Déplacement de Mme Catherine Colonna en Finlande (7 septembre 2006)

Dans le contexte de la présidence finlandaise de l’Union européenne, Mme Catherine Colonna, ministre déléguée aux Affaires européennes, s’est rendue à Helsinki ce jeudi 7 septembre.

Elle s’est entretenue avec le ministre des Affaires étrangères, M.Erkki Tuomioja, avec Mme Paula Lehtomaki, ministre du Commerce extérieur et du Développement, chargée des Affaires européennes, et avec M. Mauri Pekkarinen, ministre du Commerce et de l’Industrie.

Ces entretiens furent consacrés aux questions européennes (élargissement, politique énergétique, relations UE/Russie,...), aux questions internationales (situation au Proche-Orient, Iran,...) et aux questions bilatérales.

A l’issue de son entretien avec Mme Paula Lehtomaki, un point de presse conjoint s’est tenu au ministère des Affaires étrangères finlandais.

Mme Colonna s’est déjà rendue en Finlande le 21 octobre 2005, dans le cadre de la préparation de la présidence finlandaise, ainsi que le 2 septembre dernier pour participer à la réunion informelle des ministres des Affaires étrangères à Lappeenrata.

Par ailleurs, elle a reçu son homologue Mme Lehtomaki le 24 mai et a accueilli avec M. Philippe Douste-Blazy, ministre des Affaires étrangères, M. Tuomioja, le 24 août.

DEPLACEMENT EN FINLANDE
CONFERENCE DE PRESSE CONJOINTE
DE LA MINISTRE DELEGUEE
AUX AFFAIRES EUROPEENNES,
MME CATHERINE COLONNA
ET DE LA MINISTRE CHARGEE
DES AFFAIRES EUROPEENNES DE FINLANDE,
MME PAULA LEHTOMAKI
- PROPOS DE MME COLONNA -

(Helsinki, 7 septembre 2006)

Bonjour. Je vous dirai quelques mots pour faire le compte-rendu de nos entretiens. Je voudrais d’abord dire que je suis heureuse d’être ’’à nouveau’’ en Finlande. Je dis à nouveau parce que j’y étais samedi pour le Gymnich, la réunion informelle des ministres des Affaires étrangères et que j’étais déjà venue en octobre dernier. Et nous nous voyons régulièrement aussi bien dans les enceintes européennes pour les Conseils Affaires générales que pour les conseils spécialisés, à Bruxelles ou ailleurs, qu’à Paris où Mme la Ministre, Mme Lehtomäki, était venue en mai et M. le Ministre des Affaires étrangères, M. Erkki Tuomioja, le 24 août.

Je suis venue ici dans le cadre de la présidence de l’Union européenne que la Finlande assume pour six mois. Elle le fait avec efficacité, avec énergie, avec beaucoup de talent. C’est donc une visite qui prend place dans le cadre de nos échanges réguliers avec la présidence. Au cours de cette journée, j’ai vu le ministre des Affaires étrangères, Mme la Ministre chargée des Affaires européennes et je verrai tout à l’heure le ministre du Commerce et de l’Industrie, M. Pekkarinen, que j’avais eu le plaisir de voir l’an dernier. Nous abordons lors de ces conversations essentiellement les questions européennes et aussi quelques questions bilatérales. Je vais vous en dire un mot avant de céder la parole à Paula.

Nous avons parlé de nombreuses questions européennes qui sont à l’agenda : l’élargissement, les relations avec les pays tiers, la question de l’énergie, l’Europe concrète que nous voulons voir avancer au service de nos citoyens. Nous avons aussi parlé des questions d’actualité internationale : le Proche et le Moyen-Orient, l’Iran et le Liban, notamment. Nos positions sont très proches sur tous ces sujets. Notre coordination est bonne. A propos de la crise libanaise, je tiens à dire notre appréciation du travail qui a été fait pendant l’été par la présidence, pendant un moment particulièrement difficile pour l’Union et pour la région, pour amener les Européens à rester unis autant que possible et à prendre leurs responsabilités. Ils l’ont fait, par exemple, à l’occasion du dernier Conseil Affaires générales qui a été un moment important dans l’histoire de la construction européenne.

Sur le plan politique, les relations bilatérales sont à la fois denses et fréquentes. Bref, elles sont excellentes. Sur le plan économique également, elles se développent. Je rappelais, il y a quelques minutes, à Mme Lehtomäki que les exportations finlandaises en France se développent plus vite que les exportations françaises. 67 % d’augmentation des exportations finlandaises en France au premier semestre... Donc bravo aux performances finlandaises ! Et nous avons aussi parlé, et je terminerai par cela, des relations culturelles, qui font pleinement partie des relations politiques et qui permettent de rapprocher les peuples. Et cela, c’est vraiment le projet européen dans ce qu’il a de plus noble. Nos deux pays organiseront au printemps 2008 une saison culturelle en France pour mieux faire connaître la culture finlandaise. Nous commençons dès maintenant à y travailler et cela fait vraiment partie de nos relations, y compris dans ce qu’elles ont de plus symboliques et de plus politiques, je le redis. Je vous remercie.

Q - Nous venons de prendre connaissance du démenti de l’Elysée sur les propos allégués au président Chirac dans l’édition de l’Express de ce matin. Je voudrais savoir si vous avez une idée de la personne qui a diffusé ces allégations.

R - Pour ma part, je ne me livre pas à des spéculations ! Alors, je rappellerai les faits. Il y a, en effet, un démenti très clair de la présidence de la République qui a été rendu public dès hier soir, c’est-à-dire dès que la présidence a eu connaissance de cet article de presse. Ce démenti est clair. J’ajoute que les délibérations du Conseil des ministres en France sont couvertes par le secret. Et qu’il serait bon que chaque ministre s’en souvienne, comme moi-même je vais m’en souvenir dans ma réponse, en n’allant pas au-delà de ce qui a été dit par la présidence de la République, tout à fait officiellement. Ayant le privilège de participer au Conseil des ministres et sans sortir de mes obligations, je peux vous confirmer que cela n’est pas ainsi que le président de la République s’est exprimé. Cela n’est pas non plus ce qu’il pense de la présidence finlandaise. Il a d’ailleurs eu l’occasion de le dire à de nombreuses reprises au Premier ministre finlandais tout comme le ministre des Affaires étrangères ou moi auprès de nos homologues.

Q - Avez-vous discuté du traité constitutionnel et en quels termes ?

Réponse de la ministre finlandaise.

R - Je voudrais ajouter simplement une chose à ce que viens de dire Madame la Ministre. Nous savons tous que l’Union a besoin d’institutions rénovées pour bien fonctionner. Et il est important que chaque présidence s’attache à faire tout ce qu’elle peut pour faire progresser l’Union vers cette réforme. C’est ce que fera la présidence finlandaise, et nous l’en remercions. Ceci avant que la présidence allemande et puis les présidences suivantes, vous le savez, puissent définir la suite du processus. Nous aurons donc ces conversations, comme je pense la plupart de nos collègues pourront les avoir avec la présidence actuelle.

Q - L’Union européenne essaie de définir une politique énergétique commune à l’égard de la Russie notamment. La France étant parmi les pays opposés à l’ouverture de leur marché énergétique, pensez-vous qu’il sera possible que l’Union européenne arrive à s’entendre sur une politique commune dans ce domaine ?

R - Je vous répondrai en précisant un point contenu dans votre question. Lorsque vous indiquez que la France ne souhaite pas ouvrir son marché de l’énergie, ce n’est pas exact puisque nous, tous les Européens, avons décidé une libéralisation du marché qui prendra effet à partir du 1er juillet 2007.

Sur le fond de votre question, et qui est beaucoup plus important, nous souhaitons, en effet, que l’Union européenne mette sur pied progressivement une politique européenne de l’énergie, une nouvelle politique commune. Pourquoi ? Parce que jusqu’ici l’Europe parlait des questions d’énergie seulement sous l’angle précisément de l’ouverture, de la libéralisation, de la concurrence, sous l’angle du marché. Or, il y a beaucoup d’autres enjeux, notamment l’enjeu économique, celui de notre capacité de développement économique. Et aussi celui de notre dépendance, ou de notre indépendance sur le plan énergétique, avec des conséquences politiques. C’est donc un enjeu majeur.

Cette politique européenne de l’énergie devra être construite pas à pas. Tout ne se fera pas en un jour. Les Européens ont décidé de commencer par le volet externe, c’est-à-dire par la sécurité de leurs approvisionnements, les négociations avec leurs partenaires extérieurs. C’est une bonne idée. Nous soutiendrons tout ce qui sera fait pour faire avancer cette politique. Je terminerai en soulignant que nous sommes très satisfaits de voir l’intérêt qu’a la Finlande comme pays mais aussi comme présidente de l’Union pour faire progresser cette politique européenne de l’énergie.

Q - Très récemment, la vice-Premier ministre espagnole était à Helsinki, elle s’est montrée déçue par l’action de Frontex actuellement aux Canaries. De nouvelles mesures sont-elles prévues et si oui quelles sont-elles ?

R - Frontex est une agence européenne qui est encore récente et pour laquelle l’opération liée à la situation aux Canaries est une première expérience sur le plan opérationnel. La France s’honore de faire partie des pays européens qui y participent, comme la Finlande. Même si nous savons bien qu’il faut des mesures de contrôle, qu’il faut des opérations de ce type, le problème ne trouvera sa solution que s’il est traité à la source. Madame la ministre vous l’a rappelé, il s’agit du développement. Est-ce qu’il y aura d’autres choses ? Je comprends que oui. Le gouvernement espagnol souhaite demander à ses partenaires européens et à la présidence de tenir assez rapidement, à un niveau ministériel, une réunion pour évaluer la situation et prendre éventuellement des décisions. Nous y participerons.

Et puis, il nous semble qu’il serait bon également d’évoquer cette question des migrations et de l’ensemble des problématiques qu’elles posent, au moment du Conseil européen informel d’octobre. Nous savons que c’est un Conseil européen informel, qu’il est de courte durée, que son agenda est déjà chargé. Mais c’est une situation humanitaire et de crise pour l’Union européenne qu’il faudrait aborder au plus haut niveau possible, donc à celui des chefs d’Etat ou de gouvernement. Voilà les deux étapes, ministérielle puis peut-être celle du Conseil européen.

Merci beaucoup./.

publié le 23/01/2008

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