secrétaire générale du ministère de l’Intérieur, se félicite du fait qu’en Finlande, on a pu développer la coopération entre les différentes autorités. Elle note toutefois que la préparation face aux nouvelles menaces n’est pas suffisante.
HS/A12, AL/A12-13

France - Finlande

Cinéma

Sortie des films d’Agnès Varda et Thierry Frémaux

La presse publie de bonnes critiques des films d’Agnès Varda et Thierry Frémaux qui sortent aujourd’hui en Finlande.

Aamulehti publie une interview de Thierry Frémaux, auteur de Lumière !
AL SK HS

publié le 06/10/2017

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