James Salomon Kahane, dans les traces des chefs d’orchestre finlandais [fi]

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James Salomon Kahane
Daniel Carlsson

James Kahane a 22 ans. Il est étudiant en direction d’orchestre à l’Académie Sibelius et travaille en parallèle à l’orchestre philarmonique de la ville d’Helsinki en tant qu’assistant chef d’orchestre de Susanna Mälkki.

Fasciné par les couleurs et les textures des compositions symphoniques, par « ce que l’on peut toucher et manipuler en tant que chef d’orchestre », il se tourne très tôt vers la direction.

C’est la réputation de l’Académie Sibelius qui l’amène à tenter l’aventure finlandaise. Il y a en Finlande « une tradition extrêmement forte, qu’on ne retrouve pas dans beaucoup d’autre pays. En tout juste cent ans, elle a réussi à produire un nombre exceptionnel de chefs d’orchestre internationaux. Je suis venu ici pour bénéficier de ce même tremplin, de ce même système éducatif unique. »

C’est le chef d’orchestre Jorma Panula (1930), qui refonde la classe d’enseignement de direction de l’Académie Sibelius en 1974. Celle-ci devient rapidement une référence dans le domaine. Parmi les étudiants de Jorma Panula, les plus grands chefs d’orchestre d’aujourd´hui : Esa-Pekka Salonen (Orchestre Philharmonique de Londres), Mikko Franck (Orchestre Philharmonique de Radio France), Sakari Oramo (Orchestre Philharmonique Royale de Stockholm), Jukka-Pekka Saraste (Orchestre Symphonique de la BBC, orchestre Philharmonique de Lahti)…

Partageant les locaux des deux orchestres principaux du pays : l’Orchestre Philharmonique de la ville et celui de la Radio, les étudiants peuvent y répéter deux fois par semaine, un investissement rare de la part d’une Académie de musique. Ils y sont encouragés à se rendre aux répétitions, à rencontrer les chefs d’orchestre. Les cours prennent la forme de master-class en présence des meilleurs. « Certains anciens élèves qui ont réussi leurs carrières, sentent le devoir de revenir enseigner à la nouvelle génération. »

Comme principale source d’inspiration, James Salomon Kahane cite son professeur Hannu Lintu : « il a quelque chose à la fois d’extrêmement humain et une part de génie, une personnalité très à part qui m’impressionne énormément. » Jean Martinon (1910-1976) est son modèle français : « ses magnifiques enregistrements de Debussy et de Ravel (…) ont bercé mon enfance. »

Parmi les moments les plus marquants de sa jeune carrière : une master-class en Suisse à Lucerne aux côtés de Bernard Haitink : la première occasion de diriger un orchestre de ce niveau sous l’œil attentif d’un mentor exceptionnel et le concert de la Francophonie dans l’église sous la roche organisé en mars 2018 avec le pianiste Thomas Puissochet et l’Institut français. « Cela a été l’occasion pour nous d’être actifs à tous les niveaux : d’un point de vue musical bien sûr, mais aussi de trouver les musiciens, dont certains étaient d’ailleurs des invités français et internationaux. Sentir ce travail se concrétiser a été une grande expérience, le point d’orgue d’un énorme effort collectif. Je m’en rappellerai toute ma vie. »

James Salomon Kahane vient d’être nommé chef d’Orchestre de l’orchestre polytechnique de Finlande.

En 2018, la chaîne de télévision nationale Yle a commandé la réalisation d’un documentaire suivant pendant une année les quatre talents internationaux les plus prometteurs de l’Académie Sibelius. James Salomon Kahane est l’un d’entre eux.

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publié le 25/07/2018

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