Leconte de Lisle, inspiré par le Kalevala [fi]

Leconte de Lisle est le chef de file des Parnassiens dont l’oeuvre est dominée par les recueil de poésie. Le plus célèbre d’entre eux est "Poëmes barbares", publié en 1862 et consacré à des sujets mythologiques.
La mythologie finlandaise avait pour Leconte de Lisle une signification particulière car il a commencé par elle. En effet, le premier des poèmes barbares est Le Runoïa qu’il publie en 1854.
Il est possible que Leconte de Lisle ait été inspiré par Xavier Marmier qui donna des cours sur la poésie populaire finnoise à la Faculté de lettres de rennes en 1838-1839. Il avait au moins surement lu l’article de Marmier publié dans la Revue des Deux Mondes en 1842. Leconte de Lisle a aussi surement été inspiré par Léouzon Le Duc qui publia en 1845 la première traduction du Kalevala.

Poèmes barbares, Leconte de Lisle Charles-Marie (1818-1894), A. Lemerre (Paris) 1878

http://gallica.bnf.fr/ark :/12148/bpt6k56886073

Le runoïa

PDF - 1.7 Mo
(PDF - 1.7 Mo)

Le Runoïa
Chassée en tourbillons du Pôle solitaire,
La neige primitive enveloppe la terre ;
Livide, et s’endormant de l’éternel sommeil,
Dans la divine mer s’est noyé le soleil.
À travers les pins blancs qu’il secoue et qu’il ploie,
Le vent gronde. La pluie aux grains de fer tournoie
Et disperse, le long des flots amoncelés,
De grands troupeaux de loups hurlants et flagellés.
Seule, immobile au sein des solitudes mornes,
Pareille au sombre Ymer évoqué par les Nornes,
Muette dans l’orage, inébranlable aux vents,
Et la tête plongée aux nuages mouvants,
Sur le cap nébuleux, sur le haut promontoire,
La tour de Runoïa se dresse toute noire :
Noire comme la nuit, haute comme les monts,
Et tournée à la fois vers les quatre horizons.
[...]
Les chasseurs
La Vieille de Pohja, la reine des sorcières,
A ri dans ton oreille et brûlé tes paupières,
Vieillard de Karjala, roi des hautes forêts !
Comme le cerf dompté qui brame dans les rets,
Tu gémis, enlacé d’enchantements magiques.
Père des Runoïas, Dieu des races antiques,
Vois ! Nous chantons, puisant l’oubli des jours mauvais
Dans les flots enivrants de l’hydromel épais.

Les larmes de l’ours

PDF - 187.6 ko
(PDF - 187.6 ko)

JPEG

publié le 27/11/2017

haut de page