Revue de la presse du mardi 15 mai

Politique étrangère et européenne

Diplomatie

« Qui maîtrise la balle ? »

Le Président Sauli Niinistö (ancien Président de la fédération finlandaise de football, d’où le titre NDLT) a écrit un billet sur son blog pour présenter les sujets dont il souhaite débattre lors des rencontres annuelles qu’il présidera en juin dans sa résidence d’été de Kultaranta.

« Qui maîtrise la balle ? » C’est ce que l’on demandera lors des débats de Kultaranta en juin. Il y a deux semaines encore quand on préparait cet événement, les sujets étaient surtout autour de l’Ukraine, la Syrie et la Corée. Et la question était de savoir où donc ont disparu l’ordre et les structures internationales, y compris les Nations-Unies ? N’y aurait-il plus que la force et la puissance qui comptent ? Et on peut en dire autant du Yémen, du Sahel, de l’Afghanistan et d’autres crises encore.
Le monde est dans une situation étrange puisqu’il semble que l’on soit revenu en arrière dans la politique internationale. Le développement rapide du numérique, de l’intelligence artificielle et de l’économie ne pourra pas remplacer pour l’homme le fait qu’en même temps on en soit revenu à parler de missiles balistiques, d’armes nucléaires et de guerre, voire de guerre mondiale. L’avenir de l’humanité semble offrir de meilleures conditions mais toujours plus d’incertitudes.
Aujourd’hui, à un mois des rencontres de Kultaranta, il faut encore augmenter la liste des soucis précités. Que va-t-il se passer dans le conflit entre Israël et l’Iran, et que vont devenir les relations transatlantiques ? Va-t-on résoudre la crise de Corée ? Les questions surgissent à telle vitesse que dans un mois on sera peut-être obligé de changer de titre. Et le fait que l’image du monde change si rapidement n’est pas une bonne chose.
La force et la puissance ou bien un ordre commun ? Je pense que nos discussions de Kultaranta tourneront autour de cela.
Commençons donc par le meilleur, les pays nordiques. Un modèle de vie et de communauté qui est admiré partout dans le monde, mais dont on ne cherche pas vraiment à suivre l’exemple.
Continuons par ce qui est presque aussi bon. L’UE est une superpuissance économique, mais en dehors de cela n’est pas présente sur les autres tables de négociations. Et l’ONU, qui est visible pas surtout par ses incessantes divisions internes ?
Les grandes puissances sont de plus en plus victimes de la personnalisation. Xi Jinping, Poutine ou Trump, d’Est en Ouest, on les connait. De la tête de ces trois dépend de plus en plus le devenir de sept milliards de personnes. La force et la puissance sont désormais personnalisées.
L’UE devrait avoir sa place dans ce groupe pour y apporter le message de l’ordre commun. Mais si l’UE n’y a pas réussi jusqu’à présent, les perspectives d’avenir semblent encore plus bouchées.
La relation transatlantique est soumise à rude épreuve. Les sanctions américaines contre l’Iran vont rudement toucher l’Europe aussi. Les sanctions financières ont tendance à se gonfler car elles suscitent un effet démultiplié qui va toucher les entreprises européennes. Les Etats-Unis ont annoncé leur intention de discuter avec l’UE de leur attitude à l’égard des entreprises qui ne respecteront pas les sanctions.
Les intérêts de l’industrie européenne en Iran sont importants et on va demander aux Etats-Unis des exemptions même si l’UE se maintient dans l’accord iranien. Et si l’on s’engage dans la voie des exceptions où sera fixée la limite ? Certains en profiteront et d’autres pas, ce qui ne renforcera pas l’unité européenne.
Le retrait du président Trump de l’accord va aussi engendrer une défiance plus générale. Le président français Emmanuel Macron a réitéré sa doctrine de politique de sécurité européenne basée sur une autonomie stratégique. Au niveau européen, cela signifierait globalement que l’on est solidaire avec l’OTAN mais que l’on se prépare aussi à gérer certains problèmes de sécurité aussi sans les Etats-Unis. Sans que cette doctrine se soit développée jusqu’à une défense européenne.
La force et la puissance semblent déterminer notre avenir. Comment y introduire les valeurs de l’ordre commun ? Le faible arrive mal à se faire entendre quand bien même son message est bon. C’est pourquoi il faudrait réunir force et puissance comme garant de la communauté. L’UE a beaucoup à faire en ce sens.
Le Président Niinistö a aussi précisé que les débats de Kultaranta aborderaient aussi d’autres questions cruciales comme l’environnement, le développement durable, la siutuation des femmes et des filles et la démographie.
tpk.fi

Territoires palestiniens

Propos du Président Niinistö et de M. Soini
Le tabloïd Iltalehti rapporte que selon le Président Sauli Niinistö, « la situation dans la bande de Gaza est extrêmement grave ». Il a assuré qu’il suivait la situation de très près. Il demande aux partenaires de s’abstenir de la violence.
« La situation est explosive et la région est comme une poudrière », selon M. Niinistö.
Le ministre des Affaires étrangères Timo Soini souligne que la Finlande est très inquiète du recours à la force surdimensionnée et des victimes civils dans les manifestations. « Nous incitons à l’abstention de force et à la modération pour calmer la situation le plus rapidement possible. Il faut respecter le droit international et les droits de l’Homme.

Critiques du député Tuomioja
Le député Erkki Tuomioja (PSD), ancien ministre des Affaires étrangères, désapprouve les mesures de M. Trump au Proche-Orient, surtout le transfert de l’ambassade des Etats-Unis en Israël de Tel Aviv à Jérusalem.
Il estime qu’Israël devrait immédiatement cesser les violences et commencer à négocier avec les Palestiniens.
IL

Iran

Propos du directeur de la banque Nordea
Le directeur de Nordea, la plus grande banque des pays nordiques, Casper von Koskull, estime que la sortie des Etats-Unis de l’accord nucléaire iranien et les sanctions constituent un contexte extrêmement grave notamment pour les banques qui gèrent les transferts d’argent. Le dollar étant toujours la première devise mondiale, violer les sanctions signifierait une exclusion des transferts qui se font en dollars.
Cela engendre une énorme insécurité pour les banques, rappelle M. von Koskull.
La question de l’Iran est un élément de plus qui reflète le fait qu’un grand changement pourrait avoir lieu dans l’ordre mondial. La question d’une guerre commerciale éventuelle est particulièrement importante pour les pays nordiques qui sont des pays ouverts à économie de marché et dépendants des exportations.
KL/A8

Finlande – Europe - Etats-Unis

Editorial
« Une attitude bravache ne va pas renforcer l’Europe » HS

Ce n’est pas tant le contenu très dur des messages du président Trump qui pose problème que leur nombre, estime l’éditorialiste.
Aujourd’hui, on se demande en Europe ce qui reste des relations transatlantiques et ce que peut faire maintenant l’Europe occidentale à elle seule.
Le président de la commission européenne, Jean-Claude Juncker, a dit la semaine dernière que l’Europe devait maintenant remplacer les Etats-Unis. La chancelière Angela Merkel a jugé que l’Europe ne peut plus se fier à la sécurité proposée par les Etats-Unis.
L’Europe a toutes les raisons du monde pour réévaluer la situation dès lors que le président américain, pour des motifs politiques, abroge les décisions prises par sa propre administration. Cependant une atmosphère de défi et de dégradation provoque des illusions d’optique.
Premièrement, les pays d’Europe n’arriveront pas à remplacer les Etats-Unis en matière de sécurité militaire, même si la France et l’Allemagne augmentaient leurs efforts et la Grande-Bretagne restait dans l’Europe de la défense malgré le Brexit.
Deuxièmement, les relations politiques, économiques et militaires de l’Europe avec les Etats-Unis se placent à un niveau tout à fait singulier dans le monde et demeurent des relations avec les Etats-Unis et pas uniquement des rapports avec Trump.
C’est de ce genre de renforcement de relations qu’il s’agissait la semaine dernière à l’occasion de la signature cérémoniale à Washington de la déclaration d’intention commune en matière de la défense par les ministres de la défense américain, finlandais et suédois.
HS15.5/A4

Frontex

Un bâtiment finlandais en mission en mer Méditerranée
Parti en mission depuis plus d’un an, le bâtiment finlandais Merikarhu (Loup de mer) patrouille en Méditerranée avec un équipage de 28 personnes dont 13 Finlandais.
Le navire participe à l’opération de Frontex dont l’objectif consiste à aider la Grèce et l’Italie à surveiller les frontières extérieures de l’UE. Arrivé en mars 2017, il restera dans la région jusqu’à la fin de l’année 2018.
KS13.5/26

Tourisme

Le nombre de touristes chinois en hausse
Helsingin Sanomat relève qu’en 2017, 362 000 nuitées de touristes chinois ont été enregistrés en Finlande, soit 33 % de plus par rapport à 2016.
Pendant le premier trimestre de l’année en cours, le nombre de touristes chinois a augmenté de 25 % par rapport à la même période en 2016.
Le nombre total de nuitées de touristes étrangers, 6,7 millions, a augmenté de 17 % par rapport à 2016. Les Chinois sont le cinquième groupe de touristes en Finlande. Pendant la saison hivernale, il y a le plus de Chinois en Finlande, notamment en Laponie, par rapport aux autres pays nordiques.
Selon les estimations d’Oxford Economics, le nombre de touristes chinois en Europe augmentera en moyenne de 7,5 % par an pendant les cinq prochaines années.
HS/A25

France – Finlande

Festival de Cannes

Présentation d’un film franco-finlandais tourné en Laponie finlandaise
Helsingin Sanomat rend compte du fait qu’un film franco-finlandais Ailo’s Journey du réalisateur Guillaume Maidatchevsky tourné en Laponie sera présenté aux acheteurs dans le cadre du Marché du film du festival.
Le ministre finlandais de la Culture, Sampo Terho est sur place à Cannes. HS note que Business Finland a participé au financement de la production audiovisuelle effectuée en Finlande.
HS/B1-2

publié le 15/05/2018

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