Paavo Nurmen uroteot Pariisin olympialaisissa vuonna 1924 [fr]

Paavo Nurmi (syntyi 13. kesäkuuta 1897 Turussa ja kuoli 2. lokakuuta 1973 Helsingissä) sai Antwerpenin (1920), Pariisin (1924) ja Amsterdamin (1928) olympiakisoissa yhteensä 12 mitalia, joista yhdeksän kultaista. Hän on kaikkien aikojen suurin yleisurheilumestari saavutettuaan olympiamitalien lisäksi 22 maailmanennätystä eri matkoilla (1 500 m - 20 000 m).
Hänen uransa huippukohdaksi muodostuivat Pariisin olympialaiset heinäkuussa 1924, jolloin Nurmi voitti viisi kultamitalia: 1500 metrin ja 5000 metrin juoksussa, 3000 metrin joukkuekilpailussa, maastojuoksussa sekä maastojuoksun joukkuekilpailussa.
Hänen suurin urotekonsa Pariisin kisoissa Colombesin olympiastadionilla oli 10. heinäkuuta 1924, jolloin han voitti 1500 metrin kisan sekä alle kaksi tuntia myöhemmin juostun 5000 metrin kilpailun.

Paavo Nurmi Colombesin olympiastadionilla

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Kertomus Pariisin olympialaisten myyttisistä juoksuista

Suomen Nurmi voitti peräkkäin 1,500 ja 5,000 metriä Colombesissa, Jean Daçay, Le Temps, 11. kesäkuuta 1924
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k76088129/f1

"Eilen saimme todistaa Colombesin stadionilla ainutlaatuista päivää, jollaista emme koskaan ole ennen kokeneet, emmekä koskaan enää saa elää. Kaikki aiemmin kokemamme kalpenee Paavo Nurmen rinnalla."

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Le Journal, 11 juillet 1924
Le Finlandais Nurmi gagne successivement le 1,500 et le 5,000 mètres à Colombes
Il bat dans ces deux courses le record olympique

Hier, nous avons assisté à Colombes à une journée unique, telle que nous n’en vîmes jamais et que nous n’en verrons jamais plus. Les plus -belles luttes athlétiques du passé,et il y en eut de poignantes où des champions exceptionnels -se trouvèrent farouchement aux prises (rappelons-nous la course de Bouin et de Kolehmainen sur 5.000. mètres, à Stockholm), les plus beaux records, ceux de Meredith à Stockholm, du sauteur à la perche Foss à Anvers, tout ce que nous admirions le plus semble pâle : nous avons vu Nurmi.
Et à, vrai dire, non, nous n’avons pas vu, nous avons seulement pressenti ce que pouvait être Nurmi, car ce Finlandais placide et blond, aux traits accentués, à la sérénité sans nerfs, au style sans grâce, uniquement fait d’aisance et de puissance, ne nous a, à aucun moment, donné sa mesure. Il nous a, du moins, donné la certitude que les bases mêmes du sport, les records du monde, sont devenus éphémères et fragiles et qu’il ne dépend que de sa volonté d’effacer au livre d’or de l’athlétisme toute la série des hauts faits les plus mémorables.
Racontons plutôt. Hier., un peu avant. 4 heures de, l’après-midi, se donnait le départ de la finale du 1.500 mètres, course dure, à mener au train, où Nurmi avait à battre les deux grands champions anglais : Lowe, vainqueur olympique du 800 mètres, et Stallard, trois Américains réputés, Ray Watson, Hahn, Buker, le champion suisse Scharer, le Français Wirinth, d’autres encore. Il avait aussi à battre, s’il voulait vaincre, le record olympique établi à Stockholm, il y a douze ans, par l’Anglais Jackson, en 3 m. 56 s. 4/5.
Nurmi, .à vrai dire, avait montré que la tâche était à sa portée, puisqu’il y a quatre semaines, en Finlande, il battait le record du monde des 1.500 mètres, — son propre record, - en 3 m. 52 s. 3/5. Mais un problème angoissant se posait. A donner le maximum de son effort il risquait, deux heures plus tard, dans une autre course, les 5.000 mètres, de se faire battre par ses deux rivaux scandinaves, le Suédois. Wide et le Finlandais Ritola, recordman du monde des 10.000 mètres
Le départ est donné; l’Anglais Lowe prend la tête. Au bout de 200 mètres à peine, Nurmi passe.
Il mène à grandes foulées égales ’* et comme machinales. Les autres consacrent toute leur volonté- à suivre dans son sillage. Aux 500 mètres, fin du premier tour, placidement, de son geste coutumier, il consulte son chronomètre. Son rythme de course n’accélère ni ne ralentit.
Derrière lui Wiriath, le Français, Ray Watson, l’Américain à la main mutilée, s’épuisent à suivre et peu à peu perdent du terrain. Deux tours; Nurmi regarde encore sa montre.
La cloche annonce le dernier tour, il n’accélère pas. Il sait - il vient de couvrir le kilomètre en 2 m. 32 s. - que ce train de record suffit à distancer la meute qui le suit et il passe la ligne d’arrivée - sans lutte, sans emballage, comme si la victoire n’avait qu’à adopter le rythme de ses foulées.
Son temps, 3 m. 53 s. 3/5, approchait d’une seconde le record du monde et battait de’3 s. 1/5 le record olympique.
Derrière lui le Suisse Scharer soufilait la seconde place à l’Anglais Stallard, tombé évanoui sitôt après la ligne d’arrivée.
Une heure et demie plus iard, le 5,000 mètres, .Wide le Suédois, Ritola le Finlandais, et d’autres, et l’Américain Romig, l’Anglais Clibbon sont au départ, dispos. Nurmi, .après le premier effort qu’il vient de fournir. Va-t—il pouvoir suivre le train d’un Wide, d’un Ritola dont nous avons vu l’infatigable foulée lors- de ses victoires des jours précédents, dans le 3,000 mètres steeple et dans le 10,000 mètres ?
Au coup de pistolet, Wide prend la tête, suivi dans sa foulée par Ritola. Nurmi est dans le peloton, à 20 mètres. Quelques secondes d’angoisse. Est-ce la défaite ? L’incertitude ne dure pas. Après avoir regardé sa montre, Nurmi prend l’extérieur et, en quelques foulées, vient se placer derrière Ritola. Deux tours, puis il passe en tête et mène. Ritola mène à son tour. Le peloton des autres coureurs est loin, Wide seul suit ; mais le train mené par les deux Finlandais est tel qu’il doit baisser pavillon à son tour. Quatre tours avant la fin Nurmi prend la tête ; Ritola le suit comme son ombre, avec une telle aisance que l’on se demande s’il ne réussira pas à lui tenir tête au dernier tour. Inquiétude vaine. Ritola attaque dans la dernière ligne droite, mais Nurmi d’un bref emballage reprend plusieurs mètres d’avance et, sans accélérer termine une fois de plus vainqueur. Wide est troisième à plus de 200 mètres.
• Le temps de Nurmi, 14 m. 31 s. 175 bat de plus de 5 secondes le fameux record olympique de Bouin et de Kolehmainen et approche de trois secondes le fantastique record établi par lui-même, avec 14 m. 28 s. 175, le mois dernier en Finlande. La preuve est faite, au-dessus de la classe des grands champions il y a des phénomènes de l’athlétisme, Bouin, Shrubb, Watkins. Il y a, les dominant tous, un être exceptionnel qui au moment où il le voudra battra un à un tous les records du monde, depuis le 800 mètres jusqu’à l’heure, le Finlandais Paavo Nurmi. Nous le verrons encore en ligne à Colombes, dans le 3,000 mètres par équipes, séries et finale, et dans le cross-country. Dans ces deux courses, Ritola et Nurmi représenteront la Finlande.
Jean Daçay

Julkaistu 12/07/2017

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