Aïno Ackté, la plus finlandaise des cantatrices de l’Opéra de Paris [fi]

Aino Achté est née à Helsinki en 1876. A dix-sept ans seulement, elle partit parfaire ses études de chant à Paris où elle se transforme son nom en Ackté. Elle est admise en 1894 au conservatoire de Paris où elle obtient deux ans plus tard les seconds prix de chant et d’opéra. Premier prix d’opéra en 1897, elle est de suite engagée par la direction de l’Opéra de Paris. Elle débute le 8 octobre 1897 dans le rôle de Marguerite du Faust de Charles Gounod et y remporte un si franc succès qu’elle obtient dès le lendemain un engagement par la direction de l’Opéra. Elle se produira à l’Opéra de Paris et à l’opéra comique jusqu’au début des années 1910. Dans le même temps, elle se produit à l’étranger où elle est est une interprète du répertoire français les plus appréciées de son temps.

En 1900, à l’exposition universelle de Paris où la Finlande présentait un pavillon remarqué, elle avait interprété de la musique finlandaise et obtenu un grand succès. Au début des années 1910, elle retourne en Finlande où elle participe à la fondation de l’opéra finlandais qui deviendra plus tard l’opéra national de Finlande (qu’elle dirigera à la fin des années 1930). Elle crée aussi en 1912 le festival d’opéra de Savonlinna.

Lire la fiche biographique d’Aïno Ackté sur le site de l’art lyrique français

Aïno Ackté
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Ecouter Aïno Ackté interpréter le célèbre Air des bijoux de Faust de Charles Gounod, enregistré à Paris en 1905

Faust, Air des bijoux par Aïno Ackté sur le site de gallica de la BNF

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Photos d’Aïno Ackté à l’Opéra de Paris

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Aïno Ackté dans Faust (Marguerite)

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Critiques


Née à Helsingfors, en Finlande, élève de M. Edmond Duvernoy et de M. Giraudet, premier prix de 1897, a débuté dans Marguerite, de Faust. D’emblée, elle a enlevé tous les suffrages et marqué sa place au premier rang des cantatrices de l’Académie nationale de musique. Aussi a-t-elle eu, le lendemain même de son apparition, l’agréable surprise de signer avec MM. Bertrand et Gailhard un nouvel et brillant engagement, remplaçant celui bien modeste qu’elle avait dû contracter suivant les conditions réglementaires faites aux élèves sortant du Conservatoire.

Cette jolie et distinguée jeune fille, d’un visage et d’une allure étranges et poétiques, douée d’une voix merveilleuse et stylée, ne s’est pas contentée de chanter Marguerite ; elle l’a rendue avec une étonnante souplesse de talent.

C’est une brillante étoile qui se lève ; c’est tout au moins une Nilsson.

Mademoiselle Ackté a chanté Juliette (Roméo et Juliette) et Elsa (Lohengrin), avec un succès au moins égal à celui qu’elle avait remporté à ses débuts dans Faust. Elle a créé Hervine de la Cloche du Rhin.

(Adrien Laroque, Acteurs et actrices de Paris, juillet 1899)

publié le 27/11/2017

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